‹ Compte-rendu des travaux de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada [microforme]Chapitre 20 sur 98 · PROVINCIALE AGRICOLE, 1858, XX XV · texte numérisé non relu

PROVINCIALE AGRICOLE, 1858, XX XV

rire était lors du dernier recensement, opéré en 1851-2 de 1,842,

65, et en admettant aussi que cette population soit répartie à peu

prés également dans les deux sections de la province, ce qui est aus-

si près du vrai, puisque la même statisque donne une différence de

60,000 environ, seulement, en faveur du Haut-Canada,le nombre des

Chevaux étant, toujours d’après le même document, de 386,290, reartis très-proportionnellement, il résulte qu’il y a à peu près, pas tout- -fait cependant, un cheval pour cinq habitants.

Eu égard à la superficie d terrain cultivé, au nombre et à l’état de nos routes Carrossables , aux facilités offertes au commerce par la navigation et par les chemins de fer ; il semble que ce nombre est bien suflisant. Mais, si on considère les immenses espaces qui peuvent être mis en prairies ou en pâturages ; la facilité avec laquelle on peut élever le cheval ici, presque sans frais, et la réputation dont il jouit à juste titre chez nos voisins, pour lesquels nous devons être un marché toujours bien approvisionné de marchandises de choix ; si on considère encore que chaque jour voit ouvrir des routes nouvelles et se former de nouveaux centres de population, on devra convenir qu’il serait à désirer que nos ressources chevalines s’accrussent assez pour arriver à la proportion de 1 pour 3.

Il y a donc encore bien de la marge et beaucoup à faire,

En attendant, voyons si les chevaux que nous avons, repondent comme ils sont, aux besoins du pays.

Les chevaux de gros trait et de hallage que le pays possède ne sont pour la plupart point indigènes. C’est ici le lieu de parler d’une magnifique race Ecossaise dont l'Exposition nous a offert de remarquables spécimens, et qui semble appelée à devenir chez nous, soit une race indigène, soit un moyen de donner, par des croisements habilement combinés, ce qui manque aux Breto-Canadiens, c’està-dire de la taille.

Cette race Ecossaise est surtout remarquables par l’ampleur de ses formes, le riche développement de son poitrail, la belle musculation de ses épaules, et la force de son encolure; qualités qui en font un cheval detrait-type. Elle a de plus des membres dont les articulations larges et bien nouées, indiquent la solidité et la force. Son poil généralement noir ou plutôt d’une nuance non définie dans les ouvrages classiques, et que je me permettrai de nommer bai brälé foncé, parceque les extrémités des crins de la crinière et de la queue semblent avoir été roussis par la flamme, indique de la robusticité et de l’6nergie. Je sais bien qu’il se trouvera quelqu'un pour me dire : De tous poils bon chevaux ; mais je sais aussi, et cela par expérience que Virgile avait raison en disant dans ses Géorgiques, et suivant la traduction de Delille :

‘« Des noirs et des bais-bruns ua estime le cœur,

Le blanc, l’alezan clair languissent sans vigueur.”?

et pour moi comme pour tous les hommes qui s’occupent de races et d'éducation équestre, la robe est une considération qui a bien sa valeur.

Mais revenons à nos chevaux Clydes. Ces animaux ont l’œil intelligent et doux, sont très maniables et constitueront, dans quelques

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