SCÈNE IX
rideaux el me donnerez nue bronchite... à moins que je ne vous mette à la porte, où vous resterez patiemment, pour l'amour de vos chers cigares. Quelle agréable perspective ! la jolie chose que le mariage ! Non , non, ennuyez-moi tout à votre aise, mieux vaut à présent que plus tard. Je ne vous épouserai pas, marquis! Certes, je ne suis pas coquette; cependant je ne veux pas renoncer au plaisir de vous voir ainsi, les veux levés au plafond par amour! — Oh! vous les baissez, marquis, mais ils y étaient. — La bouche en cœur, la moustache parfumée et la tenue irréprochable, comme il convient a tout homme faisant sa cour. Vous épouser, marquis, allons donc! VOUS me feriez paver tons ces petits sacrifices que vous me faites depuis trois mois.
Je vous paierai, lui dit-elle.
Avant l'août, foi d'animal!
Intérêt et principal.
U MARQUIS
Sur ma parole d'honneur, ma cousine, si en
effet vous ne m'aimez pas plus que vous ne le dites, vous êtes la femme la plus horriblement coquette qui se soit jamais rencontrée, de la rue de Grenelle à la rue Saint-Honore, en passant par la Chaussée -d'Antin.
LA DUCHESSE
Bon ! voilà que vous parlez comme un omnibus... Mais en quoi suis-je coquette, je vous prie?
LE MARQUIS
En ce que vous faites tout ce que vous pouvez pour me rendre fou d'amour.
LA DUCHESSE
Mais encore, où voyez-vous cela?
Oh ! à mille choses : d'abord vous ctes parte. . .
LA DUCHESSE
Allons donc, marquis ! Je me pare pour mon cocher, quand je sors en voiture...
LE MARQUIS
Duchesse, je sais ce que je dis; je vous ai surprise souvent au coin de votre feu... et d'abord vous n'aviez pas ces cheveux-là... vous êtes ondée, duchesse.
LA DUCHESSE
Qu'est-ce que cela prouve?
LE MARQUIS
Que vous m'attendiez.
LA DUCHESSE
Oui , sans doute , je vous attendais , puisque je vous ai fait prier de dîner avec moi.