LA DUCHESSE, LE MARQUIS
Ils entrant nu fond.
I A DUCHESSE
Je suis veuve , marquis ; j'ai vingt-cinq ans , et je veux bien vous avertir que vous entreprenez une tâche difficile. Je ne saurais aimer à cette heure; mon mari m'a guéri des premières illusions, la vingt-cinquième année m'a guérie tout à fait. En un mot, celui-là sera bien habile qui me surprendra hors de mes remparts.
IF H1BQUTS.
Madame la duc!. esse, votre sécurité est un piége qui tournera contre vous; prenez-y garde.
LA DUCHESSE
Grand merci du conseil ; niais je ne puis en lionne conscience vous faire plus effrayant que vous ne l'êtes.
LE MARQUIS
Oh ! vous ne nie comprenez point , madame : ce n'est vraiment pas moi qui suis à craindre , mais l'ennui, leyV? ne sais quoi, les circonstances, le hasard , vous êtes veuve...
LA DUCHESSE
Grâce au ciel !...
LE MARQUIS
Grâce au ciel?... Comme vous dites cela du fond de l'âme... C'était donc un affreux tyran, ce pauvre duc ?...
LA DUCHESSE
Fi donc!... qu'est-ce que cela... un tyran?... C'était, comme vous vous intitulez fièrement, vous autres hommes , un homme h bonnes fortunes ; nous autres femmes nous appelons cela d'un mot plus vrai : ce pauvre duc... était un coureur. . .
LE MARQUIS
.l'entends; et à force d'avoir couru , l'infortuné vous a laissée veuve. Grâce au ciel !
LA DUCHESSE
Pour cela. . . bon !