‹ Compte-rendu général des travaux du Congrès international de statistique dans ses sessions de BruxellesChapitre 333 sur 418 · STATISTIQUE DE LA LITTÉRATURE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DE LA LITTÉRATURE

1. l/a statistique littéraire d'un pays doit embrasser la vie intellectuelle toute entière, en tant qu'elle se manifeste dans les productions de la presse. La chanson |H»pulaire la plus éphémère doit y trouver place aussi bien que l'ouvrage de la plus haute science. La presse est d'un usage si universel, elle est si essentielle à la diffusion des lumières, si indispensable à l’accora plissement de plusieurs «les opérations les plus importantes de la vie. que, jwtr l'étendue du champ qu'elle embrasse, cette branche de la statistique ne le cédera peut-être à aucune autre en iin[M»rtance. Elle fournira un indice précieux de l'état matériel, intellectuel et moral des peuples, et, moyennant un développement suffisant, elle pourra faire ressortir les caractères particuliers de l’activité intellectuelle de chaque pays.

2. 11 faut avoir soin cependant d'en écarter les détails qui empiéteraient sur le terrain de la critique. Il est important de savoir, pur exemple, que tel ou tel pays a produit, dans l'espace d’un an, cin-

" Le cadr* détaillé de ces écoles est reuvoyé à la prochaine réunion (lu f'ungrè*.

Vienne

Londres

quant*' ouvrages de ]>aléontnhigie ; mais si l'on allait jusqu’à spécifier le contenu de chacun d’eux, il en résulterait une accumulation de matériaux, qui entraînerait une perte de temps considérable, et ne IHiurrait qu’être tôt ou tard fatale au succès de l’entreprise.

3. Si l’on accepte les idées que nous venons d’exprimer, la compilation de la statistique littéraire devrait êtro basée sur les principes les mieux calculés )>our en obtenir les résultats les plus complets par les procédés les plus pratiques.

4. 11 est essentiel, dès l’abord, de préciser certains termes, dont on ne ]H*ut se passer quaud on traite d’ouvrages imprimés, mais dont la valeur n’est pas encore suffisamment déterminée. Ceux qu'on emploie généralement pour désigner le format des livres, sont tirés du nombre de feuillets que forme la feuille d'impression pliée; mais comme le papier n’est pas toujours de la même grandeur, il s'en suit que le même nom s'applique à des dimensions très-variables. La différence est tantôt en hauteur, tantôt en largeur, tantôt dans l'ime et l'autre à la fois. De là de nombreuses subdivisions: l'échelle adoptée par les relieurs anglais n’en a pas moins de vingt-neuf, dont vingt-six représentent des modifications de cinq formats: in-folio, in-quarto, in-octavo, in-douze, et in-dix-huit. Les trois autres, impérial, éléphant, et colombier, désignent des formats exceptionnels, comme, par exemple, celui du Times, qui, vu ses dimensions, ne peut raisonnablement se classer dans les in-quarto, quoiqu'il en soit un par le pliage. Du reste, les termes employés en Angleterre sont sans doute pour la plupart inconnus ailleurs. Il serait donc avantageux d’établir une nomenclature applicable à tous les pays, et qui suffit sans entrer dans des distinctions trop minutieuses à désigner généralement les dimensions des livres. Nous proposerions les quatre divisions suivantes: 1. L’in-douze, comprenant tous les livres qui n'ont lias plus de sept pouces (18 cents) de haut. 2. L'in-octavo, comprenant ceux qui ont plus de 7. |huiccs mais n’en dépassent pas dix (25 cents). 3. L'in-quarto, comprenant ceux qui ont plus de dix janices, mais ne dépassent [ms douze pouces (30 cents). 4. L’in-folio, comprenant toutes les grandeurs au-dessus de douze pouces. Dans ce dernier format on pourrait encore distinguer deux degrés, grand et extragrand, qui tiendraient lieu de subdivisions plus compliquées, telles que celles de crown, copy, demi, medium et royal folio, usitées en Angleterre.

5. las tonnes qui se rapportent au volume ou à l’étendue d’un ouvrage imprimé manquent aussi de précision. Quelle différence y a-t-il par exemple entre un volume, une brochure, et une seule feuille d’impression? Cette dernière ]M?ut se composer de 4, 8, 16, 32, ou même 64 pages. On donnera à tel ouvrage d'un caractère éphémère le nom de brochure, bien qu’il ait 150 pages; de l’antre côté, tout ce qui est relié peut s'appeler volume. Il serait donc convenable de fixer une limite au nombre de pages qu’on désignerait sous lu nom de brochure; par exemple, 80 ou 100 pages. Mais cette règle ne s’appliquerait qu'aux ouvrages en prose. Le nom de feuille, si on l’adopte, ne devrait s*: donner qu’à une feuille pliée en deux, ou bien imprimée des deux côtés mais non pliée, tandis qu’on réserverait celui de placard pour une feuille imprimée d’un côté seulement.

6. Les objets que nous proposerions de faire rentrer dans cette branche de la statistique sont les livres, les cartes géographiques, et les gravures.

7. Les différents points à déterminer seraient les suivants: —

A) Le nombre d’ouvrages nouveaux publiés chaque année dans chacune des classes suivantes: «) Théologie, ô) Jurisprudence, c) Philosophie. *?) Sciences, c) A rts. /) Belles-lettres. g) Philologie. //) Histoire, i) Bibliographie, h) Biographie. I) Publications jiériodiques, mémoires des corps savants, m) Journaux, u) Littérature |>opulaire (chansons, romances, etc.).

8. Quant aux subdivisions des classes ci-dessus, celles qu’il conviendrait d'adopter comme présentant l'application la plus générale sont les suivantes: —

Pour la théologie: n) Écriture sainte, b) Liturgies, c) Théologie morale, rf) Exégèse et dogmatique, e) Polémique, f) Histoire de religion, g) Sermons, h) Mélanges.

i). Pour la jurisprudence: a) Droit naturel, ou principes de jurisprudence, h) Droit des gens et droit maritime, c) Droit politique et constitutionnel, il) Droit civil et criminel des differents pays, e) Droit canonique ou ecclésiastique, f) Traités spéciaux, g) Causes, procès, etc.

10. Pour la philosophie: a) Théories générales, b) Logique, c) Métaphysique, d) Philosophie morale, e) Économie jmlitiquc. /') Système d’éducation, g) Statistique, finances etc.

11. Pour les seiouces : a) Histoire des sciences, b) Sciences naturelles, cl Sciences médicales, d) MatUématiques pures, c) Mathématiques ap|)liquées.

12. Pour les arts: «) Histoire des arts, h) Traités généraux, c) Arts mécaniques, d ) Beaux-arts, subdivisés en leurs branches principales, c ) Gravures, eu distinguant les espèces suivantes: gravure en taille-douce, en mezzo-tinto, au |>ointillé, gravure sur lads, lithographie, et photographie.

13. Pour les belles-lettres: <i) Histoire littéraire, générale ou sj>éciale. 6) Poésie, e) Littérature dramatique, d) Fictions en prose: contes, romans, etc. c) Polygraphes et mélanges.

14. Pour la philologie: a) Traités généraux, b) Traités spéciaux, c) Classiques grecs et latins, avec traductions, commentaires, etc. d) Dictionnaires et grammaires de toutes les langues, e) Ouvrages d’éducation.

15. Pour l’histoiro:. a) Géographie, générale et particulière, b) Atlas et cartes, c) Histoire universelle, ancienne et moderne, d) Histoire particulière îles différents pays, ancienne et moderne, e) Archéologie en général, f) Antiquités de la Grèce, de Itoiue et du moyen-uge. y) Traités spéciaux d’archéologie.

lfi. Bibliographie, générale et particulière.

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