‹ Compte-rendu sténographique du discours de l'hon. Sir Charles Tupper, C.C.M.G., C.B., ministre des chemins de fer et canaux [microforme] :Chapitre 6 sur 10 · FETE · texte numérisé non relu

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nous aujourd'hui ? Lorsque le ministre des Finances a été en mesure le nous dire de combien le revenu avait augmenté et quel degré inout de prospérité il avait atteint, le député de Huron Centre a-t-il essayé de prouver que le crédit du pays avait souffert ? Mais, M. l'Orateur, permettez-moi d'attirer pendant quelques instants l'attention de l'honorable Monsieur sur des chiffres que j'ai sous la main. S'il a quelques dsutes sur le crédit du pays, ces chiffres les dissiperont immédiatement et pour toujours. Que fit-il lorsqu'il fut autorisé à négocier les obligations du Canada sur les marchés monétaires du monde-—avant même d'avoir besoin “7 d'argent ? Il Se précipita sur le marché monétaire, et, k. par un procédé dont nous parlerons peut-être plus lor.guement bientôt, il y plaça les valeurs canadiennes ; — comme mon honorable ami le ministre des finances, les lança sur le marché public, où la concurrence était libre afin que le Canada pût obtenir leur équivalènt ? Non ; il en fixa le prix, l'intérêt, l'échéance ; et il fixa le prix beaucoup audessous de celui auquel ces effets se vendaient en Angleterre, à cette époque, sur le marché public ; et avec quel résultat ? Le résultat a été tel qu’il devra fermer pour toujours la bouche de l'honorable député sur la question du crédit du pays. Quels sont les heureux possesseurs des quatre millions sterling d'obligations que l'honorable Monsieur est allé chercher de l’autre côté de l'Atlantique en 1874, et qu'il a distribués parmi ses amis.

Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.-—Quels amis ?

Sir CHARLES TUPPER.—C'est plus que je ne puis dire. L'’honorable député nous a refusé ces renseignements. S'il ne peut être convaincu par aucune espèce de preuve, il ne saurait nier le fait que ceux à qui il a donné ces valeurs ont aujourd'hui £600,- 000 sterling de plus qu'ils n'avaient avant de faire sa connaissance ; que ceux à qui il a/donné pour £4,000,-

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000 d'effets publics sont aujourd’hui les heureux possesseurs de $2,920,000 de plus qu'ils ne lui ont payé pour nos valeurs. Je ne m'etonne pas que l’ex-ministre des finances soit très mal à l'aise, mais ce n'est pas tout. Que fit-il en 1876? Il retourna sur le marché anglais, lorsqu'il n'avait pas besoin d'argent, et vendit ses obligations à un escompte ruineux—-4 ou 5 pour cent au-dessous de ce qu'elles rapportaient sur le marché. Les heureux possesseurs de ces obligations qui s'élevaient à la somme de Æ£2,500,000 sterling, ont aujourd'hui $:,825,000 de plus qu'ils n'avaient lorsqu'ils ont acheté ces obligations au prixffixé par l'exministre des finances. Ceci, je crois, dissipera pour toujours tous les doutes qu'on pourrait entretenir sur le crédit du Canada.

Je ne dis pas que notre position financière actuelle soit due entièrement à mon honorable ami, le ministre des finances ; je fais mes réserves là-dessus. Je ne dis pas qu'elle soit exclusivement le résultat de la politique nationale, parce que, si, à cette époque, nos valeurs avaient eu toutes les chances voulues sur les marchés monétaires du monde, elles ‘auraient pas été vendues à ce prix ruineux, quelque satisfaisante qu’ait pu être l'affaire pour ceux avec qui lex-ministrr des finances a négocié, Mais, M. le président, qu'est-ce que mon honorable ami le Ministre des Finances a été en état de nous montrer ? Il a pu, au lieu de se trouver dans la malheureuse position de son prédécesseur, qui avait accumulé $7,500,000 de deficit en trois ans.........

Sir RICHARD J. CARTWRIGHT, --- Ecoutez !

Ecoutez !!

Sir CHARLES TUPPER:.—Je le répète, M. le président, je dis que si ces honorables ministres n'avaient pas été renvoyés du pouvoir par la grande majorité des électeurs indépendants de ce pays ; si l'on n'avait pas enlevé à l'ex-ministre des finances les moyens de con-

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tinuer cette politique déraisonnable et absurde, il se serait trouvé, le rer juillet 1879, en présence d’un déficit de $7,500,000, accumulé en trois années. Dans quelle position se trouve l'honorable Ministre des Finances? Il a la gloire de pouvoir non-seulement constater un progrès remarquable dans la prospérité, le bien-être, le confort et tout ce qu’un pays peut désirer, mais il peut aussi constater, sous l'opération de ce tarif, un surplus de $4,139,000 en 1881; un autre surplus de $4,450,000 en 1882, et il a les meilleures raisons de prédire un surplus de $3,000,000 pour l'exercice de 1883, tout en dégrévant l'impôt de $1,300,000 ; il peut donner au pays la meilleure preuve d’habileté que puisse ambitionner un ministre des finances ; au lieu d’un déficit de $7,300,000 accumulé en trois ans, il aura un surplus de $11,500,000.

Mais, M. l'Orateur, ces honorables députés n'aiment pas les surplus. Depuis quand ont-ils découvert qu'un surplus était chose si déplorable ? Eux qui n'ont jamais cessé de vanter la position financière de la grande république voisine, prétendent-ils maintenant qu'il est mal d’avoir un surplus, que c’est une mauvaise politique de réduire la dette d'un pays par centaines de millions ? —l'avant-dernière anrée la dette des Etats-Unis a été diminuée de $250,000,000. Cependant, ces messieurs affectent de croire qu'un surplus est une très-mauvaise chose. Eh! M. l'Orateur, ils ont pris le meilleur

moyen de convaincre le pays de leur sincérité, ils regardaient un surplus comme la plus grande calamité qui

püt fondre sur un pays, et ils ont réussi: à montrer l'opposé d'un surplus, à un tel degré que les plus exigeants ont dû être satisfaits, Mais que nous annonce de plus mon honorable ami? Il nous annonce qu'en dépit des dépenses considérables du service public, le paiement des intérêts a diminué de $90,000 dans le cours de l'année, soit une diminuion absolue de $25,000 dans le service régulier de l'intérêt. L'honorable chef de l'opposition a manifesté beaucoup d'in-

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quiétude au sujet de la dette du Canada. Eh bien ! il peut remercier Dieu et ne pas désespérer tant que la direction des finances du pays sera entre les mains du ministre actuel des finances, parce que ce dernier a démontré que nous pouvons continuer l'exécution des travaux publics sans augmenter la dette publique ou le fardeau de l'intérêt. Les honorables membres de la gauche se sont beaucoup fatigués, ils ont parcouru le pays en faisant entendre leurs gémissements sur l'énorme augmentation de la dette du pays; mais nous avons pu administrer les affaires publiques en réduisant les dépenses de 23 centins par tête, si on les compare à celles de nos prédécesseurs.

Mais M. l'Orateur, je dis que l’ex-ministre des firances a complètement échoué dans ses efforts pour tra:’er cette question. Il est vrai qu'il a parlé trois heures, et il a parlé, j'allais dire à des oreilles très mal disposées, mais je ne le dirai pas, vu qu'il n’y avait pas beaucoup d'oreilles ici pour l'écouter. La plupart brillaient par

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leur absence, et je n’en ai été nullement surpris. Après l'avoir écouté pendant une longue demi-heure, et avoir constaté qu'il brodait toujours sur une vieille histoire qu’il semble avoir apprise par cœur, et qu'il ne peut Ë | évidemment chasser desa mémoire, cela m'a rappelé un À | mot spirituel de Lawrence O'Connor Doyie,dans la légis- Ë : lature de la Nouvelle Ecosse. Il y avait un débat animé We sur le poisson salé, Ce débât qui tournait à l’acrimonie ce s'adoucit tout-à-coup, et se continuait sur un ton modéré, #1 lorsque Larry Doyle s’écria : “Nous ferions mieux de 1 revenir à la question, car ia saumure est épuisée, et il A ne reste plus que des langues et des sons.” Or, pendart Fa la première heure qu'a duré le discours de l’ex-ministre

b: des finances, nous avons goûté les épices, mais quand | elles ont été épuisées, il ne nous est resté que des langues et des sons, et je suis sûr que la chambre s’est sentie soulagée lorsque l’orateur s’est assis.

L'honorable ministre des finances ne s’est pas borné à faire ce que j'ai raconté ; mais il est en état d'annon-

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cer une réduction de $1,000,000 sur les dépenses contrôlables du pays. Les députés de la gauche veulent savoir d’où provient le surplus, et ils disent : “ Cela n'’at-il pas été payé par le peuple?” Je réponds non; $750,000 ont été économisées dans l'administration du chemin de fer Intercolonial, au lieu d’être gaspillées comme vous l'avez fait, et comme vous feriez encore si vous en aviez l’occasion.

L'ex-ministre des financrs s'est appesanti sur les dépenses du service des postes. Maïs que prouvent ces dépenses ? Elles prouvent que nous avons déboursé plus d'argent pour le service des postes, et que cependant ce service coûte au Canada moins cher que sous l’adininistration de nos prédécesseurs, parce que, malgré l'énorme développement du service dans le Nord-Ouest, et l'amélioration générale des communications, l'écart etre les revenus provenant de cette source et les dépenses est beaucoup moindre que lorsque la gauche était au pouvoir.

L'honorable ministre des finances a aussi été en état de démontrer que, dès notre arrivée au pouvoir, nous avons pu opérer des économies, et nous en avons donné la mesnre en réduisant de $671 par mille les frais d’exploitation de l’Intercolenial, soit en tout une économie d'un demi-million ou de trois quarts de millions de dollars. Il a aussi eu ia grande satisfaction d'annoncer qu'en dépit du capital considérable qui a été dépensé, : gré que depuis l’Union jusqu'en 1878-70, la dette eût

.« renté de $29 à $34 par tête, cette dette n'a augaix.oté que d'un dollar par tête depuis que les honorables députés ont perdu le pouvoir, Le ministre des Finances a pu également démontrer que, lorsque le grand chemin de fer du Pacifique Canadien sera complété — et l’on a pourvu à toutes les dépenses —- la dette du pays—y compris les dépenses des canaux et tout le reste-—ne sera que de $203,000,000 ; et le surplus—l'argent que le pays est en état de payer, comme la chose se pratique aux Etats-Unis, pour diminuer

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la dette—aura réduit, à cette époque, la dette à $175,000,000.

Sir LEONARD TILLEVY.—-Avecle fonds d'amortissement ?

: Sir CHARLES TUPPER.—Oui; le surplus et le fonds d'amortissement l'aura réduite à $175,000,000. Je crois donc que cela va calmer pour beaucoup les inquiétudes du chef de l'opposition au sujet de la dette publique.

L'honorable ministre des Finances a aussi appelé votreattention sur le'fait-fait que l'opposition ne contestera pas--que si nous vendons la moitié des terres riches et fertiles dont nous pouvons disposer au Nord- Ouest à $1 l'acre—et les députés de la gauche ne douteront probablement pas de ce calcul—-la dette du Canada sera réduite à $100,000,000 ; en d’autres termes, après que l’on aura achevé la grande entreprise nationale, elle sera bien moindre qu'aujourd'hui.

Il nous a démontré que la condition du peuple s’est améliorée à un tel point que, pendant que les députés de la gauche parlent du fardeau qui écrase le pauvre, pendant que l’ex-ministre des finances prétend que la politique fiscale du pays a appauvri davantage le pauvre et que la classe ouvrière a moins de confort, lui le ministre des finances a la preuve que, dans l’espace de trois ans et quatre mois, ces pauvres ou‘riers n’ont pas déposé moins de $13,000,000 dans nos banques d'épargne ; on sait que les règlements ferment ces banques aux classes aisées de la société, et excluent certains dépôts que l’on avait coutume de recevoir. Et non: seulement il y a une augmentation de $13,000.000 dans les épargnes, mais l'augmentation des dépôts aux autres banques n'a pas été de moins de $23,000,000, soit une augmentation totale de $36,009,000 déposés dans les banques du Canada en trois ans et quatre mois; et cela est une preuve irréfutable de l’état actuel du pays, en dépit du fait évident pour tout

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membre de cette Chambre que, durant ces trois ans et quatre mois, les capitalistes du Canada ont employé plus d'argent et de capital à l’encouragement, au développement et à la construction de nos manufactures, qu'il n’en a jamais été dépensé dans le même espace de temps.

L'honorable ministre des Finances est, de plus, en état d’allonger la liste des articles admis en franchise ; il est en état de supprimer la taxe sur le thé et le café. Il peut se rendre au désir de nos amis du Bas-Canada, relativement au tabac récolté dans le pays. Il est aussi en état de supprimer l'imposition des timbres sur les billets, qui représentait une somme de $200,000 par année; et d'accorder aux pêcheurs de ce pays une prime de $150,000 par année. Et nous avons raison de leur donner cette prime. Que font ces pêcheurs ? Ces hardis enfants du travail, M. l’Orateur, ces hommes qui exposent leur vie pour développer les industries du pays, ont créé au Canada un commerce d'exportation d’au moins $6,000,00 par année.

L'ex-ministre des finances a dit que le budget a augmenté. C'est vrai; il a naturellement augmenté, et mon honorable ami a signalé les raisons pour lesquelles il n'a pas augmenté quant aux dépenses contrôlables—car nous avons diminué ces dernières-—les autres n'ont augmenté qu'afin de permettre à l'honorable mi istre des Fnances de remplir fidèlement ses engagements envers le pays

Je crois, M. l'Orateur, que nous avons donné une preuve assez concluante de la bonne position qu’occupe le pays. Je crois que les déclarations de mon honorable ami le Ministre des Finances convaincraient tout homme inteHigent que nul pays sous le soleil n’a jamais été en état de se féliciter d’un progrès plus rapide dans une période de même durée, ou n’a été plus heureux et plus prospère que ne l'est le Canada aujourd'hui. J'ai eu l'occasion de parcourir une plus grande partie du Canada, pendant les six derniers mois, qu'aucun Canadien n'en a

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probablement visité dans le même espace de temps. Je me suis rendu jusqu'au littoral du Pacifique, et je suis allé jusau’à 300 à 400 milles dans l’intérieur de la Culombie Anglaise, revenant par le nord-ouest, les provinces d'Ontario, de Québec et du golfe. J'ai traversé dans toute sa largeur l'Ile du Prince-Edouard, et pour ce qui est de chaque part: du pays que j'ai visité, je puis äjouter mon témoignage à celui que l'honorable Ministre des Fnances a donné d’une manière si concluante, et déclarer qu’il n’y a aujourd’hui, dans aucune partie du monde, un peuple plus uni, plus heureux et plus prospère que le peuple canadien. Voilà, M. l’Orateur, la belle position dans laquelle se trouve mon honorable ami ; ctil a été en état de démontrer que toute cette augmentation s'est effectuée, que tous ces changements dans la politique fiscale du pays ont été accomplis sans que nous fussions exposés à un seul des dangers prédits par l’ex-Ministre des Finances, lorsque cette politique a été proposée.

On disait que cette politique allait être contraire aux intérêts de la Grande-Bretagne. Mais, M. l'Orateur, nous savons maintenant, par les rapports du commerce, que le résultat, loin d’être celui qu’on avait prédit, en est tout l'opposé. Au lieu S’une politique comme celle qui était en vigueur à cette époque, et qui favorisait hautement nos amis les Américains, alors que nul Canadien ne pouvait entrevoir pour l'avenir l'espoir de sortir de la condition que nous avaient faite les députés qui siégent aujourd’hui à la gauche, savoir celle de scieurs de bois et de porteurs d’eau au service de nos voisins ; au lieu de voir le commerce du Canada déserter la Grande Bretagne à laquelle nous devons tant, et prendre la route de la République Américaine, pour enrichir ce pays vaste et populeux, le résultat a été ce que mon honorable ami avait prédit qu'il serait, et les rapports du commerce établissent que la moyenne des articles importés de 1*. mère-patrie a augmenté, tandis que les

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Mon honorable ami a pu démontrer non-seulement qu'il en était ainsi, mais de plus que ce changement dans le tarif avait été effectué sans augmenter le prix de tous ces produits et de tous ces articles dont la cherté, | allait, disait-on, causer tant de souffrances et de détresse dans tout le pays, si notre politique était adoptée. | La concurrence entre nos industries nationales a été telle | que nous pouvons établir que jamais les choses nécessaires à la vie et celles qui contribuent au confort et au bonheur du pauvre, ne se sont vendues à meilleur mar-. ché qu'aujourd'hui, en Canada. Et j'ex-ministre des Finances n’a pas osé mettre ce fait en doute.

Sir RICHARD CARTWRIGHT.--Oui, je l'ai mis en doute.

Sir CHARLES TUPPER.--Non.

Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.—Je l'ai nié énergiquement.

Sir CHARLES TUPPER.—-L'honorable ex-ministre a simplement dit : ‘“ En supposant qu'il en fût ainsi, il ne s'agit pas de savoir si tous ces articles sont à meilleur marché aujourd’hui qu’en 1878, en Canada, sous l’opération de mon tarif, mais la question est de savoir si nous pouvons les acheter aujourd’hui à meilleur marché en Canada qu'à New-Vork, ” et s’il en est ainsi, dit-il, “ vous faites tort au pauvre ”. Permettez-moi de dire à l'ex-ministre des Finances qu'il doit être bien à bout de ressources pour critiquer une politique fiscale destinée & encourager et à protèger les industries du Canada, et pour en être rendu à dire que le pauvre souffre, non du fait que nous n'avons pas réduit le prix des marchandises au-dessous du prix de 1878, sous l'opération de son tarif, mais parce que les prix ne sont pas aussi bas que dans un pays où le tarif est deux fois aussi élevé

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que le nôtre. Mais que l’ex-ministre des Finances prenne courage. Si, dans un pays où les droits de douane sont deux fois aussi élévés qu’en Canada, et si, sous l'opération de notre tarif, on peut acheter les marchandises à meilleur marché que sous l'opération de son tarif en 1878, combien s'écoulera-t-il de temps avant que nous puissions acheter en Canada les marchandises à des prix beaucoup moins élevés que ceux d’aujourd’hui ? L’honorable ex-ministre verra que, si nous avons six millions de plus dans le trésor, il n’y a pas, néanmoins dans ce pays, une seule industrie qui ne soit plus florissante qu’alors. Il a dit—et cette déclaration ne m'a pas surpris—qu'il avait de très grandes difficultés à trouver des arguments contre cette politique. Il a dit: “Je ne puis obtenir aucune information des cultivateurs ”. Les cultivateurs sont si riches et si heureux, ils sont si satisfaits et ont tant de confort qu'ils n'ont pas même voulu parler à l'ex-ministre des Finances, ni le regarder, ct je n’en suis pas suroris. Il dit que les cultivateurs ont été trompés. Il n’y a pas une classe de notre société, M. l’Orateur, qui soit aussi difficile à tromper que nos cultivateurs. C'est parce qu'il n'a pu les tromper, que l’ex-ministre des Finances siège aujc'.d’hui à la gauche. Ils ont compris que, sous l'opération de sa politique fiscale, ils n'avaient pas leurs coudées franches en Canada, et ils ont usé de leur indépendance aux bureaux de votation pour mettre l’ex-ministre des Finances à la place qu’il occupe aujourd’hui, et pour ramener au pouvoir le parti qui promettait d'activer, de protéger et de soutenir les industries canadiennes sur le sol du Canada.

M. l'Orateur, mon honorable ami a autre chose à son crédit. Les ex-ministres étaient très-inquiets au sujet de la somme qui a été payée à Sir Alexander Galt, il y a quelque temps. Ils disaient qu’il était affreux d’avoir un haut commissaire ; aussi, ai-je été heureux d'apprendre, par les observations faites le jour de l'ouverture de la session, que l'honorable chef de l'opposition avait changé d'avis à ce sujet, et prétendu que le Canada avait

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atteint une position assez élevée pour avoir un ministre auprès de chaque cour civilisée du monde, Mais, M. l'Orateur, Sir Alexander Galt, de concert avec le Ministre des Finances et le chef du gouvernement, a effectué un arrangement financier grâce auquel nous épargnons $15,000 par année sur les paiements qu'il nous faut faire à MM. Glyn & Raring, en vertu du système suivi à l’époque où les honorables députés de la gauche ont perdu le pouvoir. Ce n'est pas tout : lorsque nous rachèterons $35,000,000 de la dette nationale, en 1885, le pays économisera, dans cette seule transaction, grâce à ce nouvel arrangement, au moins $350,000. Je dis donc que si jamais un ministre des Finances a eu raison d'être satisfait, et a pu, en parlant de chaque industrie, faire voir qu’une nouvelle vie, une nouvelle vigueur leur étaient données, et, en parlant de chaque artisan et de chaque ouvrier de ce pays, démontrer que sa position s’est immensément améliorée, c'est mon honorable ami le Ministre des Finances.

L'ex-ministre des Finances veut savoir ce que nous avons fait pour les ouvriers. J'ai dit ce que nous avons fait pour les constructeurs de navires, pour le mineur, le cultivateur et pour le pêcheur. Il a été démontré que les prix des produits de la ferme sont plus élevés qu’ils ne l'ont été à aucune autre époque et l'ex-ministre des Finances s’est trouvé l’autre soir pris dans ce dilémme. Il a dit que nous ne pouvions élever le prix du blé, parce que ce prix est reglé dans Mark Lane ; et cependant il a dénoncé la taxe sur les céréales, qualifiant d'odieux la taxe sur le blé. Je veux qu'il prouve son assertion que c'est une taxe odieuse, et que, sous l'opération du tarif protecteur, il n’y à pas d'amélioration dans les prix des produits de la ferme. Je lui poserai cette question; il dit que nous avons augmenté les charges du cultivateur, et il est allé, les larmés aux yeux, trouver ce dernier pour faire condamner notre politique. Les cultivateurs ont simplement ri de lui. Ils ent ri de lui parce qu’ils savaient qu'il avait dit et qu'il répéterait ici, s'il

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était ministre, que le prix des choses nécessaires à la # vie avait augmenté pour l'artisan qui avait à payer plus cher tout ce dont il a besoin. Comment peuton augmenter le coût de tout ce que consomme l'artisan, 3

et qui consiste principalement en produits de la ferme, sans favoriser le cultivateur? Ce sont des questions “4 comme celle-là que nous lui avions posées. Nous lui disions que nous favoriserions toutes les industries du pays ; que nous améliorerions la condition du cultivateur en lui donnant un meilleur marché chez lui. Mais l’ex-ministre des Finances ne pouvait comprendre cela. Et, à l'avenir, lorsque le cultivateur rira de lui et de ses théories, il saura que le peuple est convaincu que ses premières déclarations n'étaient pas fondées ; que le cultivateur reçoit plus aujourd’hui pour tous ses produits, c’est-à-dire pour les produits du sol, qu'il n'aurait pu obtenir si ia politique de l’ancien gouvernement, laquelle consistait à faire des canadiens des scieurs de bois et des porteurs d'eau au service d’un autre pays, avait été maintenue, comme l’ex-ministre des Fnances aurait continué à la maintenir.

Advenant six heures, l’Orateur quitte le fauteuil.

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