‹ Comptes des bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV (volume 5)Chapitre 2 sur 517 · I CP OO TNT RQ TV TE TS ON VE · texte numérisé non relu

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AVERTISSEMENT. v

à l'authenticité même de l’anecdote. Mais, quand on se rappelle que c'est en 1757 seulement qu'un éditeur de rencontre a publié les souvenirs du premier commis de Colbert, l'erreur, fidèlement reproduite dans les éditions postérieures, s'explique d'elle-même par la négligence du copiste ou de l'imprimeur, et ainsi des événements, inadmissibles en 1667, deviennent assez vraisemblables dix ou douze ans plus tard, après la paix de Nimègue, quand le roi s'occupait précisément d'assurer la défense de ses conquêtes par d'importants travaux de fortification. |

Si nous avons insisté aussi longuement sur ce passage des Mémorres de Perrault, c'est qu'il fournit peut-être l'explication d'un certain trouble dans l'administration et la comptabilité des Bâtiments, trouble qui devient sensible surtout à partir de 1681. Jusque-là, les travaux comme les pensions sont soldés avec régularité : peu ou point de retards; tandis que pendant les derniers temps de la vie de Colbert, les entrepreneurs ne reçoivent que des acomptes, et attendent plusieurs années l'entier payement de leurs créances. Est-ce à la même cause qu'il faut attribuer une modification notable apporté en 1681 au système de comptabilité? Nous ne serions pas éloigné de l'admettre. Auparavant, en effet, toutes les dépenses sont comprises sous la même rubrique. Le registre de 1681 établit une distinction, assez subtile au premier abord, entre les ordonnances et les ordres de payement, distinction supprimée au bout de quelques années, sans doute comme superflue. Nous nous sommes demandé dans quelle intention eût été introduite cette complication d’écritures, sinon pour essayer de parer aux difficultés résultant de la pénurie du trésor. Peut-être avait-on multiplié les formalités afin de retarder l'acquittement des dettes exigibles, et le créancier de l'État, après avoir obtenu son ordonnance de payement, se trouvait-il encore dans la nécessité de solheiter un ordre, délivré seulement quand les rentrées permettaient à la caisse royale de faire face à ses obligations. Nous ne saurions expliquer autrement les nouveaux errements introduits dans la comptabilité en 1681 pour disparaître peu de temps après. Ces mesures ne donnèrent probablement pas les résultats espérés, car on y renonça très vite.

Tous les articles inscrits à la colonne des ordres figurant déjà dans celle des ordonnances, bien plus complète que l'autre, nous n'avions à tenir compte que de cette dernière; c'est ce que nous avons fait. Il nous a paru nécessaire toutefois de-noter en passant cette dérogation passagère aux anciens usages.

Après quelques années de tâtonnements, les comptes reprennent donc leur

vI COMPTES DES BÂTIMENTS DU ROIL.

ancienne allure. Hs présentent, sous la ferme administration de Louvois, une remarquable régularité. Toutefois, les additions ne sont Jamais portées à la fin des chapitres. Cette lacune donne à supposer qu'il existait d’autres livres de comptabilité mentionnant les totaux des dépenses; sans quoi, le ministre et ses commis n'eussent jamais connu l'état exact des ressources du Trésor.

Les explications présentées en tête du premier volume nous dispensent d’entrer dans de plus longs développements. Pour tout ce qui concerne la description matérielle et la cote des registres de 1681 et des années suivantes, on pourra se reporter aux renseignements fournis au début de cette publication.

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