LAFLAMME. | SAGUENAY ET LAC ST-JEAN
Les lits qui le composent sont tous des lits calcaires et se rapportant au groupe de Trenton.
Voici la liste des localités où j'ai constaté leur présence, avec les principaux caractères qu’ils présentent en ces différents endroits.
On les trouve d’abord dans le troisième rang de Tremblay, à environ quarante arpents du Saguenay et à 275 pieds à peu près au-dessus de cette rivière. Là, ils reposent directement sur le gneiss, et leur épaisseur est tellement faible, du moins sur les bords de la formation, que les ondulations du gneiss inférieur se font jour à travers. L’horizontalité presque absolue des lits de Trenton persiste dans toué le bassin de Sainte-Anne.
Le chemin traverse cette arête calcaire à peu près perpendiculairement à sa direction, qui est sensiblement S.-O-N.-E,, et qui forme une colline d’une quarantaine de pieds de hauteur. Au sud-ouest, elle vient buter sur des masses laurentiennes. Au nord-est, elle s'enfonce sous des dépôts d'argile quaternaire. Elle peut avoir à cet endroit une largeur d’une trentaine d’arpents. Les argiles quaternaires qui commencent en ce point forment une vaste plaine qui s'étend jusqu’à la limite des townships Tremblay et Simard. La surface générale en est très régulière, sauf les endroits où coulent les ruisseaux et les rivières, qui y ont toujours creusé des lits très profonds. Le sol est très fertile et déjà en grande partie livré à la culture.
Vers les limites des townships cités plus hauts, la surface du sol s'élève sensiblement, et entre les lacs Caribou et Charles, on voit surgir une autre bande calcaire absolument semblable au calcaire du troisième rang de Tremblay. Plus loin, les collines gneissiques recommencent pour se continuer jusqu'aux montagnes Valin, qui séparent les eaux du Saguenay de celles de la rivière Betsiamits, Cette seconde bande calcaire est sensiblement plus épaisse que l’autre. Elle est également plus longue, car on la retrouve entre le lac Tortu et la rivière Shipshaw, endroit où l’on peut en voir une très belle coupe naturelle. La rivière Shipshaw elle-même coule pendant plus d’un mille sur ces lits calcaires, ainsi que la rivière à l'Ours, qui a son cours à une lieue à peu près à l’ouest de la Shipshaw.
Du côté de l’est la rivière Valin a également creusé son lit dans le calcaire, sur les limites du township Tremblay, et cela sur une longueur assez considérable,
D'après l’ensemble de ces observations, on est en droit d'affirmer l’existence d’une large bande calcaire de Trenton au nord des townships Tremblay et Simard, et courant à peu près parallèlement à la limite de ces townships.
La bande calcaire dont nous avons parlé plus haut en premier lieu se prolonge également dans la direction est--ouest, car nous la retrouvons à la
rivière aux Vases et à la rivière Caribou. En ces deux endroits, les lits
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sont recouverts par des dépôts très considérables d'argile. Ces rivières, sur un assez long espace, coulent sur des lits calcaires. [l est donc très probable que ces deux bandes caleures sont comme Îles lèvres d’un grand bassin dont le centre est recouvert par les alluvions ci-dessus mentionnées, qui cachent les lits inférieurs, mais pas assez, cependant, | pour qu'on ne puisse pas de temps en temps constater leur présence. Ainsi, dans le huitième rang de Simard, entre le 11e et le 21e lot, le calcaire est à & : quelques pieds à peine de la surface du sol sur une largeur d’une vingtaine d'arpents. Il en est de même dans le deuxième rang du même township, où le sol est littéralement couvert de galets calcaires. En ce dernier endroit | s'échappe du sol une source sulfureuse très abondante. En résumé, j'ai constaté la présence du calcaire sur une surface d’envi-
ron dix milles de large et dix-sept milles de long, Dans toute cette étendue il n'y a pas un seul affleurement granitique. C’est une immense plaine | boisée ou cultivée.
Ce bassin cambro-silurien est parfaitement limité au nord et au sud par les masses calcaires que nous venons de décrire, mais il n’en est pas de même à l'est ni l'ouest. Le temps ne nous à pus permis d'examiner la limite orientale: Quant à la ligne qui le limite à l’ouest, je la crois très difficile. trouver, + vu que, depuis la rivière à l'Ours jusqu'au Péribonka et au lac Tshistagama, la surface du pays n'est qu'une immense plaine, souvent recouverte de savanes et où l’on n'aperçoit que de très rares saillies de rochers. Cette remarque s'applique seulement à cette partie qui se trouve au delà des #4» townships arpentés, car il en est autrement pour ceux-ci, En effet, la rivière des Aulnets, qui traverse le township Bourget, ne coule nulle part sur un lit calcaire. Les lacs Chabot, Thomy et des Brochets ont des rivages de gneiss ou de labradorite, il en est de même de la rivière Mistouc. Le | bassin cambro-silurien de Nainte-Anne se tronve donc très nettement | limité de ce côté. | Je crois que ces formations calcaires étaient primitivement plus grandes qu'aujourd'hui, et qu’elles ont été réduites à leurs dimensions actuelles par l'érosion glaciaire, qui à laissé des traces trop profondes sur les roches du Saguenay pour qu'elle n'aie pas affecté considérablement la surface relative ment tendre des roches parléozoïques avoisinantes. Les lits calcaires sout partout sillonnés de nombreux joints appartenant à deux systèmes à peu près rectangulaires. Les bancs inférieurs, qui sont en contact immédiat avec le granit, sont compacts, de couleur foncée tirant légèrement sur le bleu. Les fossiles y abondent. On trouve ces derniers entassés tout particulièrement en certains lits. Toutefois, il est assez difticile d'en trouver des échantillons parfaits. (Ue ne sont guère que des + fragments agglomérés ensemble de manière que leur identification est le plus souvent impossible. A part les fossiles, on voit dans la masse de la
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