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PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LXIL
Mais lorsque j'ai traité de ces races perfectionnées, j’ai remarqué que
de toutes ces races les unes sont spécialement aptes à l'importation
tandis-que les autres y sont absolument impropres. Parmi les pre-
mières figure au premier rang, la race d’Ayr, qui, dans chacun de
nos concours, par la beauté et par le nombre des individus exposés, mérite les éloges de tout le publie. Or s’il est vrai que cette race est la seule qui convienne bien à nos conditions de culture,de débouchés, de capitaux, de climat, et le public agricole semble avoir prononcé pratiquement sur cette question, pourquoi encourager, par l’importance des primes offertes, l'importation de races perfectionnées, de beaucoup moins aptes aux besoins de notre agriculture? Je ne parlerai pas de l’importance des sommes ainsi déboursées en primes, sommes qui ont le mérite d’indemniser un peu le cultivateur des pertes qui Pattendent par l’adoption de ces races ; mais ce que je considère comme plus grave, c’est la sanction ainsi donnée à une spéculation individuelle, dont les efluts utiles sout nuls. Frappés des mauvais résultats qui suivent l’importation de ces races, les cultivateurs perdent toute confiance dans la direction des concours. Leurs décisions, sur le choix des races primées, n’ont plus de valeur à leurs yeux, car, bien souvent, l’encouragement devient un piège tendu à l'ignorance du cultivateur qui ne sait pas distinguer les défauts relatifs de la race qu’il choisit. Voilà ce qui nullifie trop souvent les avantages des concours agricoles. Les cultivateurs ne voient dans les races importées qu’un luxe que l’on prime et qui n’est pas à leur portée. Ne sem
ble t-il pas qu’il serait plus utile d’arrèter le choix d’une race, plus spécialement apte à nos besoins, et de l'indiquer en quelque sorte à nos cultivateurs, en encourageant sa multiplication par tous les moyens possibles,
Voilà la suggestion principale que je fais au système actuel, et je vois là une garantie de succès pour nos expositions provinciales agricoles. Ces expositions doivent-être faites pour la majorité de nos cultivateurs,tandis qu’aujord’hui elle n’attirent que le très petit nombre d’éleveurs qui possèdent des races améliorées. Est-ce là le moyen de répandre dans le pays des idées générales d’agriculture progressive ? Je ne le crois pas. Je voudrais que les primes offertes, pour les animaux de race canadienne,fussent assez importantes et en assez grand nombre pour attirer des concurrents de toutes les parties de la province. Aujourd’hui ces prix sont tellement miaimes que le producteur doit nécessairement perdre de l’argent chaque fois qu’il expose, attendu que les prix offerts ne sont pas assez élevés pour couvrir les dépenses de déplacement. Quel progrès peut-on espérer avec un patelk système ? [leest de la plus grande urgence que nos sociétés d’agriculture s’en émeuvent et qu’elles opèrent des changements devenus nécessaires. Que ces sociétés se rappellent que Le sommes dépensées annuellement dans les expositions sont votées pour leur avancement et qu’il est de leur devoir d’en faire un emploi qui tende au progrès de notre agriculture en géneral.
Je voudrais que dans les prix offerts aux concurrents de nos expositions agricoles, on eut pour principe “d’accorder à chaque race, des