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XLII COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION

Qu'on voie par analogie ce qui se passe dans la production des mulets ; l’Ane, beaucoup plus petit que la jument, procrée un mulet de la tuille de sa mère, et souvent plus, tandis que de cheval, beaucoup plus grand que l’Anesse ne procrée qu’un Bardeau, dépassant de très peu la taille de celle-ci.

Pour augmenter la taille de nos chevaux, c’est donc aux juments qu’il faut songer, bien plus encore qu’aux étalons, et, à ce propos, permettez moi une insinuat:on.

Pourquoi dans le programme n’exigerait-on pas des concurrents,

mâles et femelles, un minimum de taille ? Pourquoi ne les mesurerait-on pas sous potence sur le terrain ? Cela se fait dans tous les concours d'Europe, et, partout, on s’en trouve bien. L’instrument est très portatif et peu coûteux, les animaux ne s’en effraient que bien rarement, et cette mesnre est un acheminement vers le but qu’on se propose.

.… Permettez m’en une autre, primez moins d’étalons, primez plus de Juments. Un étalon suffit à trente ou quarante juments ; or voyez dans quelle proportion celles-ci étaient à ceux là à l'Exposition, et méditez.

Donnez même pour commencer, et pendant quelques années une prime qui équivaudra au moins au prix de la monte, à tous ceux qui feront couvrir une jumeni, certifiée par un homme ayant votre confiance, par un étalon ayant été primé et reconnu sain, soit par vous, Messieurs, soit par une société de Comté. Maïs n’accordez cette prime qu’autant que la nature de la jument sera en rapport avec la nature du mâle, c’est-à- dire, qu’autant qu’ils seront susceptibles soit par leur race, soit par leur emploi, d’être unis utilement. Enfin ne donnez le prix qu’après la mise bas du poulain.

En agissant ainsi vous arriverez dans une douzaine d’années, a voir balayer toutes les tares osseuses qui font aujourd’hui la honte de nos races et le désespoir de nos éleveurs, et, vous les aurez remplacées par des produits qui seront l’orgueil, la gloire et la fortune des producteurs.

Voilà pour les deux premiers moyens suggérés. Voyons pour le troisième. Mais auparavant disons un mot d’un croisement dont nous avons eu un exemple par le cheval No. 61 ; C’est le croisement des deux races Breto-Normandes. Le cheval de cette source que nous avons vu a été par nous noté : élégant et très net. Ces deux races pourraient donc s’allier s’il y avait assez de juments de la première, mais nous pensons que les St. Laurent les remplacent avec avantage pour les emplois de luxe.

** Nous avons donc à examiner maintenant l'amélioration de la taille des Breto-Canadiens par eux-mêmes.

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PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. XLIIK

On peut arriver à ce très désirable résultat sans secousses, sans heurt, et sans froisser ni la liberté individuelle ni les qualités de la race. Il suffirait pour cela de publier dès maintenant un exposé des motifs qui font désirer cette élevation de taille chez une race aussi riche en bonnes qualités et appelée à rendre tant ct de si universels services. On pourrait indiquer un minimum qu’atteindraient quelques étalons et juments, dont la pureté de race serait d’abord constatée, et on arriverait ainsi dès l’an prochain à un beau résultat. On pourrait avoir au concours tel nombre d’étalons Breto-Canadiens approuvés, parmi lesquels on primerait tel nombre que faire se pourrait, et tel nombre de juments pleines qu’amenées, qui, sur le vùü de leur certificat d'aptitude à être utilement mères, recevraient le prix de la monte et mieux s’il y a possibilité,

Par ce moyen et en élevant tous les quatre ans, (je dis quatre ans pour commencer,) la taille jusqu’au point où on veut la voir arriver, sans dépasser les bornes du nécessaire, on aurait au bout de douze ans, une race ayant toutes les qualités actuelles de la race existante, et possédant ce qui seul lui manque aujourd’hui, une aille élevée. On aurait aussi la race des Clydes ; elle se feraient concurrence ou mieux seraient des succédanées l’une de l’autre, et la fortune du

pays y aurait gagné.

Qui va piano va sano.”

dit le proverbe Italien, et je crois qu’ici ilest bon de s’en souvenir. Vouloir tout, tout d’un coup, c’est risquer fort de n’avoir rien jamais.

J'espère que ma franchise ne déplaira pas, et je termine ce paragraphe en recommandant l’usage des chevaux anglais pur sang, pour ajouter encore à l’élégance des chevaux St Laurent, dont la production bien conduite, suffira bientôt aux besoins du pays comme chevaux de luxe et d’attelage. (Cette race n’est qu’un croisement entre les chevaux normands ayant du vieux sang Arabe ou Maure, et d’autres chevaux en ayant du même mais du plus jeune.

Les uns datent de la défaire des Maures à Poitiers en 732, ce sont les Normands; les autres datent du règne de Jacques ler d’Angjleterre,successeur d’Elizabeth, et qui, frappé de la pénurie dont nous avont parlé plus haut, entreprit de régénérer et d'augmenter au moyen de chevaux arabes les races de Angleterre.

Trois cents ans bientôt de persévérance ont amené le résultat attendu. Le Gouvernement Anglais y a beaucoup contribué sans doute, mais le concours unanime el perséverant des volantés isolées tendant au méme but, est encore plus favorable à ce grand résultai et nous pouvons l’obtenir en beaucoup moins de temps.

J’arrive maintenant au dernier paragraphe, celui des suggestions, autres que celles qui ont trouvé place dans le cadre de mon travail, et que je prends la liberté de soumettre à l’appréciation de la Chambre d'Agriculture du Bas-Canada.

$ 9.— Suggestions spéciales au département équestre.

J'aurai l’honneur, Messieurs, de terminer ce travail que je suis

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