LA TOUR
La tour (planche II, i) , à laquelle on donna la forme ronde, forme qui dominait depuis longues années dans les châteaux normands, faisait, en quelque sorte, partie de la grantmaison ou grant corps d' ho stel auque] elle était liée : aussi , la construction de ces deux bâtiments avait-elle marché de front; ils sortirent des mêmes mains.
La tour a résisté , comme la grant maison , au marteau des démolisseurs: sa masse les effraya, mais ils ne fabandonnèrent que dépouillée, dénudée, déshonorée.
Que sont devenues ces merveilleuses menuiseries du cabinet du créateur de Gaillon, éblouissantes d'azur et d'or, que la main de ces maîtres, épris de leur art, avait taillées, fouillées, rehaussées, caressées avec tant d'amour? Rien, plus rien!
Des murs nus ont remplacé ces délicieuses sculptures. A ces tables de cèdre , chargées de bassins et d'aiguières d'or, ont succédé de grossiers fourneaux, d'ignobles marmites
La vue à vol d'oiseau, de notre planche III, peut donner
^ C'est dans la chambre de Georges d'Amboise, au milieu de la tour, qu'est établie la cuisine des détenus.
Lvm INTRODUCTION.
line idée de la manière pittoresque dont la grosse tour était couronnée. Toute cette toiture élancée, qui lui donnait tant de légèreté et d'élégance, a disparu.
Avant de quitter la tour, pénétrons dans ses souterrains en pierre de taille, véritables oubliettes, dont nous n'avons rien à raconter.