‹ Comptes de dépenses de la construction du château de GaillonChapitre 38 sur 318 · MAÇONS · texte numérisé non relu

MAÇONS

Si , parmi les cent quatre-vingts et quelques noms de maçons que nous avons relevés dans les registres du château de Gaillon , un très-grand nombre appartient à de simples ouvriers et ne présente aucun intérêt sous le rapport de l'art , il en est plusieurs qui méritent une attention spéciale, et qui, révélés ici pour la première fois , viennent heureusement grossir la liste de nos artistes nationaux. L'apparente modestie de la qualification ne doit pas nous en imposer; qui disait maître maçon disait un homme également versé dans la théorie et dans la pratique de l'art, également habile à exécuter et à concevoir. On ne connaissait pas, à cette époque, d'autres architectes, pour nous servir du mot dans son acception moderne, que les maîtres maçons; nous ne chercherons pas ailleurs ceuxdu château de Gaillon.

Voici ceux dont nous nous proposons de parler ici :

Guillaume Senault, François Senault, Jehan Fouquet, Jehan Moulin, Michellet Loir, Toussaint Delorme, Jehan Gaudars, Mathieu Litée, Guillaume Mainville, Martin Arrault, Henry Neauldet,

Jehan Gifart, Raulin Boudin, Jehan Guignant, Jehan Decaux, Pierre Fain, Pierre Delorme, Bertrand de Meynal, Geraulme Pacherot, Colin Byard, Pierre Valence, RouLLAND Leroux.

REVUE DES ARTISTES

Nous allons les passer successivement en revue.

Guillaume Senault paraît pour la première fois, dans les registres du château de Gaillon, vers les derniers mois de l'année i5o2. C'est l'époque du commencement des grands travaux. C'est ce maître maçon qui dressa le plan du grand corps de logis, ou Grant Maison, à la construction de laquelle il travailla lui-même, presque sans discontinuation, du mois d'octobre i5o2 au mois de novembre 1607. Il recevait, pour son travail manuel et pour son regard sur les ouvriers, 7' 6^ par jour; il était payé tous les samedis, ainsi que les autres ouvriers. Le maître maçon en second sous lui, Jehan Fouquet, avait 6' 3^^ par jour; les autres maçons de 3 à 4"; les manœuvres, qu'on désigne quelquefois sous le nom de forts hommes, de 1' 4*^ à 2'.

Un article de nos comptes nous montre Guillaume Senault, sous la date du 2 1 janvier i5o3, allant à Rouen pour faire voir les plans du bâtiment cju il était chargé de construire : « A maistre Guillaume Senault, pour la despence de huyt jours de lui et de son cheval d'estre allé à Rouen porter les pourtraictz, et pour estre allé ung jour voir les careures (carrières) où l'en prent de la pierre, xxxvii' iii*^ » (p. 89).

Guillaume Senault faisait, plus tard, une autre visite aux carrières de Vernon et de Louviers (p. 1 85).

En i5o6, au mois de septembre, il était appelé de Gaillon à Rouen, pour donner son avis sur les cintres de la tour de Beurre de la cathédrale. Il est qualifié, à cette occasion, dans les registres capitulaires , de maistre maçon des œuvres du cardinal d'Amboise à Gaillon.

A peu de temps de là , le maître maçon des œuvres de Gaillon était mandé à Bourges pour donner son opinion sur la

Guillaume Senault.

INTRODUCTION

tour neuve de l'église Saint-Étienne ' ; il revint bientôt après au château de Gaillon.

Le 4 décembre 1607, il y passait marché, en compagnie de Jehan Fouquet et de Pierre Fain, de faire les cuisines, au prix de 7^ 10' par toise, toutes matières fournies (p. 3 19).

Guillaume Senault était de Rouen. Il y fut employé par le cardinal d'Amboise aux travaux de son palais archiépiscopal ^. C'est un nom de plus à ajouter à la liste des architectes français de la grande époque du xvf siècle.

François Senault.

Jehan Fouquet.

François Senault était fils de Guillaume Senault, et travaillait au château de Gaillon sous son père. Il ne devait pas être dépourvu de talent, puisqu'on lui confia la sculpture des armoiries du cardinal sur une des portes du parc (p. 88).

Ce maître maçon , de Rouen , devait être un homme de talent, à en juger par le salaire qu'il recevait comme second de Guillaume Senault. Tandis que les autres maîtres maçons étaient payés à raison de 4' par jour, lui touchait 6' 3*^.

Nous avons dit qu'il entreprit, avec Guillaume Senault et Pierre Fain , la construction des cuisines.

Jehan Moulin, Jchau Mouliu fut employé successivement à la grande maison, à la chapelle, au pavillon du jardin et aux portes du parc.

En i5o3, il taillait 4oo pieds de pierre de Vernon, pour la grande maison, à 5*^ le pied; pour les voûtes de la chapelle, 1,100 petites pierres, ou pendants, à 7' 6^ le cent (p. 64). En i5o4, il moulait et taillait io3 pieds de pierre de Saint-Leu pour la porte du parc, et travaillait à la taille des ogives du pavillon du jardin (p. 249).

' Bulletin archcoloijiqae, i8/i3, p. /i68. ' Archives du départ. de la Seine-Inférieure.

REVUE DES ARTISTES. xcv

Michellet Loir et Toussaint Delorme déployèrent leur talent Micheiiet Loir, dans la décoration de la galerie et de la terrasse de la grande Ddoîm"! maison du côté des fossés. Toussaint Delorme fut chargé, par marché du 1 1 janvier i5o8, de la pose des piliers de cette galerie, qui étaient en marbre, et de faire les bases et chapiteaux en pierre de Vernon, à 200^ pour le tout (p. 269). Neuf médaillons en marbre furent encastrés dans la muraille de la terrasse. Michellet Loir, tailleur de pierre de taille, passa marché pour la façon de l'encadrement en pierre de Vernon de ces médaillons. Il reçut 36^, prix fait à 4^ pièce, «pour le tour de ces neuf anticquailles assises sur la tarasse haulte » (p. 274).

Jean Gaudars ne fut pas employé au bâtiment du château , jehan Gaudars. mais il fit d'assez importants travaux dans les jardins. Il travailla, en juillet et août 1607, ^ 1^ construction de la grande galerie, aux portes du pavillon et aux cabinets du jardin.

Mathieu Litée travailla également pour les jardins, au ca- Mathieu Litée. binet (p. 24o), à la galerie peinte (p. 2 i5), à la volière, à la fontaine (p. 100), aux murailles, aux portes. Il mit aussi la main aux bâtiments du château. C'est ainsi qu'il entreprit le talus des fossés, vers l'entrée, le long du vieux logis (p. 333), qui devait être « de bloc et non enduit, de quatre piez de large en fons et de deux piez et demi en hault en amortissement , » pour 7' 6^ la toise; on lui fournissait le bloc, la chaux et le sable (p. 384)-

Ce maître maçon, qui travaillait à la grande maison sous Guillaume Guillaume Senault, à 3^ 4^^ par jour, n'en fut pas moins chargé, par entreprise, de travaux assez considérables. Le 17 janvier

XCVI INTRODUCTION

1 509, il traitait, à raison de 3^ i5' la toise, «pour faire les apuyz et acoutouers du long des fossez depuis le viel portail jusques au logis que fait Pierre Delorme, de pierre de S'-Leu, et led. acoutouer de pierre de Vernon » (p. 383).

Précédemment, il avait entrepris, moyennant 5^ 10' par toise, la « construction d'une cuisine et creneaulx près du portail du jardin, » Du 5 février au 4 septembre i5o8, il reçut, pour ce travail, 933^ 10' (p. 270).

Le nom de Guillaume Mainville est fréquemment cité lors de la construction de la grande galerie du jardin.

Martin Arrauit. Martin Arrault et Henry Neauldet s'engageaient, le 20 avril Henry Neaddet. jg^^^ „ tailler, polyr et faire les quatre joingts de la moitié de viii'''' (160) toises de pierre de liaiz pour le pavement de la grant court, au pris chacune toise de lv' » (p. ^o\).

Jehan Gifart. Trois mois après, trois autres maîtres maçons, Jehan Gi- Rauiin Boudin. £ Rauliu Boudiu et Jcliau Guignant, se chargeaient, au

Jehan Guignant. ' ....

prix de 42' 6'^ la toise, de tailler, polir et faire les joints de 48 toises du pavé de la même cour (p. 4i3). C'était une diminution assez sensible sur le marché précédent.

Jehan Decaux. Jchau Decaux fit de nombreux travaux du même genre au château de Gaillon. Ce fut lui qui pava la salle, les chambres, garde-robes et cour du Lidieu (p. 68); la grande galerie du jardin, pour 3' 4^ la toise «pour peine d'ouvrier seulement» (p. 32 4); la chambre et galerie haute à jour du portail neuf (p. 4i5); la chambre dorée (p. 329).

En i5o8, il s'était chargé, en compagnie de Guillaume Créquin et de Jehan Louesse, avec lesquels il s'était déjà associé pour quelques travaux de pavage, « d'enduire à pierre perdue

REVUE DES ARTISTES. xcvn

les murailles de derrière les galleries du j ardin depuis la porte du premier pillier d'en hault jusques au sixième d'embas, et briqueter tout led. enduit à huille, au pris de 8^ lo' pour chaque pan de pillier, pour peine d'ouvrier» (p. 334)-

Jean Decaux reparaît encore pour quelques autres travaux moins importants.

De tous les marchés qui eurent lieu pour la construction Piene Fain. du château de Gaillon, le plus considérable est, sans contredit, celui qui fut fait et passé le k décembre i ôoy, par Pierre Fain étses compaignons , àpresent hesongnans au chasteaii de Gaillon, ajoute le registre; il se montait à la somme de 18,000 livres, « à quoy, disent les comptes , ils ont marché pour plusieurs bastimens qu'ilz doivent faire aud. Gaillon, àplain déclarés ou [au] marché sur ce fait» (p. 2 55).

Nous ne possédons pas ce marché; mais on voit, à propos d'un payement fait à Pierre Fain, qu'il s'agissait principalement de la construction de la chapelle et du grand escalier qui conduisait à celle-ci, « de la maçonnerie delà chappelle et grant viz ^ » (p. 42 5).

Le 29 septembre de Tannée i5o9, Pierre Fain touchait le solde des 18,000 livres de son marché. Moins de deux années avaient suffi pour mener à fin ces grands travaux.

Nous sommes porté à croire que, parmi les compagnons de Pierre Fain, il faut ranger les maîtres maçons Guillaume Senaultet Jean Fouquet; nous lisons, en effet, ce qui suit, au compte de 1 5o8 :

« Pierre Fain, Guillaume Senault et Jehan Fouquet, maçons, ont fait marché de faire les cuisines du chasteau de Gaillon,

' Ailleurs , nous voyons figurer plusieurs grant maison, galleries, chappelle et la payements faits «aux massons qui font la viz (p 1 84-1 90).»

CHÂTEAU DE GAILLON. n

xcviii INTRODUCTION.

fournir toutes matières, les rendre prestes dedens la Toussains prouchain venant, moiennant sept livres dix solz tournois pour toise, ainsi que plus à plain est déclaré ou [au] marché sur ce passé le iiii^ jour de décembre mil v"" et sept. « Payemens sur ce :

« Aud. Pierre Fain et ses compaignons , etc. » (p. 3 19.)

Nous retrouvons ici Pierre Fain et ses compagnons, et ces compagnons sont Guillaume Senault et Jean Fouquet. D'un autre côté, cette convention porte la même date que celle du marché des 18,000 livres; il est présumable qu'elle n'en était qu'une annexe.

En dehors de ce marché , Pierre Fain exécuta quelques travaux, comme, par exemple, « deux demyes croisées et une lucarne au grant corps d ostel , » pour lesquelles il reçut 32 4^*^ 10* (p. 417). Cette somme, qui, comparativement, semble un peu forte, cessera de le paraître si on veut se rendre compte de l'élévation et de la richesse ornementale de ces lucarnes, décoration obligée des hautes toitures de l'époque, dont il nous est resté quelques spécimens si remarquables en Normandie.

Un autre travail, plus important, entrepris par cet artiste, fut celui du portail, du portique, comme on voudra l'appeler, qui donnait passage de l'avant-cour du château , de la bassecour, comme on disait alors, à la cour principale, et que nous avons décrit plus haut (p. lxxviii).

C'est celui qui fut transporté, par feu Alexandre Lenoir, à Paris, et qui fait aujourd'hui le principal ornement de la cour du palais des Beaux-Arts.

Ce beau fragment du château de Gaillon nous donne la mesure du talent de Pierre Fain, qui l'a exécuté. Cet artiste en entreprit la construction pour la somme de 65o livres

REVUE DES ARTISTES. xcix

(p. 43 1); les derniers payements datent du 29 septembre de l'année ibog.

Pierre Fain était de Rouen; nos comptes nous en instruisent. «A maistre Pierre Fain, maistre maçon demourant à Rouen , » disent-ils , à propos d'un voyage qu'il avait fait à Gaillon, au mois d'août i5o6 (p. 186).

Le cardinal d'Amboise avait déjà mis à l'épreuve le talent de cet habile architecte. Il l'avait employé, en i5oi et i5o2, à son manoir archiépiscopal de Rouen. Pierre Fain en dirigea les travaux.

L'abbé de Saint-Ouen, de la même ville, Antoine Boyer, dit le grand- bâtisseur, lui confiait, plus tard, les travaux de son manoir abbatial (en 1607).

Le nom de Pierre Fain, qui tient une si large et si brillante place dans la construction du château de Gaillon , était resté jusqu'à ce jour complétément inconnu.

Celui de Pierre Delorme, à part sa ressemblance avec le Pierre Delorme. nom du célèbre architecte lyonnais, Philibert Delorme, n'était pas connu davantage. Nos comptes du château de Gaillon en sont pleins ^

Ce fut cet architecte qui construisit un des quatre côtés de la cour centrale. Ce corps de bâtiment faisait face à celui qu'on désignait sous- le nom de grand corps d'hôtel ou de la grande maison bâti par Guillaume Senault. Pierre Delorme en avait entrepris la construction moyennant 4^ 5' la toise, de peine d'ouvrier (p. 2 56). Il toucha en totalité 2,072^ 3' 9*^. Ce bâtiment reçut le nom de celui qui l'avait construit ; dans tous nos comptes on l'appelle la maison Pierre Delorme.

* Dans un compte rendu de 1 5o3 , on écrit son nom Pierres de Lourme.

c liNTRODUGTION.

Cette aile venait se couder, par un angle obtus, à la portion de l'ancien château commencé par le cardinal d'Estouteville, qu'on avait laissé subsister vers l'angle sud-ouest de la cour. On sentit la nécessité d'en raccorder la décoration avec celle du nouveau bâtiment. Pierre Delorme se chargea, le 3o décembre lôoy, de réparer ce viel corps d'ostel, moyennant la somme de 800^, tout compris (p. 257). Il en refit les trois lucarnes , et retoucha les croisées ainsi que la tourelle de l'escalier. (Voir p. 3 18.)

Après avoir terminé ces remaniements, Pierre Delorme s'occuj)a de parfaire le portail, ou pavillon carré, dit le portail neuf, qui se liait à l'aile qu'il avait construite et qui conduisait à la grande cour précédant le jardin. Il en passa le marché le 1" février i5o8, au prix de 6^ 10' tournois la toise, la fourniture des matériaux comprise (p. 268). Le travail de ce maître maçon s'éleva à 122 toises à pouces, et lui fut payé 84^9*^ i5'; les quatre lucarnes du pavillon comptées à part pour 264*^; le tout était terminé à la fin de l'année i5o8 (p. 38/i).

Pierre Delorme entreprit ensuite, par marché du 6 juillet i5o8, à 4*^ par toise, «le pavement de la court au long du grand corps d'ostel, gallerie et les corps que a fait, compris les marches des entrées des portes pour recevoir les eaux qui tomberont des corps d'ostel neuf et viel qu'il a faiz » (p. 32 5- 326). Ce pavage, pour lequel il reçut 263^ i% ce qui le porte à 66 toises environ, fut achevé le 28 août.

L'année suivante, Pierre Delorme fut chargé «de tailler, pollir, faire les quatre joincts de la pierre de liaiz qu'il fauldra à paver la grant court du chasteau, moiennant lv' pour toise, icelle faicte bien etdeuement. » Le marché est du 20 avril 1 609; le dernier payement, du 3i août.

REVUE DES ARTISTES. ci

Nous avons vu, plus haut, que Jehan Gifart et deux autres maîtres maçons avaient taillé 4 8 toises de ce même pavé; Pierre Delorme en fit 56 toises (p. I102).

Précédemment, il avait passé un autre marché « de faire le tallud des fossez et jeu de paulme d'entre le pont neuf et la grosse tour de la hauteur d'un homme, de pierre de Vernon, et le demourant de pierre de Saint-Leu, avec l'acoutouer aussi de pierre de Vernon , et sera tenu tout livrer moiennant quatre livres pour toise » (p- 379).

Ce travail, commencé en octobre i5o8, ne fut achevé qu'en septembre 1609, et coûta 2,171^ 12' 6^. Plus de quatre-vingts manœuvres avaient été occupés, à la fois, à vider les terres.

Un second marché suivit de près, pour le dallage du jeu de paume, pour le solage du tripot, sur le pied de /i5' la toise; Pierre Delorme reçut 90^ pour 4o toises, compris les fondations.

Cet infatigable entrepreneur passait encore un marché « de faire et tailler à l'entique et à la mode françoise, de pierre de Vernon , les entrepiez qu'il fault à asseoir les médailles baillées par messire Paguenin, icelles asseoir soubz la terrasse basse du grant corps d'ostel, livrer toutes matières, moiennant huit livres tournois pièce, qui en sera paié aud. Delorme avec dix livres tournois , oultre les viii livres pour entrepié » (p. lioS).

Ici se dessine le talent de Pierre Delorme, non-seulement comme architecte, mais encore comme sculpteur; ces entrepieds, à l'antique et à la mode française, n'étant autres que les supports et encadrements de ces médaillons, dessinés et sculptés dans le goût de l'antique, qui commençait à se répandre en France.

Quant aux médaillons eux-mêmes, nous les supposons de

cir INTRODUCTION.

provenance italienne, tout en ignorant quel était ce messire Paguenin qui les avait livrés, mais dont le nom a toute la couleur italienne.

Ces entre-pieds étaient au nombre de vingt, ce qui nous donne le compte des médaillons; ils étaient en place le 2 0 août i5o9.

Au milieu de ces nombreuses entreprises, Pierre Delorme trouva encore le temps et le moyen de travailler, en 1 5o6, aux croisées du Lidieu (p. 2o4-2o5); en 1607, aux baignoires de la volière (p. 3o8) et aux croisées du pavillon du jardin (p. 3i 1), et de sculpter, en pierre, les armoiries du cardinal (p. 309).

Il fit, en outre, dans l'intervalle, plusieurs voyages, tant à Vernon qu'à Paris, pour présider à des achats de pierres et d'autres matériaux (p. 354 et 395). Nous le voyons prendre encore un caractère plus spécial d'architecte, en mesurant et vérifiant l'ouvrage d'un autre maître maçon (p. 269), et à l'occasion d'un marché soumissionné par un maître charpentier, marché stipulé passé en sa présence (p. 3 18).

Il serait difficile de nommer un artiste plus occupé dans les travaux du château de Gaillon ' .

Après les maîtres maçons normands que nous venons de passer en revue, nous avons à nous occuper de deux artistes, étrangers à la localité bien que français, Pierre Valence, de Tours, et Colin Biard, de Blois, et de deux maîtres d'origine italienne, Bertrand de Meynal et Geraulme Pacherot. Nous parlerons d'abord de ces derniers.

' Pierre de Lorme avait été employé, en 1 5o2 , par Georges d'Amboise « à conduire l'œuvre des pilliers de marbre et apuys de la grande galerie et du preau du

jardin » de son manoir archiépiscopal de Rouen. Il avait vingt-deux maçons sous ses ordres.

REVUE DES ARTISTES

cm

Bertrand de Meynal, ou de Myenal, dont le nom paraît Bertrand

Page 1