‹ Compte-rendu des travaux de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada [microforme]Chapitre 71 sur 98 · PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LXXIX · texte numérisé non relu

PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LXXIX

Les pièces de direction doivent permettre de régler une charrue de manière qu’avec le secours accidentel des mancherons, le laboureur puisse faire un bon travail. Quant aux pièces de liaison, elles doivent réunir la solidité à la légèreté, voilà tout. |

Toutes les charrues exposées aux dernier concours, et de fabrique Canadienne ont plus ou moins la forme de la charrue de Small,et nos cultivateurs sont intimement convaincus que ces charrues font nécessairement un bien meilleur travail que les autres, quelqw’elles soient. Pour renverser cette opinion fausse il suflit de rappeler que cette charrue n’est plus employée ailleurs qu’en Ecosse où elle perd tous les jours du terrain ; remplacée qu’elle est par les charrues Anglaises de Howard, Ransomes. Voici ce qu’on lui reproche : le soc n’a pas assez de largeur, de sorte que la bande de terre, à moitié iétachée du sol seulement, ne peut se renverser qu’en se déchirant, et c’est ce qui arrive, donnant une augmentation de tirage à la charrue écossaise. Ce défaut serait facilement corrigé par un soc plus large, si le versoir n’était tellement mal construit, que cette partie de la bande non coupée, peut seule, en faisant charnière lorsque la bande se renverse, permettra à la charrue de faire un labour passable. (Cette charrue a rendu longtemps de grands services à l’agriculture ; mais aujourd’hui augmentation de tirage que nécessite sa construction ne peut lui permettre de lutter avec les charrues construites de manière à faire pivoter la bande, après lavoir entièrement coupée, exigeant ainsi le minimum de tirage pratiquement possible.

Un autre préjugé encore moins raisonné, c’est lopinion de supériorité que l’on a des charrues dont l’âge et les mancherons sont en fer. Est-ce pour leurs poids qui leur donne plus de stabilité? pour cet avantage bien léger et que je nie, je vois bien des inconvénients. Le premier, c’est le haut prix de revient de ces instruments, le second c’est un poids considérable dont le résultat est de demander plus de tirage des animaux moteurs.

Les Etats-Unis avec leur esprit pratique, dégagé de ces milles préjugés qu’apportent avec eux les émigrés européens,ont bien vite adopté les nouvelles charriies avec âge et mancherons en bois. Le dernier concours offrait une collection complète de ces instruments exposés par Mr. Evans. Dignes de figurer dans les premiers concours de l’Europe ces instruments sont sortis des atteliers de Nourse, Mason et Cie qui ont su copier les meilleurs modèles, en les modifiant pourtant avec autant de succès que de hardiesse, selon les circonstances particulières de sols et de matériaux de leur pays. Il est au moins étonnant, pour ne pas dire plus, qu’à peine sortis de la forêt, nous ne trouvions plus dans nos bois les matériaux nécessaires à la construction de nos iastruments aratoires

Il est une charrue, appelée “ charrue sous-sol”, dont le dernier concours offrait un excellent échantillon, qui chez nous devrait être d’un

emploi général. Personne ne contestera la nécessité de donner au sol le plus de profondeur possible, car c’est là multiplier sa puissance de la manière la plus efficace. Avec de la profondeur un sol ne souffre plus des excès d’humidité ou de chaleur, il est toajours dans cet , état moët si nécessaire à la bonne végétation ; de plus la couche ara-

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