PROVINCIALE AGRICOLE 1858, XLVII
vais, car alors le eapital engagé étant moindre, de même que les chances de pertes accidentelles, 3} en rés ‘ltait une économie proportionnelle dans le produit, les fumiers. En un mt, le cultivateur était placé vis-à-vis de son bétail dans l* uligation #igoureuse de lui appliquer ce principe absurde que “l’argeat épargné est le premier gagné.”
Cet état de choses semblait devoir exister toujours, lorsqu’qu’un genie créateur, Bakewell, dota l’agriculture de races spéciales avec lesquelles il n’était plus permis de soutenir que le bétail était un mal nécessaire et de ce jour datent à proprement parler les progrès de l’agriculture moderme. Devenu une source de profits et une spéculation lucrative le bétail força le cultivateur à augmenter ses ressources fourragères, Fprmés en grande partie des gaz soutirés de l’atmosphère, ces fourrages, transformés en engrais vinrent ajouter à la fertilité du sol, C’est ainsi qu'avec l’amélioration du bétail, la richesse du sol s’est élevée aux plus hautes périodes de fertilité et qu’il est impossible de ne pas reconnaître aujourd’hui que ‘ l’agri culture c’est le bétail.”
Malheureusement la spécialisation des races dans la production de la viande, du lait ou du travail selon les aptitudes, spécialisation qui a motivé comme conséquences nécessaires tous les progrès récents de la culture du sol, n’est pas un fait reconnu et accepté du grand nom. bre de nos cultivateurs. Grâce à la persévérance intelligente de la Chambre d’agriculture du Bas-Canada à favoriser l’importation et la multiplication des races améliorées, il est permis d’espérer que bien tôt l’opinion publique cèdera devant les faits constatés chaque jour par un plus grand nombre de cultivateurs heureusement placés dans le voisinage des quelques éleveurs qui ont adopté ces races spéciales
S’il fallait en juger par les animaux exposés au dernier concours je serais en droit de dire que nous possédons actuellement des reproduc teurs de choix qui peuvent,à tous égards, être considérés comme types de leur race. Mais je sais que l’exposition telle que constituée au dernier concours n’était pas l’expression fidèle, un échantillon flatté de ce que nous possédons réellement, Pour bien des raisons qu’il ne m’appartient pas d'apprécier, je sais que plusieurs de nos éleveurs, dont quelques-uns sont connus par l’excellence de leur bétail, se sont abstenus de concourir. C’est ce qui explique en partie la pauvreté de quelques sections dans la race Courtes-Comes ou Durham. Mais il n’en reste pas moins établi que le pays possède actuellement les élements de l’amélioration de son bétail, et qu’il ne nous reste pluë, pour obtenir un résultat général qu’à faire accepter par les masses la nécessité de cette amélioration. Qu’on se rappelle qu’au dernier recensement de la province l’espèce bovine figurait pour tout près d’un million