SÉRIE.—INSTRUMENTS DESTINÉS AUX RÉCOLTES
Moissonneuses et Faucheuses diverses.——Machine à arracher les tubercules.—Rateaux, Faneuses
MOISSONNEUSES—La moisson est une des opérations de la pratique agricole qui exige le plus d’activité et de célérité, dans notre pays surtout, dont la récolte se compose principalement des céréale venant toutes à maturité à la même époque et exigeant par cela même d’être recoltées en même temps. Souvent aussi le peu de beaux jours dont nous pouvons disposer à une époque où les froids de lautomne commencent à se faire sentir, nous font une obligation, à nous plus qu’à tout autre, de moissonner vite et pour cela de nous aider de tous les instruments que l’agriculture d’aujourd’hui met à la portée du cultivateur prévoyant et calculateur.
Ainsi les raisons de temps seraient déjà suffisantes pour nous forcer à adupter ces instruments, mais les raisons d'économie ne nous permettent plus d’hésiter. Au prix élevé de la main-d’œuvre à l’époque de la moisson nous n’avons qu’un remède : c’est l'emploi des machines perfectionnées, remplaçant le travail de l’homme par celui du cheval. Non seulement on relèvera ainsi la dignité de l’homme, en changeant son rôle, qui deviendra celui d’une intelligeance directrice, mais encoreon arrivera à une production plus économique et plus abondante. Aux Etats-Unis l’honneur d’avoir dévancé le monde dans linvention et le perfectionnement du premier des instruments destinés aux récoltes , la moissonneuse ! Après plusieurs tentatives de modification dans l'application du principe d’après lequel cet instrument fonctionne, l'Europe a dû revenir à la copie pure et simple des moissonneuses américaines qui, sous tous les rapports ont réalisé le problème de la coupe des foins et des céréales. Ces machines, nous les avons vues au dernier concours et nous pouvons être fiers de posséder quatre modifications du même système, toutes pouvant économiquement remplacer la faux. Je n’irai pas jusqu’à donner une opinion de la valeur comparative de chacune de ces modifications. Une opinion de ce
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PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LXXXVIS
sujet ne saurait se donner qu'après des essais multipliés et j’oserais dire qu’après une longue pratique, qui permit de juger non seulement au point de vue de l’exécution du travail, mais encore de la résistance des matériaux employés. Car c’est là une des objections principales aux moissonneuses : quelque pièce se casse-t-elle la réparation est longue, quelquefois impossible, le temps s'écoule et c’est ce temps si précieux qu’on voulait si bien utiliser et pour lequel on a fait l’achat d’un instrument coûteux.
On a voulu spécialiser le travail des machines employées à la coupe des récoltes et, dans ce but, on les a divisées en faucheuses et en moissonneuses. Les premières coupent ies foins seuls sans pouvoir couper les blés, les secondes au contraire moissonnent les céréales sans pouvoir couper les foins. C’est à mon avis pousser trop loin la division du travail et multiplier inutilement les instruments nécessaires au cultivateur. Pour moi les faucheuses-moissonneuses combinées me semblent devoir suffire en tous cas au besoin de notre agriculture. Nos fabricants l’ont parfaitement compris aussi ces machines sont-elles les seules qu’ils fabriquent. Déjà leur emploi se généralise dans le pays, malgré les petites planches qui seront toujours obstacle le plus sérieux à leur succès, De fait la disposition du sol en petites planches, telles qu’elles se pratiquent dans nos campagnes, s’oppose invinciblement à Pemploi de tous les instruments perfectionnés, qui demandent des surfaces unies pour donner tout leur eflet utile. On est donc placé dans l'alternative de sacrifier les instruments perfectionnés aux petites planches ou vice-versa les petites planches aux instruments perfectionnés, ce qui est beaucoup plus raisonnable, attendu qu’on aura ainsi adopté d’un côté de meilleurs instraments, de Pautre, un meilleur systême de labours.
MACHINES A ARRACHER LES TUBERCULES.—-[l en est de plusieurs espèces tant on a reconnu l’importance de simplifier l’arrachage des tubercules et racines en général, pour en diminuer le prix de revient. Les patates exceptées qui trouvent un débouché sur nos marchés, les récolcoltes racines sont exclusivement destinées à l’alimentation du bétail, il est donc essentiel d’en diminuer autant qu’il est possible le prix de revient afin de produire le fumier au plus bas prix. L’arrachage est une des opérations coûteuses parce que jusqu’à ce jour il a été exécuté à bras d’homme, mais qu’on leur substitue un instrument atteignant le même but et cet item ne sera plus au débit de ces récoltes. Le dernier concours en offrait un modèle de fabrique américaine exposé par M. W. Evans. Il se compose d’un butteur, armé en arrière de deux rangées de dents de herse formant V. Le butteur soulève le sillon de patates et en l’ouvrant le sépare en deux. Les dents de herse alors séparent les patates de la terre qui passe à travers les dents tandis que les tubercules, après avoir suivi la direction des deux rangées de dents, viennent s’aligner à l’arrière de l’instrument. Cet instrument est nouveau et l’essai pourrait seul prononcer sur sa valeur. Il est à craindre que les dents de herse placées à l'arrière ne soient souvent embarrassées par les fannes de patates qui, à l’époque de l’arrachage, jonchent le sol. Il est un autre instrument, également exposé au dernier concours, destiné à l’arrachage des patates, il consiste