‹ Compte-rendu du salon d'exposition de Bruxelles, 1836Chapitre 27 sur 35 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Maintenant que nous avons passé en revue tous les objelA digoes d'attention ^ exposés pendant deux mois aux regards du public, dans les salles du Musée, nous hasarderons quelques réflexions sur Fensemblc des résultats que les arts nous ont présentés.

Découvre-t-on dans cet ensemble la manifestation d'une source féconde > d*oû nous puissions espérer de voir s'écouler j à grands Oots^ des chefs-d œuv re capables d'immortaliser un nouveau siècle de lart belge? Y a-t-ii chez nos peintres une tendance prononcée vers un but déterminé et sensible?. Sont-ils animés par une de ces

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pensées ci*éatrices d'où oaiMent les grandes choses? Enfin^quefaiiUil faire pour encourager efficacemeDt les

beaux-arts?

Ce que nous avons surloul reconnu chez le plus

grand nombre de nos artistes^ c'est une tendance à Fimitation^ plua matérialiste que spiritualiste, de la nature. Pendant que les écoles d'Allemagne, celle de Munich en particulier^ reviennent au moyen âge pour le sentiment et Texpression, se tiennent au beau idéalisé, aux formes pures et graves^ aux lignes sévères et pensantes; notre école belge, prise en masse, «^attache au contraire à Téclat, ue se propose pour mutlèie qu une des laces de rimmense talent de Rubens, celle que ses élèves ont excluaivement développée : ou bien encore eDe se borne a la reproduction minutieuse des détails. I^ous avons tous pu remarquer dans les salons ouverts à notre observation , une foule d'ouvrages de la dernière indigence intellectuelle, et signalant néanmoins une rare aptitude à rimitation exacte. Eu général, on voit que rinstruction forte et solide manque à la plupart de nos artistes ; qu'ils vont à l'aventure , sans idées fixes , sans rien d'arrêté. Le hasard les sert ou les fourvoie dans le choix de leurs sujets.

C est ici que la main d uu pouvoir prolecteur devrait se manifester. On réjpète a chaque instant que le gou-

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veroement ne peut disposer de sommes assez considérables pour donner aun aris une forte impulsion. Nous ne sommes point de cet avis : la législature est bien disposée , ely dès qu'on lui aura montré des résultato , dés (ju un lui aura prouvé que la gloire du pays, que uolre valeur comme nation^ dépendent de noa succès aussi bien^daiii» lea arts que dans Tiiidustrie, dè« qu elle aura reconnu que les subsides qu'elle accorde sont réellement employés de la manière la plus propre à amener de grands progrès, elle ne se refusera a aucun des sacrifices qui 1 ui seront démontrés nécessaires.

Mais s'il est un système qull faut se hâter d abandonner, c'est celui des acquisitions après les expositbns. Ce sysu ine pouvait être employé transitouement. Aiyourd'hui les personnes chargées de la direction des beauxarts doiveuL sufiiîjamment coiinaitre la spéciaiité et la capacité relative de nos artistes : le moment est venu de leur commander des travaux.

Ces travaux demandent à être coordonnés : réunis, ils doivent pouvoir composer un jour un ensemble que nos neveux montreront avec orgueil en disant : Ceci estrécole belge.

Les objets exposés cette année ne nous ont pas fourni ,

Foccasion de parler de rarchitecture. Cet art, qui doit

être à la lois la base et le lien de tous les autres^ sèmes

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ble coudamué chez uoua à uue exisleuce sUtionnaire : . la foule innombrable des constractiona partîculièrea qui se pressent les unes sur les autres^ loiu de servir au progrès de Fart, le réduisent, au contraire, aux proportions les plus mesquines.

Bruxelles, notre capitale , possède à peine un édifice moderne qui puisse être présenté comme le résultat de la science architectoDique dans le pays. Eu cela, tout est à faire. Les locaux manquent pour les grands établissemeus publics, pour les expusiitons, pour les collections scientifiques, pour les bibliothèques, pour les tribunaux, pourles musées, pour la célcbraLion dt » sultnnités nationales , pour les académies , pour la tenue des sessions des jurys institués par la lot sur le haut enseignemeut. 11 faudra toujours, quelque retard quon y apporte, finir par élever ces édifices, que réclament les besoins du nouvel état. Pourquoi ne pas arrêter, dès à présent, un grand et vaste plan de construction de bàumens nationaux? Les architectes y déploieront leur science, et certes nous ne manquons pas dliommes capables dans celte partie ; ils établiront leurs plans de manière à fournir du travail à nos artistes en tout genre : aux peintres, soit qu'ik traitent Thistoire, le genre, le paysage, les fleurs et les fruits, pour les arabesques, etc.; aux statuaires et sculpteurs, sokpour

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orner les frontons et les irises de bas-reliefs , soit pour placer desstatues et des bustes sous les péristyles et dans les vestibules.

La grande peinture à fresque , qui a fait la gloire de

I ccole iialieune^ est peut-être le mode le plus propre à développer les facultés de Tartiste , celui qui lui procure le moyen de donner le plus libre essor à son imagination. Cest vraiment la peinture épique. Pourquoi, dans ces vastes salles que réclament nos mœurs actuelles , dans ces salles où la liberté appelle tous les citoyens à venir juger les actes des hommes publics» pourquoi cette grande et noble peinture à fresque ne présenlerait-elle pas à tous les yeux les plus beaux exemples de notre histoire nationale? On parle de commander quelques statues de nos grands hommes : Tidée est bonne assurément^ mais ainsi isolée elle ne produit a aucun l ébultat, si ce n'est d^cxciter la jalousie entre les sculpteurs.

II faut exécuter des travaux importans , maïs des travaux toujours utiles > et y employer les artistes , suivant leur spécialité ; chacun y trouvera sa place.

iNous le l'épétoDS^ravenirdesartseu Belgique dépend de la direction qu'ils vont prendre d'ici à peu de temps. Si le gouvernement ne leur donne pas un point d appui solide et une impulsion salutaire, c*en est fait de toutes ces belles espérances que font concevoir les jeunes ta-

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leDs qui s élèvent. Nous les verrons dépenser leur activité dan« de vains et infructueux eiiait. Hais toujours occupés du 8oiu de »e concilier la faveur publique , li» quitteront le vrai et la nature pour la mode ; incertains du placement de leurs ouvrages, ils abandonneront le genre élevé pour se livrer à la production d'ouvrages d un débit plus facile.

Touë les ai ls sont menacés par cette maladie de la facilité, c*est elle qui tue la littérature. Quel homme , à moim qu il jouisse d uue grande iortune ^ aura le courage de composer un livre» comme nos devanciers et nos maîtres le faisaicat^ en le ehàiiaul^ eu l élaguaut, eu le réduisant autant que la clarté le permet?

Aujourd'hui y un écrivain qui retranche dix lignes de son travail peut calculer^ à un centime près ^ le tort qu^il ûdt à sa bourse. Et sa réputation , dirait-on ?» On lit comme on écrit , avec la même précipitation ^ avec la même négligence.

Il faut éviter aux artistes le danger de cette pente, à laquelle ils ne sont que trop enclins à se laisser aller; et pour cela, il faut donner un but, un but utile, un but honorable à leurs tràvaux.

Certes, jusqu'ici le gouvernement ne peut être accusé d'avoir mal employé les fonds que les chambres ont mb à sa disposition pour rencouragement des beaux-

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arts; la justice et Timpartialité ont présidé aux acquisîtbDsqu*U a faites, et aux récompenses qu^Q adécer^ nées illais il est iàckeux d être forcé de recouuaîlre que la nature même des sujets exposés a souvent obli^ le gouvenicmeut à acheter des ouvrages peu propres à être placés dans un mutée national, pour y servir d*en- •eigoement et y représenter uue école.

Une protection puissante et éclairée est descendue du tr6ne : le roi^ qui depuis cinq ans n'a cessé de consacrer aux arts une partie considérable de sa liste civile, a enoore,à Toccasion de cette Exposition, montré sa royale munidcence -, les ouvrages les plus remarquables, de vaut lesquels la foule s*aasemblait, portaient presque tous cette inscription : Appartient au Roi. C'est aiusi que le beau tableau de Gallait, que celui de Verboeckhpven, que celui de W appcr», (|ue le joli groupe de Simouis, vont orner la galerie de Léopold.

Trois artistes belges ont été décorés à Toccasion de TExpositiou de 1836, ce sont d^abord M. Henri Yan- Assche, le doyen des peintres belges, dont la réputation coiijuie paysagiste ne s'est pas arrêtée à notre pays. M. Navez, peintre d'histoire, à qui son seul mérite avait valu, sous le gouvernement précédent, une distinction

' Vovcr f l-nprès la listp des arlistp» qui ont o!»»{»i!u des réooitip«iMC», et celle des tableaux achetés par le gouvernement et puur la lulerie.

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semblable , et M. Guillaume Geeft , statuaire , que Fopi-

iiioLi publique désignait déjà pour cet honneur en 1855. Deux autres de dos artistes obtiurent^ à roccasion de la précédente Exposition de Bruxelles, la décoration de Fordre eivil de Léopold ; ce sont : MAI. £• Verboeckhoven et Wappers. On -peut voir par là que dans la partie des beaux-arls cet ordre n a point été prodigué , et que les artistes qui Tout obtenu en étaient dignes sous tous les l apports.

Aussi y Ton ne réclame point contre ce qui a été fait, mais on laisse éehapper le mut uuhii . il iiuus semble que Ton ne doit point qualifier de ce nom un ajourne^ ment fondé sur de raisons plausibles. Une médaille d*or a récompensé, cette année, les auteurs de La bataille des Éperons â^Or et de Montaigne visitant le Tasse; le gouvernement s'est réservé ainsi le moyeu de reconnaître de nouveaux progrès par une distinction supérieure encore.

LISTË ALPHABÉTIQUE

DE TOUS LES A&TISTES DOHT IL EST fAMlÀ DAffS CET OITVBAQB.

Andn- (Julc»), paysaçisle. 854

Balaillc (J.) , pcinlre de genre. 581

Baiigniet, dessinateur. 425

Brllangc, peintre de genre. 801

Blenaimé, statuaire. 467

Bossufl (P.) , peintre (riiitérieur de ville. 194

Brias, peintre de jjenre. 54

Buckeng, ciseleur et sculpteur. * 465

Bougon , praveur sur bois. 450

Cautaerts , peintre. 588

Cds(C.), idem. 596

Charctte-Diival , peintre de fleurs. 415

Chalillon (Lucie ), idem. '♦18

Corr ( Fanny ) , ^^I"** GeeÉs , peintre. 252

Corrcns, peintre. 269

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