STREPSIADE
« Je les ai perdus à ce qui était ne'cessairc, comme disait Periclcs. »
(i) Alcibiade voyant son oncle Périclès fort embarrassé de la dépense qu'il avait faite pour les Propylt'es et assurant qu'il ne trouvait pas le moyen d'en rendre compte, lui répondit : « Cherche » plutôt comment n'en pas rendre compte. » — Val. Maxime, liv. 3, chap. I.
(2) « Et combien que les dicts Estais eussent plusieurs fois requis » la suppression des receveurs, collecteurs et greffiers des parroisses, » comme inventions qui ne tournent qu'à la fouUe du peuple, au
lains de l'hospital, évoquans; pourvoy à obtenir contre Tarrest donné au proffict du Roux; des ordonnances de M"' de Montpensier pour emploier toutes natures de deniers au pont et pour le logement des portiers a raison de la peste, révoquation de la comnnission de messieurs les trésoriers généraulx en ceste générallité de vériffier les estatz des nouvelles impositions, continuation à demander des mil livres de rente pour le voiage de Poloigne, des huict escus pour muy de sel d'emboucheure, des octroys des fortiffications, et du pont qu'il convenoit adjuger à la S^ Michel suivant et prochaine de nostre entrée; au grand Conseil contre les habitans du Pontaudemer en adjonction donnée à quelques bouchers de ceste d. ville; Aux requestes du palais à Paris contre Madame, sœur du Roy; en la chambre des comptes dudit lieu contre les héritiers des deffunctz receveurs Flechemer et Vymont; En ce Parlement, contre le receveur Fillastre et Toustain, piège, Duchesne sergent, la fille de Piédeleu, deffunct Jacques Dufour et aujourd'huy des Costz, la fille de Pierre Fillastre, expédient à passer avec le sf de Brétigny, contre Brunette et Vaillant, les s^s De Laval et Dufour, Thury advocat, le s^ procureur du Roy en vicomte pour le pont de Bapaulme; les quatre bourgeois commis à la recepte de Tescu et 20 solz; pour les frais advancez et le louage annuel d'une voulte accommodée à mectre les registres du Tabellionnage, contre
« lieu de ce faire on a contrainct en ceste année les pourveuz des- « dicts offices de greffiers et les parroisses èsquelles il n'y avoit per- « sonnes pourveuz en tiltre d'office, de les achapter héréditalement et « payer encor le tiers denier de ce à quoy de présent le prix des « dicts offices se monloit, qui avoit jà esté tiercé une fois par mon-
« sieur Maillard supplient sa Majesté faire informer des dites
« exactions » — Ch. de Beaurepaire, Cahiers des Etats de
Normandie, novembre i586, art. 62. -- Cf. note i, p. i58.
cculx de la cinquantaine et harquebouziers, Tarrcst des Bouteillers(i) encores à rellever et publier; Auxrequestes contre le greffier dud. lieu, contre le s^ Maillard, Me Lucas RouUays, m^ des ouvrages, et le s^ de S' Thaurin, conseiller en la Cour; En la chambre des comptes pour la vériffication et expédition des patentes de restablissement des parties sur les comptes de Delahave, trovs ou quatre comptes de Fillastre à rendre, les comptes de Fleury, et estatz des nouvelles impositions à vériffier; En la court des avdes contre Monsieur Legrand, adjudicataire des nouvelles impositions, Druel, procureur, cinquantaine en adjonction donnée aux fermiers de l'avde, monsieur de Guenou ville pour son comptereau de la poise du sel du temps qu^il estoit grenetier; En bailliage contre mons^ Farchevesque, Le Testu, Théritier du receveur Cavalier, veufve Belin, De La Rue, le s^ procureur du Roy pour ung petit jardin ; Mémorial d'accord d'opposition aux héritages de Piédeleu à rellever, Delahaye pour ung gaige plege, lettres à vériffier par Legrand maistre pour la despense du berger. Constitution à faire des quinze mil escus de rente suivant Poctroy de 86 ou 87, les clefz de nostre salle du bout du pont en autre main que celle delà ville: que dud. escu et 20 solz, et soye il v avoit fondz de 1,200 escus ès-mains du receveur, et des bourgeois de quelques autres sommes non telles que dirent lesd. s^^ qqz prédécesseurs, parce que la court en avoit disposé à la sancté du pont 38 1 ecus et mandementz à acquicter et le marché de briser pierres soubz les arches qui les espuisoient ; de la soldede 1,160 escus, des fortiffications 5oo ecus et depuis mandement représentez qui dyminuoient
(i) Le Bouteiller, qui s'était chargé avec ses associés (V. compte rendu de iSgg) de déblayer le lit de la Seine des pierres provenant de l'éboulement de la grande arche du pont.
lad. somme; du domaine 2,000 ecus, autant de bledz aux greniers qu'ilz énoncèrent; des nouvelles impositions le fondz n'estoit certain, non plus que des traites domanealles ; quelques 3oo ecus à recevoir du receveur de Fry, quelques maisons encores à bailler, patentes d^oaroy du pont à enregistrer et l'original en la maison de Me Lovs Petit, procureur; des fortiffications registrer l'original en mellenge au charirier; le pont de Seyne, tallus, le pont de Beauvoisine, murailles en ruyne, les halles aux laynes, merciers, et bled, pontz levis et pontz dormant des autres portes, pavillon, cadran et tour des planettes à réparer f i ) ; partie des halles fieffées employées par les gardes desditz mestiers en seulles (2) de harenc, vinaigres, fustailles, huilles et autres marchandises ; autres halles occupées par vendeurs de poissons, chair, sidre et autres en maneiges et celle des draps drappans en foing à ceste occasion, comme chacun disoit.
Le reiglement de l'occupation des cays interverty sans demande d'aucun congé ; les places en la halle au bled tenus par les marchans de grains au bon plaisir des enquesteurs, le Bel de la Vieutour et du neufmarché remplv de hayons; Tadjudication de partie des murailles de Cauchoise intermyses à exécuter ; les fontaines mal coulantes ; celle du chasteau en sa voulte plaine d'im.mondices, celle d'Yonville dans les caves des voisins, et de Carville en la pluspart perdues; les eschoppes de la poissonnerie du bout du pont desmollyes, les unes et les autres inutilles ; quelque reste de bittes à livrer et paier ; les roes des artilleryes pourr}^es et ferrures d'aucunes
(i) Il s'agit du Gros-Horloge.
(2) Sole ou solle, magasin et quelquefois plus spécialement magasin de sel.
estans en maisons privées; le fort appelle aux naveaux (i) en estât, partie de la pierre estant aux environs touteffoys ostée ; Tun des bacz uzé ; quelques portes des quais fermez ; le pavillon sur la porte vis a vis de la halle au bled abbatu; quelques portes de menuyserie desd. quais ne pouvant plus servir; quelque reste du fort de S' Éloy à abattre (2), et pour cest effect quelque argent ès-mains dudit maître des ouvrages; le reste du fort de Saincte- Gatherine à desmollir; le collège des Jésuistes occuppé par Tescuier de M^ de Montpencier ; comptes à poursuivir de l'escu et demy escu pour les collège et exécution de la résolution prise en assemblée généralle suivant la modiffication de ladite court ; quelques grandes pièces de boys trouvez sur les quais, engins à pilloter et belins non fournys, peu d'autres mathériaux.
Nous avons essavé d'obtenir contre Tarrest du Roux mais n'avons peu et nous nuit de ce que ledict Fillastre ne fut appelle ny employé en quallités dudit arrest ; nous avons eu arrest contre Théritier par bénéfice d'inventaire dudit Le Seigneur, maître des ouvrages, et renvoyé en la court de parlement, despens pendans, clause au bénéfice de la ville; mons^ Legrand a obtenu contre nous et faict condampner luy paier 10,000 escus sur nostre moictié des nouvelles impositions, en deux ans, commencez à courir d'octobre dernier et subtillement a faict ordonner que son brevet s'adresseroit à la Chambre des Comptes de Paris et receveroit par Tespargne pour prévenir noz oppositions ; cependant mons^ le trésorier de l'espargne de sy peu qui nous est adjugé sur les adjudicataires nou-
(i) Le fort aux naveaux (navets), cité dans le Discours de Valdory sur le siège de Rouen, en i5gi, était situé sur le quai, entre la porte Guillaume-Lion et le pont.
(2) Le fort St Eloi était aussi sur le quai, prcs la porte de ce nom,
veaux en veult ja retenir 5,ooo escus et n'a baillé rescriptions qu^a cela prest qu'on a prises, suivant la résolution de l'assemblée généralle, en attendant qu'on en obtienne quelque pourvoy ; on ny a peu faire autre chose au long séjour en court, non plus pour les deniers pris par le receveur général de Caen ny de l'ordonnance des sieurs trésoriers dudit lieu de faire paier la moictié intégralle du Roy devant la nostre ; lesd . De La Bistrade ( i ) et des Croisettesavoienteu arrest par forclusion, lequel depuis avons faict rétracter ; envoyé Cavelier, solliciteur (2) à luy passer procuration pour faire taxer les despens et les recevoir afïin de les délivrer au receveur de lad. ville; pour lad. commission des s^s trésoriers de ceste générallité, on nous dict que nous ne nous empescheroit plus, et que nous feissions comme de coustume. L'argent saisy des traictes domanialles n'a peu estre retiré, ny la cause contre les eschevins de Caen pour les huict escus vuydée,
(i) « Remonstient que ayant esté par sadite Majesté accordé
» la suppression des offices de nouvelle érection en les remboursant,^
» entre lesquels sont les greffiers de Présentations pour le
» droit desquels on augmente le salaire des escritures du tiers, Ledit » droict vulgairement nommé la Bistrade, en honteuse remarque
» de ceux qui l'ont mis en avant et acheminé supplient très
» humblement sa Majesté revocquer les commissions pour vendre » tels offices à fin d'héritage, mesmes du sieur Maillard pour les
» ventes des Greffes des paroisses » — Ch. de Beaurepaire,
Cahiers des États de Normandie, novembre i58i, art. XXII. — Cf. note 2, p. i53. — Une singulière coïncidence semble justifier l'odieux du nom du partisan appliqué à l'impôt dont il exploitait la ferme par sa signification étymologique, bis tradere, payer deux fois.
(2) Faisant fonction de procureur, le sollicitor anglais. Dans une réunion tenue le ii octobre 1602 à l'Hôtel-de Ville «Jourdain » Cavclier, solliciteur, référa, pour l'absence du procureur, avoir » semons MM. les grands vicaires et MM. du chapitre. »
ny Texception desd. traictes pour les bledz expliquée; Crespin a gaigné sa cause contre nous. A nostre adjoncrion les levées qui se ûiisoient le long de la rivière, sans patentes ou avec patentes non vériffiées, avoient esté par arrest dud. Conseil estainctes, promptement suivy d'une derrogance. Nous avons donné adjonction aux vendeurs de poisson et fruictz contre ceulx de Paris qui se veuUent atïranchir des ordonnances politicques, et enlever librement sans en laisser nostre provision; nous avons obtenu lesd. continuations des i,ooo livres, 8 escus pour muy de sel, octroys de la fortiffication et du pont pour six ans commençant au jour de l'expiration des dernières et y a clause bastantc contre la susdite ordonnance de M. de Montpencier. Au grand Conseil nous avons eu arrest contre ceulx du Pontaudemer, aux requestes du palais à Paris contre Madame, sœur du Roy, sentence interlocutoire et sy n'eussions changé les escriptz, feussions décheuz pour le principal de la cause ; mysmes hier pièces es-mains du procureur de la ville pour se deffendre sy elle en tient procès; en la Chambre des Comptes à Paris arrest à nostre proffict contre lesd. héritiers de Flechemer et Vymont, et renvoyez vers les correcteurs; et, comme nous estions sur le poinct d'avoir fin desd. héritiers Flechemer, se sont aydez d'une telle quelle information faicte sur ung mandement que a obtenu M'^ Heurtault, Tun desd. héritiers; par ce, et contynuant, faict faire icelle en ceste ville, sans nous appeler, par led. sieur Maillard, conseiller au siège présidial, contre lequel la ville a procez, qui n'a faict convenir d'adjoinct et a examiné Parmentier allyé, ou parent desd. héritiers et qui a luy mesme rendu les comptes, et par eulx ung jour assigné pour vuider nostre poursuilte ; faict aussy examiner Messieurs Dugenetay et Dufour, anciens conseillers,
Ton sçait Taage decrespit dud. s^ Dugenetay ; etvoirra on aisément parla lecture de lad. information comme ses propos sont liez, et la diversité de ce qui rapporte avec les résolutions des assemblées prises de son advis^ desquelles on s'aide auprès; pour ledit Dufour, oncle dudit Heurtault, estoit quarienier lors de l'examen du compte du domaine et entré en Teschevinat, signa avec ses confrères mandement pour recouvrir desditz héritiers ce qu'ilz debvoient, sans préjudice du pourvoy des allocations de quelques parties emploiez aux comptes rendus en ladite chambre et debvoient comme anciens conseillers pour le serment qu'il'z ont [preste] céans nous advertir avant que subir led. examen ; cela est inexcusable ; et parce que lesd. héritiers se veullent ayder dud. compte du domaine, en avons par l'advis du Conseil faict rellever appel et aussy que le temps nous pressoit, et enfin n'eussions esté recevables aud. appel ; on s''en aidera, s'il y en est de besoing : En ce parlement y a eu arrest contre lad. fille Piedeleu et important la cause de plus de 5o,ooo escus à la ville, nous avons poursuivy le procès commencé par messieurs noz prédécesseurs. Lon dict lors du plaidoyé, en face de court, que nous estions plus curieux de ruyner que de conserver ; eust-on voullu no:{pii laboris officium impia taciturnitate corrumpere ?
Il nous eust esté justement reproché ; si tost Tarrest donné nous achemynasmes avec mons^ le lieutenant général sur le lieu, et consentismes qu'à la descharge des particuliers, le heurt y fut mys, et le grand chemyn bouché restably, pour le reste estre aproficté au bien de la ville, ou le tout à ses charges comme nous avons faict; ce n'est le vouUoir aplicquer à nos proffictz particulliers ; aucun de nous, ny de tout le conseil, n'y peust ; ceste charité vient de quelque allié de lad. fille qui, peu civil-
lise en la longue hantise qu'il a faict avec noz concitoyens, nous remesure au pied de charue ; on a esté rechercher pour lad. fille quelques pièces dans le trésor de la paroisse de S' Sauveur pour, soubz coulleur que dedans sa prétendue fieffé, il estoit parlé de petit Jardin, et que les thésauriers de ladite paroisse prétendoient là quelque rente, altérer une grande partie dudit jardin ; son ayeul à desseing surdissoit (i) lors la quantité dudit jardin aussy bien que sa quallité de receveur; au fort les bornes de ladite prétendue fieffé et décret sont semblables et certaines, non aisez à déracyner, comme seroient bien les ortyes, ou quelques autres mauvaises herbes d'un jardin, et quand il y auroit eu du bon, tousjours la Court nous eust, comme elle faict ordinairement auxparticulliers, en faisant une subhaste de nouveau receuz à enchérir au proffict particuUier de la ville perdante ; La cause du Verd (2) a esté vuidée et se peult, aians eu de son infidélité et impudence prou d'expérience, dire ne mériter estre cy après employé pour la ville; nous avons donné charge qu'on face taxer les despens contre luy ; Autre arrest contre Poupart huissier, pour luy faire abatre certain appentys, et clouaques estans sur les canaulx de la fontaine d'Yonville ; nous avons désiré redresser nostre livre des fontaines et veoir le tiltre du cours qui flue en la maison de M^ Le Seigneur, il a donné tant de délays à le monstrer qu'en fin le maistre des • ouvrages, suivant nostre commandement luy a faict boucher, nonobstant son opposition et nous ayant faict assigner aux requestes
(i) Cacher, taire. Cette expression se retrouve encore dans le compte rendu de i5g6, page 127.
(2) Toujours la même forme; cause de Le Verd ; du Roux, cause de Le Roux; des Angloys, cause des Langlois.
treize jours après que nous serions hors de charge, cela nous a esté suspect et excité en remonstrer par requeste la conséquence à la court, laquelle en a retenu la congnoissance et ordonné que dès mardy led. Le Seigneur en viendroit,led. cours demeurant bouché; nous eussions bien vouUu en avoir fin de nostre temps ; feu mons"^ son père a faict service céans troys ans seuUement en l'eschevinat où il tenoit assez bien sa place; mais ce n'est pour le mectre en reproche à la ville et soubz ceste coulleur, avoir, comme estant de meilleure condition que feu monsieur Lelieur qui a servi plus de 5o ans et donné ledit livre, led. cours sans tiltre, qui peult servir au public, préférable à luv qui, et son frère, ont tant traversé la ville en procès et enseveli les services du père.
Contre Fillastre et Toustain il y a eu arrest de présenter comptes dans certain temps à la chambre qui y festoient à rendre et d'autant que au narré d'icelluy en auroit employé quelques offres autrement qu'elles navoient esté plaidez, avons présenté requeste aux fins de l'interprétation et signification ; contre ledict Duchesne, sergent, y a eu arrest dappoincté au Conseil et depuis a acquiessé et l'avons atermoyé de paier les deniers qu'il avoit depuis quatre-vingtz-unze en ses mains : nous croyons que le dernier quartier de Tatermoyement est escheu à la S^ Jehan dernier; il semble à sa contenance que le receveur le presse de paiement; il a promis et signé au registre rendre quelques quictances de prétendues réparations sy tost qu'il auroit compté avec ses cohéritiers ; elles pourront servir au procès de Clémence Piedeleu qui s'est portée héritière absolute dud. Piedeleu à l'instance appoinctée au Conseil ; lors du plaidoyer se présenta monsieur Le Guerchois, viconte, et feist joindre la poursuilte que nous luy faisions comme enchérisseur
de partie des héritages dud. Piedeleu nous paier yooescus qui avoient esté adjugez à caution à lad. ville, vray chemyn pour joir de Théritage et de l'argent sçaichant bien que sy ne se contentoit pour toute caution de lad. ville, aucun n'interviendroit ; mais sur l'avance que la court par son arrest avoit ordonné pour la réparation des fontaines de Carville que doibt monseigneur Tarchevesque depuis la source jusques à la porte S' Hillaire entretenir par moiciié avec ladicte ville, remonstrasmes qu'il ny avoit autre fondz ; ledit Le Guerchoys mandé, elle ordonna que, dans le jour, il délivreroit les deniers à la caution de lad. ville et aux charges portés par led. arrest pour Tasseurance des derniers emportans deniers et paia en luy délivrant l'arrest et mémorial d'accord d'opposition, dont il a prins coppies et parce que il y avoit tousjours difficulté, et frais grandz à retirer Tadvance dud. seigneur archevesque, fut, à nostre requeste, donné autre arrest par lad. court de contraincte contre ses fermiers privillègement nonobstant oppositions, appellations et voyes quelzconques et par mesme moïen advertismes lad. court de quatre inconvéniens qui advenoient au faict desd. fontaines à ce qui luy pleust y pourveoir : le premier estoit pour la detfence de bastir sur les voultes et canaulx desd. fontaines et injonction de démolir les jà bastys, soit édiffices ou clouaques, ny clouaques hors qu'à certaine espace, telle qu'il plairoit à la court prescryre; le second pour faire boucher tous les cours que les particulliers prengnent ausd. fontaines pour les remectre au public, suivant l'arrest de quatre-vingt-seize, qui entend en général comme lad. court a tousjours déclaré estre son intention ; le troisiesmepour, suivant lesarrestz précédens, faire deffences d'user de roes ferrez et adjouster retrenchement du nombre effréné des coches et carrosses
pour restonnement que les canaulx desd. fontaines en endurent et la ruyne qui sy augmente, mesmes au pont qui mavne à la poissonnerye de Robec en travers duquel passent les canaulx de la ville et dud. s^ archevesque (i), et le quatriesme à ce que deffences soient faictes à tous autres que aux préposez de nous et des s^^ noz successeurs de lever pierres et toucher aux canaulx et esventz desd. fontaines, et nous dict lad. court qu'elle en délibéreroit ; fault sçavoir sy elle en a donné arrest, ou, sy elle ne la donné, le poursuyvir; Arrest pour lesd, quatre bourgeois par lequel elle les auroit deschargez et ordonner qu'ilz bailleroient au sergent de la ville roolle au certain des restes pour les faire sortir, vray qu'elle en adjugera une partie à la sancté, mais depuis par autre arrest main levée et déclaré aplicables aux tallus et que tous previlléges pairoient et permectoit ausd. bourgeois retenir en leurs mains, chacun 5o escus pour quelques frais; monsieur Du Jardin, joissant de la quallité et previllège de secrétaire, s'en voullut affranchir, présenta requeste à ladicte court qui nous feit signifier et quelques jours après paya. Le Roy par lettres patentes adressées à lad. court voullut estre levé ung escu pour tonneau de mer, et, à ce que Ton disoit. estoit avec la levée de 10 solz pour poinçon de vin adressé à la court des aydes pour paier 20,000 escus que sembloit messieurs les troys premiers présidens des corps souverains, pour ce particuUièrement mandez par Sa Majesté, avoir accordez ; nous présentasmes requeste pour en avoir communication et feismes les remonstrances telles
(i) Cette prétention arriérée donne l'idée de ce qu'était la voirie urbaine à cette époque ; les chemins ne valaient guère mieux et l'on peut constater quelques années plus tard, en 16 17, l'embarras des échevins à fournir aux environs de leur ville une route praticable à Louis XIII venant y tenir l'assemblée des notables.
qu'il fut conclud en assemblée généralle pour ce tenue et néantmoins ne gaignasmes rion, encores qu'en eussions demandé l'aménagement; ceste vove d'engaiger le général d'une ville par la bouche de troys sembla rude; depuis, par autres patentes adressées à messieurs les trésoriers, on nous fist croire que nous avions offert et n'avons pas seuUement esté oyes; enfin lad. somme de 20,000 escus a creu non seullement jusques à 3o,ooo escus, mais jusques à 5o,ooo escus, et a cessé ledit impost. Mons^ de Saincte-Marye Dumont présenta à ladite court provision de baiJly, cappitaine de ceste ville et chasteaux d'icelle ; nous y opposasmes et fût par ladite court ordonné qu'il refîormeroit ses lettres et les prendroit pures et simples de bailly et parce que aux lettres retformez il avoit encore employé la quallité de cappitaine de la ville, réitérasmes nostre opposition et le receui la court en quallité de baillv seullement, sans approbation de ladite quallité de capitaine de la ville. Arrestz obtenus contre led, sieur Délavai et Dufour, et avons esté enfin envoyés hors de court et de procès et sans despens, eulx touteffovs condamnez à paier le rapporte! extraordinaire avec quelques petits frais qu'on leur a adjugé, qu'ilz avoient jà à la pluspart receuz avant led. arrest. On nous a condampnez, provisoirement et sans nous avoir oys, à la vuydenge des clouaques de la consierger\-e, fondée la court de ce que messieurs noz prédécesseurs n'avoient faict es dernières années encores qu'il y eust lettres d'interdiction ; conviendra en avoir de nouvelles ou bien faire vuyder en lad. court l'instance y pendante entre ladite ville et led. consierge, le premier sera plus asseuré. Expédient a esté passé avec le s^ de Bretigny. Arrest donné contre Cousin prétendu garde dessus les quais et depuis a évoqué; Arrest donné pour les chemins et, par icellui l'instance
du pont de Bapaulme et cavées vuidé; Arrest à nostre adjonction contre les porteurs de grains; nous avons insisté à cstre dressés des frais et louage annuel de nostre dite voulte mesmes charges, ledit procureur sindic en bailler déclaration, et présenter requeste pour retirer au proffict de la ville une voulte que le consierge de ladite consiergerie reloue ; Arrest donné de vérification -des patentes desdites i , ooo livres dudit voiage de Poloigne et parce que, conformément à la précédente vériffication, l'arrest estoit dressé et qu'il eust imparti ung retranchement du temps au lieu de nous l'accorder entier, par requeste représentée à la court, a, en interprestant son d. arrest, accordé Teffect d'icelle. Il y a arrest pour visiter la turye de Martainville, exécuté et prétendons assubjectir les bouchers à la réparation d'icelle. Mons^ Du Bailly Le Seigneur, ayant espouzé lad. héritière dud. Pierre Fillastre, a obtenu arrest contre la ville et voyant bien que le pourvoy en estoit aisé, et par nous fort advancé, entra en composition et luy avons rendu le principal et quelque cens escus d'arrérages et ce en vertu de ce que la Chambre des Comptes en ordonna lors de la ratification du contract qui en avoit esté passé; nous avons esté fort poursuyvis pour quelque reste des 100,000 livres et des rentes du grand party, mais comme n'estans de nostre temps, nous en sommes deffendus ; il y a eu arrest à nostre adjonction au proffict des marchans de fruictz contre les vendeurs qui les vouUoient forcer se servir d'eulx ; Autre arrest pour réformer les poix de la Vicomte (i), nous non oys,
(1) Les vicomtes de l'Eau avaient la garde des étalons des mesures ; personne, dans la banlieue de Rouen, ne pouvait détenir de mesure qui ne fût scellée de leur sceau, après conformité reconnue avec les étalons déposes à leur siège, sous peine d'amende fixée arbitrairement par eux. — Ch. de Bcaurepaire, De la Vicomte de l'Eau à Rouen, chap. icr.
de la contribution des frais en avons pris deffence, et entendu qu'on y ait tousjours persisté. Les rentiers y ont intérest.
Nous avons rellevé Tarrest contre les Bouteillers et icelluy faict publier pour retrencher les exactions; nous n'avons voullu consentir nv dissentir les eschanges des pauvres de l'hostel-Dieu et des religieux de Saincte- Catherine, et sy nous nous sommes deffendus de la réparation de l'église de l'hostel-Dieu, à laquelle on nous vouUoit appeller et instamment prye accélérer les comptes dud. hostel-Dieu, parce que, survenant nécessité, on la faict rejaillir contre la ville; et est le vray moïen d'y prévenir que d'esclaircir leur fondz. Fleurv, naguères receveur, avoit obtenu mandement de ladite court sur ung simple énoncé pour nous faire appeller aux fins de la compensation de deniers, les choses demeurant en estât ; mais, voyant que nous en voullions plaindre, a renoncé à s'en esjouir; contre Thury, advocat, il y a eu arrest et exécuté pour les réparations des malsons de Dubueil ; au décret du maître [obtjenu en ladite court on a opposé pour 22 solz de rente en deux parties et poursuivy la vuide du contredict que les derniers emportans deniers avoient donné. Ton n'a peu encores l'obtenir, Arrest a esté donné contre le sergent Rouiller qui vouUoit boulleverser les provisions que nous octrovons des offices de cest hostel commun. Estant Godeheult et la Mothe, cappitaines de la cinquantaine et harquebouziers, élevez de peu à quelque fortune, estoient parvenus en ung extrême degré d'insollence et mespris de nostre tappis, et du service qu'ilz dbibvent à la ville; à les oyr on veoit que fontaines d'or et d'argent ; parloient et appuyés d'aucuns, quorum eos maie docet familiaritas , se sont enhardis et poursuivy descharges, au desceu de leurs
compaignons, de leur cottisation de Tescu, et 20 solz, ou bien, en resveillant ung vieil procès, demandèrent paiement des voïages quM[ls] prétendoient avoir faictz sans nostre congé. A leur requête à nous communicquée donnasmes responce, qui sembla peu plausible de prime face à ladite court; elle désira nous oyret ayans entendu de nous la conséquence de Taffaire, les arrestz du Roy donnez en son Conseil en 74, pour Montgommery, 81, pour Salcède, n'y vouUut passer et seullement au bas d'une requeste, escript de la main du greffier, que, pour certaines causes^ il leur seroit dyminué de leur cottisation chacun de i5 -ou 20 escus, sans autre arrest ; s'advancèrent trop dire qu'ilz nous tenoient; l'on veoit par là comme eulx mesmes ont terminé leur d. vieil procès. Le Roy bi>en adverty des brigues qu'i[ls] praticquoient èsd. compaignyes où ilz avoient jà empiété grande auctorité envoya son ordonnance pour changer de cappitaine dans un an ;y obéirent les harquebouziers, et bien qu'à mesme instant on eust baillé aud. Godeheult coppie de lad. ordonnance pour la faire garder à lad. compaignve de la cinquantaine, sy est il qu'i[l] la garda en manche et au mespris d'icelle se feit le jour Sainct- Georges dernier contynuer, bien que Vincent, sergent de lad. ville, de nostre commandement exprès, se feust transporté en leur chappelle à heure deue etaccoustum.ee à faire l^d. ellection pour illec leur réitérer la signification de lad. ordonnance et enjoindre y obéir et à haulte voix leur en faire à tous lecture et s'efforça led. Godeheult au nom de lad. compaignye nous prévenir et présenta requeste à lad. court, sans de nous voulloir recevoir reigle. La couri a donné arrest à nostre proffict et, suivant icelluy, procédèrent à leur nomination et de leurs nommez en a le Roy des només choisy Jouenne qui y com-
mande à présent et led. Godeheult, désarsonné de sad. cappitainer\-e et leur fust par nous dict qu'ilz allassent à leur chappelle faire prester le serment au nouveau cappitaine devant Tancien, avec injonctions d'obéir aux mesmes reigles qui avoient esté prescriptes aux harquebuziers.
Aux requesies du palais, y a eu sentence contre M. Du jardin, monsieur Morel et autres thésauriers de Saincte- Croix; pour le corps de garde assis à Taistre S' Ouen, contre le s^ de Fréville, pour le maistre du Carolus, pour le gaige plege de chappitre, rabattement des bouticques des cordonniers de la Calende, nous avons esté renvovez à la court. Pour le regard dud. Boullays, maitre des ouvrages, avons finy le procès, et au lieu de cela, dès qu'une adjudication estoit faicte, ordonnions estre mys en ses mains le prix d'icelle pour le délivrer aux ouvriers à mesure que la besoingne se feroit; monsieur Maillard a acquiessé et obéy à la faisance de la rente foncière dont estoit question ; nous avons évoqué la cause du sieur Dufay contre sa sœur en la chambre des comptes, avons obtenu vériffication des patentes pour le restablissement des parties de Delahaye; le s' De la Martinière, auditeur, nous a faict et faict faire encore la court pour Texécution, et plusieurs foys avons ordonné aud. procureur susdit s'en plaindre à lad. chambre. Il a esté longtemps mallade, mais nous avons doubté qu'il ni eust de la malladye en vollonté sous cette longueur, nous nous feussions vuydez avec Delahave pour ses comptes ; nous avons faict vériffier en lad. chambre le patent desdites aydes dû par Fillastre, naguères receveur, y a présentement faict clorre quelques comptes qui luy restoient et nous, advertis que, contre la teneur de sa Commission, il tiroit en ligne i,o6o escus en une partie, et neuf vingtz escus en autre de taxe extraordinaire, et contre le serment qu'il en avoit
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autrefoys faict, présentasmes requeste à laquelle n'eusmes responce, bien qu'elle feust pareille d'une autre présentée par messieurs nos prédécesseurs en 88 ou 7, et arresi que sur la présentation desesd. comptes, on nousferoit droict; monstréeà lad. chambre, ordonna estre myse ès-mains du s^ Baillard, auditeur, retenue vers nous coppie coUationnée.
Quelques moys après led. Fillastre nous représente ses doubles et n'en estoit faict mention aucune es appostilles ; nous informasmes pourquoy, led. auditeur se descharge sur Tordonnance de ladite chambre, nous rend ladite requeste comme non myse en liace ; nous nous plaigneismes de ceste obmission par autre requeste, et ne nous y estans respondu, feismes sommer Fauditeur, pour nostre descharge, nous deslivrer ladite ordonnance, protestant de pourvoy vers le Roy et de le faire respondre de la loccation des parties, et donna une responce de laquelle, sy le procès-verbal du sergent eust esté chargé, comme il debvoit, nous nous feussions pourveuz ; nous résolûmes en faire plaincte au Roy, en obtenir mandement pour faire appeller en son conseil aucuns des s^s présidens, maîtresdes comptes, luymesmes auditeur; nous pensions que le Boullenger que nous y avions envoyé Peut obtenu ; il feit ung traict de jeune, il abandonna ceste poursuihe et autres de plus grande conséquence, et plus de dix à unze moys après n'apparut : messieurs noz successeurs y seront recevables quand il le vouidront entreprendre.
Fleury, naguères receveur, a rendu compte du pont et de la fortiffication ; il luy estoit deu par celluy du pont quelque peu, nous luy avons faict fondz par celluy de la fortiffication; il doibt quelques 7 ou 800 escus, nous en avons dressé mandement au receveur Donnest pour les recevoir, il y a plus d'un [an] et demy, et n'a cessé Fleury
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de nous importuner de surcéanccs ; pressé de rendre les autres comptes, a eu recours à la susdite vove exécutoire, enfin nous promit v satisfit ire en bref; sy avons nous esté contrainctz par le procureur sindic faire remonstrer à lad. chambre comme le dit Fleury n'estoit poursuivy à la rigueur des autres comptables; il dict qu'il a faulte de fondz aux nouvelles impositions; nous disons qu'il en a plus qu'il ne luy en fault, demandons à veoir ses comptes ou vériffier ses estatz par le menu d'autant que, sy nous luv faisions fondz de plus, pourroit estre convertv en chose que nous ne désirons ; sv d'autre part, il y a faulte de fondz, nous craignons mectre au hazard les particulliers noz concitovens rentiers de perdre, ou faire ouverture d'altérer le fondz de ladite foriiffication qui nous a faict différer à clorre, examiner et vériffier Testât du quartier d'octobre dernier des dites nouvelles impositions. Il nous a dict que lad. chambre veult avoir la congnoissance dud. escu et 20 solz nous luv avons baillé coppie des patentes vérifiiez à la court pour s'en deffendre, et sy n'eust déclaré nous le présenter, ne feussions en ceste peine.
Auditeurs dud. compte sont nommez en assemblée généralle, il sera aisé d'v appeller aucuns de messieurs des corps souverains et ecclésiastiques : nous nous feussions pourveuz par le Roy de quelques parties raiez et surcises en ses ditz comptes de fortiffication et dud. pont, nous attendions qu'il eust compté intégrallement.
La chambre a tenu la recepte desd. 8 escus pour muy de sel indécise; nous avons suivy l'adresse première et lorsque le Roy le voulloit lever ; il s'en fault pourveoir; sur ung néant tiré en ligne au premier compte de la solde dudict F"leury des deux aydcs affectez de toute ancienneté au pont, quais et tallus, voullu la chambre le réitérer et
rendre les dites aides affectez aux rentes de la solde ; tira en ruyne ce que du commencement on avoit introduict à conservation, où Petit, procureur en lad. chambre, praticqua à propos ung délay, affin de plus particuUièrement nous consulter, et esclarcy, et saisy des anciens comptes et représentez à lad. chambre, donna arrest au Parlement de ladite ville, à la bienveillance et ayde de feu M'' Godard, maître des comptes, qui en cest affaire se monstra fort zellé; prenoit lad. chambre ung chemyn pour rayer toute la despence des comptes du pont, oster le fontz des bacz et moyens de poursuivre fondz extraordinaires pour la rediffication dud. pont; led. Petit y employa ce que d'un fidelle serviteur on peult désirer, il n'a faict que ce qu'il doibt, nous le voulions; mais ce n'est peu qu'il ne faict aucunement regretter en ses déportemens son prédécesseur; s'est ung bon naturel qui le convye à ce, et non la clause des commissions des receveurs y employée pour retenir en bride les arrogans, non pour chasser et changer les serviables ; aussy l'exécution de lad. clause est placée en main judicieuse.
A essayé ledit Le Seigneur, maître des comptes, soubz le nom de Bosquier, héritier dudit Cavelier, receveur, se faire dresser de ses prétentions ; il y a perdu ses pas ; advertis que M'^^ Jehan Donnest et Fleury avoient obtenu et présenté quelques patentes à ladite chambre aux fins de taxes extraordinaires par requestes ; en demandasmes communication, ce qui nous feust accordé et à l'instant leur feismes signifier et tost après led. Donnest nous représenta les siennes et renonça à s'en esjouir, et led. Fleury déclare qu'il n'en avoit obtenu, ny pensé d'en obtenir, renonçoit d'en obtenir, et des obtenues, sy aucunes s'en trouvoient, s'en esjouir, et ont tous deux signé au registre.
En la court des aydes, il y a eu arrest au proffict des adjudicataires contre la cinquantaine et harquebouziers; le procès de Téquippolent, mené à Tadjonction qu'en avoient donné messieurs noz prédécesseurs, a esté contynué.
Arrest au proffict de Guenet et Fillastre contre la ville, et avons obtenu requeste ci ville et chargé led. Cavelier estant en court en obtenir évoquation, fondées sur la clause de renvoy employée à leur d. arrest ; frère Hazard, religieux de S' Ouen et prieur de S^ Michel, a voullu s'atfranchir des i5 solz; enfin, il a acquiessé et pavé.
Arrest contre lad. Clémence Piédeleu, pour faire par elle inventaire des escriptures, y appelle le s^ procureur du Roy de bailliage; Druel, procureur, voyant que nous le soustenions non recevable à la demande de ses prétendus sallaires, n'a insisté; sy plus tost nous eussions eu congnoissance, comme seullement depuis huict jours nous Tavons sceu, du procès pendant en lad, cour contre led. sf de Guenouville pour son comptereau de la poise de sel du temps qu'il estoit grenetier, en eussions poursuivy la vuide; noz successeurs y remédiront en saison.
Arrest de la vérification des octroys de fortifîication, y comprins lesd. 8 escus pour muv de sel, elle a retrenché du temps, et pour la levée du passé sur autre nostre requeste respondu, en obscur, convenu avoir une jussion ; elle a vériffié le bail et contynuation des nouvelles impositions au grand désavantage de la ville qui est demeurée dépossédée de sa moictié et n'a on peu obtenir remède encore, et a fallu, quand à présent, se contenter à ce que Ton nous a voullu laisser et suivant ce qui en avoit esté résolu en ladite assemblée généralle.
Arrest donné contre les Angloys à nostre adjonction
pour le paiement des frizons (i); à la poursuilte desd. Angloys, ladicte court voulloit congnoistre du denier pour aulne et, voyant qu'on luy représentoit domanial, renvoyé par devers le Roy ; nous n'avons laissé de poursuvvir par devant les juges à qui la congnoissance en appartient et à tous les troys corps avons présenté requestes pour esclarcir le fondz de Tescu, et 3o solz destinez pour les collèges; ilz ont ordonné à leurs greffiers d'en dresser des estatz et en attendant les deux autres que la court de parlement y ait achemyné fin, laquelle nous avons supplié prononcer sur la résolution prise en assemblée genéralle pour l'establissement desd. collèges, suivant qu'elle avoit ordonné sur la vériffication des patentes de lad. levée, à l'instant de lad. poursuilte. Madame D'Aubigny nous feit parler de luy ayder du collège des Jésuistes pour y faire ung collège qu'elle délibéroit doter, luy dismes que sy la chambre ne levoit ses modiffications et que purement elle ne passast à nostre don, comme avoit faict la court, ne luy pourrions octroyer sa demande et néantmoins la promesse de mons^le grand vicaire Pigny de le faire faire, elle n'a voullu avant contracter; elle se pouvoit bien asseurer que ledit sieur Pigny ne luy promecioit qu'il ne creust en avoir le pouvoir duquel il ne falloit aucunement doubter. Messieurs
(i) Le frison était une étoffe. de laine. Sous le nom des Angloys nous croyons reconnaître les Langlois, désignés aux États de Normandie de i58g par l'appellation de les Anglois frères (Ch. de Beaurepaire, Etats de Normandie sous Henri III, t. I, p. 414). Georges Langlois, sr de PLiimbosc et Nicolas Langlois, s' de Mauteville ou Motteville, trésoriers généraux de France à Rouen. Le second deyint premier président de la Chambre des Comptes ; sa veuve Françoise Bertault est connue par la publication de mémoires estimés sur Anne d'Autriche.
les trésoriers généraux de ceste généralité ont donné leurs attaches à noz susdites patentes purement, ilz ont deschargez desja des 3oo escus.
Ceulx de la générallité de Caen ont donné leurs attaches, suivant les termes de l'arrest de la court des aydes et néantmoins depuis ont receu les eschevins dud. lieu à opposition, et renvoyez au Conseil où pour le bon à présent n'avons ozé hardiment poursuivir et les ungs et les autres ont prétendu taxer pour les adjudications des nouvelles impositions, nous n'v avons, voullu passer et en vériffiant les estatz, l'avons remys à la chambre pour en ordonner; ilz ont faict à Caen contre nous des reiglemens dont il a esté cy devant parlé et pour lesquelz nous sommes au conseil ; aussy pour les religieux de Jumièges qui se veuUent affranchir des i 5 solz. M. Legrand maistre des eaues et forestz n'a voullu passer à la vériffication des patentes de la dispense du berger et avoient esté icelles obtenues et à nous délivrez par Mons^ de Hanyvel, ancien conseiller, au lieu d'autres qu'il disoit avoir perdues, et à la restitution desquelles le procureur de la ville en avoit commencé procès auquel n'avons préjudicié.
En baillage sentence a esté donnée contre mons^ l'archevesque et ses fermiers pour les deniers qu'avoient les s" nos prédécesseurs advancez ; sentence à nostre proffict contre De la Rue pour l'islot; autre pour les pescheryes des rivières de Robec et Aubette, publiez à S' Hillaire, S'^' Gilles, et Darnestal ; autre pour les droictures que Ton prétend sur lesdictes rivières, public et affiché où besoing a esté, que nous n'avons exécutez, parce que le moys que Ton avoit donné aux propriétaires n'eschet de nostre temps. Sur nostre opposition au décret de Vymont, ordonné que les derniers emportant deniers bailleroient cauxion, et d'aultant que il s'est trouvé par Testât dudit
décret que oultre Topposition de la veufve, il y avoit assez d'autres emportans deniers pour Passeurance de nostre opposition ; n'avons empesché la descharge de ses cauxions.
Avons opposé à la décrétation de la maison du s^ Duvivier et Oys (Ouyn?) avecles^DeFondyniare, maître des comptes, qui faisoit faire, vertu de son contrat d'acquisition, led. décret, et messiresdechappitre; nous sommes contentez de soustenir contre lesditz de chappitre qu'ilz debvoient faire cesser led. décret et remectre ladite maison en estât de grandes escolles ausquelles elle avoit esté de toute antiquité destinée, et en porte la rue le nom, ou bien en bailler autre ou la valleur pour en achapter une et de nostre soustien avons eu acte pour nous en servir en suppléant à la négligeance de feu Lhermite, procureur syndic, qui, chargé de coucher opposition au premier décret de lad. maison, Tobmist en la court de parlement où nous délibérions traicter ceste affaire à l'adjonction de mons"" de Verdun, advocat général, qui imitant feu mons' le président Bigot, lorsqu'il tenoit la mesme place d'advocat général en assemblées, avoit trouvé raisonnable lad. adjonction (i).
Sentence a esté donnée contre nous pour ung petit jardin, mais avec une réserve d'une liberté d'aller sur les
(i) Nicolas Thomas, sr de Verdun, conseiller au Parlement de Normandie, 1576; avocat général, iSyS; président, 1602. — Emery Bigot, sr de Tibermesnil, l'un des rédacteurs de la Coutume réformée de Normandie, en i583, avocat psnsionnaire de la ville, son procureur syndic en remplacement de Nicolas Gosselin, charge par lui résignée comme incompatible avec les fonctions d'avocat général au Parlement qu'il exerça par survivance de Laurens Bigot, son père, à partir de iSjo, président en iSyS, mort le 6 novembre i588, enterré dans la paroisse de Saint-Laurent.
rempanz et à nostre cassematie près le vieil palais. Le Tesiu, pensant se descharger, nous a subministré pièce, en vertu desquelles avons demandé vingt neuf années d'arrérages et la faisance de lo livres de rente foncière autres que les lo livres dcubz par led. Testu ; nous avons obtenu renonciation faicte à Tappel qui estoit interjecté par les héritiers d'un nommé Lefèvre ; Tappel convertv en opposition pour appeller garand le sf de Bondeville qui a appelle d'une autre sentence, donnée il y a plus de trente ans, en vertu de laquelle nous faisons ceste demande, et est le tout pendant en la court.
Nous avons rellevé le mémorial d"accord d'opposition pour estre payé dud. Leguerchoys ; sentence contre les boullengers pour leur faire bailler déclarations au clerc de noz moullins aussy bien qu'aux adjudicataires ; sentence contre les estrangers forains que nous avons entendu, néantmoins qu'elle ait esté publyée, estre par la négligence de Fautrel, superviseur des quais, mal gardée, aussy que les marchans de ceste ville se contentent d'en discourir, qui en la place, qui sur le quay, sans se mectre en effort dV remédier à leur bien et demander l'adjonction de la ville qui ne leur seroit dényée à leurs despens; qu'i[ls] s'asseurent que la ville n'est tenue que aux reigles généralles. Sentence contre les dynantz pour la closture de leur halle de nouveau réédiffiée ; sentence contre Roussel pour le tallutage devant sa maison, sise sur lesdites rivières ; sentences contre lesd. de chappitre qui prétendoient pareil privillége à noz moulins que le s^ archevesque; sentence auproffictdes adjudicataires des draps d'Angleterre et denierpour aulne contre ceulx de Dieppe ; sentence pour la maison de la turye de Martainville exécutée; la veufve Belin a acquiessé à sa poursuilte et renvoyée sur Bosquet, son transportant.
Nous avons empesché les entreprises du nouveau vicomte de l'Eau, et obtenu mandement pour le faire venir en baillage ; sentence contre la veufve Piot pour une ruelle, et remys à procéder avec Mons^ le président de Mautheville (i), qui avoit obtenu rellèvement delà charge de garantie, ainsy qu'elle adviseroit bien estre; estans en possession de ladite ruelle, avons recongneu plusieurs veues et portz d'eaues et ung degré supernuméraire; nous en avons intenté action contre ladicte veufve, laquelle a faict revenir en garantie led. s^ de Mautheville, qui a obtenu tant de délais, sans prendre défenses de son chef, que la cause ne peult plus guères vivre et sera aisé à noz successeurs la terminer.
Il s'est présenté ung autre propriétaire des maisons de Dubrueil, et a esté ordonné que les officiers de la contagion y demeureroient et que la ville en paieroit le prix accoustumé ; on a voullu par lettres adressez à monsf le bailly renouveller les emballeurs ; en vertu de nostre remboursement faict, il y a longtemps, ilz ont esté déboutez.
Sentence contre le maître du Carolus pour sa taxe, contre l'exécuteur des sentences criminelles, à l'adjonction par nous donnée aux vendeurs de grains contre les boullengers qui ont buheaux hors la ville, à l'adjonction donnée aux adjudicataires des moulins desquelles ilz ont appelle à la court; nous avons remédié pour les portes par le bail de celluy qui demeure sur la porte Martainville ; nous avons reiglé nostre greffier d'enregistrer requestes, patentes, arrestz, lettres qui se délibéreroient et en marge cotter les vériffications, reffus ou modiffications au cahier des louages et fermes, rapporter annuel-
(i) Nicolas Langlois, s' de iVIotteville, dont il est question dans une des notes précédentes.
lement les submissions et charges extraordinaires des louagers ou adjudicataires que nous avons obligez non seullement aux réparations, mais aux rédiffications et quelques libraires aux relieures des comptes, et adjudications des fermes et ouvrages, impressions des ordonnances des s" gouverneurs; arrestzdes courtz et chambres ; sentences des juges ordinaires, commissaires extraordinaires, placardz, acquitz, obligations, pancartes, congez, brevetz de cauxion et générallement ce dont on avoit de coustume faire entrer en paiement de ladicte ville; à eux faict passer acquict de tout ce qui estoit faict et fourny jusques à la Sainct-Michel mil-six-cens-ung et dernièrement ung adjudicataire, chargé d'entretenir les cierges et torches de noz deux messes quotidiennes, et autres sur les quais de nettoyer et tenir en estât les fossez et conduictz des eaues et sur lesd. quais, tolléré bastir loges à conditions fort advantageuses à ladite ville; le maistre des ouvrages a déboursé l'argent qu'il avoit pour le reste de Tabbattement du fort S'« Catherine ; nous avons faict acquitter les rentes de toutes natures à la proportion du fondz et racquitté 600 livres de rentes du nombre de celles que debvoit nostre domaine, aultres qu'il a receus durant la recepte de Fillastre; de Fleury, n'avons peu clairement nous en vuider pour huit jours qu'il nous parla de ses comptes du domaine et pryé luy prester les comptes d'un précédent receveur; depuis nulle mention ; présenta quelque estât de l'escu et des 20 solz, nous avons faict vendre quelque bled afin de prévenir l'empirance et autant remplacé de nouveau avec peu de surhause (i) ; nous n'avons intervertv les natures de deniers ny entrepris sur l'économye de noz successeurs, non plus que
(i) Hausse.
toUéré entreprises sur la nostre et suivant les reiglemens et arresiz, vuidé conjoinciement ce qui avoit esté commencé et continué par divers bureaux; nous avons Tadménagement, nous estans remys, lors des subhastes achaptés du s^ Pretreval, 600 pillotz par le pris de 3,000 escus; nous les avons faict paier en partie par le receveur Donnest des deniers du pont, et Tautre partie par Fleury son prédécesseur, receveur des deniers provenans de lad. levée de Tescu, 20 solz par soy, suivant lesd. arrestz et résolutions prises sur iceulx en assemblées généralles; faict fair,e les poinctes et cercles de fer qui reviennent à 2,000 escus, faict faire ung bac neuf à passer, accommoder bacz; refaire les engins à pilloter, construire plateforme, belins ; la diversité des devis des expertz et les grosses eaues de Tannée dernière nous ont empesché de mieulx faire. Sy la rivière et la forest du s^ de Pretreval eussent esté joinctes, il eust esté aisé donner contentement aux discoureurs et flanniers (i) masquez : on leur eust dict, sy a bouche ils eussent parlé et non par placartz et libelles diffamatoires attachés aux portes, qui du palais, qui de cest hostel commun, qui ailleurs; nous donnons autant de maistrise à noz oreilles qu''i[ls] font à leur langue.
Nous avons faict rebastir les maisons de la poissonnerye du bout du pont et louez à des poissonniers et avec perte de plus de soixante ou quatre-vingt escus par an, sy elles eussent esté louées à autres, esperans qu'on employeroit ceste place suivant la destination; Ton ne la faict, néantmoins deppend de la justice d^ donner ordre pour la sancté de la ville ; quand il n^ avoit maisons habitables, les poissonniers se plaignoient, à présent ne veullent des
(i) Flâneurs.
construictes et qu'elles aillent au Bel ; nous avons, en contynuant le desseing des d. S^^ noz prédécesseurs, faict fracasser quelques pierres estans soubz quelques arches et en eussions faict fin, sy on eust peu à descouverreigler l'ouvrage avec Taisance ; nous avons faict desclorre les portes fermez sur le quay et faict faire portes de menuyserie où il estoit hesoing et de nouveau adjugé celle de la porte de S' Eloy ; nous feismes dès nostre arrivée descharger les arches du pont qui menaçoient ruyne; en vain eust-on employé les longues pièces de boys que nous laissèrent les d. S^^ noz prédécesseurs à faire un pont de boys, puisqu-e le pied n'estoit bon ; avons faict réitérer le reiglemenl des quais en publication, des halles chassé le maneige, greniers de foing et de toutes autres denrées cydevant mentionnez et sommes venus aux exécutions aussy bien pour cela que pour les havons tant du Bel de la Vieutour que Neufmarché, faict réparer les halles au bled, merciers, aux laynes; appeliez les mestiers contribuables, mesmes assubjecty de nouveau les drappiers drappans en vertu de sentence obtenue contre eulx et acquiessement à Tappel qu'ilz en avoieni interjecté, sur lequel nous les avons reiglez à leur contribution du passé et pour Tadvenir comme nous avons faict les marchans de boys; avec le locataire de nostre quay de l'isle nostre- Dame ; nous avons faict réparer en partie les murailles du quay et adjugé Tautre partie qui n'est encore accomply.
Lagenet, bourgeois, a eu regret que nous ne luy avons permys s'accommoder, comme il avoit commencé, de la pierre d'une trenchéefaicte durant les troubles au travers de son jardin ; nous l'avons saisye et celle des fortz de S'^' Eloy et des naveaux.
Nous avons contynué à charger les quatre quarteniers entendre à la démolition du fort de Saincte Catherine non
discontinuée que sur ordonnance de monsieur de Mont* pensier, faict accomplir ladjudication faicte par les dicts s^s noz prédécesseurs de partie des murailles de Cauchoise et autres, depuis par nous faictes jusques à la porte ; adjugé et commencé à exécuter l'ouvrage duneboulle (t) ou berceau venant jusques au cvmetière de Sainct-Pierre le portier et dos d'asne du fossé de Cauchoise; pour les fontaines, noz prédécesseurs avoient faict ung marché de bittes; le dit Boullaye, m^ des ouvrages, nous a dict quMl nY avoit advantage pour la ville et s'est obligé verballement d'en fournir au mesme prix touteffois et quantes ; nous avons faict rédiffier la halle aux dynantz (2) et accepté quelque augmentation annuelle de fieffé en conséquence de la première : Ils nous ont faict augmenter les frais soubs coulleur de la voulîoir clorre, et enfin nous ont deçeut et contrainct d'avoir sentence qu'il faut relever et exécuter; nous avons avancé quelques arrérages de louages aux propriétaires pour emploier à la réparation des maisons où demeurent les officiers de la peste. L'on mect les d. louages au caver du M^^ des ouvrages; nous avons recongneu que cela apporte incommodicté, mais ça esté sur le tard ; sy plus tost, nous eussions changé ccste forme et, suivant l'ancienne faict emploier au compte; nous avons commencé, suivant l'arrestde la court, la réparation de la fontaine de Carville, faict nettoyer celle du chasteau et louveté les évents hors ville de toutes, et aprez avoir faict rechercher par les expertz les moyens de construire une fontaine en la Vieille Tour et n'ayans trouvé commodicté autre que de la tirer des canaux par Massacre (3j, avons faict procéder aux adjudications en icelle,
(i) D'où bouleverd ou boulevard, boulingrin.
(2) Dinandier, chaudronnier.
(3) La rue Massacre.
faict construire en tel estât qu'on la veoit aujourdhuy fluante à troys thuyaulx ; elle revient au plus à treize cens escus pour tout paiez, non des deniers des rentiers, fournyedeaue, non à Taltcrance des autres fontaines, construites par autres ouvriers que les commis à la réparation des autres fontaines, pour lesquelles y a eu fondz préparé ; il n'y a eu que le temps qui en ait différé Pexécution et la contribution du S^ Archevesque ; c'est ung malheur que ceulx qui, ayans manyé les affaires de céans, au lieu de nous supporter, achemynent les autres à nous blasmer et se figurent inutilité avant quelutilité fust née: n'est de besoing que les calompniateurs, qui ne sont en petit nombre ny des moindres quallités, dientquece lieu est clandestin ; il est public; sy fermé au soir pour la conservation des marchandises qu'on laisse dans les halles, les clefz sont proches, sv on en a affaire de nuict ; il ne seroit raisonnable ce lieu estre ouvert pour y aller à heure indeue, comme on feroit à la Rougemare ou autres lieux escartez ; c'est remesurer les actions des personnes au boisseau de la passion, non de la raison ; nous avons esté sur le point nous aider du tour d'Alcibiade pour les faire taire (i). Ce n'a esté nostre intention entrer en ces frais pour oster le cours de la fontaine que led. Seigneur (2) prétend. Sy le public n'en avoit affaire, à quoy eust son père mesme aquiessé, et luy qui a procès contre la ville comme héritier par bénéfice dinventaire de valleur de plus de cinq cens escus en une partie, et faire couster en frais en court mil escuz au moins et pour le receveur Cavelier
(i) Est-ce une allusion à la queue coupée de son chien ou à la ruse par laquelle Alcihiade, vouhnt la guerre, dicta aux ambassadeurs Lacédémoniens un langage qu'il s'empressa de combattre en faisant rejeter leurs propositions pacifiques (V. Plutarque).
(2) Le Seigneur.
duquel il est plegé de plus de lo ou i 2,000 escus et où il a autre particulier intérest de 6 ou 700 escus, sans la recherche de 7 ou 8000 livres qu'il se feit, il y a six ans, assez subtillement accorder en l'absence de l'un en court, et aprez le decez des premiers du bureau; comme s'oublye il tant de croire que, sans tiltre et en usurpation, on luy tôlière son prétendu cours de fontaine. Nous avons faict provisions de canaulx, faict remectre en estât le pavillon, cadrans et mouvemens du gros orloge et d'autres deniers que des rentiers ; s''il y a quelques dentz rompues ou autre chose à faire au dedans, voilà lorloger présent (i) qui, recongnoissant que par sa Commission il y est subject, y obéit, non qu'il juge estre à son pouvoir fournyr aux deviseurs et attribuer dentz à ung beffroy qui n'en eust jamais ; nous avons faict rédiffier le pavillon de la porte devant la halle au bled ; à la maison de la tuerye de Martainville, reparé les murailles de S' Hillaire.
Saisye de noz artiller}^es que l'on voulloit enlever, remectre celles qui estoient sur les rampartz aux magasins et les ferrures trouvéez aux maisons particuUieres; nous avons reprins nostre possession de nostre salle du pont, faict boucher les yssues et jardins sur noz murailles et rampartz, faict construire et réédiffier le pont de Beauvoisine, non avec tant de diligence que nous eussions voulu ; mais en a esté cause le Genevois, ouvrier, duquel nous avons eu riens que par arrest, réparé le petit Aulnay, noz moulins par chacun an esiaté sur les deniers à Dieu des fermes, les cent livres de gaiges au consierge de la sancté qui s'acquictent ordinairement par les mains du receveur des Vallides ; nous avons faict dresser nostre
(i) Clément Hamel, s'il faut en croire la liste publiée par M. Hainaut, dans sa Notice sur la Grosse Horloge de Rouen, Cagniard,
consurge des esîallons des aulnes, pied de cordonniers et autres choses, faict reveue des serrures et clefz des portes de ceste ville, arresté l'exaction des aulneurs de toiles, faict boucher les vues sur les places de noz halles et ediffices de nostre gros orloge, faict rejecter réchevin de Caen qui nous voulloient cottoyer en la scéance des Estatz et ranger avec les taillables de son bailliage ; pour les levées sur les cuyrs et l'apport de la grayne duide (i) et d'anys avons donné adjonction; nous sommes formellement opposez à limpost des toiles, du patent obtenu par quelques tapissiers. Sy ce qui a esté dict cy-devant pour la maison des Jésuistes eust esté exécuté, eussions essayé par remonstrances en faire sortir Pescuier de M"" de Montpensier (2), veu ce qui en avoit esté par messieurs noz prédécesseurs mys en délibération et arresté en assemblée, à quoy ilz n'eussent voulu seulement penser contrevenir, quelque chose que nous en eust escript le d. Seigneur.
Nous avons consenty à la demande de la place d u chasteau pour les harquebouziers avec borne; plusieurs cinquanteniers et centeniers a nostre grand regret, n'ont peu estre; sur les requestes qui nous en ont présentez, deschargez. Nous laissons la suilte des procès contre les Angloys, La Bistrade, des Croisettes, delà damoiselle Maillard, Dufay, répétition des deniers saisis par le receveur de Caen, le différend avec les eschevins du d. lieu pour les huict escus pour muy (3), pour les fruictiers et vendeurs de poisson. Cousin, garde des quais, M. Legrand^ remplacement des deniers des traictes, contre Le Roux, contre
(i) Voide ou vouède, appelée maintenant guède, sorte de pastel, plante employée pour la teinture.
(2) Le sr de Juvigny, cite dans le compte rendu de i5ub et plus haut.
(3) De sel.
Madame sœur du Roy en principal, les héritiers de Vymont et Flechemer, Guenet, Fillastre, Toustain, pourvoy de l'obmission du S^ auditeur Baillard, pour le denier pour aulne, pour Dieppedalle^ à l'adjonction de la ville contre M. Dujardin, contre lliéritier par bénéfice d'inventaire du Seigneur, maistredes ouvrages, en plusieurs instances ; le cours prétendu d'une fontaine; contre Brunette, Vaillant, Thur}', contre les quatre bourgeois cydevant commis à la recepte dud. escu et vingt solz, saisys encores de chascun cinquante escus ; pour les voultes de la consiergerie, des registres du tabellionnage, du greffe des requestes, pour la vuidenge des clouaques de la dite consiergerie, Delahaye, naguères receveur, en troys instances pour léquippolent, contre la cinquantaine ; de la Rue^ plusieurs mestiers, lexécuteur des sentences cr}'minelles, contre mons^ de Sainct-Thaurin, contre le chappitre en deux instances, contre ceulx qui prétendent droict sur les cours de Robec et Aubette, contre les derniers emportans deniers au décret du Maître, contre Tiercelin, de la Rue, Clémence Piedeleu ; la veriffication des patentes pour le berger, contre le procureur sindic pour la restitution des premières, contre les meuniers de dehors la ville, Prieur, Legrand, Le Testu, le S'" Baron de Boudeville, héritier du Fevre, héritier du receveur Cavelier, constitution à faire des quinze mil escus de rente, suilte du compte de lescu et demy escu, et resolution de lassemblée generalle pour les escolles, contre les d. S^^ de chappitre, oultre ce que dessus, pour une maison v destinée et chappellains de Ihospital, levée des modiffications pour le collège des Jesuistes et resaisye diceluy, les comptes de Fleury, de Donnest, receveurs, et le faire compter de ce qu'on luy avoit baillé à prendre sur le d. Fleury, le restablissement de quelques parties sur quelques comptes de
Fleury rendus; procès contre le S^ de Guenouville ou examen de son comptereau des huict solz pour poise de sel; nous laissons les tallus et pont de Saine en ruyne, nombre de pillotz et ferrures pour y employer, engins, belins, bacz en estât pour y travailler, deux cordes pour les bacs, Tun desquelz est en ruyne, la réparation des fontaines, murailles, berceaux à contynuer, reprise de ce qui a esté jà et de ce que on advancera pour mons^ l'archevesque, et exécution des arrestz de la court jà signifiez; quelque reste à desmollir à Saincte-Catherine f i ) , quelques pièces de boys myses à la halle au bled, autre venu du corps de garde de la rue des Bonnetiers mys au magasin avec quelque peu dautre ; adjudication a accomplir de la rediffication de la maison appartenant à la ville 011 demeure le S'" Baron du Pont-Sainct-Pierre (2), et de la porte Sainct-Eloy (3), responce à donner à mons'' de Rosnv non trouvé en court, pour luv présenter la nostre à ses lettres de la venue des estatz et au Roy pour les monnoyes; nous laissons pareille quantité de bled que nous trouvasmes et celluy du revenu annuel escheu pendant nostre eschevinat; le temps y peult avoir apporté quelque déchet. Le receveur Donnest, avant que de partir pour aller en court, nous dict que, comprinscequi eschera à la Sainct-Michel et les trovs quartiers de la recepte généralle, pourroit avoir fondz pour le pont et tallus de quelques i,35o ecus, de la fortiffication, 4,000 escus, qui plus qui moins, non comprins le droictdes 8 escus pour
(i) La démolition du fort Ste Catherine avait été ordonnée et se terminait.
(2) Le baron de Pont-Saint-Pierre, aîné de la maison de Roncherolles, était conseiller né d'épée, et siégeait au-dessus du doyen du Parlement de Normandie.
(3) Sur le quai, au bout de la rue de ce nom.
muv qui ne peult esire congneu qu'en fin d'année : vray quelaccomplissementdes d. noz adjudications et quelques mandemens que nous avons encores à dresser en épuiseseront quelque partie; du Domaine quelque deux mil escus pour la solde ; fondz a la S' Michel prochaine pour acquiter la moitié de lannée courante des arrérages de la d. solde, et sy n'est compris à ce que dessus ce qui est provenu de la vente des provisions du Vieil palais, ny la despence du remplacement qu'il convient aux S""* noz successeurs faire. Sans le voiagedu dict Donnestet délays de Fleury, on eust tout remarqué plus au certain ; les autres officiers ont baillé quelques instructions que Ton trouvera dans les armovres et pourront, s'ilz voient que bien soit, les d. S''^ noz successeurs leur en faire dresser de nouvelles à tous et par la s'instruire de beaucoup de particuUaritez cy-devantnon déduictes, parce que Theure ne le permect.
Voilà, messieurs, le compte en forme et par le menu que nous vous présentons ; nous laffermons véritable. Assigne blasmes, cotte obmissions, apporte contredictz quivouldra; sur le champ nous donnerons salvations, préviendrons aisément les indécisions, souffrances, radiations pures, supercessions; seroit à grandz frais le pourvoy; gratis est bany ; sy à quelques heures, jours, sepmaines, moys, années, perpétuité, la libéralité ou avarice de ceulx qui en prengnentet prendront proffici léclarcira. Vous nous relèverez de peyne, sy le passés tel quil est, vous contentés des pièces rapportez pour la location des parties, entrez a la clausion par une prise a gré de noz effortz ; vous faciliterés lacquit de ce dont nous demeurerons redevables qui excédera, croyez nous, la première debte suivant linfallible reigle du bien nostre, cujiis est cui multum debeat eidem plurimum velle debere; nous
encouragerés vers le public créditeur, non onéreux, n'estre débiteurs delicatz, ains comme gayment il reçoit ce peu que nous payons, prester avec allégresse, pendant que nous séjournerons au monde, ce qui sera en nostrc pouvoir et oultre nous obligerez de vous servir.
Jay dict.
De quoy les dessus d. s^^ eschevins ont esté remerciez par le d. s"^ lieutenant général au nom de toute la compaignie.
4 juillet i6o5 . — Du Lundy, quatriesme jour de juillet mil-six-cent-cinq, en l'assemblée générale de ceste Ville et communaulté de Rouen, tenue en la forme accoustumée en la grand salle de Thostel commun de la dite ville par nous Jacques Cavelier, escuyer, conseiller du Roy, lieutenant général au bailliage du dit Rouen, pour procéder à la nomination et ellection de deux anciens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers, ainsi quil est accoustumé faire de trois ans en trois, le jour de S' Martin d'Esté.
Aprez que les quatre quarteniers de la dite ville ont référé avoir semondz en personne les trente notables bourgeois de chacun quartier et faict semondre les autres bourgeois d'icelluy par leurs centeniers et cinquanteniers, auxquelz ilz avoient commandé eulx comparoir ce jourd'huy, sept heures du matin précisément, au dit hostel commun, sur peine de vingt livres d'amende et que JuUian Vincent, sergent royal, et dud. hostel commun eust recordé aussi avoir semondz messieurs les Vingt-Quatre du Conseil et que le d. s' lieutenant général eust amplement remonstré les causes de la dicte assemblée, M. Pavyot, tant pour luy que pour messieurs ses confrères, estant le s^ Daclainville, premier conseiller de
la dite ville, malade, parlant à toute l'assistance suffisamment assemblée, a dict et prins congé comme il ensuit :
Messieurs, depuys trois ans que nous avons esté en charge, il nous est survenu plusieurs affaires d'importance, aucunes desquelles nous avons menez à fin et les autres nous les avons défendues, entr^autres la poursuite que faict le s"" du Moisset (i) fermier général des aides de la France, qui veult attirer à soy les aides de solde, encore que messieurs de la court des aides, lors de la veriffication de son bail, nous y ayent mainteneus; du depuys il a eue une jussion laquelle il fault deffendre pour estre l'affaire d'importance, ensemble empescher Testablissement des receveurs paieurs et contrerolleurs des rentes qui se veullent introduire en ceste maison.
Pour les fortiffications, nous avons faict achever les murailles de Cauchoise, faict les marchez et adjudications pour une muraille qui se faict à la porte du Baq, faict faire ung parapet à la muraille proche la porte S'Hillaire, faict les marchez et adjudications pour revestir le boullever de la porte Martainville, aprez en avoir conféré avec messeigneurs de Montpensier et mareschal de Fervasque (2), lesquels ouvraiges nous prions messieurs qui nous succéderont de faire achever et y aporter laug-
(i) Noble homme Jean de Moisset, conseiller du Roi, receveur général et payeur des rentes de la ville de Paris, contrôleur -de l'argenterie du Roi, adjudicataire général des Aides de France, greniers à sel, etc. Son procureur et commis principal à Rouen était Philippe de Colanges, conseiller du roi, secrétaire de ses finances.
{2) Guillaume de Hautemer, comte de Grancey, baron de Mauny, sr de Fervaques, chevalier des ordres du Roi, maréchal de France, nommé lieutenant général au gouvernement de Normandie dès 1602, exerça cette fonction après la mort de Henri de Bourbon, duc de Montpensier, arrivée le 27 février 1608. Il mourut à Fervaques 10 23 novembre i6i5.
mentation qu'ilz trouveront estre nécessaire pour le bien et décoiation de la ville.
Pour les batymens que nous avons faict faire à tour de la maison de ville devant le palays ( i ), nous y avons esté contrainctz pour la ruyne de la maison du s^ greffier, qui, pour lantiquité dicelle, estoit inhabitable; au lieu de laquelle luy avons faict bastir ung pavillon au jardin et baillé la maison où demeuroit Charles Le Roux, circonstances et dépendances et augmentations, pour y loger luy et ses successeurs greffiers. Geste ruyne nous a contrainct abattre deux grandz magazins et y faire bastir quatre corps de maison avec les ouvroirs qui aporteront de la décoration, etdu proufict à la dite ville où il a convenu prendre portion du logis du sieur procureur de lad. ville, le rescompensant d'ailleurs. Messieurs qui nous succéderont les feront parachever sil leur plaïst, suivant les marchez et adjudications qui en ont esté faictes, ensemble feront faire les agrémens qui restent à faire es maisons des ditz s^s procureur et greffier.
Pour le faict du pont, cays et talutz, le Roy a donné Taménagement du pont à messieurs les trésoriers de France a Rouen (2), ausquelz il a baillé fonds; ilz y font aussi travailler pour les cays et talutz ; la ruyne y est fort aparente. Pendant nostre temps nous y avons faict travailler autant que le fondz le peust permettre; pour
(i) Les devis du nouvel Hôtel- Je-Ville furent définitivement adoptés en 1607.
(2) En septembre i6o3, Henri IV, venant de Gaillon à Rouen, avait dû passer la Seine par le bac; le 8 janvier 1604, lettres patentes dans lesquelles le Roi invoque son expérience personnelle pour accorder à la ville la levée d'une imposition pendant trois ans de 20 s. par muid de vin entrant, applicable à la refaçon du pont de Rouen.
ladvenir, il y aura du fondz davantaige, que messieurs qui nous succèdent scauront bien employer, comme les occasions s'en présenteront.
Pour la solde, nous avons faict pour les rentrées autant que le fondz la peult permettre et avons donné charge au receveur de paier le quartier escheu à Noël dernier.
Je ne vous désigne poincticy plusieurs autres ouvraiges que nous avons faict faire pour la décoration de la ville, ny les voiaiges que nous avons faictz en court pour avoir fondz pour les rentes que la ville a à prendre sur la recepte générale et autres affaires qui se sont présentez, Monsieur ladvocat général au parlement, icy présent (i), est tesmoing occuUaire pour y avoir esté employé et y avoir apporté autant de devoirs et dilligence qui luy a esté possible, dont n'est pas reussy ce que luy et nous eussions bien désiré ; toutesfoys nous avons ordonné au receveur de la d. ville de paier un quartier des d. rentes escheu à Noël en mil-six-cent-trois et encor ung demy quartier aussi escheu le iS^ février mil-six-cent-quatre à la mesure que largent se recevra.
Pour le blé, nous avons esté contrainctz en faire vendre quelque portion pour ce quil segastoit, nous y en laissons bien autant comme nous y avons trouvé, c'est ung affaire où il gist grand soing pour la conservation dicelluy. Si la santé de mons^ Daclainville eust peu permectre de se trouver icy, il vous eust faict entendre mieulx que je n'ay peu faire, plus particulièrement ce qui s'est passé pendant nostre eschevinat; mais nous avons laissé des mémoires fort amples pour les autres affaires, tant à Paris que en ceste ville, desquelz messieurs se pourront servir, le cas offrant, vous suppliant, messieurs, avoir pour
(i) Gilles Anzeray, sr de Courvaudon, président en 1G07.
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agréable le peu que nous avons negolié pendant que nous avons esté en charge et sommes marriz que nous navons peu faire mieux. A Dieu.
De quoy les dessusd. si^s eschevins ont esté remerciez par le d. s'' lieuten^ gn^' au nom de toute la compaignye.
4 juillet 1608. — Du Vendredy, quatriesme jour de juillet mil-six-centz huict, en assemblée générale de ceste ville et communaulté de Rouen, tenue en la salle de l'hostel commun de la d. ville par nous, Jehan Du Fay,' escuier, sieur du Taillis, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy et bailly du d. Rouen, présence de maistre François Le Parmentier, lieutenant particulier au bailliage du d. Rouen, pour procédera la nomination et élection de deux antiens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers, ainsi qu'il est accoustumé faire de trois ans en trois ans le jour de la Sainct-Martin d'esté.
Après que les quatre quarteniers de la dite ville ont référé avoir semonds en personne les trente notables bourgeois de chacun quartier et faict semondre les bourgeois d'icelluy par leurs centeniers, cinquanteniers, ausquelz ûz avoient commandé eulx comparoir cejourdhuy, huict heures du matin précisément, au d. hostel commun, sur peine de lamendeetque Jullian Vincent, Sergeant Royal et du d. hostel commun, eust aussi recordé avoir semonds messieurs les Vingt-Quatre du Conseil et qu^amplement l'on eust rembnstré les causes de la présente assemblée, monsieur V^oisin, sieur de Guenonville (i), premier conseiller, tant pour luy que pour messieurs ses confrères, parlant à toute l'assistance suffisamment assemblée, a dict et prins congé comme il ensuit.
(i) Conseiller, notaire et secrétaire du Roi.
Messieurs, cejourd'huy est raccomplissement et fin des trois années qu'il vous a pieu nous poser en la charge, gouvernement et intendance des affaires de ceste maison de ville, où nous en avons trouvé de grandes indécises et délaissés qui n'ont peu estre vidés par nos prédécesseurs, tant ordinaires qu''extraordinaires, avec celles en oultre survenus de nostre temps, où nous avons vaqué ainsi qu'il ensuit.
En premier lieu, avons trouvé les bastiments (i) que nos d. devanciers ont très bien commencés et advancés, qui sont les maisons neufves de devant le palais, le logement de monsieur le procureur, les deux magazins, le logement du greffier qu'ilz nous ont laissés à parachever, lesquelz nous avons rendus accomplis et mis en usage de louage de bonne valleur il y a un an et demy, et pour ce faire, il s'y est employé grandes sommes de deniers prins sur le domaine.
. Et, au mesme temps, à la poursuite de messieurs de la Court, avons faict paver tout de neuf la grande court du palais en Testât qu'elle est de présent avec la réparation et augmentation demandée par la d. court du degré et allées leur servant a l'entrée et sortie du palais de la plus part de messieurs les antiens et valétudinaires vers les buvettes, et pour ce faire a esté faict despence de viron trois mil-cinq-centz livres prins sur les deniers de la fortification.
Item, nous avons faict et mis en perfection le thallut du cay de devant la porte du pont et joignant le pont, et
(i) Une partie de ces bâtiments, remarquables par les sculptures allégoriques qui les décorent, existe encore dans la rue aux Juifs.
Le mauvais goût régnant les sacrifiera-t-il, eux aussi, à la manie épidémique d'alignements inutiles et de régularité mathématique, dont sont possédées les édilités modernes ?
ce faict en telle sorte et dilligcnce qu'il y a convenu y travailler jour et nuict pour gagner les basses eaues et pour y construire les tbndementz et éviter à la totale ruineetperditiondes murailles de la ville; et pour ce faire a esté faict grandes despenses des deniers des aides des quais et thallus et n'avons peu faire continuer la réparation des autres thallus faulte de fonds de plus de trente mil livres pour tout rendre en perfection, d'autant que les aides à ce destinés ne montent par an qu'à quatre mil livres, qui n'est seullement que pour entretenir les deux bacs; ladite partie du thallut faict de neuf couste environ cinq mil livres provenues des d. aides.
Nous avons aussi continué et mis en perfection plusieurs marchés et adjudications faictz et encommencés par nos prédécesseurs tant aux fortifications des murailles de la ville que du boullevart de Martainville, la closture et le pavé de Cauchoise et pour une recherche qu'avons faicte soubz et en la casematte de la porte aux ratz (i) pour y trouver nouvelle source deaux à faire quelque nouvelle fontaine dans la ville pour la commodité des hahitans du d. quartier, ce qui n^a peu réussir selon nostre intention comme il appert par le procès verbal des expertz transcript au livre des fontaines, et la despense desquelz ouvrages est grande, prinse sur les aides de fortification.
Nous avons aussi trouvé grand' faulte de fonds pour le paiement des rentes demandées journellement tant sur la solde que recepte générale du Roy, qu'autres receptes
(i) Ou d'Arras, la confusion des noms vient-elle de l'incorrection du langage populaire ou de cette circonstance que les armes de cette ville se composent de trois rats? C'est sans doute cette porte qui, étoupée ou bouchée, fit donner à la voie qui y conduisait le nom de rue Etoupée qui lui a été conservé.
particulières et pour y donner ordre, nous en avons toujours poursuivy messieurs les thrésoriers; aussi avons député plusieurs fois un, deux et jusques à trois des nostres par devers Sa Majesté et nos sieurs de son conseil, tant pour en avoir le fonds, que pour poursuivre plusieurs autres affaires et procès pendans au d. Conseil, et de ceulx qui nous y sont survenus de nostre temps en demandant et deffendant où nous avons tiré peu de fruict et non plus que le temps l'a permis, nous avons aussi obtenu en l'an mil six centz cinq douze mil livres d'augmentation sur le, fonds des rentes de la recepte générale qui est en plus avant que les soixante mil livres assignées du précédent, ce qui continue jusques à présent pour soixante-douze mil livres et pour ce faire a esté, outre les extrêmes peines, faict de grands frais portés sur chacunes des aides au marc la livre y comprins le domaine.
Nous y avons aussi avec très grandes difficultés obtenu la continuation de toutes nos aides et octrois pour six ans par lettres deuement vérifiées et dont il y en a ja deux années expirées, ensemble poursuivy continuellement durant nostre temps vers le Roy et son Conseil la réfection du pont et le fonds pour la réparation des quais et thallus, jouxtes les requestes respondues en chacune année que sur la demande qu'avons faicte de la cessation de la levée des vingt solz pour ponson de vin entrant dans la ville de Rouen, levé sur les bourgeois depuis quatre ans pour la réfection du d. pont, et ce jusques à ce que le grand fonds qui en est faict soit employé à la rédification du d. pont, la responce desquelles requestes ne sont que dilations et refuites ; néanmoins messieurs du Conseil en ont faict une adjudication inutile et non
effectuée et la dcspcnse pareillement a esté prinse sur les aides qui en dépendent.
Nous avons poursuivy plusieurs procès pendans et indécis en diverses jurisdictions de ceste ville et au privé Conseil et aucuns d'iceulx vidés par accord pour éviter aux grands frais et despensqui si font journellement et de l'incertitude de lèvent (i) d'iceulx procès, entre autres le procès de Frichemer de longtemps pendant en la chambre des Comptes de Paris, accordé par mil livres paies a la solde et d'un procès pendant en la court de Parlement contre Lefebvre, adjudicataire de la ferme des toiles blanches prétendant de grandes diminutions de sa ferme, lequel a esté évincé par arrest de la court fort notable.
Il y (a) aussi un arrest de la court par nous obtenu pour la transmutation des foires par les accidentz survenans ordinaires et donné au préjudice de tous, les fermiers des aides et ce par provision, avec renvoy sur le principal au Conseil du Roy à certain temps, dans lequel temps nous avons présenté seulement, attendant que nos parties le poursuivent.
Plus, nous avons esté poursuivis par devant monsieur le Bailly de Rouen, instance des officiers du Roy et voyeurs pour faire lever les estais et appuis du bois affichés sur la rue du Gros Orloge, soubstenans les vieilles maisons appartenant à la d. ville qui menaçoient ruine pour lantiquité d'icelles, où nous avons opposé et tant dilayé qu'enfin nous avons esté condamnés à desmollir les d. maisons pour les rebastir de neuf, et pour îexécution d'icelles sentences, nous avons faict plusieurs visitations par expertz, faict dresser plans, modellcs et
(i) Eventas, événement, issue.
devis d'un général bastiment de l'hostel de la ville (i), et avons commencé au plus nécessaire et profitable pour la décoration, et pour en tirer du profil des loages selon que les voyes sont encommencées, qui eust esté parfaict, cessant le grand hyver. Selon que les marchés et adjudications en sont portés, le reste des bastim.ents se feront à la commodité de nos successeurs aux despens du d. domaine et pour entendre de quoy sont devenus les vieulx mathereaux qui se sont trouvés aux démolitions des d. vieulx bastimens, la plus part desquelz le maistre des ouvrages prétendoit luy appartenir, nous avons advisé estre nécessaire et le plus profitable à la ville de construire un grand bastiment dans le jardin du dit hostel commun vers la maison de monsieur Péricard (2), pour y loger le d. maistre des ouvrages, pour estre chacun jour plus proche à recepvoir les ccmmandemens et nous donner raison de sa charge et estre près des magasins où sont les munitions, armes et autres ustensilles et le reste des d. vieulx raatereaux demeurants au proffit de la d. ville que l'on a emploies à d'autre rédifications, suivant Testât de ce faict par le d. maistre des ouvrages, auquel nous avons accordé avec luy qu'il fera faire à ses despens le d. bastiment, selon le d. plan et devis, en se servant des vieulx mathereaux pour son logement que nous luy avons accordé, durant son exercice seulement, et gratis, et sans tirer en conséquence
(i) C'est l'Hôtel-de-Ville commencé en 1607, par Jacques Gabriel, dont on voit encore les vestiges dans la rue de la Grosse-Horloge et qui, dans la longueur des rues Massacre et Thouret, se prolongeait, y compris les maisons qui y étaient annexées, jusqu'à la rue aux Juifs.
(2) François Péricard, conseiller clerc au Parlement de Normandie.
pour ses successeurs, moyennant en oultre dix-huictcentz livres qui lui ont esté paies pour luy aider ù la perfection et ornement dudict bastiment tant dedans que dehors, porté par le d. plant, devis et accord, registre au greffe, et sur les deniers du domaine (i).
Nous avons aussi racquitté quatorze cents livres de rente en plusieurs parties, en quoy le domaine estoit obligé à dix pour cent qui leurs estoient bien paies sans aucune diminution, et pour y satisfaire en principal et arrierages mesmes aux frais des d. bastiments, dont nous en avons faict Tadvance en la plus part, nous y avons employé partie des deniers bons du domaine, avec ce qui est provenu de la vendue qu'avons faicte de quelques bleds qui estoient en dégast et perdition, suivant nos mandemens expédiés; le tout pris sur le d, domaine.
Nous avons esté contrainctz, par sentence du d. sf Bailly et arrest de la court, à faire bastir et construire un lieu et place pour servir aux bouchers de la ville d'une tuerie pour tuer leurs petites bestes, sans qu'ilz en puissent plus tuer en leurs maisons d'autant qu'en temps de challeur cela engendre la contagion de peste, ce que nous avons faict faire comme il appert entre les portes de
(i) L'on trouve dans E. De la duérière, Ancieti hôtel-de-ville de Rouen, le marché passé par la ville avec Jacques Gabriel, le chef de trois générations d'architectes distingues; il construisit le château de Choisy-le-Roi ; son fils Jacques, élève de Mansard, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, dessina les places de Nantes et de Bordeaux, bâtit les hôtels de ville de Rennes et Dijon, fit le plan du grand égout de Paris et y termina le Pimt-Royal commencé par son pcre; le dernier, Jacques-Ange Gabriel, attacha son nom à l'édification de l'École militaire et des bâtiments de la place de la Concorde, ministère de la Marine et hôtel Grillon; une avenue voisine rappelle son nom.
Martainville (i) ^t Guillaume Lion, Joignant le rampart sur la rivière d'Aubette, comme aussi le d. rampart a esté par nous faici bastir de neuf et relevé en sa haulteur en Testât qu'il est par une grandissime despense prinse sur les d. aides de fortification, et nous estans servis à faire lad. tuerie de la d. place qui estoit inutile pour évitera l'achapt et despense qu'il convenoit faire de trouver d'autre place moins utile et commode, le tout prins sur les deniers de la d. fortification.
Pour le faict des sieurs procureur, greffier, receveur, maistres des ouvrages, hansier, sergeant, solliciteur, concierge et autres officiers de la ville, Ton en recongnoistra leurs debvoirs et bons mesnages par leurs comptes et estajiZ qu'ilz nous en ont laissés, lesquelz nos successeurs trouveront en ordre dans les armoires, séparément en liaces, leur ayans à chacun d'iceulx donné les charges d'en faire les diligences à ce requises, entre autres choses recommandé aus d. procureur et au greffier de mettre les escriptures estans dans le chartrier en bon ordre et inventaire, comme nous leur avons désigné dans le registre journal.
11 se représente aussi un estât général dressé et présenté par le d. maistre des ouvrages de toutes les munitions qui sont dans les magasins et autres lieux, des achapts des pouldres à canon et armes que nos prédécesseurs et nous en avons faictz et du bois de merrien, du pavé, ardoise, pierres et autres mathereaux, tant du temps de deffunct Boullais, maistre des d. ouvrages que du d. Donnest, maistre des d. ouvrages à présent.
Nous laissons imparfaictz plusieurs marchés et adjudi-
(i) Cette affaire durait depuis i5g6; le compte rendu de cette année montre les échevins opposés à cette création.
cations faictes de quelques ouvrages et réparations qu'il convient parfaire selon Testât dressé par le d. maistrc des ouvrages.
Mesmes plusieurs poursuites de procès à faire contenus aus d. estatz, qu'il convient poursuivir en temps et lieu, tantdes d. jurisdictions de ceste ville qu'au privé Conseil, qui se feront par nos successeurs comme et en pareil quelques comptes des receveurs Fleury, Lefebvre et autres partis des précédentz comptables, et est nécessaire régler à Tadvenir que le procureur présente quatre fois par an ses cayers des frais des procès et de faire modérer les excessives despenses et distributions qui si font aux procureurs et advocatz chacun jour et sans aucun restort sur les défaillans et parties adverses ores quilz perdent leurs causes. '
Par les estatz du receveur vous trouverez ce qui reste de bled aux greniers et ce qui reste de deniers ès-mains des d. receveurs de chacune nature.
Ce présent discours sera, suivant qu^il est accoustumé, registre au registre des délibérations en son ordre pour y avoir tel esgard que déraison.
Messieurs, vous aurez s'il vous plaistpour agréable ce peu d'effect de nostre fonction durant les d. trois années expirées cejourd'huy et vous supplions de nous excuser de n'avoir mieux faict; pour le moins nous vous certifions que messieurs mes confrères et moy cy presentz en ce bureau, par la gràee de Dieu, nous y avons vaqué fidellement, de très bonne volonté, avec une paix et concorde et sans aucun décord ny différend : qu'ainsi facent nos successeurs et qu'il conserve en santé et prospérité toute ceste notable et grande assistance pour demeurer tous et à jamais bons serviteurs de Dieu, du Roy nostre Sire et du bien public.
De quoy les dessus d. sieurs eschevins ont este remerciés de toute la compagnie.
4 juillet 1611. — Du lundy, quatriesme jour de juillet mil-six-cents unze, en l'assemblée générale de ceste ville et communauté de Rouen, tenue en la grand salle de rhostel commun de la d. ville par messire Jehan Dufay, sieur Du Taillis, chastelain de Graimbouville, la Brière, le Traict et Saincte-Marguerite, chevalier de Tordre, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy et bailly du d. Rouen (i); pour procéder à la nomination et élection de deux antiens conseillers eschevins, quatre modernes et quatre quarteniers, ainsi qu'il est accoustumé faire de trois ans en trois ans, le jour Sainct-Martin d'esté.
Après que les quatre quarteniers de la d. ville ont référé avoir semons en personne les trente notables bourgeois de chacun quartier et faict semondre les autres bourgeois d'icelluy par leurs centeniers et cinquanteniers, ausquelz ilz avoient enjoinct et commandé eulx comparoir cejourd'huy, sept heures de malin précisément au d. hostel commun, sur peine de l'amende aux défaillans et qu'ilz ont représenté et délivré le procès-verbal de la semonce tant par eulx faicte des d. bourgeois que par leurs d. centeniers et cinquanteniers et que Salomon Basset, sergeant royal et du d. hostel commun, eust recordé avoir semons messieurs les Vingt-Quatre du Conseil et que l'appel des trente notables bourgeois de
(i) En i552, Conseiller au Parlement, décédé le 23 novembre 161 5, avait été nommé bailli le 25 novembre 1607 sur la résignation du sieur Sainte-Marie, qui avait succombé dans ses prétentions énumérées au compte rendu du 4 juillet 1602.
chacun quartier semons comme dessus eust esté faict, lesquelz en la plus part ne comparoissant point; a este mis en délibération, attendu la non comparence d'iceulx bourgeois et Timportance de la présente assemblée si icelle assemblée seroit différée et les défaillans condamnés en amende, ou si Ton procéderoit oultre a la sus d. nomination et eslection et, eu sur ce ladvisde messieurs les Vingt-Quatre du Conseil, a esté arresté qu'a Tadvenir aux mandemens qui seront envoyés et expédiés aux quarteniers pour semondre les bourgeois aux fins d'assister aux assemblées générales, ceste clause sera employée : sur peine de l'amende aux défaillans et eulx descheus de tous droictz, libertés et privilèges de bourgeois. Et néanmoins sont iceulx bourgeois défaillans quant à présent deschargés de l'amende et sera passé oultre à la nomination des sus d. conseillers modernes et quarteniers à la forme accoustumée.
Et après que monsieur le Bailly a amplement remonstré les causes de la présente assemblée, et exhorté le peuple de procéder à la d. nomination avec toute sincérité sans aucune passion ny faveur d'amis ou de parens, nommer et eslire personnes capables qui portent tout leur soin à la conservation du bien de la d. ville et qu'ilz n'ayent rien de plus recommandable que Ihonneur de Dieu, le service du Roy et Tutilité du public et que de ce faire il prestast le serment en tel cas requis et accoustumé; ce qu'estant faict, monsieur de Hanyvel, premier antien conseiller eschevin, tant pour luy que pour messieurs ses confrères, parlant à toute l'assistance, a dict et pris congé comme il ensuit :
Messieurs, l'antiquité a tellement honore la qualité d'eschcvins, qu'encores que tous hommes réclament la patrie pour mère commune, ilz les ont appelés pères de
la mesme patrie; ceste qualité si haulte les oblige à choses grandes, mais comme la perfection est en Dieu seul elles hommes tiennent toujours de Thumanité, nous serons excusés, les autres eschevins et moy, si les fruictz de nostre eschevinat n'ont correspondu du tout à la dignité de nos charges. Nous vous dirons néanmoins qu'en toutes les affaires qui se sont offertes nous avons porté et planté les enseignes de nostre bon désir et volonté au plus fort des combatz qui se sont présentés contre le bien de nostre ville. C'est pourquoy, sans vous particulariser davantage ce qui puist avoir esté de notre gestion, prirons vous contenter de ce qui sera représenté à nos successeurs eschevins par les officiers ordinaires delà ville, procureur pour les procès, receveur pour les finances et le maistre des fortiffications ppur l'estat d'icelles. Ceulx qui seront esleus après nous ne doibvent point craindre les affaires qui peuvent survenir en leurs eschevinats et doibvent ressembler à certain petit poisson, j'en ay oublié le nom, lequel, prévoyant quelque tempeste, s'attache au plus fort rocher ou pierre qu'il puist pour n'estre emporté çà et là par les fiotz de la mer; nous avons nostre Roy et la Royne régente (i) au service desquelz nous nous debvons estroittement attacher. Nous avons Monseigneur le conte de Soissons (2), Monseigneur de Farvacques (3) et Nos-
(i) Louis XIII et Marie de Médicis. (Quatre ans plus tard, en octobre 16 14, le Roi, né en 1601, déclarait sa majorité.
(2) Gouverneur et lieutenant général pour le Roi en la Province.
(3) Guillaume de Hautemer, comte de Grancey, baron de Mauny, sieur de Fervaques, chevalier des ordres du Roi, maréchal de France, nommé lieutenant général au gouvernement de Normandie, dès 1602, exerça cette fonction après la mort de Henri de Bourbon, duc de Montpensier, arrivée le 27 février 1608. — 11 remplaçait le Dauphin, nommé gouverneur de la Province. Décédé à Fervaques, le II novembre 161 3.
seigneurs de Parlement soubz lobeissance desquelz nous pouvons nous promettre tout repos en la fonction de nos charges. Seulement je vous priray que, déposant toute affection, vous procédiez sincèrement à lelection de successeurs eschevins, évitant le plus que vous pourrez qu'ilz ne concurrent ensemble en parentelles ou alliances, à ce que les choses soient plus meurement considérées et que sur tout ceulx que vous eslirez soient tellement attachés au service de nostre Roy et bien du public quilz postposent tout profit à l'utilité publique ; fuyésies avaritieux estudians à ce qui est de leur profit particulier, car à telles gens ne se doibvent commettre les charges de la ville et leur advient comme à ceulx qui, cherchans l'or dans les minières, sont le plus souvent estouffés par les vapeurs du cinabre qui s'y trouve. Voilà, Messieurs, ce que javois à vous dire.
De quoy les dessus d. sieurs conseillers eschevins- ont esté remercies de toute la compagnie.
j juillet 1614. — Cejourd'huy, septiesme jour de juillet mil six centz quatorze, en l'assemblée générale de ceste ville et communauté de Rouen en la grande salle de rhostel commun de lad. ville par nous Jehan du Fay, chevalier de Tordre du Rov, sieur du Taillis, chastelain deGrainbouville, la Brière, leTraictet Saincte-Marguerite, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy et Bailly dudict Rouen, pour procéder à la nomination et eslection de deux antiens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers, ainsi qu'il est accoustumé faire de trois ans en trois ans et suivant la remise de vendredy dernier.
Après que les quatre quarteniers de lad. ville ont référé que, suivant les mandemens àeulx envoyés, ils auroient semonds en personne les trente notables bourgeois de
chacun leur quartier et faict semondre les autres bourgeois d'icelluy par leurs centeniers et cinquanteniers, ausquelz ils auroient enjoinct et commandé eulx comparoir cejourd'huy, sept heuVes de matin précisément, en riiostel commun pour les causes contenues ausd, mandemens, sur peine de dix livres d'amende aux défaillans et eulx descheus de tous droicts, libertés et privilèges de bourgeois, et quilz ont présenté et délivré les procès verbaulx des semonces tant par eulx faictes desd. trente notables bourgeois que par leursd. centeniers et cinquanteniers et que Robert Fortin, sergeant royal et dud. hostel commun, eust aussi référé avoir faict la semonce de Messieurs les Vingt-Q.uatre du Conseil et représenté son procès verbal, les trente bourgeois de chacun quartier, semondz comme dessus, ayant esté appelés;
Et que Monsieur le Bailly eust faict plusieurs remonstrances au peuple sur le subject de ceste assemblée, exhortant icelluy de n'avoir aucune considération particulière d'amis, mais faire eslection de personnes capables et qui fussent affectionnés au service du Roy et du bien public, monsieur Pavyot (i), premier antien conseiller eschevin de lad. ville, tant pour luy que pour messieurs ses confrères, parlant à toute l'assistance, a dict et pris congé comme il ensuit :
Messieurs,
Depuis trois aris que nous sommes entrés en la charge d'eschevins, nous n'avons manqué de nostre debvoir en toutes les affaires qui se sont offertes, ausquelles nous
(i) A été consul en la juridiction des marchands et assureurs de navires. — CIi. de Beaurepaire, Etats de Normandie de i6o3.
avons toujours porté nos désirs et bonne volonté pour le bien de la ville.
Les grandes ruines qui estoient aux quais et thallus nous ont convié de les faire réparer depuis un bout jusques à l'autre pour éviter à la perte toute apparente d'iceulx, dont se fust ensuivy celle des murailles estans vers lesd. quais, oultre la diminution du commerce par la crainte que Ton eust peu avoir que les navires abbordans lesd. quais ne s'y fussent brisées. La longueur des ouvriers en a retardé l'entière perfection.
C'estoit nostre intention de faire desmolir la voulte et porte du Bac qui menaçoit péril par son antiquité et décadence, ainsi qu'il apparoissoit par le rapport des experts, et en faire construire une neufve tant pour la fortification de la d. ville qu'ornement dicelle, estant là venus des (ouvriers) des pais de bas Bretagne, Anjou, le Maine et autres. Mais les bruictz de guerre et remuements passés nous ont faict juger qu'ils n'estoit à propos pour la seureté de la d. ville que les murailles fussent abbatues, ce qu'il talloit néanmoins faire et de la d. porte (i) et d'une portion des murailles des deux costés d'icelle porte pour parvenir à sa construction. Ceulx qui nous succéderont pourront se servir, s'ilz voyent que bien soit, du devis, plant et élévation qui en ont esté faictz et laissés ès-mains du maistre des ouvrages.
Les mesmes bruictz de guerre et remuements passés nous ont faict soigner plus exactement aux fortiticaiions
(i) La porte Saint-Cande, appelée porte du Bac à dater de i565 lorsqu'on y établit des bacs pour suppléer au pont écroulé, fut reconstruite en i6i5 sur les plans de l'architecte Pierre Hardouin : elle a été démolie en 1816. En 1678, nous retrouvons, à Paris, Michel Hardouin, architecte célèbre, gendre du grand graveur Robert Nanteuil.
de la ville et de faire une revue des bresches et démolitions qui estoient aux murailles; nous y avons faict faire les réparations nécessaires et pour la closture de la d. ville et pour la seureté d'icelle.
Nous avons recongnu que les bledz estans dans les greniers de la ville tenoient lieu de fortification et se réservoient pour la nécessité publique; aussi en avons faict vendre quelque nombre et distribuer à une infinité de pauvre peuple, boësseau à boësseau, afin que chacun se sentist de la charité de laquelle usoit la ville envers icelluy et enpescher la charte qui commençoit desja par le surhaussement du prix du d. bled.
Nous avons obtenu foridzau Conseil pour le payement des arriérages des rentes constituées sur la recepte générale des finances de Rouen pour les deux premières années de nostre eschevinat par les continuelles poursuites qui en ont esté faictes au d. Conseil et, pour Tannée présente mil-six-cens-quatorze, nous estions assignés sur Pierre de Caux (i), adjudicataire de l'escu pour muy de vin, quarante soldzpour thonneau de sildre et vingt solz pour thonneau de porey (2), mais Tinsuffisance du dict de Caux nous l'a faict refuser, redevable encore à la ville de douze à traize mil livres de reste de la rescription du sieur thrésorier de Pespargne de l'année passée : les sieurs procureur et receveur poursuivent au Conseil une autre assignation; ilz en attendent de jour en jour la response.
Le procès que la ville a contre monsieur le Cardinal de Joyeuse, Archevesque de Rouen, pour le faire contribuer aux réparations des fontaines deCarville (3) est de grande
(i) Député aux Etats de Normandie de 1624.
(2) Poiré.
(3) Ces eaux avaient été en i5oo conduites de Saint-Léger, près Darnétal et Carville, à Rouen, par les soins du cardinal Georges d'An^boise.
conséquence, et au général et au particulier, comme celuv contre le receveur administrateur de la maison de santé poursuivant la ville à faire réparer le lieu de santé; les défenses que nous en avons prises justifieront la diligence que nous y avons apportée.
Nous ne vous réciterons point par le menu ce qui s'est passé pour les autres procès : le sieur procureur, et en son absence, Le Roux, solliciteur des affaires de la ville (i), vous en donnera plus particulièrement la congnoissance ; nous en avons faict dresser Testât. Nous vous le représentons pour s'en servir quand Toccasion s'offrira.
Sans vous particulariser les quartiers que nous avons ordonné estre payés aux rentiers constitués sur les aides de solde, domaine de la vicomte de Rouen, imposition foraine et traictes domainialles, ny 4u fondz qui est dans la recepte sur toutes les natures, ny des bledz qui sont dans les greniers de la dicte ville, les estatz en sont dressés par le receveur; vous verrez par iceulx la recepte et despense qui a esté faictc durant nostre temps et le fondz qui reste, ensemble les bledz qui sont aus d. greniers.
Il y a aussi des estatz dressés par le maistre des ouvrages, tant pour les ouvrages concernant le domaine, quais, thallutz, bacz et fortifications de la d. ville que de toutes les munitions qui sont dans les magasins d'icelle et des achatz que nous avons faictz pendant nostre eschevinat de pouidres à canon, armes et ustensiles gardées et conservées pour le service et défense de la ville, comme
(i) Nous avons déjà rencontré ce pensionnaire de la ville, sorte de substitut de son procureur et désigné par un titre que les Anglais avaient sans doute transmis aux Normands après leur longue occupation de Rouen. Précédemment c'était un nommé Cavelier.
plus particulièremeni le pourrez veoir dans les dictz estatz.
Voilà les clefz de la ville qui nous furent baillées au commencement que nous entrasmes en charge, nous vous les rapportons et représentons sur ce bureau pour en charger ceulx qui tiendront nos places.
Nous vous prions, Messieurs, de vous contenter et prendre en bonne part ce que nous avons peu faire et nous excuser si les effectz n'ont correspondu à l'attente que vous pouviez avoir de nous. Nous y avons apporté ce qui a esté de nostre pouvoir, lequel nous a plustost manqué que la bonne volonté qui sera tousjours disposée au service du public et du particulier.
De quoy les dessus dictz sieurs conseillers eschevins ont esté remerciés par toute la compagnie.
4 juillet i6i~. — Du Mardy, quatriesme jour de juillet mil-six-cens-dix-sept, en l'assemblée générale de ceste ville et communauté de Rouen, tenue en la grande salle de Thostel commun de la dite ville devant Nous Jacques Dufay, escuier, seigneur de Boscachart et de Lieurré, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, lieutenant de sa Vénerie et bailly du dit Rouen fi), pour procéder à la nomination et élection de deux antiens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers d'icelle ville, ainsi quil est accoustumé faire de trois ans en trois ans, le jour Sainct-Martin d'esté.
Après que les quatre quarteniers de la dite ville ont représenté tant le procès-verbal de la semonce par eulx faicte en personne des trente notables bourgeois de chacun leur quartier que les procès verbaux des
(i) Avait succédé dans ce poste à son père et mourut en 1645; son fils Jean devint bailli à sa place.
semonces que leurs centcniers et cinquanteniers ont faictes des autres bourgeois d'icelluv, ausquelz, suivant les mandemens à eulx envoyés, ilz avoient enjoint de comparoir cejourdhuy, sept heures du matin précisément, au dit hôtel commun pour les causes mentionnées aus dits mandemens et sur les peines aux défaillans y portées et que le sergeant de la d. ville a aussy représenté son procès-verbal de la semonce qu'il avoit faicte de messieurs les Vingt-Quatre du Conseil, les trente notables bourgeois de chacun quartier ayant esté appelés et monsieur le Bailly faict des remonsirances sur le subject de la dite assemblée et exhorté de nommer des personnages de suffisance et probité, affectionnés au service du Roy et bien de la Ville, monsieur Dolivet (i), antien conseiller et premier eschevin d'icelle, tant pour luy que pour messieurs ses confrères, parlant à toute l'assistance a dict et prins congé comme il ensuit :
— Messieurs, nos Roys ayant ordonné et estably en ceste ville de Rouen les six conseillers eschevins tenant le bureau, Vingt-Quatre du Conseil et quatre quarteniers avec tel pouvoir que leurs majestés leur ont donné; mais ilz ont voulu que les six conseillers eschevins tenans le bureau, pour leur descharge et suivant leur requeste et prière, changeassent de trois ans en trois ans par nomination et élection d'autres personnes en leurs places, en donnant la nomination aux habitans et l'élection à messieurs du bureau et Vingt-Quatre du Conseil; c'est la cause de ceste assemblée générale pour nostre descharge, ayant accompli les trois ans de nostre eschevinat, mesme nommer et élire quatre quarteniers.
(i) Marc Antoine Bigot, sr d'Olivet, de Livet dans d'autres documents.
Puis que la nomination est donnée aux habitans, je leur representeray que jamais les places de conseillers échevins de Ville n'eurent tant besoin d'hommes que à présent : c'est pourquoy je les supplie d'y adviser et choisir; il fault qu'ilz soient originaires de ceste ville, de bonnes et antiennes familles, gens de bien; gens de biens, quand je dis gens de biens, je ne parle de ses faiseurs de maisons, ses herpies, ses avares qui n'ont jamais de contentement, prendroient la qualité de conseillers eschevins pour faire leurs affaires et abandonner le public; mais je dis gens de biens, j'entends personnes contens de leurs richesses, qui abandonneront leur particulier pour servir le public. Gardez-vous bien de nommer des commissionnaires et partisans; ilz ruinent les privilèges de la ville.
Nous avons à représenter sommairement ce qui s'est passé pendant nostre échevinat des choses des plus grandes conséquences.
Nous avons eu la venue de monsieur le Duc De Montbazon, nostre gouverneur, pourveu par le Roy au gouvernement de ceste province de Normandie (i) et, aussitost son arrivée, nous l'avons esté saluer et présenté les clefz de la ville, lesquelles il a refusées prendre et les a laissées ès-mains de moy. Bigot, sieur Dolivet, premier eschevin.
Il a esté député Messieurs de Cantelou et Mariage
(i) Hercule de Rohan, duc de Montbazon, grand veneur de France, lieutenant général pour le Roi au pays et duché de Normandie et évêché de Nantes, nommé en iGi3 après le décès du maréchal de Fervaques. Né en i56j, mort le i6 octobre 1654; Tallemant des Reaux dont le témoignage est souvent aussi suspect qu'il est amusant le dépeint comme un personnage fort peu intelligent.
pour assister aux Estatz généraux de ce Royaume tenus à Paris (i).
Suivant les lettres du Roy, nous avons faict entrée à Monsieur de Harley, archevesque de Rouen (2) et à luv faict festin en Ihostel commun de la dite ville, ainsi quil est accoustumé, comme de sa part il avoit faict, en précédent, festin en sa maison archiépiscopale à messieurs du bureau et Vingt-Quatre du Conseil de la dite ville avec les autres corps et compagnies d'icelle ville.
Nous avons eu la venue et retour de monsieur le baron Dehaye (3), ambassadeur extraordinaire du Roy de la Grande-Bretagne vers nostre Roy et, suivant les lettres de Sa Majesté, l'avons esté saluer et, à son retour, à luy faict festin à soupper de son arrivée en la maison de monsieur de Pagalde, qui luy avoit esté préparée aux dépens de la Ville et le lendemain dimenche, luy fust faict festin en rhostel commun de la dite ville suivant les prières qui luy en avoient esté faictes par nous mesmes, [tant] à plusieurs seigneurs Anglois de sa suite, que^ messieurs les présidens des cours Souveraines, Thésauriers de France, messieurs les Vingt-Quatre du Conseil d'icelle
(i) Jacques Halle, sr de Cantelou, conseiller et secrétaire du roi. Michel Mariage, sr de Mongrimont, notaire et secrétaire du Roi et contrôleur en sa chancellerie de Normandie. Halle y avait été nommé secrétaire greftier. Tous deux furent députés aux Etats généraux de Normandie de décembre 1616.
(2) Le 10 janvier 1616.
(3) Le 25 juillet 1616, le baron de Hays se rendant à Paris, loge dans la maison du sr Lefebvre, en la paroisse S'-Vincent; il part le lendemain. A son retour le 8 octobre il est reçu en la maison Pagalde, paroisse Ste-Croix-S'-Ouen. Chaque fois il est harangué par Halle, sr de Cantelou. Pierre de Pagalde, trésorier de France à Rouen, avait également reçu dans son hôtel, situé devant l'église Saint-Ouen, le duc d'Epernon, lors de son entrée à Rouen en i582.
ville, suivant la résolution prise en conseil de Messieurs les Vingt-Quatre dabtée du septiesme jour d'octobre milsix-cens-saize.
Nous avons faict de grandes et longues poursuites en court vers le Roy et nos Seigneurs de son conseil, avec grands frais, pour avoir paiement des arrérages des rentes que le Roy doibt aux habitans de ceste ville à prendre sur sa recepte générale pour Tannée mil-six-cens-traize la somme de 8,5oo livres et la somme de 74,000 livres pour Tannée mil-six-cens-quatorze, lesquelles sommes ont esté payées aux rentiers et estoient des deniers qui se lèvent pour la réfection du pont; que le Roy a promis remplacer et avons obtenu arrest du conseil par lequel, et pour Its années avenir, suivant nos premières assignations, nous est donné fondz sur la recepte générale de Rouen.
Ont esté paies les arrérages des rentes de la solde, traites domainialles, recepte générale et domaine de la Vicomte de Rouen, entant que le fondz s^est peu monter.
Les arriérages des rentes constituées sur le domaine de la ville ont esté payés actuellement.
Le Roy à la réquisition des Estatz de ceste province de Normandie et à nostre poursuite, nous attribue la congnoissance de la réfection du pont de Rouen et Paménagement et recepte des deniers destinés pour la dicte réfection ; mais il s'y est treuvé tant de traverses par Messieurs les thésauriers généraux tant de Paris, Rouen, que Caen à la recepte des 3o,ooo livres qui se lèvent sur les généralités de Paris, Rouen et Caen, que des vingtz solz qui se lèvent en ceste ville et faulxbourgs pour chacun muy de vin y entrant et a convenu faire de grands frais et poursuites [tant] vers le Roy que nos Seigneurs de son Conseil; enfin avons obtenu arrest du Conseil au bénéfice
de la dite ville, qui est présente à la chambre des comptes et court des aydes pour estre vérifié; ces traverses ont cmpesché la recepte des ditz deniers, qui est la cause pourquoy Ton n'a peu rien faire à Taménagement et réfection du dit pont, que nos successeurs trouveront à présent facile.
Nous avons aussi obtenu arrest au conseil du Rov contre plusieurs fermiers qui vouUoient empescher la liberté des foires.
Pour éviter aux grands frais et dépens des ordinaires députations vers le Roy et nos seigneurs de son conseil pour les affaires de la dite ville et suivant la résolution de messieurs les Vingt-Quatre du Conseil du neufiesme octobre mil-six-cens-quatorze avons baillé commission à maistre Pierre de Guetteville, advocat au parlement de Rouen, originaire de ceste ville, qui nous a promis faire son actuel demeure en la suite du Roy et son Conseil, moiennant 400 livres par chacun an pour tous salaires et vacations, comme il appert par sa commission du quatorziesme juillet mil-six-cens-quinze.
Suivant la résolution prise en l'assemblée de Messieurs les Vingt-Quatre du Conseil du vingt-troisiesme jour d'avril mil-six-cens-quinze, nous nous sommes resaisis de la maison et jardin appelé le Collège des Bons-Enfans appartenant à la dite ville, que monsieur de Harley nostre archevesque voulloit entreprendre pour y mettre les Ursulines, ce que nous avons empesché et, afin de la faire habituer etavoir regens pour instruirela jeunesse,ainsi qu'il a esté de tout temps désigné, pour y parvenir, avons faict faire plusieurs proclamations^ en divers temps, aux prosnes des parroisses et plusieurs affiches par les carfours.
Se sont présentés les presbtres de l'Oratoire qui ses-
toient submis, suivant leur requeste présentée à la dite ville, délibérée en l'assemblée de Messieurs les Vingt- Quatre, le dix-huitiesme may mil-six-cens-saize, d'instruire la jeunesse eux-mesmes à leurs dépens jusques à les rendre capables de la quatriesme classe et soubz ceste espérance ilz ont obtenu lettres du Roy pour leur establissement, ausquelles navons donné aucun empeschement; ains nous rapportant à la court de les recevoir et en cas qu'elle les trouvast raisonnables que ce fust aux charges cy-dessus; et néaninoins la d. court, sans faire droit à nostre déclaration, a permis leur establissement, qui est une surprise que les dits presbtres de TOratoire ont faict à la dite ville, qui a empesché autres précepteurs d'eux y présenter; et d'autant que la dite maison et jardin ne sont habitués, plusieurs personnes, et en diverses fois, y sont entrées, ont desrobé et enlevé les huis, fenestres, ferrures, thuilles, arbres, enfin eussent dégradé, démoli et enlevé les bastimens et arbres. Quelque recherche et information faicte, l'on n'a peu en avoir congnoissance : cest pourquoy, en attendant que se présente régens et pour éviter à la totale ruine des dites maisons et jardins, nous lavons baillée à monsieur le Boucher à y faire sa demeure pour y conserver la dite maison et jardin (i).
(i) Pierre Le Boucher, capitaine des bourgeois, s^ du Mesnil- Graindavoine, contrôleur général des finances en la généralité de Rouen, et qui le 25 août 1611 avait été nommé receveur de la vilb, se retira quelque temps après, en faisant don aux religieux de ce qu'ils pouvaient lui devoir pour réparations. Ils restèrent en possession de cet établissement jusqu'à l'époque de la Révolution. Cette maison des Bons-Enfants, qu'un nom de rue rappelle encore, fut détrui-te alors pour l'ouverture de la rue de Lémery; mais son souvenir est conservé par le chapitre que M. Ch. de Beaurepaire lui
Ayant receu lettres du Roy et de monsieur le Duc de Montbazon, nostre gouverneur, par lesquelles Sa Majesté nous ordonnoit à faire faire les gardes en ceste ville à cause des remuemens et troubles de ce Royaume, aussi tost avons commandé aux quatre quarteniers de la ville, pour ce mandez en Phostel commun, de faire semondre les bourgeois et habitans à faire les dites gardes et leur commander, et pour soulager les dits quarteniers, leur avons nommé et baillé a chacun deux bourgeois notables pour, en leur absence, commander aus dits bourgeois et habitans.
Et voyant l'augmentation et continuation des d. troubles et remuemens (i), le d. seigneur duc de Montbazon a trouvé à propos et nécessaire de faire faire élection de douze cappitaines asçavoir : deux du parlement, deux de la Chambre des Comptes, un de la cour des aides, un du
a consacré dans le tome I^r de ses Recherches sur l'instruction publique dans le diocèse de Rouen avant I/Sq.
(i) La discrétion avec laquelle l'échevin s'exprime sur les maux dont le peuple était victime trouve un complément nécessaire dans cette plainte des États de Normandie, protestant, en 1616, contre l'indulgence qui favorisait leurs auteurs : « Encores qu'il ne nous » reste rien ou peu, que nos biens ayent esté dissipez, voire nos corps » battuz et oultragez, nos femmes et filles indignement traictées par » la fureur et rage des soldats qui ont ravagé le pays sans en partir » et plusieurs sans commission, non pour vous servir, mais exercer » leurs cruautez, emplir leurs bourses et désoler ceste Province » impunément, se pourmenans aujourd'huy, au conspect des magis- » trats, braves de nos dépouilles, riches de notre substance, qui » debvroient estre, suivant les loix et vos ordonnances, punis corpo- » rellement, néantmoins, soit par importunité ou aultrement, » obtiennent de Vostre Majesté rémissions et abolitions de crimes si » énormes, servent et serviront d'amorces à l'advenir, pour inviter » plusieurs à faire le semblable, dont ils seroicnt destournez par les » supplices et chastiments des coulpables. »
bailliage et six par la Ville, en laquelle élection faicte au d. hostel commun en assemblée générale aucuns de Messieurs du Conseil et bourgeois ont soubstenu qu'ilz pouvoient nommer et élire aucuns de messieurs du bureau et antiens du Conseil de la d. ville, ce qui a esté empesché par la plupart de Messieurs du bureau et antiens Conseillers de la d. Ville suivant la résolution prise de Messieurs les Vingt-Quatre du Conseil, du vingt-neufiesme septembre mil-six-cens-quinze, disant que cela n'avoit jamais esté, ne peult, ne doibt et ne seroit raisonnable, estans parties des cappitaines en cas qu'ilz abusassent de leurs charges, ce qui auroit ainsi esté jugé par le d. Seigneur duc de Montbazon, nostre gouverneur, qui n'en seroit nommé aucun du Conseil de la d. ville, comme il appert par son ordonnance du cinquiesme octobre mil-six-cens-quinze, registrée aux registres des délibérations de la d. ville les d. jour et an.
Ausquelz douze cappitaines l'on a baillé, aux dépens de la d. Ville, à chacun douze aunes de tafetas pour faire leurs enseignes, mesme paie aux despens de la d. ville les casse bois (i), chandelles, teurques (2), falotz, qui se monte à grande somme de deniers.
Nous avons aussi faict faire plusieurs murailles, tours, corps de garde, guérites, pont-levis, barrière, tapeculz (3), avec grandz fraiz, pour la conservation de la dite ville.
Nous avons faict bastir de neuf la maison et hangart du petit aune (4), place désignée pour éventer les
(i) Les torches se composaient de bâtons enveloppés de paille ou autre combustible.
(2) Torches.
(3) Barrière à bascule.
(4) Le grand et le petit .\ulnay, situés au Grand et Pctit-Quevilly,
meubles des maisons pestiférées et la vieille maison estant encore sur le dit lieu du petit aune désignée pour estre apportée en ceste ville, placée et rebastie sur une place et jardin que nous avons achaptée, assise en la paroisse Saint-Nigaise. pour y loger plusieurs officiers de la Santé. Messieurs qui nous succéderont poursuivront ce dessein, silz voient que bien soit.
Nous avons faict faire une voulte de pierre en tablette pour couvrir les cahotz (i) de la fontaine du chasteau.
Aussi avons faict faire une grande muraille contre le donjon du chasteau qui clôt le fossé.
Nous avons faict paver la chaussée hors la porte Bouvereul et devant la tuerie (2) aux petites bestes sise proche la porte Guillaume-Lion.
Nous avons continué la rédification des quais et thallutz, où il a convenu faire achapt de grand nombre de pilotz, plaiteformes, massonnerie, fer et plomb.
Avons aussi faict couvrir plusieurs ruisseaux ou cahotz qui jettent les immondices de la ville, passans le travers du quay, pour éviter à la ruine et cheute des personnes, chevaux et harnois et faict paver le d. quay depuis la porte Sainct-Eloy (3) jusques à la porte du Crucefixpour la commodité et ornement de la d. ville.
Mesmes avons commencé à faire faire le thallut du quay d'amont, où il a convenu faire achapt de grand nombre de pilotz pour asseoir la massonnerie.
étaient deux fermes où l'on désinfectait les hardes des pestiférés. Les officiers comme le prêtre de la santé ou du danger remplissaient des fonctions spéciales à la contagion, (i) Conduits.
(2) La tuerie Martainville.
(3) La porte St-Eloy, sur les quais, au bout de la rue de ce nom. La porte du Crucifix, aussi sur le quai, terminait la rue des Iroquois, aujourd'hui Jacques-Lelieur.
Aussi avons faict continuer la voulte où passe l'eaue de Robec, estant sur le quay proche la porte Jehan Le Queu 'il, où il a convenu avoir grand nombre de pillotz et massonnerie.
Nous avons faict bastir la porte du Bac de pierre dure d'une grande haulteur et espesseur, assis sur bons fondemens, pour soubstenir et se deffendre des heurs des medisans et vaincra par sa perfection leur mauvaise volonté et honoreront les autheurs de sa construction.
Il est nécessaire de supplier le Roy continuer [tant] les octrois des aides de fortification que des huict escus pour muy de sel, d'autant que le temps de la continuation s'expire.
Suivant la résolution de Messieurs les Vingt-Quatre du Conseil, nous avons faict le raquit de sept-cens livres de rente qui estoient dubz a d'Angoulle à prendre sur les aides de solde, à laquelle rente la ville avoit esté condamnée paier des deniers du domaine par arrestz du Conseil, de laquelle rente le domaine jouit a présent comme ayant esté subrogé par arrest de la court, dautant que le raquit a esté faict des deniers du domaine de la d, ville.
Il est besoin de retirer de la damoiselle veufve de feu Monsieur Colombel, vivant advocat du Roy au bailliage de Rouen, un registre collationné Fillastre qui appartient a la Ville où sont insérés les privilèges de la d. ville, qui avoient esté prestes à deffunct maistre Jehan Colombel en précédent son decedz, procureur scindic de la d. ville, père du d. sieur advocat du Roy et est de con-
(i) Cette porte à laquelle on a improprement, il semble, donné aussi le nom de Jean-Lecœur, fermait vers la Seine la rue Malpalu, ce qui l'a fait quelquefois appeler porte du bout de la rue Malpalu ou du quai de Malpalu.
séquence que le d. registre soit à autre main que celle de la dite ville.
A esté examiné et clos le compte du domaine de la ville, tant en recepte que despense, de maistre Esaye Deshaie, cy-devant receveur de la dite ville et baillé mandement signé de nous à recevoir le débet du dit compte à maistre Jehan De Clère, à présent receveur de la dite ville.
Aussi a esté examiné et clos le comptereau des bledz du temps de Texercice de maistre Pierre Duval.
Est besoin de poursuivir la rendition des comptes des receveurs Duval et Le Boucher, ce que nous n'avons peu faire, néanmoins les poursuites par nous faictes, d'autant qu'il estoit besoin d'obtenir lettres de restablissement de plusieurs parties rayées par la chambre des comptes sur le compte du dit Deshais, que nous avons faict restablir et vérifier et pour le regard du receveur Le Boucher, nous avons différé à nous vider d'affaires d'avec luy à raison des remuemens, et est besoin à nos successeurs d'y adviser.
Suivant les lettres du Roy du vingt-septiesme jour d'avril mil-six-cens-dix-sept avons faict faire la démolition de la fortification de Quillebeuf, la ville ayant advancé les deniers quil a convenu pour la dite démolition dont nos successeurs poursuivront vers le Roy le remplacement.
Il y a aux greniers de la ville quantité de bledz.
Le procureur de la ville baillera à nos successeurs un estât des procès de toutes les alTaires qui regardent sa charge et entre autres est besoin faire vider le procès d''entre la ville et feu monsieur de Joyeuse, archevesque de Rouen et autres pour la rédification de la fontaine de Carville où la ville a faict de grandes advances, tant en
achapt de matereaux, peine d'ouvriers, qu'à la suite du d. procès qui est nécessaire estre promptement vidé pour le bien public.
Les receveurs bailleront estât de la recepte et despense de leur dite recepte pour y estre pourveu par nos successeurs.
Le maistre des ouvrages baillera un estât des ouvrages nécessaires et commencés et quil est besoin estre parachevés suivant ledeu de sa charge.
Voilà les clefz de la ville que j'ay fidèlement gardées pour le service du Roy et d'Icelle que je représente sur le bureau pour estre délivrées et mis es-mains de celuy qui sera nommé et éleu en la place de premier eschevin.
Vous suppliant, Messieurs, avoir pour agréable ce labeur, vous remerciant de Thonneur que nous avons receu a nosire élection.
De quoy les dessus d. sieurs conseillers eschevins ont esté remercié par toute la compagnie.
Ce faict a esté ordonné que chacun se retirera en son quartier pour procéder à la d. nomination et nommer de chacun quartier quatre pour estre anciens conseillers; quatre pour estre modernes et quatre pour estre quarteniers, suivant les résolutions prises en pareilles assemblées; et pour recueillir les voix et suffrages du peuple ont esté commis et députés sept antiens conseillers, un pensionnaire et les quatre quarteniers, ainsi que cydevant a esté ordonné^ autres toutesfois que leur quartier : ascavoir pour le quartier de Beauvoisine, les sieurs Le Vasseur, Le Planquois et Ellyes, quarteniers; pour Cauchoise, les sieurs du Roulle, Cotton et Dumont, quarteniers; pour Martainville, les sieurs Semilly, Malaunay et Dumanoir, quarteniers; et pour Sainct-Hilaire, les
sieurs Gauyon, Coîteret, pensionnaire, et Gueroud, quartenier.
Tous lesquelz commis et députés ont rapporté et présenté au bureau en la salle ordinaire du Conseil leurs rapports et nomination du peuple qui ont esté bien et diligemment examinés et, après avoir faict retirer ceux des Vingt-Quatre du Conseil qui estoient nommés pour estre antiens conseillers ou modernes, suivant quil a esté cy-devant ordonné, ayant au préalable donné leur voix à qui bon leur a semblé, et après avoir délibéré les d. rapportz et eu ladvis et opinion des d. Vingt-Quatre qui restoient, Ont esté eleus et nommés pour antiens conseillers, Guillaume Toustain, escuier, sieur du RouUe, et noble homme Jacques Le Vasseur; pour conseillers modernes, Nicolas Dumont, escuier, sieur Despiney, pour le quartier de Beauvoisine; noble homme Jacques Ellyes, pour Cauchoise; Anthoine Gueroud, pour Martainville; Noël Gueroud, sieur du Manoir, conseiller et secrétaire du Roy, pour Sainct-Hilaire et pour quarteniers : pour Beauvoisine, Jehan Le Pigny, escuier, sieur Delaforest; pour Cauchoise, noble homme Guillaume Liesse; pour Martainville, Nicolas Féron, escuier, conseiller et secrétaire du Roy, maison et couronne de France et grand audientier en la chancellerie de Normandie, et pour Sainct-Hilaire, Jacques Guarin, escuier, sieur de Bouclon.
Après laquelle élection ainsi arrestée et conclue, les d . sieurs bailli, lieutenant général et Vingt-Quatre du Conseil retournés en la grande salle du d. hostel commun, a esté faict lecture par le greffier de la d, ville de la dite élection en la présence de tout le peuple assemblé et ordonné que les dessus d. sieurs Du Roulle, Le Vasseur, Dumont, Ellyes, Gueroud et Dumanoir presteroient le
serment en tel cas requis et accoustumé, ce quilz ont faict devant le d. sieur bailly, néannoins leurs excuses; ensemble le dit Guillaume Liesse, quartenier, et pour le regard des d. sieurs Delaforest, Féron et Bouclon, éleus quarteniers, appelles plusieurs fois par le sergent de la d. ville et n'ayans assisté en la présente assemblée, ilz seront faictz venir à la diligence du procureur scindic de la dite ville pour prester le d. serment.
Et se sont retirés les d. sieurs Dolivet, de Cantelou, Laudasse, Mariage, Surgis et Colombel du bureau de la d. grande salle, et en leur place sont entrez les d. sieurs Du Roulle, Le Vasseur, Dumont, Ellyes, Gueroud et Du Manoir, et a le d. sieur Dolivet représenté les clefz de la Ville pour en faire ainsi quil est accoustumé.
Par Monsieur de Guenonville a esté remonstré que, se voyant employé en la liste du peuple pour estre Tun des antiens conseillers, il requéroit la compagnie, en considération de son grand aage et indisposition, le dispenser d^estre nommé et que n'estant électif, il assistast à la présente élection sans se retirer; comme font ceulx qui ont des voix du peuple pour estre antiens et nommast à son rang ; ce qui luy a esté accordé.
4 juillet 1620. — Du Samedy, quatriesme juillet mil-six-centz-vingt, en l'assemblée générale de la ville et communauté de Rouen, tenue en la grande salle de l'hostel commun de la dite ville.
Devant Nous, Claude le Roux, Escuyer (i), Conseiller du Roy et lieutenant général au bailliage du dit Rouen, pour procéder à la nomination et élection de deux antiens conseillers, quatre modernes et quatre quar-
(i) Sr de St-Aubin.
teniers d'icelle ville, ainsy quil est acoustumé faire de trois ans en trois ans, le jour de S' Martin d'Esté.
Avant que d'entrer en la grande salle, on fist lecture dans la salle du grand bureau à Messieurs les Vingt- Quatre du Conseil d'une lettre du Roy du deuxiesme jour de ce mois adressée à Messieurs les Conseillers eschevins, par laquelle sa Majesté, pour le bien de son service, leur commandoit de différer pour quinzaine a rélection des nouveaux Conseillers eschevins; aprez laquelle lecture il fust arresté qu^on députeroit vers sa Majesté pour luv tesmoigner Tentière obéissance que toute la ville et communauté de Rouen avoit tousjours rendu et continueroit à jamais de rendre en toute humilité à ses commandementz, la supplier de ne permettre que Tordre de tout temps observé en telles élections ne fust altéré, ains de maintenir la dite ville en ses antiens privilèges; et pour faire les dites remonstrances furent députez M^^ Du Viquet, premier advocat général au parlement; De S' Aubin, lieutenant général, Le Vasseur et du Manoir, conseillers eschevins estans en charge, Gauyon et Cantelou (i), antiens Conseillers, DeLaForest et Liesse, quarteniers de la d. ville.
Et depuis, estans les d. s^s Vingt-Quatre entrez en la grande salle, en laquelle on fist aussy entrer tout le peuple qui s'estoit assemblé en grande quantité suivant la semonce qui en avoit esté faicte pour procéder à lelection des d. nouveaux Conseillers, ainsy quil est acoustumé au dit jour, le dit s^ lieutenant général leur déclara la volonté du Roy pour différer lélection des d. Conseillers, suivant la lettre de sa Majesté, dont fust faicte lec-
(i) Jacques Le Vasseur, Noël Gueroult, sr du Manoir, conseiller et secrétaire du roi, Geoffroy de Gavyon, conseiller du roi, grénetier au grenier à sel. Jacques Halle, sr de Cantelou.
ture a haulte-voix, au contenu de laquelle le dit sieur lieutenant remonstra qu'il convenoit obéyr absolument, et toutefois faloit-il croire que sa Majesté retarderoit la dite élection pour bien peu de temps, que pour la supplier de ce faire avoient esté députez les d. s'^ cy dessus nommez; de quoi le peuple fust content.
De Par le Roy.
Chers et bien amez, jugeant à propos pour le bien de nostre service et de nostre ville de Rouen, que l'élection des eschevins d'icelle ne se fasse au temps acoustumé et soit différé pour quinze jours, nous vous escrivons ceste lettre pour vous advertir de nostre volonté, afin que vous ne manquiez de vous y conformer comme vous le debvez et que nous le vous mandons et ordonnons très expressément. A quoy vous ne ferez faulte, car tel est nostre plaisir.
Donné à Paris le 2^ jour de juillet mil-six-censvingt (i). Signé : Louis et plus bas Potier; un paraphe et à la superscription est escript : A noz chers et bien amez les eschevins, manans et habitans de nostre ville de Roiien et cacheté de cire rouge du cachet des armes de France.
(i) La lutte commençait entre Louis XIII et sa mère. Le roi, inquiet de ce qui pouvait se passer en Haute et Bass2 Normandie, allait s'y rendre, entrait à Rouen le 10 du même mois, et le 17 prenait possession de Caen, s'assurant ainsi la fidélité de toute la province. — V. Canel, le Voyage du roi Louis XIII en Normandie, Société des Bibliophiles normands.