‹ Compte-rendu du salon d'exposition de Bruxelles, 1836Chapitre 21 sur 35 · J. FORSTER · texte numérisé non relu

J. FORSTER

Parmi les gravures exposées au Salon, nous n'avons

trouvé de vraiment remarquable que La Vierge au baS'TeUef, de Léonard de Vinci, gravée par *M. J. For^ ster, de Paris. Cette production serait de nature à faire revenir de Topinion, si générale, que la lithographie a rendu impossible les grands suceès en gravure. Certes, le nombre des graveurs a diminué, mais les amateurs savent toujours distinguer le vrai mérite. Et Thomme qui possède un talent réel est sûr de rendre la place qui lui appartient au genre qu*il cultive. La lithographie ne doit point détrôner la gravure; ces deux arts doivent se partager Fempire : il reste à chacun d'eux une assez belle part. Quel amateur^ en voyant louvrage de M. For-

èler, regrcltera le leiup»^ le» veilles consumées poui* atteindre a cette perfection? Quel amateur, en voyant les scènes que M. Madou dessine si spirituelieuiLtit sur la pierre, pourra regretter quil n'ait pas employé le cuivre et le burin? Désormais la lilhu^raphie a acquis son droit de cité dans le domaine des arts; mais elle n'y a pris la place d'aucuu autre. Le champ de 1 imagination est assez vaste , il y a place pour tous les genres. La discussion ne peut s'établir qu'à 1 égard des productions médiocres de Tua ou Tautre procédé. Ainsi Ton pourra dire, j'aime mieux tel tableau lithographié que tel autre gravé , ou ritiverse ; mais ces jugemeus ue décident pas entre les deux arts.

Malgré rintroduction de la lithographie , la gravure est et sera toujours utile, ne fùl-ce que pour Findustrle, qui doit avoir si souvent recours à elle. Bien plus, il est certains ouvrages pour lesquels la lithographie ne remplacera Jamais la (;i a \ ure. Laissons-les donc se partager Tempire et marcher à de nouveaux progrès, en se prêtant un mutuel appui.

Et commençons par admirer le beau travail de M. For^ sler. Toute la grâce, toute la suavité, toute la noblesse qu il fallait pour traduire dignement Léonard de Vinci , le plus gracieux et le plus suave des peintres de cette Italie, si renommée pour ces qualités, le graveur a

DU SALOM d'exposition. 4^

prouvé quii lea poaftédait. Sou de»»ia^ la base de cet art, est correct; son burin est ferme, varié et soutenu : il ciicuic muHeuicnt sur toutes les surfaces, dout il accuse le modelé sans effort et sans afféterie. La vigueur se joiut ici au liiii pour produire i eircl le plus flatteur.

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