CHAPITRE SEPTIEME
Produits Agricoles.
Ce chapitre, je l’avoue, n’a pas pour moi toute l’importance qu’on veut bien lui donner ; les échantillons exposés sont ordinairement de première qualité et prouvent suffisamment que nous pouvons obtenir de très beaux produits. Mais là s’arrête tout l’enseignement que l’on peutretirer de ce vaste ensemble de produits exposés. Qui peut garantir que ces échantillons d'avoine, d’orge, de pois et autres n’ont pas été trillés à grands frais, tout exprès pour le concours, et quelle est la récolte, si mauvaise qu’elle soit, qui ne puisse sur une certaine étendue, donner au trillage quelques minots de grains hors ligne ? C’est bien certainement ce qui se pratique, on n’en saurait douter. Or, quel avantage peut-on attendre, pour l’agriculture en général, d’une exposition qui est bien plus le produit du travail, que le produit des champs? Et encore ces récompenses ne peuvent-elles profiter que dans un petit rayon, car ces produits sont trop encombrant pour être transportés à distance. Or, les expositions provinciales ont bien plutôt pour but le progrès de l’agriculture en général 1e le progrès de l’agriculture d’une localité : et à mon avis c’est manquer le but de cette institution que de primer des produits au hazard, sans données certaines, qui permettent de juger de leur valeur comparative. Les produits, selon moi, devraient être jugés sur le terrain, alors que l’on peut se rendre compte de toutes les circonstances qui ont concourues à leur production ; aussi est-ce bien plutôt du domaine des sociétés d’agricultnre de comté que de celui des expositions provinciales agricoles. Pour toutes ces raisons je ne crois pas devoir entrer dans les détails de l’exposition des produits au dernier concours; je dunnerai seulement le rapport du jury de cette classe.
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