‹ Compte-rendu des travaux de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada [microforme]Chapitre 72 sur 98 · LXXX COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION · texte numérisé non relu

LXXX COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION

ble en s’approfondissant s’enrichit bientôt, par l’occès de l’air et des engrais qui la pénètrent ; et plus tard, la plante trouve là, une réserve abondante de matériaux utiles, dans lesquels elle puise les éléments d’une belle récolte. Longtemps les tentatives faites pour obtenir ce résultat magnifique par l’approfondissement du sol ont échouées. Le cultivateur se flattait d’y arriver par un labour plus profond. Il r°menait ainsi à la surface de son terrain une terre riche peut être de principes minéraux, mais qui réclamait les influences atmosphériques avant de fournir aux plantes une nourriture assimilable. Il eut fallu alors, à force d’engrais, enrichir cette terre neuve en quelque sorte, dans laquelle le cultivateur n’obtenait que de mauvais résultats. Il fallait donc, pour éviter cet inconvénient grave, donner de la profondeur au sol, sans en rien ramener à la surface : le fouiller en un mot, l'ouvrir, de manière à permettre à l’air, aux engrais d’y descendre, et avec eux les racines des plantes; et on y arrive avec la “ charrue à sous-sol.” C’est un instrument indispensable chez nous où nous manquons de profondeur et en même temps d’engrais.

ROULEAUx.—Cet instrument, de première utilité dans toute culture bien conduite, se voit dans nos campagnes, mais pas assez générale ment pourtant. On ne parait pas comprendre les avantages de son emploi et les principes d’après lesquels il agit. On peut diviser les rouleaux en deux espèces, le rouleau uni et le rouleau denté. Le premier, qui est à peu près le seul connu ici, peut être employé sur des terres légères, déjà ameublies ; où il ne s’agit que d’écraser les deruières mottes, ou de tasser une terre trop soulevée, qui, en s’évaporant, souffrirait bientôt de la sécheresse. Mais cet instrument, consistant bien souvent en un tronc d'arbre, ne saurait faire un travail parfait. Rencontre-t-il une motte dure et volumineuse, il ne peut la broyer, et se souleve sur toute sa longueur pour franchir cet obstacle. Qu’arrive-t-il alors ? c’est que toutes les mottes plus petites ne sont point écrasées, grâces à ce mouvement. Sur un terrain inégal les inconvénients de ce rouleau primitif sont encore plus grands.

Malgré toutes ces objections, c’est pourtant le seul rouleau que l’on voie dans nos concours. Il en est un autre, connu en Angleterre sous le nom de rouleau brise-mottes (clod crusher), fabriqué d’abord par Croskill, qui, avec les perfectionnements apportés à sa construction, remplit toutes les conditions d’un bon rouleau et est arrivé à peu près à la perfection.

Ce rouleau est en fonte et se compose de disques dentés indépendants réunis par un axe qui les traverse. Ces disques sont des roues de deux pieds de diamètre et dentées, dont le moyeu est percé de trous d’un diamètre plus grand que celui de l’axe. On conçoit que les disques puissent ainsi monter, descendre indépendamment les uns des autres et suivre les inégalités du terrain, condition indispensable d’un bon travail.

C’est alors que le rouleau procure au cultivateur les nombreux avantages qu’il doit en attendre.

S'agit-il J’ameublir? En alternant les hersages et les roulages, le sol le plus difficile sera pulvérisé. Les mottes les plus grosses sont broyées et si quelqu’unes résistent le poids de l'instrument les fixera

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