‹ Compter sans son hôteChapitre 3 sur 28 · EXE I · texte numérisé non relu

EXE I

LE MARQUIS

Oui— da ? à vingt-quatre ans, veuve, libre, belle, un peu esseulée, et par-dessus le marché une solide fortune; comme qui dirait une houle de neige de successions.

LA DUCHESSE

Oui, Dieu merci; mais où voulez-vous en venir?. ..

LE MAUOllS.

Moi? à rien; j'en suis où vous en êtes. ><>us disions donc : grâce au ciel , vous êtes veuve et, Dieu merci , vous êtes riche; est-ce cela?

LA DUCHESSE

Ah çà!... marquis... quelle est cette nouvelle entrée de jeu?... Me voulez-vous faire passer pour anthropophage? avec votre Dieu merci... l'accent que vous y mettez ne me convient pas... Je dis : Dieu merci, et non pas, Dieu merci!!! Voulez-vous pas que j'aille pleurer quelques vieux parents que je n'avais jamais vus...

LE MARQUIS

Mais, voilà une querelle d'Allemand. Et qui parle de vous reprocher quoi que ce soit?... Je dis comme vous, et avec vous : vous êtes veuve , grâce au ciel ! et riche , Dieu merci ! Pour comble de bonheur, je ne vois personne qui ait droit d'assiduité auprès de votre veu-

vage , sinon moi; et... suivez-moi bien ! à force de voir toujours le même visage, vous en prendrez l'habitude, et de façon à ne plus savoir vous en passer. Ce cpii fait, qu'un jour ou l'autre, sans le savoir, sans le vouloir, sans résistance, sans façons et sans remords, vous vous direz à vous-même : Ma foi , à tout prendre , cet homme- là est plus aimable que je ne pensais.

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