‹ Compte-rendu des travaux de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada [microforme]Chapitre 70 sur 98 · LXXVII COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION · texte numérisé non relu

LXXVII COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION

données on peut alors juger de la valeur comparative de deux instruments.

Malheureusement au dernier concours toutes les charrues concouraient ensemble indistinctement et c’est une grave erreur à laquelle il ämporte de remédier de suite, sous peine de paraître ignorer les principes élémentaires de la construction d’une charrue. Qu’on me permette d’analiser ici ces principes afin d’en rendre l’application plus facile lorsque je passerai en revue les charrues exposées.

Dans toute charrue on distingue trois genres de pièces :

1.—Les pièces travaillantes ; le coutre, le soc, et le versoir.

2.—Les pièces de direction ; le sep, le régulateur, les mancheons.

3.—Les pièces de liaison et d’assemblage ; l’âge, les étançons, les æntretoises, la coutrière, les boulons.

De toutes ces pièces les premières sont les plus importantes, parceque leur construction varie avec les circonstances si diverses dans lesquelles la charrue est appelée à confectionner. Pour n’étudier que le versoir, voyons d’abord le travail qu’il doit exécuter. La bande de terre, coupée de côté par le coutre, en-dessous par le soc, doit mainteamant pivoter successivement sur deux de ses arrètes, de manière à se æoucher sur le labour déjà fait avec un angle de 450. Dans cette évofution, la bande de terre, en suivant le plan incliné que présente le yersoir, s'élève peu à peu jusqu’à ce qu’elle arrive à la verticale, [oi de versoir prend une nouvelle forme, pousse la bande appuyée maintemant sur son petit côté et la fait pivoter sur son arrête la plus éloignée, jusqu’à ce qu’elle se couche à un angle de 450. Comme on le voit, la charrue présente, dans la construction de son versoir, un véritable plan incliné courbe, ou plutôt une suite de petits plans inclinés. Pour élever un poids de terre sur un plan incliné, il faut, on le sait, une certaine force dont l’intensité augmente avec l’inclinaison, à un tel point que si l’inclinaison du versoir atteint 640. la terre ne monte plus, même avec une force horizontale infinie. Alors la charrue bourre, mousse, mais ne renverse pas la bande,le versoir est trop court. Il peut “galement être trop long et voici comment : La terre qui monte sur Île versoir exerce une certaine pression et le frottement qui en résulte donne d’autant plus de résistance que le poids de terre est plus consiérable et ce poids augmente avec la longueur du versoir. Ily a -donc des limites de longueur qu’il ne faut pas dépasser. Dans le versoir court, la traction horizontale est plus grande que le poids et quelquelois de beaucoup. Dans le versoir long, au contraire, la traction est plus faible que le poids, En un mot si on raccourcit le versoir, c’est la traction qui augmente par rapport au poids qui diminue, un autre côté si on l’alonge, c’est le poids qui augmente avec la diminution de la traction.

C’est donc un juste milieu qu’il faut obtenir, et c’est là la difficulté de la construction du versoir, selon la nature du sol et le travail a exéœuter. Plus le terrain à labourer sera tenace et dur, plus il faudra ællonger le versoir en diminuant l’angle d’inclinaison. Plus le sol -sera léger, plus on devra raccourcir le versoir, en raison de la facilité avec laquelle ces sols sont soulevés par la charrue.

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