‹ Compte-rendu sténographique du discours de l'hon. Sir Charles Tupper, C.C.M.G., C.B., ministre des chemins de fer et canaux [microforme] :Chapitre 10 sur 10 · NAT OO SEE RE MU LE TETE · texte numérisé non relu

NAT OO SEE RE MU LE TETE

wright) nous a parlé aussi de sa nouvelle théorie sur la balance du commerce. Les henorables membres de la gauche nous ont habitués à entendre parler des Etats- Unis et des hommes politiques de ce grand pays, qui ont donné des preuves que leur hab::eté financière n'était pas surpassée dans aucun pays du monde. Je neconnais pas d'exemple M. ‘’Urateur, que la conduite financière d’un gouvernement ait été couronnée d'aussi remarquables succès qu'aux Etats-Unis. Qu'est-ce que le président Grant a dit sur cette question de la balance du commerce ? A-t-il dit que plus la balance du commerce était contre les Etats-Unis, mieux cela valait ? Non. Le président Grant dit, dans son message du 6 décembre 1876 :

& Les taxes ont Cté réduites pendant les sept dernières années de près de $300,000,000, et la dette nationale a été diminuée pendant le même temps, de plus de $435,000,000. En remplaçant les bons qui portaient 6 pour cent d'intérêt, par des bons portant 5 et 4 pour cent respectivement, l'intérêt annuel a été réduit du chiffre de $130,000,000, en 1869, à un peu plus de $1,000.000, en 1876. ‘?

Le président Grant ajoute ensuite, avec orgueil, que la balance du commerce qui était de $130,000,000, contre les Etats-Unis, en 1869, a été changée en une balance de $120,000,000 en leurfaveur, en 1875. L'honorable député de Huron-Centre dit que si l'on exporte pour $60,000 ou $70,000 et que l'on importe pour $00,000, on gagne à l'échange. Mais il oublie que cette balance doit être payée en or. Je n'ai pas besoin de dire, en ce qui concerne l’Arigleterre, qu'on ne peut chercher là aucun point de comparaison, parce qu'elle est le grand centre de l'argent dans le n'onue, et qu'elle occupe une position tout-à-fait différente des autres pays.

L'honorable député dit que nous avons augmenté le 1 D

prix de la vie, et donre pour exemple que “sur chaque verge d’étoffe grossière que porte l'ouvrier, le tarif oblige celui-ci, à payer 25, 30 cu 40 par cent et peut-être plus, qu’en l'année 1878”. Mais, est-ce qu'il n'a pas remar-

qué ce que dit l'honorable Ministre des Finances au sujet du commerce de laine dans le pays ? N'a-t-il pas remarqué que la quantité de laine importée a augmenté, qu'on en à moins exporté, que pendant ce temps un usage plus considérable en était fait dans le pays, et que la consommation s’en était augmentée de près de trois millions de livres. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie tout simplement que la politique prévoyante de mon honorable collègue, le Ministre des Finances, a donné un tel encouragement à la fabrication de ces grosses étoffes dont les pauvres se servent, que la quantité de livres de laine employée dans les fabriques, a excédé de trois millions de livres le chiffre d'aucune autre année précédente. Ceci devrait faire comprendre à l'honorable député qu'il est très facile de régler le tarif, en ce qui concerne les industries du pays, de manière à favoriser la fabrication de ces articles dans le pays, ct, au moyen de la concurrence, de les livrer au consommateur à un prix très bas, comme mon honorable collègue l’a prouvé. Cette fabrication donne en même temp beaucoup d'ouvrage au peuple, et emploie ja laine produite dans le pays.

L'honorable député s'inquiète beaucoup des marchands de bois. Il désire savoir pourquoi nous ne leur avons pas accordé de prime. Je laisse de côté une grande partie de son discours, parce qu’elle ne paraît pas devoir nécessiter aucune remarque sérieuse de ma part. I] à pu vouloir me porter certaines attaques dans cette partie de son discours, mais il a été tellement confus, que je n'ai pas senti le coup. Il désire savoir pourquoi le marchand de bois ne reçoit plus de prime d’encouragement lorsque les pêcheries en reçoivent. Mais le commerce de bois, suivant ses propres paroles, n’a jamais été dans une condition plus prospère qu’aujourd'hui, et il constatera qu'il est aussi difficile d'obtenir des statistiques de la part des marchands de bois que de la part des fermiers. Les uns, pas plus que les autres, ne veulent donner les informations que nous voudrions

avoir. Ilya ici, près de moi, un marchand de bois, d’une haute position et d’une grande influence, qui connaît aussi bien le commerce de bois qu'aucune autre personne dans ce pays. Que cet honorable marchand regarde dans ses livres, et il n’y trouvera rien, dont il puisse se plaindre, il n’y trouvera aucun signe de mauvaises affaires. Au contraire, le commerce de bois a été tellement florissant l’année dernière, qu'il en a été exporté pour $12,000,000 de plus que l’année précédente. Quant aux agriculteurs, l’honorable député a admis que les hauts prix qu'ils obtiennent pour leurs produits, les ont rendus tellement prospères, qu’il était inutile d'en parler.

L'ex-ministre des Finances à voulu donner un autre coup de dent à mon honorable collègue, Sir Leonard Tilley. Il paraît tenir énormément à ce qu'il n’y ait pas de népotisme en ce pays, et il prétend que les ministres de la Couronne devraient montrer la plus grande insouciance à l'égard de leurs parents, et que lorsqu'ils se font des amis ou donnent des faveurs, ce devrait être en dehors de leur famille. Lorsqu'il s’agit d'obtenir l’appui de grandes compagnies, tout est bien, mais pas un ministre de la Couronne ne devrait s'occuper de ses parents. Eh! bien, je crois, M. i'orateur, que si mon honorable ami de la gauche regardait dans les comptes publics, il y verrait les noms de plusieurs fonctionnaires du même nom que lui et de sa parenté. Il n’est donc pas très prudert pour lui de jeter des pierres dans cette direction. Il se plaint aussi de la manière dont les promotions ont été faites dans le service civil. Je demanderai alors à l’honcrable député de scruter les actes de notre administration, et de nous trouver un seul cas dans lequel les promotions et les nominations, dans le service public, aient été faites par nous, d'une manière aussi honteuse que par l’administration précédente. Regardons dans le département des Postes, et nous y trouverons un étranger, n'ayant jamais appartenu à notre pays, amené en Canada et nommé à

une position plus élevée que celle de plusieurs officiers publics, hommes d'honneur, très estimés, très intelligents, et pouvant apprendre à cet employé la manière de remplir ses devoirs. Et néanmoins, on a donné injustement à cet étranger un traitement que n'ont pu ohtenir des employés dans ce département après vingt années de services. Allons maintenant dans le département des Douanes, et nous trouverons que l'on a commis la même injustice en faveur d'un partisan d'un des honorables collègues de l'ex-ministre des Finances. En agissant ainsi, on jette le découragement parmi les employés publics, qui s'aperçoivent facilenent que, lors même qu'ils rempliraient toujours bien leurs devoirs, ils resteront néanmoins, toujours dans des positions inférieures, tant qu'un ministre aura un ami où un protégé à faire passer devant eux. Dans le département des Travaux Publics, nous avons l'exemple d'un cas encore plus grave et d'une preuve évidente de favoritisme politique. On a fait parcourir à la vapeur les différentes étapes du service civil à un homme qui y état tout-à-fait étranger, jusqu'à ce que, au bout de trois ou quatre années, on l'ait nommé à la position de député du ministre, pendant l'année même où mes honorables amis ont abandonné le pouvoir. Lorsque l'honorable député de Huron-Centre pourra trouver dans notre administration trois cas semblables à ceux que je viens de rapporter, il pourra alors critiquer dans cette Chambre la nanière dont nous faisons les promotions.

L'honorable député « voulu accuser mon honorable collègue d’avoir réglé le tarif de manière à faire tort A la construction des nav res. Où l'honorable dénuté prend-t-il ses preuves? Ne sait-il pas qu'il y a eu ‘ne lutte très vive entre les navires en fer et les navires en bois, et que, dans cette lutte, les navires en fer l'ont emporté? Ne sait-il pas que tout ce qu'il était possible de faire pour détruire cette industrie de la

‘construction des navires, c'est lui qui l’a fait; et, bien

nn

que nous ayons réussi un peu à empêcher le. mal

REPÉRER SEA Ps nes svt tu era anecs ne mon cree : Se nm mc

qu'il voulait faire, ce n’a été qu'à notre arrivée au pouvoir que cette industrie a eu plus de facilité et de protection, parce que nous lui avons accordé une remise des droits imposés sur les matériaux qui entrent dans la construction des navires. Je demande maintenant la permission de lire l’extrait suivant du #/az/, de Windsor, comté de Hants, province de la Nouvelle-Ecosse :

‘ Pendant l’année qui vient de se terminer, on a construit, dans le comté de Hants, vingt-six navires, représentant un total de 19,044 tonneaux. Il n’y a qu'une année, dont on se souvienne dans l’histoire du comté, pendant laquelle la construction des navires ait été plus considérable que l'année dernière. Le chiffre total des vaisseaux sur notre liste est de 252, et représentent 163,144 tonneaux. Plus de la moitié sont des barques et des bâtiments dont la presque totalité fait le commerce étranger. Le montant du capital placé dance la construction des navires, s'élève à près de $600,000, et la valeur totale des navires du comté dépasse de beaucoup la somme de $4,000,000. La construction des navires, pendant l’année dernière, a presque atteint le chiffre d’un torneau par habitant du pays, et le total des navires sur la liste représente une proportion ü& sept tonneaux pour chaque homme, femme et enfant du cemté.’’

Et l'honorable député prétendra encore que la construction des navires est dans un état de souffrance.

L'honorable député de Huron-Centre désire savoir si nous nous proposons de donner une prime aux pêcheurs. Cette idée le taquine toujours et lui cause beaucoup de soucis. Mais je puis lui dire que nous règlerons facilement cette question, à l'avantage des pauvres et malheureux pêcheurs; ils n'auront aucun sujet de plainte dans la distribution de ces secours, comme l'honorable député semble le craindre. Celui-ci dit que le Ministre des Finances se propose de donner des secours aux pêcheurs de sa province et des Provinces Maritimes. Mais comment mon honcrable collègue va-t-il agir avec les nombreuses classes du peuple, comme 1: clergé, les instituteurs, les commis et autres dont le revenu est fixe, jusqu'à un certain point ? Si vous allez trouver un membre du clergé, vous aurez autant de difficulté à obtenir les informations que vous demandez que vous en avez à les obtenir des cultivateurs. Néanmoins, M.

l'Orateur, les membres du clergé vous diront que, sous l'opération. du tarif actuel, leurs ouailles qui étaient incapables auparavant, de soutenir leur église comme elles l’auraient voulu, ont maintenant une aisance suffsante pour donner à leurs ministres, le confort qui estnécessaire à eux-mêmes et à leurfamille. Si l'honorable député veut aller s'adresser à un instituteur, celui-ci lui répondra: “Mais, monsieur, vous vous trompez sur mon compte, si vous me croyez dans la misère. Le nombre des enfants venant à l'école aujourd’hui, que les parents autrefois ne pouvaient pas habiller pour les y envoyer, est assez grand pour me donner un très bon salaire.” La demande d'instituteurs, de même que le besoin de l'instruction, a augmenté, comme le luxe, en proportion du revenu et des industries du pays. L'augmentation de tout ce qui est dans l'intérêt du Canada s’est fait du jour où l’exministre des Finances a été vu dans l'impuissance de nuire aux industries de ce pays.

Lorsque mes honorables amis de la gauche étaient au pouvoir, untiers au moins des personnes que l'on rencontrait, demandait lafaveur d'obtenir un petit emploi de $200 à $300 par année. Je suis, disait le postulant, bon teneur de livres, je possède une bonne écriture, je connais bien les règles de la grammaire—une qualité que !’honorable député de Huron-Centre prise bien haut -mais je ne puis obtenir d'emploi. Si, aujourd’hui, vous avez besoin d’un jeune homme possédant toute ces qualités vous le trouvez difficilement, parce que la création dé nombreuses industries en a augmenté beaucoup la demande, et a donné de l'emploi à tous ceux qui n’en avaient pas.

L'honorable député, M. l'Orateur, a prononcé, l’autre jour, une parole digne de remarque, quand il a dit: “Je me sens beaucoup plus disposé à rougir, de l'état de dégradation dans lequel je vois le Canada et je crains pour l'avenir du pays.” Je ne m'étonne pas, M. l'Orateur, que l'honorable monsieur tremble, mais je serais l'homme le plus surpris du monde de le voir rougir.

PRÉ Gb Ph DNA RS TD RE € Po rq ut Bne A asa ar a née ue ere

Il'a beaucoup plus de front que de pudeur. Que craintt-il donc pour l'avenir ? Sont ce les prochaines élections? On m'a dit tout récemment que non-seulement il y avait révoite parmi ses partisans dans la Chambre— et je ne suis aucunement surpris qu'ils veuillent le destituer de la position de porte-voix financier de son parti —mais aussi que ses électeurs désirent le voirse retirer afin de se faire mieux représenter. Il n’y a là rien qui doive nous étonner, car même dans son ancienne division électorale où il est le mieux connu, et d'où il a été chassé par le verdict du peuple à la dernière élection, on ne veut ni de lui, ni de sa grande richesse, et il craint beaucoup maintenant de ne pouvoir revenir en cette chambre. L'’honorable député de Huron-Centre aura peut-être occasion de constater que les électeurs du pays partagent l'opinion dont il a fait part à la Chambre, l’autre jour, quand il a dit qu'un ministre et, pour la même raison, celui qui veut devenir ministre, doit être comme la femme de César, à l'abri de tout soupçon. L'honorable député nous a appris qu'il priait quelquefois. Je lui recommanderai donc, lorsqu'il priera, de réciter cette prière dictée par Dieu lui-même, et dans laquelle on trouve ce passage “ Ne nous induisez pas en tentation.” Et nous souhaitons qu'il ne devienne jamais mimstre des Finances, et qu'il n'ait jamais l’occasion de répéter ses opérations sur les marchés monétaires étrangers. Les électeurs intelligents du pays se joindront dévotieusement à l'honorable député pour | faire avec lui cette prière. Voici maintenant, M. l'Orateur, comment il a terminé ce discours vague et échevelé :

‘“ Ils peuvent se vanter aujourd'hui de leur grande majorité, ils peuvent se vanter de leur trésor rempli, ils peuvent se vanter de leurs partisans dévoués ; mais je puis rappeler qu'il y ‘a quelque dix ans, alors que ces messieurs étaient tout aussi insolents, tout aussi exigeants qu'ils le sont aujourd’hui ; lorsqu'ils avaient autour d'eux une majorité aussi nombreuse, un trésor aussi rempli, au moment où ils étaient préparés à se montrer tout aussi peu scrupuleux qu'aujourd'hui, pour conserver leurs places ; je les ai vus, douze mois après, dispersés et plongés dans une ignominie méritée. Le sort qui ne leur a pas été favorable en 1873, peut les accabler en 1883 ; il y a des signes défavorables à

l'horizon, et s'ils ne prennent garde, s'ils ne s'amendent pas, assurément ils seront de nouveau renversés. Ce sera un beau Jour pour le pays, que celui où nous pourrons mettre un frein à cette législation vexatoire, avec laquelle ils l'ont fatigué et écrasé.’

Est-ce que l'honorable député, M. l'Orateur, ne voit pas que plus il veut convaincre le pays que nous avons été flétris en quittant le pouvoir, plus le pays croira que c'est lui qui a été flétri? Est-ce qu'il ne s'aperçoit pas qu’il est très humiliant pour un parti, qui avait une forte majorité et le pouvoir comme il l'avait en 1878, de subir, devant le puple, une écrasante défaite dans sa lutte contre une petite poignée de députés de l'opposition.

Maintenant, M. l'Orateur, que dire de l’homme que le peuple, après avoir eu occasion de le juger, a cru prudent de rejeter en disant : “ Pour l'amour de Dieu ! que l'on nous donne tout autre autre fléau, plutôt que de permettre à ces gens de reprendre le pouvoir! ” Si nous étions coupables des fautes dont on nous accuse, qui est-ce donc qui aurait pu engager le peuple à répondre, à une grande majorité, les paroles suivantes : “ Allez vous en, et laissez des hommes plus capables, prendre vos places.” Si nous sommes coupables, combien plus devez vous l'être, vous, qui par le verdict éclairé des électeurs du pays, rendu le 17 septembre 1878, avez été placés dans la position humiliante où vous êtes maintenant, tandis que vos adversaires ont été mis à votre place en récompense des services rendus à leur pays. Je conseillerais donc à l'honorable député de ne plus s’aventurer à parler sur ce sujet.

Je désirerais que l'honorable député de Huron-Centre nous fit connaître ces signes précurseurs dont il parle. Je crains que ce ne soient des visions, et je crois qu’il devait dormir lorsqu'il les a eues. Je ne vois pas comment un homme éveillé peut voir de pareils signes ; comme je l'ai déjà dit, l'histoire est une philosophie qui nous prêche d'expérience ; et qu'est-ce que l’histoire de ces faits nous enseigne, M. l'Orateur, lorsqu'un changement de gouvernement est imminent? Lorsque l'opinion publique est sur le qui-vive, lorsqu'un ministre a perdu

un peu de la confiance publique, il y a alors des signes précurseurs. Ce sont des indices auxquels on ne peut pas se tromper. Les voyez-vous ces indices maintenant ? Que les honorables députés de la gauche me permettent d'attirer leur attention sur certains présages de mauvais augure, qui indiquent avec une précision infaillible, dans des pays libres comme le nôtre, la direction que prend l'opinon publique. Quelle était la position des honorables députés de la gauche après trois années et quatre mois de pouvoir? Ils eurent, il est vrai, une grande majorité devant le peuple; mais nous leur prédîmes que cette majorité leur échapperait bientôt, et j'ai alors dit pourquoi. Il y avait des signes clairs et évidents qui n'ont jamais failli dans des questions comme celles-ci, et sous les régimes parlementaires. Je disais alors : “Regardez le pays, regardez la grande majorité que vous aviez, et dites-moi ce qu’elle est devenue aujourd’hui. J'ai fait voir que sur soixante-et-un siéges devenus vacants parmi les partisans du gouvernement, le ministère n'avait pu gagner que quarante-sept élections, en comprenant les douze ou treize élections de ministres.” J'ai fait voir aussi que sur vingt-six siéges devenus vacants dans les rangs de l’opposition, nous avons réussi à faire élire,encomptantlessiégesque nous avons enlevés, près de quarante de nos amis politiques. De sorte que, à la fin dequatre années, nous avions dans les votes en Chambre, vingt-huit voix de plus que lorsque le gouvernement s'était formé. Nous avions là réellement des signes des temps, des indices sûrs, et, M. l'Orateur, lorsque le gouvernement se préstuta devant le pays, ces indices précurseurs furent complètement réalisés. Le peuple confirma, par une écrasante majorité, le verdict déjà rendu dans les élections précédentes, comme cela arrive presque toujours. Mais, quelle est aujourd’hui la position de nos honorables amis de la gauche ? Trente-quatre sièges occupés par des amis du gouvernement actuel sont devenus vacants depuis les dernières élections, et, sur ces trente-quatre sièges, combien en avons-nous gagné ?

Trente-deux, M. l’Orateur, et l'opposition, sur trentequatre sièges, et pendant l’espace de trois ans et quatre mois, nous a enlevé seulement deux sièges. Que voit-on de plus ? —Douze siéges de l'opposition sont devenus vacants pendant la même période. On ne pouvait pas s'attendre à ce qu'il y en eût davantage, l'opposition étant si peu nombreuse. Mais dans tous les cas, douze siéges sont devenus vacants et de ces douze siéges,nous en avons gagné six. De sorte que nous avons aujourd'hui, en donnant à l'opposition le bénéfice de deux sièges, qu'elle nous a enlevés sur les trente-quatre devenus vacants parmi nos amis de la droite, huit voix de plus dans les votes en Chambre,--conséquence des élections partielles —que nous n'avions le lendemain des élections fédérales. Dans ces circonstances, je demanderai à l'honorable député, de nous dire son opinion sur ces signes précurseurs ? Mais je lui répète ce que j'ai déjà dit ailleurs: que tant que le pays s'apercevra qu'on veut imposer l'ex-ministre des Finances pour administrer les finances du pays, nous n'avons rien à craindre. Je lui dirai, de plus, que sa retraite dans la vie privée, serait pour nous du plus triste augure, parce qu'ell: donnerait à son parti un avantage qu'il ne possède pas actuellement.

J'ose croire qu'il n’agira pas d’une manière si contraire à nos intérêts. Mais, comme je l'ai fait remarquer, nous avons, après une période de trois années et quatre mois, une majorité de quatre-vingt-dix voix dans cette Chambre. Cette majorité a pour base la volonté libre et indépendante du peuple souverain, en ce pays, qui nous donne un appui aussi désintéressé qu'aucun gouvernement puisse compter avoir, car il y a toujours un certain nombre de mécontents qui, demandant beaucoup à un gouvernement, éprouvent souvent des refus, ce qui est quelquefois la cause de défections partielles. Nous, au contraire, non seulement nous avons l'assurance de l'approbation de notre politique par les électeurs de tout le pays, mais nous savons encore que le peuple reconnaît, que par notre sage et judicieuse administration des

la tache que les honorables

affaires, nous avons effacé ays, pendant

députés de la gauche avaient imprimée au p leur administration des affaires publiques. Les électeurs savent que chaque classe de la population est intéressée à appuyer le programme politique de notre gouvernement dont les résultats ont été si favorables au Canada.

Page 1