XXXIV COMPTE-RENDU DE L’'EXPOSITION
cela que les Bretons ont pris seuls le nom de chevaux Canadiens, cependant, il y en a encore de purs, et l’exposition en offrait quelques beaux types sous les Nos 55, 60, 63, 74, 103 et 105.
Chevaux dits: Saint-Laurents.
Quand le Canada passa des mains de la France aux mains de l’An-
gleterre, celle-ci, qui, avec la persévérance qu’elle met à toutes les choses qu’elle entreprend, travaillait alors, depuis deux siècles déjà à se créer les belles races qu’elle possède aujourd’hui, importa dans sa nouvelle colonie, quelques uns des beaux produits qu’elle avait déjà, et ces animaux, croisés avec les normands, ont donné naissance à cette race d’élégans et forts chevaux dont le Comté de Jacques Cartier est fier à juste titre et qu’on nomme les Suint-Laurents. à Ceci n’est point une hypothèse gratuite ; il suffit d’analyser attentivement les formes extérieurs de ces beaux animaux, pour y découvrir de suite l’influence du sang arabe et les caractères originaux de leur race. Ils possèdent l’ampleur de formes et la vigoureuse musculature de leurs ancêtres de la Normandie, et y joignent l’élégance et la souplesse, le tride et le svelte des chevaux de l’Oricnt.
Cette magnifique race mérite des encouragemens spéciaux ; elle appelle l’attention de tous les hommes désireux de servir leur pays. Sa multiplication et ses croisements méritent d’être surveillés et dirigés habilement.
Les races sont longtemps à se former et à s’établir ; mais elles sont
romptes à dégénérer et à s’évanouir. Il en est d’elles comme de toutes Fe choses ; il faut plus de temps pour faire que pour défaire. C’est ainsi que l’Angleterre en 1522, alors que Philippe II, roi d’Espagne et des Indes envoya contrelle cétte puissante escadre surnommée l’Invincible, et que la tempête seule dispersa, ne put réunir autour de la Reine Elizabeth que deux mille chevaux de tout âge, de toute taille et de toute robe, a mis deux siècles et plus à se créer les races qui font aujourd’hui son orgueil et la gloire de ses turfs et qu’elle les perdrait en moins de dix ans, si sa vigilance s’arrêtait un seul moment. C’est ainsi qu’au Canada, un intérêt individuel mal entendu tend à les dégrader chaque jour d'avantage.
L Mais, n’anticipons pas, cette question viendra à son heure et cn son ieu.
Le pays possède donc trois races qui lui sont propres, qui sont établies et dont les aptitudes diverses rendent l’existance nécessaire ; voyons maintenant quels sont ses besoins.
$ 3—Besoins du pays.
En admettant que la population du pays soit en chiffre ronds de deux millions d'habitants, et ce n’est guère s’écarter de la vérité,