PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. XLI
Nous allons passer en revue ces trois moyens et indiquer les détails qui, selon nous, peuvent et doiveït les rendre fructueux.
Dans notre pensée, il importe de conserver pures les deux races ; multiplier l’une et élever la taille de l’autre, cela doit être fait. Nous n’ignorons pas l'influence du poids du corps, du volume, de la masse, si on l’aime mieux, dans l'effet utile produit par latraction soit sur un plan horizontal, soit sur un plan incliné ascendant. Noussavons aussi de quelle valeur elle est pour résister à l’impulsion du fardeau traîné, sur un plan incliné descendant. Les chevaux Clyde remplissent ces conditions ; qu’on les multiplie.
Mais le pourra-t-on assez vite et en assez grand nombre pour suffire immédiatement aux besoins du pays? Non! Il n’y sont pas assez nombreux.
Il faut donc alors les croiser avec les Breto-Canadiens, avec lesquels, je l’ai déjà dit, ils ont des ressemblances nombreuses, afin d’avoir vite,quelque chose qui permette d’attendre.
Comment ces croisements doivent-ils être faits? ‘ T'hat is the question,” comme dit Shakspeare.
M. VERHEYEN, inspecteur du service Vétérinaire en Belgique, et Vice-Président del’Academie Royale de médecine de Bruxelles, dit, il ne suffit pas de jeter dans un moule pris au hasard le germe le plus parfait et le plus irréprochable, (et ceux auxquels nous faisons allusion en ce moment étaient loin d’être ainsi pour nous.) La mère dans le sein de laquelle se développe ce germe ne reste pas étrangère à la transmission des qualités physiques et morales du produit. Elle ne peut lui transmettre les qualités qu’elle ne possède pas, mais elle lui communiquera les défauts qu’elle tient de ses ascendants.—Cette simple vérité étant méconnue, il ne peut naître d’un appareillement ou d’un croisement disparate que des monstruosités.
Le laisser faire absolu dont abuse le cultivateur à l’égard des Jumens poulinièresqui sont,toutes, quelques que soient leurs tares et leurs vices de conformation appelées à la reproduction, et le mauvais choix des étalons, voila ce qui ruine et ce qui détériore les races.
La Chambre d'Agriculture doit prendre en main cette question qui est vitale pour le pays, et peser par l’autorité de sa position, et par la rédaction du programme de ses prix, ainsi que par ses publications périodiques de tout son poids dans la balance des améliorations.
Dans ma pensée, les croisements à l’aide de ces masses mâles accouplées à de petites jumens ne peuvent produire que des poulains hybrides haut montés sur jambes, mais n’ayant pas l’ampleur de formes nécessaire à leur taille, cela fera ce que nous nommons en France des Chèvres, des Sauterelles, des Ficelles ; ou bien encore comme les appellent les marchands de chevaux des animaux auxquels il passe trop d’air sous le ventre. Ces poulains décousus, seront bien loin de remplir le but pour lequel ils sont destinés et abâtardiront la ou les races.
Le croisement devant avoir lieu, sans toutefois laisser perdre le Breto-Canadien actuel et qu’il faut précieusement conserver, il con- Hi de le faire en employant le mâle Breto-Canadien et la femelle
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