‹ Compte-rendu sténographique du discours de l'hon. Sir Charles Tupper, C.C.M.G., C.B., ministre des chemins de fer et canaux [microforme] :Chapitre 8 sur 10 · A A ES RE TR I NO ETES · texte numérisé non relu

A A ES RE TR I NO ETES

“ii à la face de mon honorab': ami, et l'insulte encore plus Payer . grande faite à la dignité du parlement. Lorsqu'il était pau (À encore très jeune, mon honorable ami le ministre des PAR) ne finances a embrasse la carrière du commerce, et par son ferme, industrie, son intégrité et toutes les qualités que le nues ee monde apprécie, ayant mérité la confiance de toute +. Lui 4 la population de la localité qu'il habitait, il eut l’honres” du be neur d’être élu représentant de la principale ville de la cultiva- É. province du Nouveau-Brunswick. Il remplit son mandat Ë Mis # de telle sorte qu’il fut nommé au poste élevé et honorable | hs cela. é de premier-ministre de cette province, et il vint dans | lui “et cette Chambre en 1867, jouissant du respect de toutes j Ro Lo les classes de la population de sa province natale. il He er put, sur ce vaste théâtre, se distinguer au point de méel AE riter d’être élevé au poste qu'il occupe aujourd’hui, et, D'aNrai plus tard, il accepta la plus haute position sociale du nement, Nouveau-Brunswick, aux applaudissements chaleureux ieurs de des deux partis politiques de cette province, qui rivalien di sèrent à qui l’accueillerait le mieux en apprenant qu'il Fnances était nommé lieutenant-gouverneur du Nouveau-Bruns- : wick. Les collègues de l'ex-ministre des Finances décla- k euil. rèrent en public que s'ils eussent eu à faire le choix en } cette circonstance, il n’était pas un homme qu'ils eussent a préféré à mon honorable ami pour occuper cette € à faire haute position. A l'expiration de son terme d'office 1cÉ huis comme lieutenant-converneur du Nouveau-Brunswick, nent les ex-ministres le prièrent de rester en charge pendant | ee of un deuxième terme. f lir, celle ondu à Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.--Non ; on ne l'inter- lui a pas demandé cela.

int que norable Sir CHARLES TUPPER.--II faudrait à l’ex-minisnement tre des Finances une autorité plus grande que celle dégoût dont il jouit dans cette Chambre et au dehors pour jeter eur des un doute sur mon assertion. Je répète que les collègues rois, ont de l’ex-ministre des Finances, alors qu'ils ctaient au lancée à pouvoir, se sont adressés à mon honorable ami pour

FA

0 de ie UT

l'engager à remplir pendant un deuxième terme les fonctions de lieutenant-gouverneur de cette province. Qu’a-t-il fait? C'était une position honorable que ne pouvait dédaigner aucun membre de cette Chambre ni qui que ce soit.

Mais il jeta un regard sur son pays et vit dans quel état se trouvaient les affaires publiques ; il vit l’état de prostration qui y régnait et à quelle condition lamentable son successeur avait réduit les affaires financières. Sans égard pour son propre bien-être, il se lança dans l'arène politique et fut de nouveau porté au Parlement par la principal ville du Nouveau-Brunswick. Ayant été chargé des importants devoirs qu’il remplit maintenant, il retourna dans sa division électorale, et, par acclamation, il fut renvoyé ici pour s'occuper des affaires du pays. Comment s’en est-il occupé? Ayant à traiter les questions les plus importantes qui pussent être confiées à un ministre, à l’une des époques les plus critiques de notre histoire, il a su si bien les résoudre qu'il se trouve maintenant dans une position où il a le droit d’être fier et trimphant. Il a le droit de dire à la Chambre que jamcis gouvernement, en ce pays ou ailleurs, n'a triomphé d’une façon plus éclatante, dans les grandes questions d'intérêt rublic qu'il a été appelé à résoudre.

M. l'Orateur, je n'ai pas besoin de dire comment l'ex-ministre des Finances a accueilli ce discours, dont l'habileté remarquable égale la courtoisie, et qui, comme l'admettront les honorables députés qui l’ont entendu, ferait honneur à n'importe quelle assemblée délibérante.

L'accueil fait à ce discours, M. l'Orateur, par lexministre des Finances, a été, je n'hésite pas à le dire, de nature à faire rougir de honte tous les amis qui l’entourent.

Sir RICHARD J. CARTWRIGHT, --- Ecoutez écoutez ;

Sir CHARLES TUPPER. -— Maintenant, M.

l'Orateur, supposons qu’au lieu d’avoir les antécédents qu'il possède, mon honorable ami le Ministre des Finances occupât dans cette Chambre la position d'un homme incapable de faire son chemin, né au sein du luxe, ayant eu tous les avantages que la richesse peut procurer et ayant même étudié dans une grande université d'Angleterre ; supposons que mon honorable ami fût revenu d'Angleterre sans les grades d'honneur et de distinction que tout homme, s'il a quelque talent, a su gagner; supposons qu'à son retour, il eût voulu entreprendre de se rendre compétent à exercer une profession, et qu'après des années de travail et d'efforts, il eût été obligé d'abandonner la tâche, se voyant incapable d’être admis au barreau ; supposons que, grâce à sa richesse, il aurait pu se faire élire dans un comté, mais que, s'apercevant que son parti le connaissait trop pour lui confier une position de haute responsabilité, il l'eût abandonné, tournant ainsi le dos à ses à ais et passant à l'ennemi pour faire cause commune avec lui ; supposons que, par 5a volte-face politique, il eût obtenu pour toute sa vie, de ses adversaires, une position qu'il n'aurait jamais pu obtenir de ses amis ; supposons que cette position que je viens de décrire, fût celle de mon honorable ami, et qu'après avoir obtenu la haute position de ministre, au lieu de remplir les devoirs élevés qui lui incombaient, de la manière dont il les a remplis, son premier acte eût été de faire faire au gouverneur-général une déclaration contraire à la vérité.

Sir RICHARD CARTWRIGHT.—Ecoutez, écoutez !

Sir CHARLES TUPPER.-—Supposons, que, pour des fins politiques et de parti, il eût demandé au représentant de Sa Majesté de déclarer que, par suite de la condition financière de ce pays, par suite de l’impossibilité d’équilibrer le revenu avec les dépenses, un déficit considérable était inévitable——

Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.-—--C'était le cas.

Sir CHARLES TUPPER:.--Que nous aurions eu, dis-je un déficit considérable, à meins que de nouvelles taxes ne fussent imposées sur le peuple.—-

Sir RICHARD CARTWRIGH®.--C'était le cas.

Sir CHARLES TUPPER. —- Supposons qu'après avoir rsé faire cette déclaration, il l'eût maintenue en essayant d'établir une balance fictive dans les comptes publics, au montant d'u uemi million de piastres ; supposons que mon honorable ani demeure convaincu devant ce Parlement-—et je me sers à dessein de cette expression —d'avoir imputé sur le compte du revenu, $545,000 que le Parlement avait votées pou: le compte du capital et qui avaient éié dépensées pour ce dernier compte, mais que l’ex-ministre des Finances avait ainsi transférées pour établir une balance du côté opposé du compte ; supposons qu'après tout ce qui a été fait, mon honorable ami n'eût Su atteindre son but, et qu'il fût clair comme le jour qu'après ce transfert d'un demi-million, il s'est encore trouvé avec un demi-million de surplus bien établi, au moment où il déclarait qu'il y avait un déficit ; supposons que telle fût la position de mon honorable ami.

Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.—Je nie toutes ces assertions.

Sit CHARLES TUPPER.—Nie-t-il avoir déclaré que les dépenses ordinaires du pays exigeaient une augmentation ce asidérable des taxes ?—— J'ai sous la main ici, le propre témoignage de l'honorable député, et il ne contient pas un mot de vérité. L'honorable député qui déclarait qu'il y aurait eu, le rer juillet 1874, un défici de $1,500,000, qui annonça de plus, un autre déficit de

$2,000,000, provenant des dépenses ordinaires de 18

que je vais lire, laissant à la Chambre le soin de juger

tes

are une ain | ne qui ficir

t de

de la valeur des assertions que cet honorable député peut faire contre celles des autres.

Je cite donc une ordonnance en Conseil, et qu'y voisje? Que $3,000,000 de taxes ont été imposées pour couvrir un déficit.

Sir LEONATD TILLEV.— Vous devriez dire:

“ furent imposées.”

Sir CHARLES TUPPER.—je suis très obligé à mon honorable ami, parce que j'aurais pu être accusé de pécher contre la grammaire.

Nous dit-il que ces $3,000,000 furent imposées dans le but de couvrir un déficit prévu, causé par les dépenses ordinaires ? Non, monsieur l’'Orateur; mais l'honorable député, comme tous ses collègues dans le gouvernement, a prétendu que chaque piastre de ces $3,000,000 était imposée pour un autre objet, et que cet objet était de faire face aux dépenses qu'occasionnerait la construction du chemin de fer du Pacifique. Je citerai un autre arrêté en Conseil, dont chacun des ex-ministres est responsable. Il est daté du 8 juillet 1874, justement après l'expiration de ce même exercice Financier pour lequel l'honorable député a déclaré qu'il avait été nécessaire d'imposer de nouveaux et lourds impôts afin d'équilibrer le revenu et les dépenses. Cettc minute du Conseil fut signée le 8 juillet et envoyée au même governeurï général, à qui l'on avait fait déclarer devant le Parlement qu'une forte taxation additionnelle était requise pour faire face aux dépenses ordinaires du pays.

Voici le texte même:

& Afin de mettre le gouvernement en état d'exécuter les propor sitions que l’on espérait voir accepter par la Colombie Britanique, le taux moyen de la taxation fut élevé lors de la dernière session d'envire 1 15 pour cent, les droits de douane étant élevés de 15 à 174 pour cent, les droits d’accise sur les spiritueux et le tabac étant élevés à un taux correspondant, ces deux augmentations

de taxes donnant 83,000,000 de plus dans les opérations de l’année, ”

Or, l'honorable député affirmait que cette taxation

additionnelle était requise pour faire face au déficit prévu, et cependant il déclare que plus de $3,000,000, cette somme étant tout ce qu’il avait demandé à la Chambre,—furent votées par ce parlement expressément pour construire le chernin du Pacifique.

Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.—Non, ce n'est pas cela.

Sir CHARLES TUPPER.—Maintenant, supposons que mon honorable ami, le ministre des Finances actuel, après s'être placé dans cette position, ect fait un pas de plus ; srpposons qu'on lui eût confié les débentures du pays pour contracter un emprunt sur ie marché anglais ; supposons qu’au lieu de placer les débentures du Canada le plus avantageusement possible, en deman dant des soumissions publiques, il eût obtenu le plus haut prix qu= poussent atteindre ces débentures et eût emporté dans ce pays $500,000 de plus que l'honorable ex-ministre des finances n'a reçu pour le même montant de débentures ; supposons, dis-je, qu'au lieu d'opérer de cette manière, il fût allé en Angleterre, et eût fixé là, tout bonnement, de lui-même, un prix pour les débentures, comme une date pour les échéances, et vendu les débentures à des amis, qui, comme j'ai eu occasion de le dire dans deux occasions, se sont trouvés ainsi plus riches de $4,745,000 qu'ils n'auraient été s'ils n'avaient fait la connaissance de l'honorable député.

Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.— Ecoutez,

écoutez |

Sir CHARLES TUPPER.—Or, je dis que si mon honorable ami, le Ministre des Finances actuel, au lieu . d'occuper la position qu'il a dans cette Chambre et le pays, avait terni sa réputation au moyen de transactions de cette nature,....

Sir RICHARD |. CARTWRIGHT. — Ecoutez, écoutez !

20 RER tm ot tv re

bg 1”

[en

Sir CHARLES TUPPER.--Je dis qu'alors il pou-

vait y avoir ue excuse au ton arrogant et insolent que l'ex-ministre des Finances a cru devoir prendre à son égard.

Maintenant, nous le voyons considérer le président du Sénat comme une très haute autorité financière et il l'a citée, l’autre jour, comme si nous devions accepter cette autorité comme infaillible. Il lui fait décider par le Hansard, sur son psz dixit, la question que je soulève. Or, M. l'Orateur, je citerai l'autorité pour laquélle il a tant de déférence, et je ferai voir ce que l'honorable président du Sénat, bien connu des membres de cette Chambre et dans tout le pays, pour un homme de la plus parfaite intégrité et de la plus haute position, et des plus versés dans toutes ces questions de banques, ces transactions mercantiles et financières, a dit de l’exministre des Finances, et nous verrons si l'honorable député est prêt à accepter l'autorité de l'honorable président du Sénat telle qu'elle était quand il la citait contre moi l’autre soir.

Voici ce que l'honorable sénateur disait :

& Dans l'augmeutation de la dette men tionnée plus baut, soit, $42,811,203.32, est comprise, bien ent endu, la somme de #1,520,333, étant réellement la partie de l'emprunt de 1876 ($12,166,666) que Sir Richard Cartwright accorda comme escompte aux prêteurs et paya pour le courtage, etc.’

je puis dire que mon honorable ami, le préside.t du Sénat, en se servant d’un tel langage, n'a fait que mentionner le plus petit emprunt, celui de £2,500,000 sterling, omettant de parler du plus fort emprunt, celui de $4,000,000, qui était encore plus blâmable que le premier.

L'honoroble Orateur du Sénat continue ainsi :

‘ Bien que le pays n'ait pas reçu un sou de cette somme de $1,520,833, cependant, l'intérêt, le fonds d'amortissement, etc., se montant à $70,000 par année, jusqu'à l'échéance en 1006, doivent être payés. (L'intérêt seul à 4 pour cent excède $60,000 par année.) Avoir à payer $70,000 par année pendant 30 ans, sur un montant que le pays n'a pas reçu, semble être une cruelle

SL

TE SE AR EN NT CIN SL ARDEQRRSA AE qe am mom

oppression, mais Sir Richard prétend que son emprunt est un modèle du ger + ?

Page 1