I.A DUCHESSE
La chute est jolie... C'est donc là que vous en vouliez venir?... Ah! bon Dieu! quelle idée avez -vous de moi ; vous êtes mon parent, par malheur; les convenances m'ordonnent de vous recevoir, mais mon cœur, ce pauvre cœur, dont vous faites le but de vos soupirs et de vos bons mots, est tout entier où vous n'êtes guère ; dans le monde, au bal, au spectacle. Ce soir, par exemple , ce cœur volage occupe , bel et bien , une grande loge aux avant-scènes de l'Opéra, pour la pièce nouvelle. Vous ne voyez ici, dans ce reste de deuil, qu'une pâle copie de moi-même, le moi, qui n'est pas moi, pendant que le vrai moi , en grande toilette, en grande parure , des fleurs à la main, admirée, enviée, prête une oreille attentive et charmée, au Prophète de Meyerbeer. Vous jouez avec une illusion ; ma vie n'est point ici, marquis, c'est mon ombre.