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lad. ville rendent compte de leur administration pour le temps quilz y ont esté, facent entendre au peuple en quel estât ils ont trouvé la ville et en quelle sorte ils la laissent.
Dict que lorsquilz entrèrent au gouvernement de la ville, ilz trouvèrent icelle chargée de prez de 80,000 1. de rente sans plusieurs emprunctz particuUiers avec beaucoup de charges et mandemens qui estoient à acquitter, qu'ilz ne trouvèrent ung seul grain de bled aux greniers ny ung seul denier de fonds es mains du receveur de lad. ville, ainsy qu'il leur avoit déclairé.
Dict que tost aprez l'entrée du Roy estoit intervenue ( i ) , où il avoit convenu faire de grandz fraiz, aussi que lad. ville estoit chargée de trois ou quatre compaignyes de soldats, lesquels toutesfois, parle moyen dud. s^ de Carrouges, estoient sortis.
Dict que par aprez, il avoit convenu poursuivir le receveur de lad. ville pour rendre les comptes de son défunct père, lequel en fin, par arrest de la chambre des comptes à Paris, estoit demouré redevable de 62,000 tant de livres, lesquelz ils estimoient bien faire employer au paiement des arrérages des rentes qui estoient deubz. Toutefovs il s'estoit retiré par devers le Roy qui lui en avoit fait don par le prix et aux conditions portées par ses lettres. Au moyen de quoy et pour payer lesd. arrérages de rentes avoient requis au Roy leur pourvoir sur ce, duquel ilz auroient obtenu permission de prendre jusques à 6,000 1. de rente, consignez sur les plus valleurs
(i) Le 12 août i5G3, pour la seconde fois, Charles IX entra à Rouen; la première visite du Roi était une prise de possession de la ville réduite à son obéissance; son second séjour coïncida avec la proclamation de sa majorité, 16 août i563, au Parlement dç Normandie.
des aydes de solde avec la suppression de Testât dud. receveur, qui auroit este remys à la nomination de lad. ville pour estre triennal en remboursant M« Françoys le Meneust, pourveu aud. estât. Obtiendront pareillement la suppression du contrerolleur des deniers ordonnez pour la reffection et réparation du pont. Et si avoient remonstré au Roy Timpuissance de la ville et qu'elle ne pouvoit dilligemment faire besongner aud. pont, sans les faire joyr du don que sad. Majesté leur avoit faict des plus valleurs des aydes de soulde et des greniers à sel engaigez à lad. ville avec l'ayde des 8 solz tz. pour poise du sel (i), desquelz plus valleurs et greniers suivant lesd. lettres ils avoient ja fait employer 12,000 tant de livres que l'on vouloit répéter sur eulx, sur laquelle remonsirance le Roy leur avoit réduict ce qu'il entendoit estre employé pour la reffection dud. pont à la somme de 20,000 1. chacun an; qui estoit somme notable et pour roit bien suffire, estant bien aménagée.
Dict que, durant leur administration, la ville avoit esté chargée du raffreschissement des vivres du chasteau et vieil palays, ensemble des meubles et ustancilles qu'il avoit convenu bailler aux soldatz.
Dict que ceste présente année a esté fort stérille en bled et que, pour la substantation du pauvre peuple, il en avoit convenu envoyer achapter en plusieurs et divers lieux.
Dictqu'ilaconvenu employer, suivantTarrest delà court, tous les pauvres vallidesde la ville et banlieue pour besongner aux œuvres publiques à cause de lachenédu temps.
Néantmoings toutes lesquelles charges et plusieurs autres qui sont survenues durant le temps de leur administration par le moyen et ayde des bons bourgeois de
(1) Sur celte taxe, perçue par chaque poise ou charge de sel, voir Ch. de Beaurepaire, De la Vicomte de l'Eau à Rouen.
lad. ville, ilz v ont aucunement satisfaict et donné ordre de faire paver tous les arrérages des rentes jusques à la S'-Michel dernière passée, et si laissent es mains du receveur de lad. ville quelques 6.000 et plus avec six vingt muyds de bled qui sont es greniers de la ville.
Requérant pour luy et sesd. confrères de prendre en gré le petit service qu"ilz ont faict durant leur d. temps et que, s'il y a eu quelque faulte, la supporter comme faicte plustot par ignorance que par mallice et mesmes, sil y avoit quelque ungqui.eust quelque chose à dire à rencontre d'eulx, ils estoient pretz en donner et rendre raison, remercyans en surplus le peuple de Thonneur à eulx faict de les avoir commis esd. charge,
Aprez laquelle remonstrance et avoir entendu par le peuple les causes de la présente assemblée, a esté ordonné par led. s"" lieutenant de se retyrer, chacun en son quartier, pour procéder à lad. nomination, ainsy quil a esté toujours acoustumé de faire en tel et semblable cas.
4 juillet i56g. — Du quatriesme jour de juillet, mil cinq cens soixante-neuf, en l'assemblée de la ville et communaulté de Rouen, tenue en la grande salle dud. hostel commun par led. M^ Jehan de Brévedent, esc"", etc., pour procéder à la nomination et ellection de deux anciens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers de lad. ville, ainsy qu'il est acoustumé de troys ans en troys ans.
Aprez que les quarteniers ont tesmoigné avoir faict et faict faire par leurs centeniers et cinquanteniers la semonce de lad. assemblée, suivant les mandemens à eulx envoyez des personnes contenues aux estiquettes par eulx présentées au bureau en la manière acoustumée,
Led. s' lieutenant a pryé la compaignye de procéder
légallement et fidelkment à lad. nomination et ellection, sans faveur ny acception de personnes, eslyre et nommer personnages capables et suffisans, qui puissent pendant leur charge régir et gouverner le bien et revenu de lad. ville, et pourvoir aux affaires qui pourroient survenir en préférant le bien d'icelle ville à leur particullier.
M« Nicolas Rome, s"" de Fresquiennes, ancien conseiller de lad. ville, a remonstré pour luy et ses confrères Testât auquel ilz avoient trouvé la ville, chargée de grand nombre de debtes, les affaires qui estoient survenuz durant le temps de leur administration, qui avoient esté plus grands que jamais, comme chacun sçayt, et Testât en quoy ilz la laissoient, requérant pour luy et ses confrères avoir agréable si peu de service qu^ilz y avoient faict.
Aprez laquelle remonstrance et avoir entendu par le peuple la cause de la présente assemblée, a esté ordonné par led. s"" lieutenant de se retyrer, chacun en son quartier, pour procéder à lad. nomination, ainsy quil a esté toujours acoustumé de faire.
4 juillet i5~2. — Du quatriesme jour de juillet, mil cinq cens soixante-douze, en Tassemblée généralle de la ville et communaulté de Rouen, tenue en la grande salle dud. hostel commun par M'' Jehan de Brévedent, escf, conseiller du Roy, lieutenant général, et pour procéder à la nomination et ellection de deux antiens con- «
seillers, quatre modernes et quatre quarteniers de lad. ville, ainsy qu'il est acoustumé de troys ans en troys ans, ApVez que les quarteniers de lad. ville ont tesmoigné avoir faict et faict faire par leurs centeniers et cinquanteniers la semonce de lad. assemblée, suivant les mandemens à eulx envovez des personnes contenues aux es-
tiquettes par eulx présentées au bureau en la manière acoustumée, et que Robert Fermelhuys, sergent de lad. ville, cust aussi tesmoigné avoir faict la semonce des Vingt-Quatre du Conseil,
Led s"^ lieutenant a pryé la compaignye de procéder légallement et fidellement à lad. nomination et ellection, sans faveur ny acception de personnes, eslyre et nommer personnes capables et suffisans, qui puissent pendant leur charge régir et gouverner le bien et revenu de lad. ville et pourvoir aux affaires qui pourroient survenir, en préférant le bien d'icelle ville à leur particulier.
Pierre Roque, s^ du Genetay, antien conseiller de lad. ville, a remonstré pour luy et ses confrères les grands et urgens affaires qui estoient survenus durant le temps de leur administration, qui avoient esté plus grands que Jamays, ausquelz ils avoient pourveu avec l'ayde des bons bourgeois de lad. ville le mieulx qui leur avoit esté possible, requérant pour luy et ses confrères recevoir agréable si peu de service quilz y avoient peu faire.
Aprez laquelle remonstrance el avoir entendu par le peuple la cause de la présente assemblée, a esté ordonné par led. s^ lieutenant que chacun se retirera en son quartier pour procéder à lad. nomination ainsy qu'il a esté toujours acoustumé.
4 juillet iSyS. — Du quatriesme jour de juillet mil cinq cens soixante-quinze, en l'assemblée généralle de la ville et communaulté de Rouen, tenue en la grande salle dud. hostel commun par M« Jehan de Brévedent, esc et conseiller du Roy, lieutenant général, pour procéder à la nomination et ellection de deux antiens conseilliers, quatre modernes et quatre quarteniers de lad. ville, ainsy quil est acoustumé de troys ans en troys ans.
Aprez que les quanenicrs de lad. ville ont tesmoigné avoir faict et faict faire par leurs centeniers et cinquanteniers les semonces de lad. assemblée, suivant les mandemens à eulx envoyez comme il est acoustumé, et que Robert Fermelhuys, sergent de lad. ville, eust aussi tesmoigné avoir faict la semonce des Vingt-Quatre du Conseil.
Led. s^ lieutenant a pr)-é et exorté la compaignye de procéder légallement et fidellement à lad. nomination et ellection, sans faveur ny acception de personnes, eslyre et nommer personnages capables et suffisans qui puissent pendant leur charge régir et gouverner le bien et revenu de lad. ville et pourvoir aux affaires qui pourront survenir, en préférant le bien d'icelle ville au leur particullier.
Par Monsieur Haley, conseiller de lad. ville (i), pour luy et ses confrères, a esté référé que es années 1 5 73 et 74, à cause de la pénurye du bled, il leur avoit convenu empruncter d'aucuns bourgeois beaucoup de deniers pour employer en achapt de bledz pour faire la substantation du pauvre peuple (2), lesquelz deniers ils avoient renduz et ne debvoient rien, remet cyans les bons bourgeois de ce qui leur avoient preste (3), et qui se seroient employez à la distribution dud. pain et bled et à prendre garde sur
(i) Barthélémy Halle, sr de la Haulle.
(2) Pierre Laillet, sr de St-CIair, envoyé, le i3 mai iSyS, par la ville acheter des blés en Picardie, pour la sustentation du peuple.
18 et 19 mai iby'S, ordonnance pour la distribution du blé, qui valait alors à Rouen de 9 à 10. livres la mine et bientôt atteignit le prix de i5 et 18 livres.
(3) Le 12 avril 1674 des lettres patentes du Roi avaient été lues à l'hôtel-de-ville ; elles permettaient' aux échevins de prendre, soit par emprunt, soit autrement, une somme de 3,ooo livres pour icelle convertir en achapt de blez.
les ouvrages publiques (i), pryant tous les bourgeois en général d'accepter et avoir agréable si peu de services quilz avoient faict à lad. ville durant leurs troys ans et que s'il y en avoit aucuns qui se plaignissent d'eulx, ils estoient pretz de eulx justiffier.
Aprez laquelle remonstrance et avoir entendu par le peuple les causes de la présente assemblée, a esté ordonné que chacun se retirera en son quartier pour procéder à lad. nomination ainsy qu^il est acoustumé.
4 juillet i5j8. — Assemblée generalle de la ville et communaulté de Rouen, tenue en la grande salle dud. hostel commun par M^ Jean de Brévedent, escuyer, conseiller du Roy, lieutenant général au bailliage de Rouen, le vendredy quatr^^ jour de juillet mil cinq cens soixante et dix-huict, pour procéder à la nomination et eslection de deux antiens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers de lad. ville, ainsy qu'il est acoustumé de troys ans en troys ans.
Aprez que les quatre quarteniers de lad. ville ont tesmoigné avoir faict et faict faire par leurs centeniers et cinquanteniers les semonces de lad. assemblée suivant les mandemens à eulx envoyez comme il est acoustumé et
(i) 28 mai iSyS. — Advisé que par chacun jour et jusques à ce que la cherté soit diminuée, seront emploiez aux ouvraiges
publiques 1,200 hommes, 600 femmes et 600 enfFans, depuis
8 jusqu'à 14 ans ausquelz sera déHvré assavoir : aux
hommes, chacun i pain cuyt et rassis du poix de 16 onces à disner et i8 d. au soir; aux femmes, un pain aussy cuyt et rassis du poix de 8 onces à disner et 10 d. au soir, et aux enffans, aussi chascun ung pain poisant 8 onces à leur disner et i liard au soir.
Le II juin, un règlement de M. de Carrouges spécifie les ouvrages auxquels seront employés les indigents.
que Guillaume Marguerye, sergent royal et de lad. ville, eust aussi recordé avoir faict la semonce des Vingt-Quatre du Conseil.
Led. s"" lieutenant a pryé et exorté la compaignye de procéder légallement et fidellement à lad. nomination et élection sans faveur ny acception de personnes, eslyre et nommer personnages cappables et suffisans, qui puissent pendant leur charge régir et gouverner le bien et revenu de lad. ville et pourvoir aux affliires qui pourroient survenir, en préférant le bien d'icelle ville au leur parti«ullier.
Par le s^ de Marromme ( i ), antien et premier conseiller de lad. ville, pour luy et ses confrères, a esté remonstré que, suivant l'ancienne coustume, il est bien raisonnable que ceulx qui ont eu le gouvernement de lad. ville rendent compte de leur administration pour le temps qu'ils y ont esté, en quel estât ils ont trouvé les affaires à rentrée de leur eschevynat, ce qui faict a esté en icelluy, et en quel poinct ils laissent toutes choses.
A dict que, des le commencement, ils firent grandes poursuiltes vers M. Nicolas Du Four, s^ de Longuerue, receveur de lad. ville, pour avoir les estatz à Tabrégé de toutes les natures de deniers, lesquelz néantmoings ne furent délivrez que troys moys aprez, pendant lesquelz continuèrent les ouvrages du pont et ordonnèrent des deniers en trouble pour éviter à la ruyne de ce qui estoit encommencé par leurs prédécesseurs.
Et partye des estatz veuz, se trouva qu'il y avoit eu tant par eulx que leurs prédécesseurs de plus ordonné qu'il ny avoit de fondz 7, i 28 1. tant de sols.
Pour les remplacer de la mesme nature, ils jugèrent
(i) Jacques Le Seigneur, s' de Marromme, député en 1376 aux Etats-Généraux de Blois.
estre utille cesser les ouvrages et payer les pillotz et pavé que on avoit achaptez et s'achemynèrent à aultres affaires qui se présentèrent.
De faict envoyèrent devers le Roy, suivant ses lettres closes pour entendre la volunté de sa Majesté, ainsy que firent les autres villes de ce royaume.
Firent mectre en patent la suppression des amballeurs qui naguères avoient esté accordée (i).
Eurent un patent pour tv'rer des parties casuelles quatre cens escus pour la moict}-é du rembours desd. emballeurs, obtindrent continuation des aydes du pont, lettres de non préjudice à Tadvenir pour ceulx de la banlieue que l'on avoit quotisez aux 35,ooo 1. pour clocher avec les taillables.
Des 10,000 livres que le Roy avoit demandez pour mectre nawres sur mer en prest, n'en peurent estre deschargez et furent levez; mays depuys ont esté renduz et n'en est deu aucune chose aux bourgeois (2).
Aprez ilz regardèrent s'il y avoit moyen de restituer aud. receveur des deniers du pont ce qui luy estoit deu; mays ils vyrent quil y avoit faulte de fondz aux aydes de soulde, desquelles, les rentes payez, se fournistle revenu de Touvrage du pont de 40,000 tant de livres.
(i) Le règne de Henri III débuta par la plus formidable demande d'impôts qu'on puisse imaginer et il n'est pas d'expédient qu'une ingénieuse avidité n'ait employé pour fournir des ressources aux prodigalités du roi et de sa cour, depuis les anoblissements opérés en masse jusqu'aux créations de charges dont le titre seul démontre l'inutilité. C'est ainsi que dès le 2g juillet 074 la ville protestait contre l'érection de 12 offices de courtiers plieurs, emballeurs et empaqueteurs de marchandises.
(2) 18 juillet 1575. — Délibération sur les lettres de commission pour les 10,000 livres devant servir à soudoyer les navires qui escorteraient les bateaux envoyés quérir du sel en Brouage.
Et réduictz en ceste nécessité, le remonstrèrentau Roy, qui leur octrova permission consigner en rente sur la plus valleur des mesmcs aydes jusques à la concurrence desd. 40,000 livres par 4,000 1. de rente quilz firent ratitlier par sa Majesté et inthériner es cour souveraine et chambre des comptes.
Entrèrent en volunté faire quelques autres adménagemens, laquelle retardèrent les arrestz faictz sur tout le revenu de la ville par aucuns trésoriers des parroisses, tendans eulx faire payer des deniers quils prétendent leur estre deubz pour la suppression de la chambre des comptes.
Envoyèrent en court pour en avoir main levée et évocation au privé conseil, ce qui leur fut accordé, ensemble la descharge des chasteaulx.
Obtiendrent révoccation de la commission adressée aux eleuz pour cappiier et lever soulde sur les habitans de lad. ville.
Assignation d'icelle sur les deniers de la recepte generalle et des troys movs qu'il avoit convenu advancer.
Avec defences aux soldatz sortir et loger hors des fortes places.
Inhibitions aux Angloys de descharger leurs draps ailleurs que en ceste ville (i).
Restablissement de plusieurs parties rayées aux comptes de la première année dud. Dufour renduz en la chambre.
Quictance de 60,000 1. que le Roy desmandoit par
(i) Dernier août ib-j5. — Délibération contre les Anglais qui fesaient descendre à Caudebec leurs marchandises, pour défendre les droits du Roi et de la ville de Rouen, au préjudice de ceux qui avaient rentes assignées sur les aides, et qui commettaient des abus dans la manufacture de leurs draps.
emprunct et des 45,000 1. par cappitation, moyennant les six vingt mille 1. qu'il avoit aussi demandez en rente, pour facilliter le paiement desquelz et ne travailler leurs concytoiens, s'aydèrent des deniers des myneurs estans 'en dépost f i ] ,
Et si délivrèrent lettres au s^ de Durescu, par lesquelles S. M. luy mandoit faire délivrer de la pierre de Gharleval pour le paiement de la moictié du rembours des amballeurs, au lieu de l'assignation baillée sur les parties casuelles (2).
Ce faict et exécuté, advinst une grande pénurye de sel, de sorte que Ton fut contrainct en achapter pour la
(i) Dès le 20 juin iby'i, mais pour employer ces fonds à la subvention des pauvres, la ville avait sollicité du Parlement un arrêt ordonnant aux tuteurs ayant deniers entre leurs mains, appartenant à leurs sous-âgés, de les apporter à sa caisse pour les constituer en rente. Le 17 novembre lô^S, sur la réclamation du Roi toujours besoigneux, en présence du lieutenant général au bailliage et du premier président, elle décide que pour éviter à l'odieuse cappitation des sommes de 45 et 60,000 livres^ l'on contraindra les tuteurs, curateurs et dépositaires de deniers pour mectre, dans 24 heures, es mains du receveur de la ville, les deniers qu'ils ont en leurs mains desd. tutelles, curatelles et déposts, sur peine de quadruple en leur propre et privé nom
(2) Le 17 août 1574, Henri III en remboursement de quelques sommes dont il lui était redevable avait donné à la ville une partie de la pierre destinée au bâtiment de Charleval, mais à condition de l'employer aux fortifications. En 1571, Charles IX avait commencé à Charleval une maison de plaisance dont la construction cessa à sa mort survenue le3o mai 1574. Moyennant le paiement de 1200 livres pendant douze ans, versées au trésorier du bâtiment et l'entretien du pavé de la grande rue, il avait exempte les habitants du village des tailles et du taillon, contributions auxquelles son successeur essaya de les soumettre : leurs réclamations furent admises en partie et Henri III les déchargea de la taille. — Ch. de Beaurepaire, Etats de No'~mandie sous Henri III, t. Il, p. 261.
ville et le revendre aux particulliers à assez bon compte.
Par aprez, led. s^ de Marromme a continué à discourir par le menu tous les affaires qui se sont présentez durant leur consulat, et comme ils avoient puys quelque temps discontinué l'ouvrage et repparation dud. pont à cause de la faulte de fondz aux aydes de soulde, avmans mieulx faire payer les arrérages de rentes pour entretenir tousiours le crédict et honneur de la ville, de sorte quil nv avoit personne qui ne fut payé.
Plus a dict qu'ilz laissoient quelque petit de fondz de deniers du dommaine entre les mains du receveur de lad. ville avec grand nombre de bledz aux greniers et plus que de long temps il ne s'est veu, supliant la compaignye en général et en particullier d'accepter et avoir agréable si peu du service qu'ilz ont faict à lad. ville durant lesd. troys ans et que s'il y avoit aucuns qui se plaignissent d^eulx ou aucun d'eulx, ilz estoient pretz d'en donner raison, remercyant au surplus lacompaignye de l'honneur à eulx faict.
Après laquelle remonstrance et avoir entendu par le peuple les causes de la présente assemblée, a esté ordonné par led. s' lieutenant de se rer^-rer, chacun en son quartier, pour procéder à lad. nomination, ainsy quil a esté tousiours acousiumé de faire en tel et semblable cas.
4 juillet iSHi. — Du quatrième jour de juillet mil cinq cens quatre-vingt-un, en l'assemblée généralle de la ville et communaulté de Rouen tenue en la grande salle dud. hostel commun par led. s'' Cavelier, lieutenant gênerai (i), pour procéder à la nomination et ellection de
(i) Jacques Cavelier, sr d'Auberville, avait d'abord été procureur du Roi au bailliage.
deux antiens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers de lad. ville, ainsi quil est acoustumé de trois ans en trois ans.
Par le procureur de lad. ville a esté requis que Ton ayt à différer rassemblée veu Fabsence de la plus grande partie des bourgeois et que Von face semondre par la trompette.
Par monsi" Vauquelin, premier advocat du Roy en parlement (i), requis quil soit procédé oultre, attendu les semonces et que les défaillans soient multez d'amende.
Ordonné que l'assemblée sera différée à jeudy, sans tyrer à conséquence, et sera faict sçavoir lad. assemblée à son de trompe, que les défaillans seront multez chacun de deux escus d'amende aplicables à la santé et enjoinct aux centeniers et cinquanteniers de comparoir en personnes pour recorder leurs procez verbaulx.
6 juillet i58i. — Du sixiesme jour de juillet mil cinq cens quatre-vingt-un, en l'assemblée généralle de la ville et communaulté de Rouen, tenue en la grande salle dud. hostel commun par led. M^ Jacques Cavelier, lieutenant gênerai et pour procéder à lad. nomination et ellection de deux antiens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers, suivant la remise qui avoit esté faicte en l'assemblée dernière.
Aprez que les quatre quarteniers de lad. ville et Guillaume Marguerye, sergent de lad. ville, eurent recordé avoir faict et faict faire bien et deument leurs semonces, comme il est acoustumé, suivant les mandemens à eulx envoyez, led. s'' lieutenant général a exorté la compaignye de procéder légallement à lad. nomination et ellection
(i) Guillaume Vauquelin, sr de Sacy.
sans fiiveur ny acception de personnes, élyre et nommer personnes cappables et suffisanz qui puissent, pendant leur consulat, régir et gouverner le bien et revenu de lad. ville, pourvoir aux affaires d'icelle, en préférant le bien public à leur particullier.
Monsieur Du Pont, ancien et premier conseiller du bureau de lad. ville, a remonstré quil y a trois ans qu'ilz furent instituez conseillers, incontinent mandèrent les quatre principaux officiers, assavoir, le procureur, le receveur, le greffier et le maistre des ouvrages pour rendre raison de leurs charges et leur faire entendre en quel estât les affaires estoient, selon que chacun d'eulx en pouvoit particullièrement avoir congnoissance. Le procureur avoit donné quelque raison des procez; toutesfoys avoient trouvé que lesd. procez n'avoient esté mis en fin en la pluspart, faulte de poursuiltes ny les comptes du defunct receveur Piedeleu renduz, soit par négligence ou autrement. Quand au receveur, il avoit baillé son estât, par lequel on voyoit quil y avoit faulte de fondz sur toutes natures de deniers; toutesfoys par leur dilligence lad. faulte de fondz avoit esté remplacée et en avoient bonne assination. Le greffier et le m« des ouvraeges avoient bien et deuement rendu raison de leurs charges, chacun pour son faict et regard.
Reste à déclarer ce quilz avoient faict de leur temps et en quelz ouvrages les deniers avoient esté employez.
En premier lieu, avoient obtenu suppression de Testât du vendeur priseur du bestial avec et à l'adjonction du procureur des Estats de Normandie. Autre suppression de deux contrerolleurs de la maison de céans, plus autre suppression de plieurs amballeurs et empacteurs des marchandises, moyennant la somme de 800 escus (i).
(i) En 1578 les Etats de Normandie (V. les Cahiers publiés par
Avoient donné ordre aux portes et advenues de lad. ville pour prendre garde que aucunes personnes ny marchandises entrassent en ceste ville venant de lieux dangereux (i).
Avoient eu beaucoup de deniers que le Roy avoit demandez tant par forme de subvention en rente que autrement, ausquelles, par le moyen du conseil des Vingt-Quatre, avoient si bien donné ordre, que les bourgeois n'avoient esté quotisez (2).
M. Ch. de Beaurepaire) suppliaient le Roi de... vouloir réduire le nombre des officiers suj^vant qu'il est dit cy dessus en supprimant les autres, sans attendre que par mort vaccation y escheoye et sans que lesdicts officiers puissent estre remboursez, ny continuez en leurs gaiges. Attendu que telles gens n'ont prins leurs offices pour l'utilité publicque, moins pour le service du Roy, mais seullement comme sansuës pour tirer le sang de ses pauvres vassaulx; spéciallement les officiers érigez depuis la mort du feu Roy, son père (Henri II, décédé le 10 juillet iSSg).
On en était arrivé à rétablir la chambre des comptes supprimée en 1543 moyennant un remboursement de plus de 200,000 livres et les protestations des Etats de Normandie ne pouvaient faire révoquer cette création inique.
En i58i et 1584, les Etats réclamèrent la suppression des officiers nouveaux, des greffiers de présentation, greffiers de paroisses, clercs de greffes, contrôleurs des titres, questeurs et contrôleurs de vin, cappitaine et gardes des bestes rousses et noires !
(1) La peste régna à Rouen en i58o.
(2) Les États de Normandie, dès i58i, protestaient contre la réunion des taxes établie sous le prétexte trompeur de l'unité de l'impôt, et ils demandèrent la confection par les élus d'un « seul et même « roolle qui contiendra trois lignes diverses : l'une pour le principal « de la taille et parties y adjoustées; l'autre pour les parties qui se « lèvent avec les creûes de deux cens et cent mil .escus et la tierce « pour le taillon et autres parties y adjoustées, ainsi qu'il a esté de « tout temps accoustumé et jusques en l'année dernière, que l'on a « amassé le corps de la taille avec les creûes, lequel changement « n'a apporté que confusion et engendré un souspeçon au peuple
Avoient donné ordre sur les traictes domanialles que Ton vouUoit faire payer durant les foires.
Racquicté plusieurs parties de rente sur les domaines.
Avoient faict faire la porte Guillaume Lyon, la porte du Crucifix (i), continue la muraille commencée sur le cav, donné ordre aux fontaines qui se commençoient à perdre et faict travailler incessamment et en grande dilligence à l'ouvrage du pont, cays et talutz, comme Ton voyt à lœil et eussent parachevé lad. muraille du cay, n'eust esté les dégrademens dud. pont.
Fault maintenant dire en quel estât ils laissent les affaires de la ville.
Pour le faict du domaine, il reste quelque bon fondz et suffisant pour subvenir aux affaires et grand nombre de bledz aux greniers.
Pour la fortiffication ordinaire, il y a aussi bon fondz assez suffisant pour continuer icelle.
Pour le faict des deniers du pont, chacun sçayt comme les deniers ont esté bien et fidellement employez, mesmes aux cays et talutz, d'autant que cela se voyt à veue dœil et si y a encore bon fondz sur nature dicelluy.
Pour le regard des aydes de soulde, avoient donné si bon ordre que tous les arrérages des rentes ont esté payez jusques et comprins la demye année de Pasques dernier.
Ce faict, a esté ordonné que chacun se retirera en son
» que tel assemblement peut plustot apporter mal que bien. » — Gh. de Beaurepaire, Cahiers des Etats de Normandie sous Henri III, t. I, p. 169.
(1) Ouvrant sur le quai actuellement dénomme quai de la Bourse, à la place où débouche la rue Jacques-Lelieur, autrefois rue des Iroquois.
quartier pour procéder à lad. nomination, ainsi qu'il est acoustumé.
4juillet 1584. — Du mercredy, quatriesme jour de juillet mil cinq cens quatre vingtz quatre, en lassemblée généralle de la ville et communaulté de Rouen, tenue en la grand salle dud. hostel commun par M*" Jacques Cavelier, escuyer, conseiller du Roy et lieutenant général au bailliage de Rouen, pour procéder à la nomination et es« lection de deux anciens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers de lad. ville, ainsi qu'il estaccoustumé de trois ans en trois ans.
Aprez que les quatre quarteniers de lad. ville et Jehan de Seva, sergent dicelle, eurent recordé avoir faict et faict faire bien et deuement leurs semonsces, comme il est accoustumé , suivant les mandemens à eulx envoyez, led. s' lieutenant général a exhorté la compaignye de procéder légallement à lad. nomination et eslecîion sans faveur ny acception de personnes, eslire et nommer personnes capables et suffisans, qui puissent pendant leur consulat régir et gouverner le bien et revenu de lad. ville, pourvoir aux affaires d''icelle, en préférant le bien public à leur particullier.
Ce faict, a esté ordonné que chacun se retirera en son quartier pour procéder à lad. nomination, ainsi qu'il est accoustumé et pour recueillir les voix et suffraiges du peuple ont esté commis par led. si^ lieutenant général
Aprez laquelle eslection arrestée et conclutte, lesd. s^^ lieutenant et Vingt-Quatre du ConseiT retournez en la grand salle dud. hostel commun, a esté faict lecture par led. s^ lieutenant de lad. eslection en la présence de tout le peuple assemblé.
Ce faictj Monsieur Halley, premier conseiller, pour
luy et ses confrères, a prié tous les bourgeois en général d'accepter et avoir pour aggréable si peu de service qu'ilz avoient faict à la ville durant leurs trois ans et que s'il y en avoit aucuns qui se plaignissent d'eulx, ils estoient prestz d'eulx justiffier.
Après laquelle déclaration, led. Halley et ses compaignons se sont retirez hors du bureau de lad. grand salle.
4 juillet i58y . — Du samedy quatriesme jour de juillet mil cinq cens quatre vingt sept, en rassemblée générale de la ville et communauté de Rouen, tenue en la grand salle dud. hostel commun par nous, Jacques Cavelier, esc% conseiller du Roy et lieutenant général au bailliaige dud. Rouen, pour procéder à la nomination et ellection de deux anciens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers de lad. ville, ainsi qu'il est accoustumé de trois ans en trois ans.
Aprez que trois quarteniers de lad. ville et Robert Mautalen, centenier, commis pour le décez de M^ Geuffroy Bance, ung desd. quarteniers, ensemble Jehan de Seva, sergent d'icelle, eurent recordé avoir faict et faict faire bien et deuement leurs semonces, comme il est accoustumé, suivant les mandemens à eulx envoyez, desquelles semonces, lecture a esté faicte d'aucunes, led. s^ lieutenant général a exhorté la compaignye de procéder légallement à lad. nomination et ellection sans faveur ny affection de personnes, eslire et nommer personnages capables et suffisans, qui puissent pendant leur consulat régir et gouverner le bien et revenu de lad. ville, pourveoir aux affaires d'icelle, en préférant le bien public à leur particuUier.
Monsieur Le Seigneur, ancien et premier conseiller du
bureau, a remonstré qu^il y a trois ans quMlz t'eurent instituez conseillierz ; que, à leur advénement,ils avoient faict clorre de murs les jardins des Célestins et composé avec eux pour cest effect et par mesmes moyen acquis d'eulx quelques terres pour servir à faire eslargir le rampart proche de la tour du Coulombier pour la commodité de la ville (i).
Faict refaire la porte Martainville et icelle couvrir d'ar-: doises, ensemble commencé à pillotter et revestir de pierre de taille partie du boulevert ou bastion proche de lad. porte Martainville.
Faict rompre et dilatter une pille du pont tombée en la rivière par l'ingénieux Savary au moyen de son artifice de feu et commencé à faire pilotter une autre (2).
Avoient aussi tant faist qu^ilz avoient esté déchargez des subventions demandez par le Roy, de sorte que aucune capitationnes'estoitensuyvie, moyennant quelques constitutions de rentes.
(i) La muraille de la ville partant de la porte Martainville gagnait, en se dirigeant vers la Seine, la tour du Colombier, point très fortifié, situé près la terrasse actuelle de l'Hôpital-Général, sur le boulevard, à l'endroit où la rivière de Robec entre dans Rouen. Au xviie siècle, M. de Montausier, gouverneur de la province, donna cette tour, depuis tombée en ruines, aux administrateurs de l'hospice, qui établirent un moulin à vent sur sa plate-forme.
(2) Le 19 juillet i583, délibération pour sçavoir s'il sera propre faire brizer la pierre de deux arches du pont tombez en la rivière de Seine, par artifice de feu, par Savary.
16 août i585, deviz dressé par Adrian Savary, ingénieux du Roy en son arsenac de Paris, touchant l'ouvraige du pont, lequel demande 2,000 escus pour l'exécuter à la dernière parolle. Pochon, Joachim Duhen et Mansel, experts, ayant déclaré qu'ils ne pouvaient l'entreprendre, on s'en rapporte à MM. du Bureau, qui traitent avec lui pour 5,000 livres, la ville lui fournissant une chambre et un fourneau. Toutefois^ l'adjudication se fera judiciairement au rabais.
Les troubles estansvenuz, avoient taict remonter l'artillerie, faict faire ellections de cappitaines et pourveu aux choses nécessaires pour la tuition et défense de ceste ville souhz l'authorité du Roy.
En Tannée mil cinq cens quatre vingt six, faict travailler aux ouvraiges publiques une infinité de pauvre peuple et pour ce naguéres obtenu fondz de Sa Majesté.
Obtenu, par semblable, assination pour la faute de fondz estans sur les aides de solde, afin de faire paier les arréraiges des rentes constituées sur iceulx.
Faict faire achapt de bledz en Bretaigne et faict venir plusieurs debtes esgarées entre autres de défunctCognart, faisant partie de celles de Piedeleu et autres;
Prians l'assistance avoir pour aggréable ce qu'ilz avoient peu faire de service à la ville durant leur temps.
Ce faict, a esté ordonné que chacun se retirera en son quartier pour procéder à lad. nomination ainsi qu'il est accoustumé
I" juillet i5(jo. — Du dimenche premier jour de juillet mil cinq cens quatre vingt dix, en l'assemblée des Vingt-Quatre du Conseil de ceste ville de Rouen, tenue en Ihostel commun d'icelle par monsieur le vicomte de Tavennes, mareschal des camps et armées catholiques, commandant en Normandie (i), assisté du s^ de la Londe (2), présence de M^ Richard Guerard lieutenant (3) :
(i) Au nom de Mayenne. Henri III avait été assassiné par Jacques Clément le ler août iSSg; mais la ligue de son vivant déjà triomphait à Rouen, et le parlement ligueur y résidait, tandis que les magistrats fidèles s'étaient retires à Caen.
(2) Bigards de La Londe, fougueux ligueur, sergent-major de Rouen.
(j) Richard Guérard, conseiller au siège présidial de Rouen, exer-
Par led. Seigneur de Tavennes a esté proposé que, ayant entendu se devoir faire nouvelle ellection des conseillers eschevyns au jour de S' Martin prochain en la forme qui y est gardée, il a pensé estre propre de venir en ceste compaignyc, suivant les lettres qu'il disoit en avoir receu de monseigneur de Mayenne, pour la prier d'y esliregens de bien, catholiques et zélez en la religion et au party catholiques, disant outre que oti il se feroit au contraire, il ne le pourroit souffrir. Cestoit pourquoy il en priyoit et de rechef exhortoit la co-mpaignye.
A quoy par led. Guérard, lieutenant, a esté dict et protesté que tousjours la compaignye s'est portée trop affectionnée en la religion et au bien public comme tesmoignent leurs actions.
Par semblable, le s^ du Pont, premier conseiller eschevyn, a récité la forme de tout temps observée en lad. ellection et protesté du devoir des bourgeois; que s'il plaist aud. s^ de Tavennes y assister, il fera grand honneur à la compaignye, le supliant de faire garder et maintenir lad. forme antienne. Sur quoy led . s^ a dict que s'il peult, il sy trouvera et fera entendre aud. Seigneur du Mayenne les honnestes offres que la compaignye lui a faictes.
4 juillet i5go. — Du quatriesme jour de juillet mil cinq cens quatre vingt dix, en rassemblée généralle de la ville et communaulté de Rouen, tenue en la grand salle de rhostel commun dicelle par nous Richard Guérard, conseiller au siège presidial exerçant la jurisdiction de monsf le Bailly de Rouen et de ses lieutenans, pour procéder suivant qu'il est accoustumé à la nomination et
çant la juridiction du bailli, vu l'absence de celui-ci et de son lieutenant civil, Jacques Cavalier, suivant arrêt de la Cour du i3 novembre 1589.
eslection de deux anciens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers.
Led. s^ Guérard a proposé que, suivant la coustume, il estoit besoing nommer deux conseillers anciens, quatre nouveaulx, quatre quarteniers, a exhorté les assistans de procéder Icgallement à lad. nomination sans faveur ny acception de personnes, eslire et nommer personnes capables qui puissent, pendant leur consulat et en ce temps plain de dissentions et guerres civilles, régiret gouvernerle bien et revenu de lad. ville, pourveoir aux affaires d'icelle, en préférant le bien public à leur particullier.
Lecture faicte de la semonce des Vingt-Quatre faicte par le sergent et d'autres semonces faictes par trois des quarteniers et de Jacques Renart, centenier, pour Tabsence de Jean du Jardin, quartenier, le procureur de la ville a requis rassemblée estre différée et les défaillans adjournez en personnes, condampnez es amende et pour les Vingt- Quatre en double amende.
Le cappitaine Valdory (i) a requizque ceulx qui seront nommez soient gens de bien, que l'assemblée soit différée jusques au retour dud. s^ de Tavennes, du moings que Ton y appelle ceulx qui le représentent.
Suivant la réquisition du procureur de la ville et veu le petit nombre des présens, l'assemblée est différée à lundi prochain et est enjoint aux quarteniers faire comparoir leurs centeniers et cinquanteniers pour rendre raison de
(i) Guillaume Valdory, l'un des douze capitaines des bourgeois, né à Rouen, se démit de son office de procureur au Parlement pour prendre une part plus active à la défense delà ville contre Henri IV, lutte qu'il a racontée dans son Discours du siège de la ville de Rouen. Nommé en 1 392 lieutenant-général du vicomte, il se maintint dans cette fonction jusqu'à sa mort, 4 août 1 601, et fut inhum.é en l'église Saint-Sauveur.
leur faict, ausquelz pareillement est enjoinct faire semondre bien et deuement les personnes de leur quartier par chacune parroisse et coder ceulx à qui ils ont particulièrement parlé.
Sera par semblable envoyé mandement par les parroisses pour le notiffier aux prosnes.
Et pour lamende, les défaillans adjournez en personne
sont condampnez chacun en deux escus, sauf sur ceulx
qui depuys Tapel se sont présentez et néaulmoins surcise
jusques à iundy prochain qu'ils seront oyz.
— De par Monsieur le Bailly de Rouen ou son lieutenant,
il est enjoint aux bourgeois de la parroisse de eulx
trouver lundi prochain, sept heures du matin, en Fhostel commun de ceste ville pour procéder à la nomination de deux conseillers anciens, quatre modernes et quatre quarteniers, à peine de deux escus sol d'amende sur chacun des défaillans. Donné à Rouen, le samedi 7^ juillet mil cinq cens quatre vingt dix. Signé, Gosselin.
g juillet i5 go. — Du lundi neuf^' jour de juillet mil cinq cens quatre vingt dix, en l'assemblée généralle et solennelle de la villeetcommunaulté de Rouen, tenue en la grand salle de l'hostel commun d'icelle par Monsieur levicomte deTavennes(i j, mareschal des camps etarmées catholiques, commandant en Normandie, assisté du s^ de La Londe, présence dud. M<^ Richard Guérard, conseiller
(i) Jean de Saulx, vicomte de Tavannes, né en i555, mort vers i63o, avait suivi le duc d'Anjou, depuis Henri III, au siège de La Rochelle, puis en Pologne, où il demeura après le départ du roi; ligueur acharné, il demanda en vain, après la paix, à conserver le grade de maréchal que Mayenne lui avait conféré et mourut en ses terres, laissant des mémoires qui ne manquent pas d'intérêt.
et exerçant la jurisdiction du bailliaige pour l'absence de monsieur le Baillv dud. Rouen et de ses lieutenans, pour procéder à la nomination et ellection de deux anciens conseilliers, quatre modernes et quatre quarteniers, suivant la remise de mercredi dernier.
Aprez que trois quarteniers de lad. ville et Jacques Renart, centenier, commis pour labsence de Jehan du Jardin, ung desd. quarteniers, mesmes Thomas le Signerre, sergent d'icelle, eurent recordé avoir faict et faict faire bien et deuement leurs semonces, comme il est accoustumé, suivant les mandemens à eulx envoyez et quil est aparu de la publication d'autres et pareils mandemens faicts le jourd'huv aux prosnes de chacune parroisse, led. S"" a proposé qu'il estoit question de nommer et eslire deux anciens conseilliers, quatre modernes et quatre quarteniers, les prioit et exhortoit de nommer et choisir gens de bien, bons catholiques et zélezau parti deTUnion. A dict qu'il estoit venu non pour inover quelque chose de la forme et manière ancienne à lad. nomination et ellection, ains pour la mainctenir et conserver. Estoit mandé de monseigneur de Mayenne; prestde partir pour Taller trouver, les prioit d'obbéyr aux magistrats et faire leur devoir.
Led. s^ lieutenant, aprez avoir remercyé led. s- de Tavennes de ce qui luy a pieu venir en ceste assemblée, a faict semblables exhortations et, aprez ample discours des misères de ce temps et du devoir que doibvent faire les eschevyns en leur charge, a prié de rechef les assistans d'y procéder légallement et eslyre gens de bien.
Par led. s' du Pont, premier et ancien conseiller, a esté remonstré que puys trois ans ilz ont esté esleuz en la charge d'eschevyns, que à leur advènement ilz avoieni trouvé faute de fondz sur les deniers de la recepte génc-
ralle, qui avoit esté cause n'avoir peu faire paier les arreraiges du passé.
Hz avoient aussi trouvé faute de fondz sur la solde de cinquante mil livres. Vray est que leurs prédécesseurs avoient obtenu 1 1 s. 7 d. d'augmentation aux 12 s. 6 d. pour muy de vin pour le remplacement de lad. somme, qui n'avoit peu estre effectué, à raison tant de la non valleur de la ferme que de ce que aucun n'avoit voulu constituer rente sur led. impost.
Pour le domayne ils l'avoient aussi trouvé fort chargé, d'autant que les deniers dicelluy avoient esté employez es années dernières aux ouvraiges publics, dont par semblable avoit esté obtenu remplacement parleurs d. prédécesseurs sur les deniers du pont et fortiffications par moictié et néaulmoins non accomply, pour ce que personne avoit baillé deniers sur lad. constitution de rente.
Hz avoient trouvé plusieurs impostz de nouveau miz sur autres (i) : Timpost des toilles et la réapréciation sur la vicomte de l'eau qu'ilz avoient faict supprimer.
Avoient par semblable obtenu révocation de la subvention des quarante mil escus.
(i) Henri III, mort en i58q, avait marqué son avènement et son règne par ses dilapidations et la création d'offices inutiles ou l'établissement de charges onéreuses. En i583, sous prétexte d'unification de l'impôt, il avait exigé 4,200,000 écus; mais cette apparence de réforme, signalée par M. Noël Vallois (L'unification de l'impôt en i583, Bulletin de la Soc. de V Histoire de France, 1888), n'avait trompé personne, et l'on savait que, sous un titre ou l'autre, les anciens impôts viendraient s'ajouter à cette taxe prétendue unique. Aussi les contribuables protestèrent vivement, s'il faut en juger par les doléances consignées par M. Ch. de Beaurepaire aux pages 38, 69 et 70 du second tome des Cahiers des États de Normandie sous le règne de Henri III.
Pour les autres affaires, ils ont faict faire les parapetz et murailles de nouveau construictz.
Avoient faict travailler au pont et faict faire la pille et la voulte de nouveau construictz ; néaulmoins, pour les empeschemens qui sont survcnuz pour le bien de notre religion, cella a esté empesché (i), les deniers ayans esté divertiz ailleurs pour la nécessité des affaires.
Dict avoir esté subicctz aux commandemens des seigneurs de parlement, gouverneurs et conseil général de rUnion, où ilz ont faict ce quilz ont peu pour le bien de la ville et de la religion, ausquelz il a convenu obéyr, ou en faisant employer les deniers des arréraiges des rentes aux fortiffications nécessaires.
A faict instance des clefz des portes de la ville qui au temps passé estoient entre les mains desd. eschevyns ; néaulmoins à présent sont ailleurs. On se raporte aud. s' de Tavennes d'en ordonner.
Quand pour les arréraiges des rentes qui n'ont peu estrc paiez, prie estre excusez sur ce que Ton a aucune chose receu de la recepte generalle.
Pour celles de la solde, a remonstré que les fermes ne vallent rien, qui a esté cause que Ton n'a peu faire paier les d. rentes, joinct que ce qui en a esté receu a esté employé par ordonnance dud. conseil aux iortiffications de la ville.
Et quand pour le domaine, a dict avoir fourny jusques à six vingtz muys de blé tant en farines que en essence pour la munition des soldatz et armées de mond. Seigneur de Mayenne, sans les armes qui ont esté prises et robbées le jour des barricades (2), que pour les poudres à canon
(i) Sous sa réserve timide, la critique de cet échevin Indépendant n'est-elle pas courageuse, presque ironique r (2) 4 février ibS'j.
qui ont esté délivrez puys ledit temps ; prians la compaignye d'avoir pour aggréable si peu de service qu'ilz ont faict, estans prestz de respondre aux plaintes que Ton pourroit faire contre eulx.
Le sr De la Val (i), ancien conseiller a requis rassemblée estre différée pour la maladie daucun desd. Vingt- Quatre.
Le cappitaine Valdory, parlant pour six parroisses du quartier de Cauchoise, dict avoir conféré de la nomination desd. eschevyns, eç avoir baillé advis par escript.
Ce faict, a esté ordonné que chacun se retirera en son quartier pour procéder à lad. nomination ainsi qu'il est accoustumé
Aprez laquelle eslection ainsi arrestée et conclute, led. seigneur de Tavennes, La Londe et Vingt-Quatre du Conseil, retournez en la grand salle dud. hostel commun, a esté faict lecture par le greffier de la ville de lad. ellection en la présence de tout le peuple assemblé
Ce faict, lesd. Du Pont, Pigny et Harembourg se sont retirez du bureau de lad. grand salle et en leur place sont entrez lesd. Roque, de La Val, Gosselin, Deshommetz et Faucon.
Aprez ce, led. s' de Tavennes a exhorté le peuple de nous maintenir des forses et armes que avons en main pour résister à Ihérétique et se résoudre à vivre et mourir pour la défense de nostre religion, ne nous laisser circonvenir par les bruictz que monsieur le cardinal de Vendosme est catholique, qui à la vérité n'est qu'une même cause avec celle du Roy de Navarre (2), nous donner de
(1) Estienne de Laval. 11 fut receveur général du taillon. (V. Cahiers des États de Normandie, ôgy, par M. Ch. de Eeaurepaire.)
(2) Charles II de Bourbon, né le 3o mars i562, mort le 3o juillet 1 5g4, fils de Louis de Condé et d'Eléonor de Roye, comtesse de
garde empescher les assemblées secrettes et rendre le devoir aux cappitaines, aider de noz moyens. A dict estre sur son parlement pour aller trouver mond. seigneur du Mayne (i) à son mandement. Attendant son retour, la cour, less^5 Je la Mailleraye (2), La Londe, le Conseil et les cappitaines donneront ordre au bien de la ville.
10 juillet i5go. — Du dix« juillet mil cinq cens quatre vingt dix, en rassemblée des Vingt-Quatre du Conseil et des cappitaines, assistés des lieutenans et membres de leurs compaignies et d'aucuns bourgeois, procureurs et praticiens de ceste ville, tenue enThostel commun d'icelle par led. s^ vicomte de Tavennes, assisté du s^ de la Londe, présence dud. Guérard, lieutenant.
M. Romain du Four, comparent et à cause de la malladie du s"^ du Réel (3), s'est présenté pour excuser led. sf sur son aage, peu d'expérience au faict de la charge d'eschevyn, estant gentilhomme, demeurant ordinairement aux champs, les priant prendre lesd. excuses et le voulloir descharger; néantmoins lesquelles, a esté ordonné qu'il demeurera nommé et esleu en lad. charge.
Par led. seigneur de Tavennes a esté remonstré que l'ellection du jourd'huy n'estoit aggréable au peuple sur les personnes de Adam des Hommetz et Jehan Faucon,
Roucy, cardinal de Vendosme, appelé dans l'histoire le jeune cardinal de Bourbon, neveu du cardinal de Bourbon, dont la ligue a fait un roi sous le nom de Charles X, s'était rallié dès i58q à la cause de Henri IV. Il fut le 83e archevêque de Rouen.
(i) Mayenne.
(•2) De Mouy La Mailleraye, l'un des chefs du Conseil provincial de rUnion. La cour est le parlement de la Ligue. (3) Robert Deschamps, sr du Réel.
nommez eschevins, par quoy, sans tirera conséquence en Tadvenir, estoit d'advis de les changer (i).
Less^s duGenetay et Délavai nommez et esleuz anciens conseilliers ont requisque les eschevins précédensprennent leurs places, à quoy par le s^ du Pont a esté soustenu au contraire.
Oys les allégations proposées à l'encontre de Adam Dcshommets et Jehan Faucon esleuz le jourdhier conseillers eschevyns et eulx en leurs excuses et deffence, après qu'ils ont déclaré que- de leur plein gré, ils se désistoient, a esté ordonné qu'ilz s'abstiendront dud. exercice, sans notte diffamye dont lettre leur a esté respectivement accordée.
Ce faict, par lesd. cappitaines, membres et leursd. compaignies et autres bourgeoys assistans, a esté procédé à la nomination des personnes qui ensuivent présence desd. Vingt-Quatre.
Assavoir :
Le sf de Hanyvel, ancien conseiller, a remonstré que s'estoit enfrainct les droictz et privillèges de la ville.
Par le procureur de la ville a esté protesté que Tellection présentement faicte contre les formes accoustuméez et au préjudice de Tellection le jourd'hui sollennellement
(i) Contrairement à cette application arbitraire et prématurée du suffrage universel ou plutôt de la théorie plébiscitaire, le 2 août 1594, après la réduction de Rouen, un arrêt delà Cour de Parlement déclara que Deshommets, défunt, et Faucon avaient été exclus abusivement, que le survivant jouirait des privilèges et honneurs d'ancien conseiller, et que François Dufour et Guillaume Le Forestier, qui avaient pris leur place, seraient considérés comme ayant rempli leur charge par forme de commission seulement. Le compte rendu de 1 5g6 mentionne cette réparation.
faicte en l'assemblée généralle neprejudiciera aux droiciz et prérogatives deues et usances de tout temps et ancienneté gardées en ceste maison commune, demandant lettre de sa protestation qui luy a esté accordée.
Après a esté dict que S^ Victor, pentionnaire, doibt estre osté du Conseil, pour avoir ses enffans au Pont de larche (i).
Par semblable, a esté dict que lesergentde la ville doibt estre osté de sa charge pour estre suspect à cause de religion, surquoy led. s- a ordonné que messieurs y regarderont pour les changer et leur deffendre l'entrée et exercice de leurs charges.
Ont aussy notté pour lorloger sans dire les causes.
Led. seigneur de Tavennes, en entrant à la sale, a ordonné ausd. s^s eschevins faire mectre au fort de S^^ Catherine quatre muidz de bled, oultre ce qui y estoit montant troys muyds, ensemble deux douzaines de pelles.
1 3 juillet i5go. — Du treizième dud. moys de Juillet mil cinq cens quatre-vingt-dix, devant messieurs Roque, Délavai, Gosselin et Le Forestier, conseillers
Suivant ce qui fut ordonné le dix« de ce moys a esté deffendu au sergent Le Signerre 12) l'entrée de céans et
(i) Delahaye, sr de Saint- Victor, avocat, pensionnaire de la ville. Dès le 23 août iSSg, Durolet ou Raulet, gouverneur du Pont-del'Arche, avait remis cette place à Henri IV, auquel, en juin i5oi, il ouvrit aussi les portes de Louviers, grâce à la connivence d'un prctre et d'un fabricant d'huile de cette ville.
(2) On le voit, l'épuration, cette violence chère aux révolutionnaires de tous les temps, a, comme il est d'usage, frappé les petits : le pensionnaire de la ville n'a pas été atteint, l'horloger même semble avoir continué une tâche étrangère à la politique; seul, le modeste sergent a cessé des fonctions inquiétantes, paraît-il, pour le parti dominant et dont nous lui voyons reprendre l'exercice en iSgô.
interdit lexercice de sa ciiarge et à luy enjoinct vuider de sa maison dans troys jours.
5 juillet i5g3. — Du lundy, cinquiesme juillet milcinq-cent-quatre-vingt-treize, en rassemblée généralle de la ville et communaulté de ceste ville de Rouen, tenue en la manière accoustumée en la grand salle du d. hostel commun par nous, Jehan Le Doulx, eschevin conseiller du Roy, lieutenant général au bailliage du d. Rouen (i), pour procéder à la nomination et ellection de deux conseillers anciens, quatre modernes et quatre quarteniers ainsi quil est accoustumé faire de trois ans en trois ans.
Lecture faicte des semonces faictes par les quarteniers et veu le nombre des défaillans, le procureur a requis l'assemblée estre différée.
Suivant la d. réquisition, la présente assemblée différée à jeudy prochain, sept heures du matin, sur peine aux défaillans de chacun deux escus d'amende dès à présent déclarez à la santé et aux centeniers et cinquanteniers de double amende, ce qui sera signifié par les d. quarteniers.
8 juillet i5g3. — Du jeudy, huictiesme juillet milci nq-cens-quatre-vingt-treize, en l'assemblée généralle et solennelle de la ville et communaulté de Rouen, tenue en la grand salle de l'hostel commun d'icelle par nous Jehan Le Doulx, escuier, conseiller du Roy, Lieutenant général au bailliage du d. Rouen, pour procéder à la nomination
(i) Jehin Le Doulx, deuxième du nom, conseiller au siège présidial de Rouen le 7 mai ibôq, marié à Catherine Le Prévost, nièce de Claude de Sainctes, évêque d'Evreux, acquéreur le 26 octobre ïSg^ de la terre de Melleville, demi-fief de haubert, près Evreux. (Charles Molle, Not. généalogique sur la famille Le Doulx de Melleville, tirée à Go exemp. Evreux, Ch. Hérissey, 188S.)
et ellection de deux anciens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers suivant la remise de lundy dernier.
Aprez que les quatre quarteniers de la d. ville, et Jacques Favrel, sergent d'icellc, eurent recordé avoir faict, et faict faire bien et deuement leurs semonces comme il est accoustumé, dont a esté faict lecture, led. s"^ lieutenant a proposé quil estoit question de nommer et eslire deux anciens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers; prioit et exhortoit ceulx qui seront éleuz de mainctenir la religion catholique, soubstenir leparty et procurer le bien de la ville, préférant le public a leur particullier.
A esté ordonné que chacun se retirera en son quartier pour procéder à la d. nomination ainsi quil est accoustumé et pour recueillir les voix et suffrages du peuple, ont esté commis nobles hommes Jehan Pavyot, Pierre Lefevre, Jehan Voisin, sieur de Guenouville et Jehan Puchot et les quatre quarteniers qui se retirent à ceste fin par chacun des quartiers autre touteffois que le leur, suivant que C}'-devant a esté ordonné.
Tous lesquelz, ainsi commis, ont raporté et présenté au bureau leurs raportz et nomination du peuple qui ont esté bien et diligemment examinez et parce quil a esté trouvé que chacun quartier avoit nommé son quartenier seul pour estre conseiller nouveau sans en nommer quatre pour en estre choisy ung par les Vingt-Quatre, le procureur a requis estre passé outre en la nomination des d. conseillers modernes, suivant le d. raport, surquoy a esté arresté que le peuple nommera présentement et à l'advenir quatre personnes ou plus grand nombre pour estre conseillers modernes pour sur iceulx en estre choisy ung par les Vingt-Quatre, suivant ce qui feust arresté en l'année mil-cinq-cens-quatre-vingt-ung, dont le d. procureur a protesté; pour lexecution de laquelle ordonnance se sont
retirez de rechef les dessus d, pour en faire nommer quatre, ce qui a esté faict, et aprez avoir faict retirer ceulx des d. Vingt-Quatre du Conseil qui estoient nommez pour estre anciens conseillers ou nouveaulx, ainsi quil a esté cy-devant ordonné, ayant au préalable donné leur voix à qui leur a semblé, et eu sur ce Tadvis et opinion des d. Vingt-Quatre qui restoient, ont estéesleuz et nommez pour anciens conseillers nobles hommes Jehan Trancart et Guillaume Colombcl ; pour conseillers modernes, pour le quartier de Beauvoisine, Jehan Asselin ; pour Cauchoise, Lucas Boulaye; pourMartainville, Martin De La Place et pour S' Hillaire, Toussainct Guenet; et pour quarteniers, pour Beauvoisine, Vincent Danten ; pour Cauchoise, Jehan Pavyot; pour Martainville, Marc- Antoine Bigot, et pour S' Hillaire, Richard Baudry, sieur de Semilly (i).
Aprez laquelle ellection ainsi arrestée et conduite, le d. si^ lieutenant et Vingt-Quatre du Conseil retournez en la grand Salle du d. hostel commun, a esté faict lecture par le greffier de la d. ville de la d. ellection en la présence de tout le peuple assemblé et ordonné neaulmoins les excuses alléguées par le d. Colombel, quilz presteront le serment, ce que ont faict iceulx Colombel, Asselin, Boulaye, Delaplace et Guenet, conseillers, comme par semblablement le d. Baudry quartenier, et quand pour les d. Trancart, Danien, Pa%'yot et Bigot seront faictz venir à la diligence du procureur pour prester le serment.
(i) Ce dernier est l'auteur de deux sonnets insérés à la suite du Discours de la Joyeuse et Triomphante entrée de Henri IV à Rouen, dont l'éditeur affirme avoir été secondé par un des échevins ; si ce n'est Baudry, ne serait-ce pas Bigot d'Esteville qui, dans les comptes rendus de iSgG et 1602, a prouvé autant son érudition que son mauvais goût.
Ce faict, les d. s. Roque, Gosselin et Le Forestier se sont retirez du bureau de la d. grand salle et en leur place sont entrez les d. Colombel, Asselin, Boulays, De La Place et Guenet.
4 juillet i5g6. — Du Jeudy, quatriesme juillet milcinq-cent-quatre-vingt-seize, en rassemblée généralle de la ville et communaulté de Rouen, tenue en la grand salle de Ihostel commun d'icelle par Nous Georges De La Porte ( I ), escuier, conseiller du Roy en son conseil d'Estat et privé, et son procureur général en sa court de Parlement de Normandie, ayant la garde du bailliage du dict lieu, le siège vaccant, pour procéder à la nomination et ellection de deux anciens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers, ainsi qu'il est accoustumé faire de trois ans en trois ans.
Avant que entrer en la grand salle les Vingt-Quatre assemblez.
Sur la requeste présentée par le s^ Boulaye (2), maître des ouvraiges, a esté advisé que, tant qu'il sera maistre des ouvraiges, il ne sera admis au Conseil comme ancien conseiller, ny en tiendra rang, ains seulement tel qu'ont de coustume les maistres des ouvraiges : par ce, lors que volontairement il remectra sa charge ès-mains du bureau, il reprandra son rang d'ancien conseiller.
Ce faict, l'on est entré en la d. grand salle.
(i) Georges de La Porte, sr de Montagny, procureur général en iSyo, président en iSgy, appelé par le Roi avec le premier président Groulart à faire partie de la Commission nommée aux Etats de Normandie en 1600 pour la réformation de la Coutume.
(2) Boulays, Boulaye ou Boullaye, successivement conseiller échevin, maître des ouvrages, procureur du Roi au bailliage.
Aprez que les quatre quarteniers et Thoinas Le Signerre, sergcantdela d. ville, eurent recordé avoir faict et faict faire bien et deument leurs semonces comme il est accoustumé.
Le dict s'' procureur gênerai a remonstré les causes de la présente assemblée, qui estoit pour nommer et eslire deux conseillers anciens, quatre modernes et quatre quarteniers, qui soient de probité requise, gens religieux, amateurs du public, obéissant a leur prince et qui puissent, comme les bons médecins, restaurer un corps malade par le moyen d'une bonne medecyne et, comme le bon pilote, mectre à port de salut son navyre presque brizé.
Ce faict, mons' Desteville Bigot, premier conseiller de la d. ville, tant pour luy que messieurs ses confrères, parlant à toute Tassistance a dict comme il ensuict (i) :
Messieurs, quand le vieillard estranger que Cléombrote rencontra ouvroit la bouche pour parler, soudain Pair estoit remply d'une très soyve odeur. Autant des oracles, leurs responces, chambres où elles se rendoient; d'Isis, lieu où elle s'arrestoit (2) ; de Darius, ses logis, tentes, perfumier (3) ; de Palamedez (4), ses huilles, fourneau,
(i) Octavian Bigot, sr cl'Esteville, représenta la ville avec Voisin, sr de Guenonville, à l'assemblée des notables du royaume convoquée à Rouen en i5g6 par Henri IV. Son érudition, dont le compte rendu qui suit fournit la preuve 'incontestable, a causé à son annotateur des embarras dont son infériorité avouée n'a pu toujours triompher.
(2) On promenait de ville en ville la statue d'Isis. (V. Lucius ou l'âne, par Lucien, et la Métamorphose d'Apulée.)
(3)« Et quand il vid entrant dedans l'estuve les bassins, bail gnoueres, les buyes, les phioles et boites aux parfums toutes « d'or fin, ouvré et labouré exquisement... » Parménion, écrivant à Alexandre, lui dit avoir compté dans le b^igage de Darius 3oo musiciens, 4G hommes pour faire les couronnes et bouquets de fleurs, 270 faiseurs de sauces, 2g potiers, 40 parfumeurs et environ 80 officiers du gobelet. Athénée, livre i3, chapitre 3o; Plutarque, Amyot, Alexandre-le-Grand.
(4) Palamède, grand inventeur contemporain du siège de Troie.
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caillou ; de l'aromatite, princesses qui la portoient et leurs chasteaux (i) ; du roy des Indes (2), chemin où il passoit, et de argenteis ministrorum ejiis thuribulis.
Les anciens disoient le pareil de noz majeurs scéans en noz places, de ceste salle, de noz registres chargés des discours qu'ilz faisoient aux jours de telle sollempnité que la présente; quod mella flagrant, id ore spirabant aiireorum verborum nuncii; rapportoient les bonnes et pénétrantes œillades des rois ; confirmations, augmentations de privillèges, promptes et advantageuses expéditions de cour en demande de secours; leurs Majestez inagis iiti authoritate suadendi, quam potestate jiibendi ; communication de Testât de leurs finances, acceptations d'offres volontaires, remises des aides, impostz, subsides, asseurance de supplément de fondz, remplacementz; prestz acquictés, rentes en arrérages et principal, conventions des Estatzgénéraulxetprovinciaulx, responces justitieusesaux
Palamedeus ou palamedicus, beau, artistique, ingénieux. « Fort bien, par Palamède ! l'habile homme, » dit Bacchus à Euripide dans les Grenouilles d'Aristophane, qui le cite encore dans les Fêtes de Cér'es. Au moyen de baguettes, de cailloux, Pamphile, épouse de Milon, l'hôte de Lucius dans la Métamorphose d'Apulée, livre 2, peut précipiter les astres du haut de l'Empyrée dans les profondeurs du Tartare et le chaos primitif. Les cailloux jouaient un rôle important dans le mobilier de la sorcellerie : l'héliotrope, pierre verte, rendait invisible; le glossopètre, ayant la forme d'une langue, désarme les rigueurs d'un amant ou d'une amante; et Pline, dans son Histoire naturelle, parle de Zachlas, magicien de Babj'lone, auteur d'un livre dédié à Mithridate, où il établissait la sympathie des destinées humaines avec les pierres précieuses.
(i) Sorte de gemme. « Elle a la couleur et l'odeur de la myrrhe, « ce qui la fait rechercher des reines. » Pline, Histoire naturelle, livre 37.
(2) « Quumrex sane inpublico conspici patitur, thiiribula argcntea » ministri ferunt totumque iter, per quod ferri destinavit, odoribus » complent. » Quinte-Curce, Alexandre-le-Grand, livre 8.
cahiers et autres remonstrances arrestez avec les députez céans extraordinairement appeliez en Tannée courante de leur envoy, recherches des déportements, soullagement d'oppressions, retrenchements des abbus, punitions exemplaires, et, comme Tescrymeur Mellenconius vainquoit à la simple desmarche, leur seul regard servir de commandement; la vitesse des citoyens sans distinction de quallitez à venir aux assemblées. Cest hostel commun n^estung mont Aventin (i) ou Poneropolis (2) : ilz estoient et sommes In eadem navi, multœ manus onus levius reddunt. Les retraictes des ducz, contes, marquis, barons et autres nobles de la province en ceste ville capitalle, et s^en servir He^-mionis vice (3), aides de leurs biens, conseilz, personnes, resolutions de conservation, prises céans avec messieurs les gouverneurs, Vingt-Quatre du Conseil et
(i) Lieu réservé. « Est-il une herbe quelconque qui doive être le » privilège des riches r Que personne ne tourne un regard vers les » monts Sacré et Aventin, retraites du peuple irrité! La mort mettra » bientôt de niveau ceux que l'argent a séparés. » Pline, Hist. nat., livre 19.
(2) « Au pied du Rhodope est la ville appelée jadis Poneropolis, » puis Philippopolis, du nom de son fondateur. » Pline, Hist. nat., livre 4.
« On dit qu'il fit un amas des plus meschans et plus incorrigibles » hommes qui fussent de son temps, lesquels il logea ensemble de- » dans une ville qu'il fit bastir et l'appella Poneropolis, c'est-à-dire la ville des meschans. » Plutarque, Amyoï-Philippus.
« Philippe tria de la tourbe populaire une partie de ceux qui es- » toient nourris au palais, desquels il bastit une ville appelée Pone- » ropolis, les séparant de la compagnie des autres. » Louys Vervin, l'Enfer des chiquaneurs .
(3) Comme d'un lieu d'asile. " Est Hermione templum in Pelopo- » neso, sacrum Cercri ac Proserpince, ad qtiod qui confugerint, » tuti sunt, propter loci religionem. » Erasme, Adages, chiliade 2, centurie 5, 67.
eulx ; causes décidées au proffict de la ville, scéances de polices, reigles politicques, fil de commissions rompu, commissaires renvoyés par arrestz, libertez d'eslire, appuier, escrire, remonstrer, achaptz de maisons et autres héritages, réserves de bledz, attraictz de trafficq, provisions d'armes, boulletz, pouldres, balles, artilleryes, ediffications de murailles, portes, pontz levis, forteresses, bastimentz de halles, palais, moulins, fontaines, tueryes, constructions du pont de Seyne, tallus, quais, confection de bacz, basteaux, grues, belins, pavemens, amas de matheriaux, moyens qu'ilz laissoient à leurs successeurs contynuer de bien en mieulx, et sans confondre les natures de deniers.
Telz propos faisoient ressouvenir des isles fortunez (i), fleuves aurifères, argentifères, gemmiferes, fontaine Dapolo (2), cruches des Elleens (3), formi des Dardes (4:,
(i) Les Canaries, conquises sous Charles VI par le normand Jean de Bethencourt, mentionne'es par PVme. Hist. nat., livre 6, et où les anciens plaçaient les Champs-Elysées.
(2) » A Myres, en Lycie, les poissons de la fontaine d'Apollon- » Carien viennent, appelés trois fois par la flûte, donner des pré- » sages : dévorent-ils avidement les viandes qu'on leur jette, c'est » bon signe pour le consultant; c'est mauvais signe, s'ils les re- » poussent avec la queue. » Pline, Hist. nat., livre 32, 8.
(3) « Est apud Eleos miraculum alterum : nam in Bacchi festo » qnod Thyan mincupant, illati templo lebctes très noctu sponte * implentur vino, foribus accwate occlusis, obsignatis etiam, ne » fraudem suspicari qiiis possit. » Ludovicus Cœlius Rhodiginus, Lectiones antiquce, livre i5, chap. 28.
(4) « Cette fourmi tire l'or des cavernes dans le pays des Indiens » septentrionaux, appelés Dardes. Elle a la couleur du chat, la taille » du loup d'Egypte. En été, quand elles fuient la chaleur dans les » terriers, les Indiens dérobent ce métal ; mais si elles accourront » attirées par l'odeur, elles déchirent les voleurs bien qu'ils se sau- » vent sur des chameaux très rapides, tant sont grandes leur agilité » et leur férocité, jointes à leur amour de l'or. » Pline, Hist. nat., livre 1 1, 36.
lac de la Palestine (i), des Agathyrses (2], Sabeens (3), Thimotée (4), Dallebande (5), Dhathus, Thassus (6), des jardins non d'Adonis (7) ou d'Egipte , ains des Pheaces (8), Hesperides {9), Lucani olebant piscem aut
(i) Mer morte.
(2) « Les AgathjTses, aux cheveux vert de mer. » Pline, Hist. uat., livre 4, 26.
(3) Placés par Pline, livre 12, 3o, en Arabie, dans la région ihurifère appelée Saba, mot que les Grecs disent signifier mystère.
(4) « Chose qui me fit souvenir du musicien Timothée, lequel par » la force de ses accords contraignit les gens de guerre du grand » Roy Alexandre de prendre les armes et se ranger en bataille ; » puis, fléchissant de voix et ton, les r'amodéra et fit retourner en » leurs lentes. » Songe de Poliphile, chap. 10.
(5) Alabanda fortunatissima, ville de Carie, renommée par son luxe, citée par Juvénal, satire 3, comme adonnée au luxe et au plaisir :
« Hic alta Sicyone, ast hic Amydone relicta :
» Hic Andro, ille Samo, hic Trallibus aut Alabandis. »
Erasme la mentionne dans ses Adages, chil. i, cent, i, 99, et Pline, au livre Sy, 25 de son Hist. nat., parle des escarboucles dites alabandiques qui se taillent dans cette cité.
(G) Dathus, colonie des Thassiens, en Thrace, où l'on recueillait de l'or. Thassus, île près la Thrace, très fertile. D'où le proverbe, Dathus bonorum et Thassus bonorum appliqué à ceux qui ont ou recherchent l'opulence. Erasme, Adages, c\\\\. i, cent. 3, 33 et 34.
(7) Jardins d'agrément, qui ont donné lieu de comparer à leur beauté inutile les gens aimables m.ais futiles. Erasme, Adages, chil. i, cent. 1,4. « L'antiquité a admiré avant tout les jardins des Hespé- )• rides, ceux des rois Adonis et Alcinoûs, et ces jardins suspendus, » ouvrage soit de Sémiramis, soit de Cyrus, roi d'Assyrie. » Pline, Hist. nat., livre ig, 19.
(8) La description s'en trouve dans Homère, Odyssée, chant 7.
(9) Le jardin des Hesperides dont Hercule enleva les pommes d'or.
Jlorem [\], respiroient roses, violleites, hyacinthes (2) depuis éveniées, corrompues, séchées, fannées, prou d'annemones (3), brousailles, ronces, arbres infructueux, plantes sauvages, odeur de la chaux de Jovinian (4), miel
(1) Les Lucaniens sentaient le poisson ou la fleur. Une de leurs lois défendait de renvoyer un hôte une fois le soleil couché (Lud. Cœlius Rhodiginus, Lect. antiq., liv. 19, chap. 26), ce qui leur a mérité sans doute l'application de ce proverbe fait pour ceux qui jouissent d'un renom d'aimable vertu, « qui gratam redolent suavitatem » ; c'est ainsi que l'on dit chez nous d'un pieux serviteur de Dieu qu'il meurt en odeur de sainteté. Le savant professeur de Rovigo cite un poisson de l'Adige ou du Tessin, le thj^malus, ainsi nommé parce qu'il sent le thym et mentionne l'éperlan, que l'on pêche de Rouen à l'embouchure de la Seine, en affirmant que son odeur est celle de la violette, sur le témoignage de Jean de Selve, alors vice-chancelier de Milan, qu'il a connu dans cette ville et dont la parole lui inspirait d'autant plus de confiance qu'elle exprimait le résultat d'une expérience personnelle, acquise alors que ce personnage important était premier président du Parlement de Normandie. Lud. Cœlius Rhodiginus, Lect. antiq., livre 28, chap. 7.
(2) L'hyacinthe est l'objet de deux fables : d'après l'une, elle porte le deuil de l'ami d'Apollon ; d'après l'autre, elle est née du sang d'Ajax, les veinures de la fleur étant disposées de m£nière à figurer les deux premières lettres de son nom. Pline, Hist. nat., livre 21 ,
(3) Pline, liv. 21, 94, cite l'anémone comme guérissant les dou- leurs de la tête, le mal de dents, les fluxions des yeux. On lui attribuait la vertu de donner du lait aux nourrices, et la première de l'année, enveloppée dans du drap incarnat et gardée à l'ombre, guérissait ou préservait delà fièvre tierce ou quarte ceux qui la portaient en amulette.
(4) Jovian ou Jovien, empereur romain, mort à Dadartana, en Bithynie, asphyxié parla vapeur du charbon allumé dans la chambrj fraîchement blanchie à la chaux où il avait couché. Valère Maxime, liv. g, chap. 12, 4, raconte que T. Catulus, ayant reçu de Darius l'ordre de mourir, se tua de cette manière.
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de Trapezones (i), transmutatd testulâ aliud genus remi (2). Aussy la déesse des Athéniens (3) y a entré, le dragon de la Grèce repéré, le marchand de Chio trafficqué, le Libien distribué ses drogues, les Telchines (4) arrousé d'eaue stigialle, le malencontre du serviteur de Sigismond (5) pris pied ; on y a glissé du laurier de Be-
(i) Trapesus, Trapezonde, aujourd'hui Trébizonde, sur la mer Noire, dans la Turquie d'Asie, « Apud Trape^untem in Ponto » dcjluere ex buxo mella accipimus, odore gravia et quce bene » valentes excppovaî faciant, ac amentiam concinnent. » Coelius Rhodiginus, Lect. antiq., liv. 23, chap. 35.
(2) Selon l'inscription ou la couleur de la coquille déposée par les votants, l'ostracisme était ou non proclamé à Athènes. Remus signifie rame ; pris ici au figuré, ce mot répond au sens de direction ou gouvernement et donne de la phrase latine cette traduction : la coquille changée, c'est un autre genre de gouvernement. Au xvie siècle, l'aviron du batelier avait tiré une importance proverbiale de l'élévation à la papauté de Jules II, qui avait été un obscur batelier et à propos duquel se répétait le dicton : à remo ad tribunal. (V. Erasme, Adages, chil., i et 2, cent., i, 5i et 76.)
(3) « Venez tous parmi nous et toi, déesse invincible, vierge
» aux yeux bleus et à la lance d'or, protectrice de la plus glorieuse )» des villes. » Aristophane, Les fêtes de Cérès.
(4) Sorciers, génies, hommes violents et cruels adonnés aux travaux des mines, passant pour avoir les premiers fait des statues en l'honneur des Dieux. A ce double aspect, on comprend qu'ils aient pu se servir impunément des eaux du St^'x qui étaient réputées mortelles. V. Cœlius Rhodiginus, Lect. antiq., liv. 29, chap. 24.
(5) « Un jour ainsy qu'on luy présenta un personnage pour estre » anobly (j'açoit indigne par ses vices et corruption de mœurs), il » respondit que l'affranchissant, il l'osteroit bien hors de l'ordre de » la populace, mais il ne le pourroit faire noble, c'est-à-dire que la » vertu et bonnes mœurs font reluire les personnes par une dignité » entre les autres, et non pas le vice. » — Discours de Bauquemare, Cahiers des États de Normandie de i58o, publiés par M. Ch. de Beaurepaire. Le même mot est attribué à l'empereur Maximilien.
bris (i). Nous n'avons esté des Xénophanes, Phocions, Theocrites, Hiperbores, Aristides, Fabrices ; Strichnum bibimus, Silemim preposteriim expressimus (2); Il estoit bien escheu au dé, nous avons mal joué : Accersitum maliim ; ut Ciimani libertatem habiiimus, quant petivimus (3), Gnathon, Androclide, Phrinondas ; Iscomaches, Crates, Sisyphes, Ponerophiles, Miconiens, Cacoliques (4) estoient en puissances, modo paliati,
(i) Le roi Bébryx fut tué à Amycus, dans le Pont. « Depuis la » mort de ce prince, son tombeau est couvert par un laurier appelé » fou ; parce que si on en porte une branche dans un navire, la » discorde se met dans l'équipage jusqu'à ce qu'on la jette à la mer. » — Pline, Hist. nat. ,li\. 16, 8g.
(2) Y.PVme, Hist. nat., livre 3i, io5. Erasme, Adages, chil. i et 3, centurie 3 et 8, 53 ; le banquet de Platon et Cœlius Rhodiginus, Lect. atitiq., liv. 16, chap. 5. — Suivant les auteurs grecs, le strj'chnos à la dose d'une drachme produisait des visions fantastiques comme le haschisch ; à une dose double, la folie ; à toute dose plus forte, la mort. Q,uant aux silènes, c'étaient des images placées au fond des coupes et qui, vues directement, représentaient des grotesques ; vues à rebours, l'image d'un Dieu ou d'un personnage illustre. C'est ainsi que notre pédant échevin s'écrie : « Nous avons bu le poison et nous avons aperçu le silène au rebours. »
(3) C'est un mal que nous avons voulu. Dans Homère, Odyssée, chant i8, on lit : « Certes bientôt Irus ne sera plus Irus et il aura ce qu'il a cherché. » Erasme, Adages, chil. 4, centurie 2. — Quant à la liberté que les échevins ont eue dans la mesure où ils l'ont demandée, comme les habitants de Cumes, n'est-ce pas une allusion à l'institution créée dans cette ville, au dire de Cœlius Rhodiginus, liv. 17, chap. 10, d'un magistrat nommé phylacte, qui, prisonnier, sortait le soir et était chargé de garder le roi pendant la nuit tout le temps que le sénat, libre de sa présence, délibérait sur la manière dont il avait gouverné ?
(4) Aux personnages cités plus haut pour leur vertu, Phocion, Aristide, etc., l'orateur oppose des hommes décriés, Gnathon, parasite fameux, mentionné par Cœlius Rhodiginus, Lect. antiq., liv. i3.
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modo togati (i), noctu lucidi, interdiu inutilles (2). Les Abarimonistes devenus Numides, Scythes, infinies gouster le lotus (3). La ventoze opéroit au rebours : Aries nutricationis mercedem persolvebat (4) ; estoit receue la devise du Lacedemonien armé : hicjaciet, nisi feceritis. Nous donnions a souper à Proserpine, les Ophyogenes (5), Pesylles, Tentyrites n'y arrivoient; on
chap. 25 ; Phrinondas, cité par Lucien, dans son Faux Prophète, par Eschine dans sa Harangue contre Ctésiphon, et Aristophane dans les Fêtes de Céres, comme un type de scélératesse, le cynique Crates ; le brigand Sisyphe que l'antiquité a condamné à rouler en enfer un rocher du bas en haut d'une montagne ; les ponerophiles ou amis des méchants, les myconiens, peuple monstrueux des Cyclades que Pline nous dépeint, livre 11, 42, Hist. nat., comme naissant sans cheveux; les cacoliques enfin ou tout mauvais.
(i) Proverbe qui s'applique aux gens inconstants et qu'on retrouve dans la 5e Philippique de Cicéron. Erasme, Adages, chil. 4, cent. 8, 9. Boileau n'en a-t-il pas donné la traduction dans sa 8° Satire : « Aujourd'hui dans un casque, et demain dans un froc ? »
(2) Se dit de ceux qui agissent à contre-temps, habiles quand il n'y a lieu, et, le moment venu, faisant preuve d'inertie. In nocte lucens, luce vero inutilis, dit Erasme, Adages, chil. 4, cent. 3, 3o.
(3) Pline parle au liv. 7, 2, de son Hist. nat., d'une région appelée Abarimon, dont les habitants sauvages ont les pieds tournés en sens contraire des nôtres. Ils seraient les ancêtres des Scythes, descendant d'Abaris, grand prêtre d'Apollon, personnage fabuleux. En goûtant le lotus, comme le fait supposer la phrase incomplète inscrite par le greffier, ont-ils oublié leur origine? On m'excusera d'avouer que j'ai peine à comprendre ce passage, embarras qui se renouvellera, hélas ! plus d'une fois au cours de cette docte harangue.
(4) Le bélier paie en effet sa nourriture en menaçant de ses cornes celui qui la lui donne, proverbe applicable à ceux qui rendent le mal pour le bien, — Erasme, Adages, chil. 2, cent. 5.
(5) Les Ophiogènes guérissaient par des attouchements ou par leur salive la morsure des serpents, les Psylles étaient invulnérables aux attaques de ces reptiles; quant aux Tentyrites, leur voix seule faisait fuir les crocodiles. — Plutarque, Vie de Caton d'Utique; Pline, Hist. nat., liv, 7, 2, livres 8, 38 et 286.
n^ apportoit racyne, ne branche de grenadier (i), expediebat milita habere cognomina (2) ; justum erat quud poteniiori utile. Les aigles et lyons, en marchant, resserrent leurs ongles au dedans, de peur d'en useretémoucer les poinctes; icy niillus repositits piscis (3) ; 7ion Xenocratis caseollus (4) ; Calliœ de/lueriint pennœ (5) ; peu sauvé de la bouche du loup, tout ouvert a tous ; ex ipso bove siimebantiir lora (6) : en queue rien de sain ; Testa collisa testa (7). Quelques superstitieux (dict
(i) Pline, au livre 23, 58 de son Hist. nat., raconte qu'une branche de grenadier, tenue à la main, met les serpents en fuite.
(2) Cela répond à notre expression : un sot en trois lettres. « A » Rome on appeloit ironiquement trium litteranim liomo celui qui » se donnoit pour un homme de famille honnête. Ceux qu"on nom- » moit ingenui avoient trois noms, le prénom, le nom et le surnom, » comme Marcus Tullius Cicero et quand on parloit d'eux dans un » écrit, on ne les désignoit que par les lettres initiales : M. T. C. : » de là le proverbe latin. Tuet, Matinées senonoises. »
(3) Le poisson était jadis recherché et l'on en tenait en réserve pour recevoir l'hôte qui survenait à l'improviste. — Erasme, Adages, chil. I, cent. 2, 98.
(4) Le philosophe Xénocrate était si sobre que l'on trouvait toujours chez lui un morceau de fromage conservé. — Erasme, Adages, chil. "i, cent. 5, 33.
(5) Personnage riche et dissipateur qui se ruina et perdit ses plumes, comme on dit familièrement aussi dans notre langue. — Erasme, chil. 3, cent. 7, 74 de ses Adages, parle de ce débauché, cité aussi dans le banquet de Xénophon et dans un chœur des Grenouilles. Dans les Oiseaux, Aristophane lui consacre encore ce dialogue : « Pistheterus : Callias est donc un oiseau ? comme toutes ses » plumes tombent ! — Euripide: C'est qu'il est généreux : les syco- » phantes le plument et les femelles aussi. »
(6) Fournir des verges pour être battu, disons-nous : « Aletapbora » sumpta ab agricolis qui lora cœdunt à boûm tergoribus, quitus » boves vinciunt. — Erasme, Adages, chil. i, cent. 2, 77.
(7) Se dit d'une lutte préjudiciable. aux deux parties. Aristophane
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Pline) mectoient aux portes de leurs demeures des statues (i), satyres, faucilles, les préservoient de sorcelleries, ravages, volleryes, larcins, pillages : et nous, ordinairement assistez de nostre vive et courageuse cinquantaine saizie de hallebardes, vestus de hoquetons de créance, n'avons peu empescher la ruyne entrer en cest hostel ny Ten rejecter, fruictz des guerres civiles, intestines, durant lesquelles commença nostre eschevinat, il y a aujourdhuy trois ans.
Nous estions lors comme les Gétulles : Sine lege, sine Rege [2], non sine Regulis in quorum libidine sita omnia; il y avoit aux greniers peu de bled vendu pour advancer la construction d'un bac neuf au lieu du perdu (3), et paier a la dame prieure de Croissy quelques arrérages de 200 1. de rente; encores, non contente de ce et d'avoir esté satisfaicte depuis la réduction jusques a ce jour, tient procès en la court de parlement, prétend paiement de 3oo 1. du reste d'arrérages escheuz pendant les
traduit le proverbe dans la Paix presque textuellement :«le tonneau, » violemment heurté, heurte à son tour le tonneau. » — Erasme, Adages, chil. 3, cent. 7, 29.
(i) Ce n'est pas sans motif que l'on adonné aux Romains le nom de popidus lapideus. Quant aux superstitions grecques ou latines, Lucien dans V Assemblée des Dieux ne cite-t-il pas des statues qui guérissaient de la fièvre r
(2) Sans loi ni roi, mais non sans roitelets en la fantaisie de qui tout résidait.
(3) Les glaces, les inondations, la vétusté avaient depuis longtemps consommé la ruine du pont Mathilde, dont les arches successivement écroulées entravaient la navigation de la Seine, et qui dès 1564 n'était plus guères accessible qu'aux piétons. Des bacs avaient été établis pour le passage des charrois, et cette situation se prolongea jusqu'en i63o, où fut inauguré le pont de bateaux. Le compte rendu le dit plus loin, page 120, on travaillait dès cette année à un pont de bois fort avancé déjà.
troubles et faire ouverture périlleuse de plus de 20,000 écus d'arrérages à autres qui ont pareilles rentes ; il n'y avoit armes ne pouldres, les finances courtes et desquelles on disposoit sans ordre, au cil, décil de Toeil, mouvement des lèvres ; convenoit promptement exécuter, bastir meubles, entretenir, fortiffier hors la ville; sy pour maintenir nostre liberté, Taccroisire, raccourcier, estaindre , jugez, et les artilleries, tallus, ponts, moulins, halles, maisons, murailles à réparer, le revenu en non valleur, levées d'impostz, emprunctz à discrétion ; par arrestz, contrainctz eslire bourgeois pour en faire la recepte, le lendemain, deschargéez par autre arrest en baillant deniers applicables qui à ung fort, qui à ung autre : Tyercelin poursuivoit Texecution d'un arrest qu'il avoit obtenu en la court des aides de Paris sur les habitans de ceste ville et chacun d'eulx de 2,5oo ou 3,000 livres, l'exécution duquel nous avons faict surceoir, et est l'instance pendante au conseil d'Estat qui n'a peu estre vuidée pour son décez ; ses héritiers cherchent composition. Noz successeurs y adviseront.
Les adjudicataires des fermes refusoient païer, y avoit procez formez sur les rabaiz, vuidés ; réservé celluy du Challeur en la court de parlement pour vingt cinq ou trente muydz de bledz; plusieurs bourgeois intentoient actions aux fins du paiement de 4,000 1. et d'avantage de denrées prises en leurs maisons pendant le siège, que n'avons peu leur accorder ; autres pour huict-cens-mil escus d'arrérages de rentes; defifunct maistre Alonce Le Seigneur, maistre des ouvraiges, pour cinq-mil escus obtint arrest, voire aux propres et privez noms de noz prédécesseurs jusques à la concurrence de leurs honnestetez ordinaires, avec retrenchement d'icelles à l'advenir, bien qu'elles soient moindres que de tous maires, capitoux,
eschevins des autres villes de la France, et ce qui n'avoit esté depuis lérection du parlement, je ne diray entreprins, mais seullement pensé, on envoya par ung huissier saisir et enlever noz registres, aprez rendus soubz telle quelle condition ; tout cassé par le Roy, restablissement obtenu, veriffiéau bailliage et la court interdicte; pareilles avoient esté obtenues de mons^ de Mayenne non suffisantes, pouvoit bien Le Seigneur s^en faire paier ailleurs, au crédit qu'il avoit, sans le prétendre aux despens des rentiers. Il a eu néantmoins lettres de confirmation vériffiez à la court, mandemens à luy délivrez au receveur présent qui les a refusées, n'ayant fondz ; prins occasion de là le d. Le Seigneur arrester le revenu, poursuivir son arrest aux Requestes et autres lettres patentes de renvoy sur la ville de ce qui luy estoit adjugé sur la recepte générale et, parce qu'il y alloit de Tinterprétation de Tarrest de la court, en demandasmes le renvoy, où nous sommes; on pratiqua lettres delà ville pour faire venir les Jesuistes et en conséquence, comme on a fâict par arrest, nous contraincdre advancer leurs dotations; on empeschala prérogative de la conduicte du basteau de bouille (i) frustrément; on s'efforça estouffer dès la naissance les huict escus
(i) Avant iSgS, le Roi avait fait don à quelques particuliers de la maîtrise des voitures d'eau de Rouen à la Bouille ; M. Ch. de Beaurepaire {De la Vicomte de l'Eau) décrit ces bateaux Bouillais et donne d'utiles détails sur leur service. En lôgS, Loys Legentil obtint par lettres-patentes le privilège et la maîtrise des bateaux de Bouille; c'est évidemment à cette concession que se réfère le compte rendu.
L'on ne lira pas sans profit la notice écrite par M. Edouard iVIéry, en tête de l'édition du Bateau de Bouille, comédie qu'il a rééditée pour la Société des Bibliophiles Normands.
pour muy de sel d'emboucheure (i) : periciilum au semblant du contredict. Sytost qucceulx qui avoient sur nous toute puissance se résolurent recongnoistre le Roy, on s'y joignit : Dans la capitulation articles incerées les plus utiles aux habitans (2) : on alla de la part de la ville avec les députez des autres corps baiser les mains de sa Majesté et luy promectre obéissance, obtenir confirmation desprevillèges, aides, constitutions de rentes. Canu, receveur, s'est ingéré nous en demander 200 1., mais adverty de la descharge employée en l'éedict de réduction n'a passé oultre; fut délibéré de la valleur du présent à faire au sf de Rosny qui l'avoit ourdye, forcés neantmoins l'augmenter; il est en doubte sy quelques autres Seigneurs qui croyent n'y avoir moins apporté et qui peuvent aujourdhuy davantage à nostre souUagement tirent occasion nous prononcer qu'ilz ont esté ingratement traictez (3) ;
(i) Le sel d'embouchure est celui qui, le plus souvent importé du Brouage, de Marennes ou Oléron, arrivait à Rouen en remontant la Seine (V. compte rendu de iSgg et mém. de Sully, tome I, chap. 69, qui mentionne comme revenus royaux les impositions des rivières et les droits d'embouchure).
(2) L'achat de la soumission de Villars et la compensation due à Biron pour la place d'amiral que le vénal ligueur se fit conférer par Henri IV coûtèrent assez d'argent à la Normandie pour motiver une imposition spéciale sur le sel. Cf. Ch. de Beaurepaire, Etats de Normandie sons Henri IV. Le traité fait avec Villars fut signé le 27 mars 1594.
(3) Dans cet encan où les chefs de la ligue vendaient à Henri IV et à la France affamée de paix et de repos des consciences dont le tarif en argent seulement a atteint, d'après la comparaison des états dressés par Groulart, Sully et Dupuy (Pierson, Hist. du règne de Henri IV, documents hist. VIII), un chiffre qui dépasse 32 millions de livres, Villars, qui, outre les promesses secrètes et autres avantages, s'était fait attribuer la charge d'amiral occupée par Biron le fils, auquel des compensations lucratives durent être accordées,
convint vendre le bled receu depuis nostre eschevinat pour V fournir et à l'entrée que le Roy espéroit faire; le poille, armaries, en ce qui a peu servando servari, est en essence céans. Aux nouveaux impostz on s^opposa, tant aux fins de modération que de raménagement, suivant ce qui avoit esté résolu en assemblée généralle en laquelle estoient semondz aucuns des corps, bien qui ne s^ trouvassent ; sur la veriffication, la court des aides donna son arrest advantageux, autrement exécuté par messieurs les premiers présidensdescompagnyes, commissaires enceste partie. Voulloient bien qu'on y meist ung bourgeois controlleur, le déclarèrent par affiches, sans le sallarier de ce qui en provenoit. L'impossibilité de controller par toute la Normandye, où il y avoit bureau, en dégousta le conseil, aussy que c'eust esté tacitement aprouver Texécution de la d. commission que Ton vouloit débatre. L'on députa vers le Roy. Par arrest en son Conseil, en juillet 94, feusmes esconditz de l'aménagement et modération, fondz laissé de 37,000 1. pour les arrérages du courant, ordonnance de paieries rentes sur le sel ; et sur les 7 a 800,000 1. que Ton justifia à Iheure par estatz estre deubz d'arrérages des rentes à prendre sur le Roy, y seroit pourveu après avoir eu Fadvis de mons^ l'admirai (1) et des d.
comme au duc de Montpensier et au chancelier de Chiverny, avait taxé sa soumission et celle du chevalier d'Oise, son frère, à la somme de 3,477,800 livres.
(i) Elevé à cette dignité par la Ligue d'abord, André-Baptiste de Brancas, sr de Villars, défendit Rouen contre le Roi, lui fit acheter chèrement sa soumission, et fait prisonnier des Espagnols le 24 juillet ôqS, au moment où il cherchait à pénétrer dans Doullens qu'ils assiégeaient, il fut tué de sang-froid par les ennemis. Ses funérailles qui eurent lieu à Rouen le 5 septembre lôgS sont relatées dans un des volumes édités par la Société Rouennaise de Bibliophiles.
corps. Des arrérages d a sel on a esté paie, de Tadvis jamais n'a sceu estre tiré. Pour les 37,000 I. feust présenté requeste à messieurs les Trésoriers qui déclarèrent n'y en avoir plus que dix mil, de la disposition desquelz le Roy s'estoit réservé la congnoissance, quelques jours après distribuées par estât particulier aux Seigneurs de sa court en paiement de leurs renies crées en 88 suivant certaines lettres patentes. On conféra avec messieurs les commissaires : riens n'en réussit au bien du public, l'on ne cherchoit que le redoublement. Aprocher la levée de limpost de Henricarville (i), en laisser à la force de le reprendre encore une foys quand on eust vouUu. Noz confirmations de privillèges et aides ont esté vérifiiez par tout purement et simplement, réservé en la court des aides lettres patentes obtenues pour leurs modiffications, deux autres pour empescher les poursuites du receveur des amendes de la court de parlement qui prétend se faire rembourser sur la ville des deniers advancés, et le volage de messieurs de la court y est employé, interdiction a icelle d'en congnoistre ny ordonner des deniers de la ville comme elle avoit faict pour les clouaques de la consiergerie (2), réparation du palais, des fontaines de Carville jusques a contraindre de prendre des plus clers deniers, tantost 5oo, tantost 600 1. Pendant les troubles, contre les formes ordinaires des ellections, on avoit destitué et institué les conseillers
(i) Quillebeuf, où l'on percevait un impôt dont la suppression fut longtemps réclamée par les Etats de Normandie, auxquels, en 1602, le Roi accorda la démolition de cette forteresse.
(2) Lettres patentes déchargeant la ville, contrairement aux prétentions du Parlement, des frais de voyage des conseillers dudit Parlement, des frais de vidange des cloaques de la Conciergerie et de l'obligation de bailler à la Cour un état des charges de la ville, signées à Troyesle 3o mai i5g5.
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eschevins : on donna adjonction à Monsieur Faucon, à présent ancien conseiller, qui en coucha plaincte et tant poursuivv que par arrest sa quallité et reng luy a esté conservé et les autres déclarés commissaires et leur commission expirée. Dans la confirmation des previlleges n'estoit speciffié le droict que les habitans ont de plaider par devant le bailly qui excitoit le vicomte d'en tenir procès, pour auquel remédier le procureur de la ville nous a escript avoir déclaration expédiée. On a faict réparer les halles, corps de garde ; contrainct ceulx qui tenoient des halles à fieffé, comme chinchers, savatiers, vieilles lingieres, grossiers-mercrers et autres, les mectre en estât et de mesme les locataires : les cordonniers (i) sontappelans à la court de la sentence donnée contre aulx pour leur fieffé, et est la cause preste à audiencer. Nous avons fiefFé la halle des tisserans en soye (2), les formallitez essentielles gardées, on a mis des meulles aux moullins, obtenu sentences contre le deffunct Le Seigneur, maistre des ouvraiges pour la restitution deue : il en est appellant à la court ; le procez y est pendant. Nous avons soustenu et
(i) Cette fieffé d'une halle couverte possédée par les cordonniers sur la place de la Haute- Vieille-Tour est visée dans un arrêt du Conseil d'Etat daté de Versailles le 3 1 janvier 1782, qui leur en confirme la concession, moyennant la redevance annuelle de 35 livres fixée par la ville en 1750, au lieu de la rente de 49 1. antérieurement perçue, décision motivée sur l'intérêt des marchands dont la vente était augmentée et celui des acheteurs trouvant « sous leurs » mains la concurrence pour avoir à meilleur compte et la facilité » de choisir ce qui leur convient, soit en neuf, soit en vieux. »
(2) « Laquelle leur estoit presque inutile pour la ruyne d'icelle, » causée, non seullement par la vétusté, mais aussi parles ravaiges » qui y avoient esté faictz par les soldatz et garnisons qui y avoient » esté logez durant les troubles, spécialement au dernier siège. » (Délibération du 11 février i5(j5.)
obtenu pour ceulx de la banllieue le previllege d'exemption du baon et arrière-baon et dispense d'assister à l'ellection du député du tiers Estât; on a faict réparer le pont de Cauchoise, deschargé la voulte des fontaines de S' Hillaire, reiglé les quais, distribué places et halles aux marchans de grains, donné adjonction à ceulx de Guibray pour leur foire contre ceulx de Caen, opposé à Testablissement du marché (i i,à la tuerie de Martainville'2] et aux previllèges que pretendoient ceulx du Havre, à la prérogative de Semi '3), anglois, pour vendre plomb, taxes de mestiers, érection d'officiers du sel, de la Rommaine, régallement (41, vente de 3o,ooo 1. de rente. Mons^ le mareschal de Retz vint en vertu de commission pour la faire passer : il obtint en partie et mons^de Chombert (5), après luy, l'autre. Sardini (6) ou autre soubz main pour
(i) Procès relatif aux droits et franchises sur les marchés, rappelé comme porté au grand Conseil dans le compte rendu de iSgg.
(2) Malgré leur opposition, ils furent contraints, par sentence du bailli et arrêt du parlement, à établir cette tuerie, comme le constate le compte rendu de juillet 1608. Ils voulaient (compte rendu de i5g6) assujettir les bouchers à y faire les réparations qu'elle réclamait.
(3) Smith. — L'Angleterre, de tout temps, importait du plomb à Rouen. (V. De Fréville, Mémoire sur le commerce maritime de Rouen, passim.)
(4) Le régalement du sel. Les Etats de Normandie de décembre 1595 demandaient au Roi de le retracter, et, en conséquence, la distraction de 20 sols pour le payement des gages de MM. de la court de Parlement, Chambre des Comptes, grand Conseil et cour des Aydes de Paris.
(5) Henri, comte de Schomberg, maréchal de France. Dans la délibération du g août i5g5, on trouve la mention de la présence à Rouen de M. de Chombert, superintendant des finances. Il mourut en i632.
(6) Scipion Sardini, dont l'influence redoutée, on levoit par ce pas-
luy apporta lettres à messieurs les trésoriers pour contynuer ung reste de 2 5 ou 3o,oooécus d'alliénationencommencée devant les troubles. A la simple remonstrance que nousen feismesaus d. Sieurs trésoriers de la diversité du fondz présent à celluy qui estoit lors, déclarèrent ne debvoir y passer; il a essayé avoir autres lettres adressantes a la chambre : nous Tavons adverti de l'expédition des d. sieurs trésoriers, à ce qu''elle ne feust surprinse. Nous y eussions couché opposition : nous avons craint leur renvoy ordinaire au Conseil du Roy. Nous ne nous en sommes pas bien trouvez pour les 20 s. de distraction de 2 écus 5 s. du seladjugez à messieurs des cour de Parlement, chambre des Comptes, grand Conseil et Aides de Paris. Les capitaines des harquebouziers et cinquantaine ont eu arrest contre la ville, affin d'estre paiez de
sage, comme par le cahier d'octobre 1600 des Etats de Normandie, édité par M. Ch. de Beaurepaire, avait le pouvoir de faire évoquer au Conseil du Roi toutes les affaires qui le concernaient. Cet orgueilleux toscan, venu en France à'ia suite de Catherine de Médicis, ayant épousé Isabelle de Limeuil, qui faisait partie des filles d'honneur composant Vescadron volant de la reine-mère, après le scandale de son accouchement public au milieu de la cour pendant son séjour à Lyon, en juillet 1564, fut non seulement un fermier ou partisan d'une inventive rapacité, mais le familier et le banquier de Henri III, auquel il prêta un jour jusqu'à 5oo,ooo écus. Exécré, mais puissant au point (V. L'Estoille, 20 janvier lôSy) de faire arrêter un président de la Cour des Aides de Paris qui l'avait envoyé à la Conciergerie pour avoir falsifié le texte d'un édit fiscal, il s'enrichit rapidement, acquit le château de Chaumont-sur-Loire, une autre habitation somptueuse à Blois, et fit construire, dans le quartier MoufFetard, sur la place qui porte son prénom, l'hôtel qui de nos jours adonné asile à la boulangerie générale des hôpitaux. C'est à propos de son élévation et de son opulence qu'on fit ce distique épigrammatique :
Qui modo Sardinii, jàm mine sunt grandia cete : Sic alit Italicos Gallia piscicidos.
quelques restes de leurs gaiges qui leur estoient deubz des troubles. Sy noz successeurs sur l'exécution se veullent faire représenter les roolles du temps et en faire la distribution, sy trouvoit fondz pour y fournir, se trouveroient les d. chefz reculiez de leurs desseings.
On a poursuivy le receveur Delahaye rendre compte. L'on pensoit trouver deniers pour secours : au contraire jecté unze ou douze mil escus qui luy estoient deubz par Texit de ses comptes rendus en la chambre ; dans ses comptes du domaine, se trouvoit la ville redevable vers luy de 3,100 ou 2.0 1. 11 y a quelques charges à vuider : requeste a esté présentée à la chambre : commissaires députez, que l'on n'a sceu faire assembler. On a exécuté l'ordonnance mise en son compte du domaine sur l'article des 40 écus de rente deubz par mons"" le président de Couronne (i) et soustenu la cassation d'une fieffé de deux acres de prey, comme le Conseil des Vingt-Quatre avoit trouvé estre moins que deuement faict. Néantmoins la court nous a débouté de Tenthérinement des lettres qu'en avions obtenues. Delahaie, pour ce qu'il luy est deu, a faict arrester ; nous nous en sommes deffendus et remonstré qu'il y avoit procès pendant en la d. court contre la suite duquel on espéroit retirer bien 4,000 1. et contre Crespin au conseil d'estat dont reviendroit du moins 600 1. sans ce qui pourra y estre adjousté par la vuide de la requeste présentée a la Chambre. Quelque poursuilte que nous avons faicte contre Fillastre, naguaire recepveur, n'avons sceu retirer ses doubles comptes rendus à la chambre et aprocher pour ceulx du domaine. Suivant la resolution prinse en assemblée, nous avons demandé la restitution de nostre artillerie estant au fort
(i) Pierre de Bonshoms, sr de Couronne, président à la Chambre des Comptes.
de Sainte-Catherine et la discontinuation des fortiffica* tiens ; l'on n'a trouvé que nostre requestefeusten saison. Les lettres patentes à nous octroiez pour la descharge des fournitures de boys, chandelles et autres choses aux fortz ont esté veriffiez à la court, neuf ou dix mois après la présentation. L'on ne nous a sceu gré de l'avoir poursuyvie, à cause que les troubles avoient apporté empirance et altération aux vivres du Vieil palais, aussy qu'il n'y avoitfondz aux fortiffications, de la plus valleurdesquellcs on souUoit les entretenir : avons refuzé d'y entendre, sy ce n'estoit que tout de nouveau le Roy les feist remectre en estât. Quelques soldatz du d. lieu, en vertu de certains bultins de carte imprimez des armaries de leur cappitaine, s'ingéroient, sur les quais, d'exiger des maîtres et marchands des navires à l'arrivée. A la plaincte de nostre superviseur parce que la cour n'estoit lors scéante delivrasmes l'un des d. bulletins à monsieur le premier président de la d. court et quatre autres mys es mains de monsieur le procureur général pour y acheminer reigle. Le pont de boys, que voiez que l'on construit sur la Seyne, est de 2,000 écus qu'on nous a faict délivrer des nouveaux impostz aplicables à cela et non ailleurs. S'il eust esté en nostre liberté, nous eussions préféré la réfection des tallus. Le cappitaine Maltys (i) a eu droict de
(i) Pierre de Rossel, appelé quelquefois Roussel, dit le capitaine Maltais, fut pourvu le 7 septembre iSqS, après le décès du titulaire Jean Pioche, de l'office de maître et général réformateur des aunes, poids, mesures et balances du royaume. Les plaintes des Etats de Normandie en iSqS, 1600 et 1602 ne purent obtenir la révocation de l'office, ni même celle de l'officier qu'ils accusaient de concussion; et en i6o5 il résignait son emploi à Pierre de Beringhen, premier valet de chambre du Roi, conservant assez de crédit pour devenir en 1607 fermier pendant deux ans, moyennant la redevance annuelle de 148,000 livres, de l'impôt établi à Rouen, de 3 écus par muid de vin.
quelque visitation, mais pour le jauge et estallon de la ville, sur nostre opposition il y a acquiessé. Les bourgeois nous ont poursuivi pour le paiement de leurs arrérages; nous avons donné ordre que sur le sel, et aides du Roy on feust paie d'une année des traites domanialles, faict acquitter demie année de rentes de solde, et, n'eust esté quelque restrinction employé en Tarrest de priorité ou postériorité, vous en eussiez receu ung troisiesme quartier. Pour les rentes de la recette générale, on a donné arrest contre les receveurs, l'exécution empeschée par les ordonnateurs en finances, sommations de prendre rescriptions, jamais bien goustées és-assemblées par les bourgeois, remys touttefoys au receveur tousjours d'en faire ce quy deppendoit de sa charge. La court par autre arrest a voullu limiter noz functions a 2,000 écus ; du depuis octroyé plaine main levée pour contenter les bourgeois. Nous avons esté en court, représentez, en la compagnve de leurs députez particuliers, les misères, calamitez et désespoirs, recolligé tout ce qui avoit esté par plusieurs foys et par aucun's demandé. N'avons néantmoins, non plus qu'eulx, seu obtenir aucune chose. Sembloit que, pour différer la scéance des Estatz, on voullut en faire perdre la mémoire : nous y avons usé de diligence. Ja y avoit lettres adressantes a messieurs les trésoriers pour faire paier aucuns , comme commissaires naturelz , néantmoins que les d. Estatz ne tinssent, et dont nous avons demandé communication. La sceance a rompu cette brisée. La Chambre des Comptes a retenu les lettres patentes qui luy ont esté présentez par lesquelles luv est deffendu contraindre Caveiier, receveur, compter pour les troys années de sa recepte séparément, ains mandé se contenter de prendre espèces pour une année seulle. Il y a instance obtenue pour les faire vériffier et autres pour
lever la charge des 20 sols qu'elle a ordonné en vériffiant le don du collège des jesuistes (i) estre paiez au domaine et lettres patentes pour lever sur les gens de justice i écu et demi escu. Le sieur de Juvigny le détient (2) et n'a esté à nostre pouvoir Fen faire sortir, quelques plainctes que nous en ayons couchez à la court. Nous laissons peu de bledz. La ville oultre les ruynes apparentes du tallus redevable vers les particuliers des d. 4,000 écus ; Delahaye des d. 4,200 écus, Le Seigneur deffunct, maistre des ouvraiges 5, 000 écus, Tiercelin des d. 2,5oo écus, et, qui croiroit mons' Dambray, receveur, en une sommation qu'il a faict faire, de 180 tant de mil, escus.
Nous avons faict faire une fontaine au Neufmarché (3) et ouvrir et refaict lez pontz de la porte Bouvereul. Le receveur Petit par ses estatz prétend avoir faulte de fondz de plus de 870,000 écus pour ses troys anneez. Encore la court a vouUu de nouveau nous assubjeciir accommoder dans Tencloz du pallais les registres du tabellionnage. Il est deu aux particulliers rentiers ung million d'or. Bref
(i) Rétablis en France par l'édit donné à Rouen en septembre i6o3, les Jésuites furent autorisés, en février 1604, par Henri IV, à rentrer dans leur collège de cette ville, en reprenant les biens meubles et immeubles saisis lors de leur suppression.
(2) Le sr de Juvigny, cité dans le compte rendu du 4 juillet 1602, comme écuyer du duc de Montpensier. Ne serait-ce pas lui dont l'Etoile a écrit dans son Journal du règne de Henri IV : « Le seigneur d'Ivigni ou de Juvigni, gentilhomme françois ayant nom et réputation entre la noblesse, fut poursuivi en ce temps (i6o5) en sa vie et en ses biens comme criminel de lèze-Majesté et pendu en effigie à Paris faute de l'original, pour avoir fait un discours intitulé : Discours d'Etat, pour faire voir au Roi en quoi Sa Majesté est mal ser\-ie ? » — Tallemant des Réaux, dans V Historiette de la marquise de Sy, marie la fille de la très galante dame à « un gentilhomme nommé Juvigny. »
(3) Sur le terrain appelé de nos jours place Verdrel, dans la rue Jeanne d'Arc ; elle a disparu lorsque s'est élevée la nouvelle façade du Palais-de-Justice, construite sur cette voie publique.
noz bureaux, liettes (i), armoires, bancz, chartrier, semblables aux coffres de Symonides plains de disgrâces [2\, calompnies, debtes passives, vuides d'activés, contentements, argent comptant, credict, presque d'espoir sy dextrement renfermé par la Pandore :
Domushœc, domiis Achillis Homerici, inanis, famellica (3). Nostre musique et Syrene, semper canens. In /lis œdibiis ploratus ; il nous fasche de le vous dire, Refricare obdiictam Reipiibliccu cicatricem 4), faire de nostre mémoire ung archive et journal de choses mal plaisantes ; nous eussions volluntiers contrefaict les Astomes (5,, Bogas (6), Hipparchion. La coustume, de Tobservance de laquelle n'est propre se départir, nous en a détournez. Thelephi viihius eâdem hastâ sanatum
(i) Layettes, coffret ou tiroir ou enveloppe à conserver des archives.
(2) Le poète Simonide avait deux cassettes, l'une pleine de compliments, l'autre de présents ; quand illes ouvrait au bout de quelque temps, disait-il, la première était vide, l'autre pleine. — Erasme, Adages, chil. 2, cent. 9, 12. Le savantéchevin joue ici sur les mots: celle qui a contenu des remercîments, des félicitations, gracias, est vide, à contrario il applique au contenu de l'autre le terme de disgrâces, employé dans son véritable sens en considérant l'état précaire de la ville.
(3) Dans Homère, Achille, après l'enlèvement de Briséis comme après la mort de Patrocle, s'abstient de nourriture, et contrairement à la coutume antique il n'ofl're aucun aliment aux personnages qui sont envoyés vers lui. — Erasme, Adages, chil. i, cent. 2, 98.
(4) Rouvrir une plaie fermée. « Appii vulnera non refi ico, » écrit Cicéron à Atticus. — Erasme, Adages, chil. 1, cent. 6, 80.
(5) Peuple vivant aux environs de la source du Gange et dépourvu de bouche. — Pline, Hist. nat., liv. 7, 2.
(6) Serait-ce. Bocchar, cité dans Tite-Live, livre 29, chap. 3i et 32, et dont Juvénal, appliquant le nom à tout Africain, parle comme d'un sauvage qui faisait fuir les baigneurs par l'odeur de l'huile dont il se servait aux étuves, « propter quod Romœ cum Bocchare nento » lavatur? »
quœ illud inflixerat (i). Sy nous en feust autant advenu, nous eussions esté hors de peyne : remèdes recherchez : Charadrium (2) jîwh invenimus^ non Hercidem malorum depulsorem : saxum volvimus (3) ; Laborem serimus (4). Alexandre le Grand (5) se courrouça contre Brisson le coureur qui s'estoit fainct en la cource; nous avons ouvertement preste ce qui estoit de notre pouvoir; mais noz actions n'ont reussy pour asseurément prononcer : O diva, quant sapis, maloriim oblivio I non amplius spinœ, Jucundi acti labores. Nous disons aperto pectore, sans fard, artifice ; c'est aux painctres mectre les coulleurs en leurs tableaux, brusques et mornes dessoubz, et les gayes et claires dessus.
11 est aisé juger que, sy noz prédécesseurs, qui oculos
(i) Blessé par Achille, Télèphe ne put être guéri que par un onguent fait de la rouille de la lame qui l'avait frappé. Properce, dans la première élégie de son livre 2, fait allusion à ce trait en ces vers :
Mysus et Hcemoniâ juvenis qiiâ cuspide vulnus Senserat, hâc ipsd cuspide sensit opem.
(2) Oiseau fabuleux, cité pour sa voracité; l'on donnait son nom aux gloutons : il passait pour guérir la jaunisse par le simple attouchement, et porté dans la chambre d'un malade, il annonçait suivant la direction de son regard que le patient mourrait ou vivrait. — Pline, Hist. nat., liv. 3o, 28 ; Erasme, Adages, chil. 7, cent. 7, 88. — Hadriani Junii Adagia, cent. 3 ; — S. ¥.^\'g\\9.m\ physiologus , Anvers, Plantin, i588, chap. 23.
(3) Allusion proverbiale aux efforts de Sisyphe; s'applique à toute tentative pénible, renouvelée et infructueuse. — Erasme, Adages, chil. 2, cent. 4, 40.
(4) Se dit vulgairement de tout travail sans résultat. C'est notre dicton : « semer sans récolter. »
(5) Il s'agit sans doute de Bion, ce transfuge qui vint avertir Alexandre que Darius avait caché des chausses-trapes sur le chemin qu'il devait parcourir. — Quinte-Curce, liv. 4, chap. i3.
in occipitio gerebant (i) n'ont peu en vingt sept ans consolider la playe des premiers remuements, lesquelz en leurs chrvseset recheutes n'ont duré ung an, neuf ou dix mois, il nous eust esté impossible en deux ans refermer Tulcére des derniers survenus après sy fors esbranlemens, réitérées escousses, et contynuezcinq. Philipe n'eust sceu rebastirsy promptement Olynte qui l'avoit destruicte (2). Até envoyée ruyner, despaincte par Homère cler voyante, oyante, droictte sur ses membres, éloquente, brillante, industrieuse, vite, résolute, hardye. Les Littes employées à la restauration, louches, surdastres, boiteuses, manchettes, lourdes, négligentes, songeardes, ecervellées, faillies de cœur, crainctives (3).
Autre foys on se feust plainct sy oultre les comptes des aides et octroys qui se rendent en la chambre et des patrimoniaulx en assemblée ordinaire du Conseil, et bourgeois auditeurs, de vous nommez, aucuns en vertu de Commissions en patentes, arrestz, sentences, ordonnances, auctorité privée et publique, vraye ou présumée se fussent ingérés les voir ou les estatz. Nous en avons levé le scrupulle, bien qu'il y eust estincelle de deffiance. A Athènes, il ny avoit qu'un seul préposé à la garde des pappiers de raison, subject les communiquer suivant la forme qui luy estoit prescripte. Ont espluché les nostres corps particu-
(i) C'est sans doute la première fois depuis la fable d'Argus aux cent yeux et avant l'espoir oftm à l'humanité par Fourier d'un complément caudal terminé par un œil, que, pour proclamer la clairvoyance de quelqu'un, on lui met des yeux derrière la tête.
(2) Après avoir pris Olynthe, livrée, dit Plutarque, par des gouverneurs achetés par lui, Philippe la pilla, la rasa et vendit ses habitants comme esclaves.
(3) Homère, Iliade, chants 9 et 19. — Até, qui a favorisé les ruses de Junon contre Hercule, fait le mal dans le monde et les Lites, c'est-à-dire les Prières suivent avec peine sa marche rapide, pour chercher à secourir les hommes qu'elle a rendus malheureux.
liers ; nul refusé qui l'ait désiré. Pauvre maison commune, d'avantaigefenestréeet en veue que celle de Démétrius, et Valerius Publicola (i). Apud Eleusinos capitale erat quidquam ex misteriis in Vulgus efferre (2). Les estrangers originaires pelle melle ont mys céans les piedz, les yeulx, les mains. L'Egiptien dict au curieux qu'il tenoit enveloppé ce qu'il portoit, affin qu'il ne le sceust. Nous y avons admis les Coricées, Allitaires (3), Gabelleurs (4), Lamyes (5). Ariste (6) haïssoit les gentz qui retroussoient les manteaux, nous les avons aymés. A la nostre voluntéqueung semblable Amynocle, grand furet de Perse, qui remplit l&ur airere (7) public des trésors, or, argent, pierreries trouvées en terre, y feust venu et (eust) découvert en quelque muce (8) de quoy suppléer à
(i) Valerius Publicola avait choisi pour y placer le trésor et les archives de Rome le temple de Saturne, situé dans un lieu exposé à la vue de tous. Sa propre maison avait été aussi édifiée sur une hauteur, et Valère Maxime, liv. 4, chap. i, conte qu'il la démolit, lui reprochant d'avoir l'apparence d'une citadelle.
(2) Lire dans Apulée, Métamorphose, livre 11, les recommandations d'absolue discrétion faites par le grand prêtre d'Isis à Lucius, au moment de son initiation.
(3) Corycées, peuple d'ionie, adonné comme les Aliterii aux pratiques de la sorcellerie, et, par suite, confondus parfois avec de mauvais génies, — Coelius Rhodiginus, Lect. antiq., liv. i, chap. 10 et 12.
(4) Exemple de la haine qu'inspirait l'impôt de la gabelle.
(5) Démons qui pour dévorer ies enfants prenaient la figure de femmes.
(6) Par un de ces jeux de mots familiers à son siècle, l'orateur substitue les gens aux vents dont a parlé Ariste. « Aristo dicere solet » eos ventos esse nobis viole stissimos qui abstrahunt pallia. Nam » his contra ventos munimur. Ita gravissime lœdunt amici qui expi- » cantur arcana. — Erasme, Apophtegmes.
(7) Airaire, traduction de œrarium, trésor public.
(8) Cachette.
noz faultes de fondz : nous l'eussions honoré, chéry, gratiffié.
La Mynerve des Athéniens ( i) n'a donné tant de force à noz souhaitz utilz que jadis elle impartissoit de succez à leurs téméraires et inconsidérées entreprises. Aucuns s'advancent en dormant : nous reculions en veillant, nostre mal croist : Ubi dolor, ibi manus. Je ne le puys surdir encore : Sy miseriœ nostrce, ut mali punici grana, gratam haberent accrimoniam, Angerona Voliipia (2), et leurs ministres se frequentoient, les festes de joye et pleurs, instituées par Thésée en mesme instant se celebroient (3), sur le seuil de Jupiter (4) feussent mys
(i) On honorait dans l'Acropole une statue de Minerve que la tradition disait être tombée du ciel.
(2) Quand les Romains assiégeaient une ville, ils promettaient au Dieu qui la protégeait un culte aussi ou plus grand ; c'est ce qui a fiit cacher le nom de la divinité tutéiaire de Rome. On pense que c'était Angerona, représentée avec un bandeau sur la bouche et un cachet sur ce bandeau, au-dessus de l'autel de \'olupia. Elle passait pour délivrer des angoisses et soucis secrets; c'est pourquoi sans doute on l'avait placée auprès d'une déesse qui paraît avoir personnifié le contentement et la volupté. La phrase latine aurait donc ce sens : « Si nos misères, comme les grains de la grenade, avaient une agréable aigreur, Angerona serait Volupia; ou notre inquiétude deviendrait de la satisfaction. » — Pline, Hist. nat., liv. 3, 9 et 1 1, et liv. 28, 4. — Saglio, verbo Angerona, dans le Dict. des Antiquités grecques et romaines, par Daremberg et Saglio.
(3) Thésée, au retour de son expédition contre le Minotaure, oublia de changer en une voile blanche la voile noire que portait le navire destiné à recevoir les victimes envoyées au monstre. Son père le crut mort el se j<;ta dans la mer; en souvenir de ce deuil mêlé à la joie, on institua les fêtes appelées, dit Plutarque, Vie de Thésée, les Oschophorics, où alternent les cris de joie et les lamentations ; « Gaiidii luciûsque voces in festi celebratione retinebantw. » — Castellanus Grœvius, de festis Gr-ecorum, Antiquit. grœcarum, VII, 686. B.
(4) Les deux tonneaux d'où Jupiter envoie aux mortels le mal ou le bien. — Homère, Iliade, ch. 24.
les deux tonneaux de félicité et infélicité, nous pousserions hors traictz de consolation.
Plusieurs odeurs font revenir du hault mal, sur l'heure ne le garissent ny desracynent la cause. La réduction de ceste ville à Tobeissance du Roy, le flair de la paix, achemynement de Testablissement de Tordre ancien, nous meirent en allégresse, fort consolés nous voir rejoinctz avec noz principaulx concitoyens. Aussy quorum exillio hœc Urbs erubescebat, eoriim reditu non mereret ; non împrobitatis erat castigatio, sed insitœ vulgaribus animis invidiœ etfiiroris placatio. Mais le revenu public n'en devint meilleur ; ains la dcspence augmenta.
Les bons architectes ne chargent une massonnerie nouvellement faicte, la laissent sécher, durcir; autrement s'éboulleroit, feroit ventre. Ceste, de sy long temps logée en la bouche des courtisans, nécessité, quœ consenuisse videbatur magis ac magis recrudescit, engendre ung mespris de nos recheustes, altère la peur de nous grever, tenter noz patiences, sentir les opérations du basillic broyé entre deux thuilles ; on adoulcit de peu nostre douleur : plus alloe^ quam mellis (i).
Vray que le soleil nVst clair à l'instant qu^il est eschappé de la nuée, est obscur au travers des brouillartz. Au retour de la mer et descente de navire en terre ferme semble muable et tournoyer. L'on ordonne incontinent médecines laxatives contre les viollentes descentes des catharres ; le mallade difficille à contenter, sa femme le fasche, se
(i) Plus de peine que de plaisir, l'aloès étant an:ier au goût. — Juvcnal, satire 6, a employé la même expression :
« . . . . Animo corrupta superbo, « Plus aloes qitàm mellis habet. »
Cf. Erasme, Adages, chil. i, cent. 8, 66.
courrouce à son lier, accuse le médecin; le visiter luy nuict ; autre pour n'y venir, ou venu s'en retourner.
Sy quelqu'un pour congnoistre Tacconiste en goutoit, mourroit avant que l'entendre; ceulx qui nous calompnient, s'ils eussent esté en noz places par advanture, auroient finy leurs jours avant que commencer à defrescher telles confusions. Magistratum gerens aiidiat et juste injuste. In libéra civitate liberœ sint linguœ. Maistres de leurs langues, nous de nos oreilles. Socrate voulloit qu'on apportast les malheurs en commun, et que chacun en eust son égalle portion. En ce cas les complaignans seroient aisés se contenter au leur, ilz auroient occasion de s'aigrir ex contemplatione felicitatis alienœ, sy le mal n'estoit général.
Quand on est contrainct à quelque fonction comme nous avons esté, est assez user de dilligence. Ut si non décore, atquam minime iiidecore faciamus. Ne Jupiter quidem omnibus placet. Sunt quibus alabaster unguenti putet (i). Ce n'est honte ne pouvoir tout. Ut possumus, quando ut vo Humus non licet (2). Il fault perdre courage, on se lassera publiais rnalis saginari; la misérable prudence acquise avec nostre propre péril et danger profictera, Polux et Castor paroistront ensemble de rechef; nous verrons en la tranquilité la terre. La maistresse adversité enseignera le desvoyé revenir à soy ;
(i) Il en est pour qui un vass de parfums est puant. Proverbe sur les gens toujours mécontents, même des meilleures choses. — Erasme, Adages, appendice, bj.
(2) L'on vit comme on peut, non comme on veut. — Erasme, Adages, chil. i, cent. 8, 43 ; c'est ainsi qu'au 4e acte de YAndrienne, de Térence, une femme cherche à excuser un commerce galant par cette raison ; ut quimus aiunt ; quando, ut volumus, non licet, traduite par le marquis de Belloy en ce vers précis : « On fait ce que l'on peut, sinon ce qu'on désire. »
rinflammarion des humeurs se meurira. Quid tandem non efficient manus ?
Noz successeurs que vous allez tantost, Dieu aidant, nommer et eslire se trouveront fournys de vivacité, preudhommye, habileté, bien veillance, expérience. A traict de temps feront dissouldrela malladye, retourner la température, disposition, sancté du corps ; auront cours d'eschevinat calme et serain : Commodément satisferont à voz désirs et attentes. Hauriente dolio e fontibus et au bout : hanc habebiint qiiam quœritis suavitatem; nous leur avons fendu la glasse, aisément singleront au cap de Bonne Espérance; jà se descouvre. Hz y surgiront gouvernés de Monseigneur de Montpensier, prince généreux et magnanvme {i i.
Sy le procureur de la ville eust esté revenu de son voiage de court, nous Teussions comme nous avons chargé les receveur, greffier, maistre des ouvrages, leur tenir prestes instructions de ce qui despend d'eulx.
Le médecin des pestififerez nous a par ung sergent faict signifier ung congé que nous n'avons accepté, synon en le signifiant à noz successeurs, et sy avons arresté èsmains du receveur soixante ou soixante dix escus pour ses absences sans nostre congé. Voilà les relations que nous laissons au greffe pour leur estre délivrez. Aucuns ont vouUu, soubz l'obligation généralledu revenu de la ville, traverser les affaires, et avons esté contrainctz obtenir
(i) Pair de France, gouverneur et Lieutenant général pour sa Majesté en ses Pays et Duché de Normandie. François de Bourbon, duc de Montpensier, qui eut le titre de prince dauphin du vivant de son père, Louis de Bourbon, nommé en mars ôSg, mourut à Lisieux d'une fièvre maligne, le 3 juin iSgz ; il s'agit donc de son fils aîné, Henri, prince de Dombes, qui lui succéda dans le gouvernement de Normindie, tout en gardant provisoirement celui de Bretagne.
lettres d'évocation. Le procez est prest de vuider entre la ville et le s^ De la Vacherj'e ( i ) pour l'usuffruict de sa maison. En la scéance des Estatz, on a vouUu convertir les liberallitezde la ville en nécessitez jusquesày avoir voullu messieurs les commissaires à la plaincte d'aucuns députez emploier la policitation de droict. Nous Tavons empesché et seullement faict ce qui estoit accoustumé le jour de la demande pour le bailliage de Rouen, et le jour de la response pour les ecclésiasticqnes et nobles des aultres bailliages. Invente qui vouldra etsoubz quelque coulleur • que ce soit : tout ce qui se faict céans tire a conséquence.
Messieurs,
Vous prendrez, s'il vous plaist, à la bonne part noz effortz, croirez nos bonnes volluntez, et en revenge nous servirons à vous et aux Vôtres.
J'ay dict.
5 juillet i5gg. — Du lundy, cinquiesme jour de juillet mil-cinq-cent-quatre-vingt-dix-neuf, en l'assemblée généralle de ceste ville et communaulté de Rouen, tenue en la forme accoustumée en la grand salle de riiostel commun de lad. ville par nous Nicolas Le Jumel, escuyer, s^ de Lizores, conseiller et procureur général du Roy en sa court de parlement de Normandie (2), garde du bailliage dud. Rouen, le siège vaccant, pour procéder à la nomination et ellection de deux anciens conseillers, quatre modernes et quatre quarteniers, ainsi qu'il est accoustumé faire de trois ans en trois ans, laquelle
{i) Gosselin, sr de la Vacherie, procureur syndic des Etats. (2) En i5g4 conseiller, i5g7 procureur général.
assemblée s'est faicte ce jourd'huy à l'occasion de la révérence du jour de dimenche qui estoit le jour d'hier.
Aprez que les quatre quarteniersde lad. ville ont référé avoir semondz en personne les trente notables bourgeois de chacun quartier et faict semondre les autres bourgeois d'icelluy par leurs centeniers et cinquanteniers, et que Thomas Signerre, sergent de lad. ville, eust aussi recordé avoir semondz messieurs les Vingt-Quatre du Conseil, ont esté appelez lesd. bourgeois, centeniers et cinquanteniers et ordonné que lesd. centeniers et cinquanteniers défaillant et adjournez en personne sont condampnez chacun en quatre escus d'amende, comme aussy les bourgeois adjournez en personne en deux escus et pour les autres adjournez parlant à leur femme et serviteur en ung escu, le tout aplicable aux pauvres ; néantmoing lesquelz defaulx, ordonné que Ton passeroit outre.
Et pour ce que pendant lad. assemblée et le refert du s^ de Guenonville cy aprez inséré, plusieurs de la pluspart desd. defaillans se représentèrent, feust ordonné par led. sieur procureur général aprez lad. assemblée tenue qu'ilz seroient relevez desd. defaulx, appelé le s' Pavyot, conseiller moderne.
Led. s^ procureur général ayant amplement remonstré la cause de lad. assemblée, monsieur de Guenouville- Voisin, premier conseiller de lad. ville, tant pour luy que pour messieurs ses confrères, parlant à toute l'assistance a dit comme il ensuict :
Messieurs, il y a ce jourd'huy trois ans qu'il vous a pieu faire ellection et nomination de noz personnes pour six conseillers eschevins de cest hostel commun, posez au gouvernement et conduicte des affaires y estans et qui pourroient escheoir durant le temps de trois années ensuivantes et accomplies ced. jour, en quoy nous avons
— ^Sy —
vaquéautantdiligemment qu'il nousa esté possible, dont je vous feray récit de quelques particularitez le plus au bref que pourray.
A nostre entrée et emménagement, nous v avons trouvé faute d^argent et fort peu de bledz pour satisfaire à tant de demandeurs, créditeurs, rentiers et autres charges et despenses ordinaires de lad. ville.
Plusieurs procez en toutes partz et jurisdictions en demandant et défendant.
Les maisons et moulins du domaine de lad. ville mal réparez et entretenuz et semblablement les portes, pont levys dMcelles et le pont de Seyne, cays et talutz, les murailles et rampartz en la pluspart desmolys et abatuz, qu"il nous a convenu réparer et quelque partie commencée à réédifier avec grandes despenses.
La réparation et couverture du palais que Ton a faict entièrement tout de neuf et autres besongnes que l'on a faictes au dedans, fort nécessaires, où l'on a consommé plus de 4,000 escus, tellement que de vingt ans il ny faudra rien despendre.
Et par arrest de la court nous avons esté contrainctz de occupper et construire une des plus grandes voultes basses du palais qui estoit louée 20 escus pour y placer tous les registres du Tabellionnage du temps passé à la conservation et commodité du public (i). En quoy l'on y a faict
(i) Le Palais de Justice contient encore ce dépôt confié à la garde de la Chambre des Notaires.
On lit dans Pavj'ot du Bouillon, Abrégé historique du Parlement de Rouen, manuscrit : « Le tort que le public pouvoit souffrir par raport à quantité de minutes d'actes qui étuieni dispersées chez divers particuliers, qui pouvoient en abuser par négligence ou par interrest au préjudice de ceux qui y étoient véritablement intéressez, excita le ministère des gens du Roy pendant la Chambre des vaca-
despenz et avancement par la ville de plus de 25o escus que ladicte court et les commissaires dMcelle à ce députez ont promiz rendre avec le louaige annuel de lad. place par ceulx qui Pauront en garde et administration pour les registres, le tout suivant les diligences, partyes et mémoires qui s'en représenteront par les procureur, receveur et maistre des ouvraiges de la ville et y a ung an que la despence en est faicte, estant led. maistre des ouvraiges saisy de la clef.
Nous avons eu commandement du Roy pour la préparation de son entrée et bien venue en ceste ville qui a esté précipitemment et néan,tmoing bien heureusement exécutée au moys d'octobre mil-cinq-cent-quatre-vingt-seize, selon le discours de nouveau imprimé, le tout au contentement de Sa Majesté et de toute sa court qui s'est trouvée autant formée de princes et seigneurs de la France et d'estrangers que l'on pourroit de longtemps avoir veu ( i ) ; la despence faicte et paiée sur le domaine de lad. ville monte grandes sommes de deniers que Ton a acquité sans constitution de rentes.
Au mesme temps par lettres du Roy nous avons préparé quelque entrée par la venue de monsieur le Légat de la Saincteté du Pappe et neaulmoing il n'a voulu accepter lad. entrée et s'est contenté dV estre venu honorablement avec son train ecclésiastique.
lions ; ainsy l'on autorisa deux personnes par arrest pour en faire la recherche et les faire transporter sous les voûtes du Palais, lieux qui avoient esté destinez suivant un arrest de 1626 pour servir. » (1673).
(i) La relation de cette entrée a été publiée par la Société rouennaise de bibliophiles dans un volume rendu très précieux par les notes dans lesquelles M. Ch. de Beaurepaire a mentionné le nom des personnages qui accompagnèrent alors la Cour.
Le mesme a esté faict pour monsieur rambassadeur d'Angleterre et aud. temps.
Le semblable a aussi esté faict pour la venue de Madame, seur du Roy, au devant de laquelle le corps de ville a este jusques à demye lieue et icelle conduicte à son Ibgis de S* Ouen.
Long temps devant lad. entrée du Rov, Sa Majesté avoit ordonné et convoqué une signallée assemblée des princes et plus notables de tous ses officiers, gouverneurs, présidens et conseillers, gens du Roy de toutes les courtz de parlement, chambre des comptes, courtz des aides, trésoriers généraulx de chacune province, maires et eschevins des principales villes de ce Royaulme, icelle assemblée termée à tenir en cestuy ville après lad. entrée (i), laquelle s'est tenue deux foys par chacun Jour au palais archiépiscopal, durant quatre à cinq mois que le Rov a faict icy sa résidence, en laquelle le s"" Desteville-Bigot, comme ancien conseiller, et moy comme premier eschevin en charge y avons assisté, y convoquez par lettres de Sadicte Majesté représentées au conseil de lad. ville et registrées en ce greffe, où nous y avons apporté ce qui dépendoit de l'honneur de Dieu, service du Roy et bien de ceste dite ville et de toute ceste province et estât de la France.
Sad. Majesté avant son partement de ceste ville pour l'asseurance d'icelle voulut descharger les douze cappitaines des bourgeois qui estoient en charge tant durant les troubles derniers que en précédent et, pour ce faire, ordonna en estre esleus et nommez douze autres, à sçavoir par le corps de ville en l'assemblée des Vingt-
(i) C'est la cclcbre assemblée des notables tenue par Henri IV à Rouen et qui eut une influence considérable sur la pacitication des esprits et la prospérité de la France.
Quatre du Conseil, huict, et les quatre autres, prins et nommez des autres corps, qui feirent le serment devant Sad. Majesté, dont il y a eu despence faicte tant en taffetas pour leur faire des enseignes, bois, chandelles que autres eniretènements de grandes sommes de deniers.
La prise des villes de Picardie par les Espagnols, entre autres celle d'Amyens 'i), nous a fort rabatu la joye de lad. venue du Roy, parce que nous estions réduictz en ville de frontière et feusmes en nécessité nous fortiffier, selon le mandement de Sa Majesté, et les ordonnances de Monseigneur de Montpensier, nostre gouverneur, pour à quoy commencer, par vozadviz et résolutions, il nous a esté expédient obtenir du Roy ung redoublement des aides de fortifïications ordinaires pour les non valeurs des courantes, duquel Ton joyt encores, et outre ce, avons obtenu une levée de huict escus pour muy de sel entrant aux rivières des généralitez de Rouen et Caen, autres que aus. lieux destinez pour l'assignation du s^ de Villartz (2) . Ce qui se lève est estably sur lad. généralité de Rouen et non encores en la généralité de Caen, parce que les sieurs trésoriers généraulx dudit lieu font refuz vérifiier les lettres d'octroy et n'ont eu aucun esgard à deux jussions par nous obtenues. Nous attendons une troisiesme et finalle que Ton poursuict en court.
Au dict temps de la prise Damyens, Sa Majesté députa less'^s Je Marillac et de Sansy pour nous demander secours, pour son armée qu'il disposoit devant led. Amyens, de deux regimens de gens de pied entretenuz et paiez par la
(i) Avec Amiens, les Espagnols s'étaient emparés de tout le matériel dz guerre que Henri IV y avait enfermé et qu'il destinait à lattaque de l'Artois.
(2) C'est une des traces laissées dans l'histoire financière de notre ville par la soumission vénale de Villars à Henri IV.
ville pour six mois, montant lad. despence à 60,000 escus et outre estions chargez d'establiren Normandie Timpost d'un sold pour livre sur toutes sortes de denrées et marchandises venduz et de redoubler les aides de toutes ses fermes et recepie et autres surcharges intolérables; par adviz du Conseil, il feust par nous traicté avec lesd. s^^ commissaires, présence de mond. seigneur de Montpensier et des députez de tous les corps et courtz de ceste d. ville, qu'en consentant par lad. ville à la continuation des impostz nouveaulx accoustumez estre levez avec bonne modération et en suprimant et révocant par le Roy lad. levée d'un sold pour livre, la levée des impostz de Henricarville, redoublement de ses aides et toutes autres surcharges, la ville donneroit à Sa Majesté pour employer aux fraiz de sadicte armée la somme de 100,000 livres tournoiz pour estre levée par capitation sur tous les bourgeois d'icelle indiféramment, privilegez et non privilegez, parce que moictié du revenu desd. nouveaulx impostz sera affectée et assignée pour le paiement des arrérages de 52,000 escus de rente que Sa Majesté doibtausd. habitans et autres rentiers, à quoy il est tenu faire paiement par chacun an sur sa recepte généralle de Rouen, ce qui a esté fourni et paie, réservé environ 2^000 escus qui en sont encores deubz par aucune des courtz et autres mentionnez au roolle des restantz à paier.
De laquelle moictié des nouveaulx impostz nous avons faict paier aux rentiers cinq quartiers jusques icy, montant chacun quartier à i 3, 000 escus; et y peult avoir encores fondz pour ung quartier, pourveu que l'on défende les entreprises des s^s Le Grand et De la Grange et autres; en faultadvertir, faire et poursuivir fondz sur lad. recepte généralle desd. 52, 000 escus de rente pour requérir la révocation desd. impostz et là où le Roy voudroit iceulx
continuer, que Ton continue son train pour lad. moictié à raménagemeni de la ville.
Il est à recongnoistre que le procureur de la ville estoit en court à la poursuite des affaires, lequel nous y avons continué par longtemps et en plusieurs voiaiges et plusieurs autres députez, où il s'est faict de grandes despences.
Les procez sont en grand nombre comme dict est; au Conseil du Roy sont les plus d'importance et, entre autres, celluy de Me Joseph Le Roux et ses personniers (i) qui doibvent aux aides de solde plus de i ,800 escus, lequel s'en est faict descharger par arrest dud. Conseil pour sa portion, sauf à la ville à poursuivre la part des autres, qui est une voye extraordinaire; sera veu l'arrest qu'il produira pour sa descharge, lorsqu'il en sera poursuivi.
Il y a encores ung autre procez prest à vider audict Conseil contre ung nommé Guenet et le receveur Fillastre pour la somme de 5, 000 escus ou viron sur ladicte solde.
Il y a ung procès au grand Conseil pour l'adjonction que nous avons donnée aux bouchers de caste ville contre les habitants du Pontaudemer pour noz franchises des droictz des marchez et foires dedans la province.
Nous avons obtenu lettres du Roy d'exemption de la servitude de présenter pour la ville, faulxbourgs et banlieue certain berger en chacune parroisse pour conduire tous les bestiaulx au boys et communes, pour respondre de tous forfaictz et amendes^, luy seul pour le tout, dont ledict procureur est chargé pour en faire faire la vérification aux eaues et forestz.
Sad. Majesté estant à son ses jour en ceste d. ville feust par nous requiz à l'instance de plusieurs de noz habitans et autres maltraictez contre la teneur de son éedict de
(i) Associés, co-partageants.
réduction par aucun jugement extraordinaire, qui luy pleust faire révocquer telz jugement et commissions en ce quedurant le tonnerre des dernières guerres Sad. Majesté avoit donné à plusieurs de sa suicte Tusufruict des biens et héritages de ceulx du contraire party avec les formalitez indictes, néantmoings que par l'article de l'éedict chacun retourne en sa possession de part et d'autre, il se ingérât autrement par passion etanimosité au grand préjudice du repoz public. A quoy Sa dicte Majesté de sa bonne justice ordonna que led. éedict feust entièrement entretenu et tellement que Ton a cessé tel desrengement.
Nous avons faict vider plusieurs procez, entre autres le procez du Prévost touchant 4,000 escus qu'il devoitausd. aides de solde qu'il a voulu compenser sur des parties dépendantes du faict des guerres, lequel a gaigné sa cause au parlement de ceste ville sans despens; c'est perte pour les rentiers.
Nous avons apoincté et transigé de plusieurs autres petis procez qui estoient plus en despens que desperdition de proufict; aussi mis fin au procez prest d'intenter tout de nouveau contre la ville par le s^de Bretigny, représentant le droict des héritiers de défunct maistre Guillaume Ango, s' de Fontaines, advocat et pensionnaire de la ville, et ce suivant plusieurs résolutions du Conseil, tellement qu'il a satisfaict à tous les arréraiges et despens modérez avec estimation du corps de la rente foncière.
La publication de l'heureuse paix que Dieu et le Roy nous ont donnée (i) a esté faicte solennelle comme elle est descripte au registre des délibérations, où s'est faict grande despense.
(i) Paix conclue à Vervins le 2 mai 1398 entre Henri IV et Philippe II, roi d'Espagne.
Nous avons faict monter et parachever le grand pont de bovs ( I ) et faict- faire et asseoir la platte-forme et monté le pillier de façon de pierre, au dessus des plus grosses eaues et faict des traicteàulx pour soubstenir et fortiffier led. grand pont de boys, tellement qu'il est en asseurance qu'il n'y faudra rien faire de dix ans, en actendant la commodité de deniers, si ne luy survient quelque autre vice, à quoy il faut tousjours pourveoir et avoir l'œil.
La démolition du fort de S'^ Catherine (2) s'est faicte par ordonnance du Roy et de monsieur de Montpensier, par la peine et labeur des bourgeois, à nostre grand regret, et ny a rien du faict dp la ville, ny des bourgeois à la démolition de Téglise ny de la chapelle, ce qui s'est faict par Tabbé, religieux dudit couvent, selon l'ordonnance et commandement qu'ilz en ont eu du Roy et de mond. seigneur le Gouverneur.
Nous avons trouvé le cours des fontaines de Dernestal cessé ; nous y avons employé beaucoup de temps et d'argent, et faict l'advance de la despence pour monsieur l'archevesque.
Il y a ung an que nous feismes faire ung pan de mur, tout pillotté, contre le rampart joignant les Jacobins, de coust de 3,000 escus.
Et avions pour ceste présente année entrepris et faict
(i) Ceci ne donne-t-il pas raison à l'opinion qui admet l'existence d'une passerelle provisoire entre le temps où le pont de pierre a été hors d'usage et celui où le pont de bateaux a été établi, 1626-1630? En 1G17, voir le compte rendu de 1620, on construisit aussi une passerelle pour l'entrée de Louis XIII.
{2) Demandée par les Etats de Normandie et accordée en même temps que celle des fortifications de Quillebeuf ; l'exécution n'en fut retardée que par suite du paiement des indemnités réclamées |.ar les gouverneurs de ces places.
marché, adjugé devant le bailly, pour la continuation d'un autre pnndemurà joindre au dessus d. Aquoy faire nous avons esté empeschez par Tordonnance de monseigneur de Montpensier, parce qu'il dict avoir commandement du Rov de faire cesser toutes ouvraiges de la ville pour en emplover les deniers à l'ouvrage du pont, cays et talutz, laquelle ordonnance ayant esté délibérée au Conseil, a esté résolu que l'on ne pourroit divertir les deniers à quoy ilz ont esté désignez par les octroys, et led. seigneur seroit prié le trouver bon.
Nous avons faict les réédifications de grande partie des murailles, corps de garde, guérittes, grilles, fortz de terre et autres ouvraiges et fortiffications et les démolitions des forts qui estoient construictz sur les cays, pour en oster l'empeschement, aussi le revestement des terrasses du fort de Bouvereul.
Aussi nous avons faict marché à ung nommé Le Bouteiller et ses personniers (i) pour wider certain nombre de pierre estant tombez de la ruyne de la grand arche dans la rivière, il y a plus de trente ans, qui bouche et empesche le passaige des bateaulx montant et avalans d'amont et d'aval au grand préjudice du trafic et des foires de la ville, ce qui est intéressé d'y faire continuer.
Les arréraiges des rentes sur le domaine sont paiez pour autant de fondz qu'il s'est trouvé et en pareil de la solde qui n'a peu estre paiée que d'un quartier sur noz deux preinières années et de deux quartiers sur ceste dernière pour les non valeurs des aides, mais il y a espoir de mieux. Dieu aidant, pour Tadvenir.
Et pour faire continuer et employer ausd. fortiflfications nous vous laissons quelques deniers comptant avec autre
(i) Associés.
somme de 2,800 escus en débez, portez sur le reste des rooUes à recevoir, dont convient en continuer la poursuicte sur les préposez receveurs.
Nous avons faict l'entrée de Monseigneur nostre archevesque (i) par le commandement du Roy en la solennité, telle qu'elle est descripte et faict le festin en ceste hostel dix jours aprez à mes d. seigneurs de Montpensier et archevesque.
Il s'est faict ung reiglement par sentence de monsieur le bailly à notre instance pour faire monter aux halles les mercyers et autres marchandz qui s'en estoient despartiz ayant faict des ouvroirs et boutiques dans la Belle (2) de la Vieutour contre les formes et anciennes ordonnances et qui difîormait lad. place du Belle et préjudicyoit les pauvres gens des ciiamps venant aud. marché, ce qui est à faire continuer et observer.
Nous avons présenté requeste à Sa Majesté, estant en ceste ville, qu'il luy pleust nous faire délivrer l'artillerie de la Ville estant au fort de S'^ Catherine et ailleurs du temps du défunct sieur de Villartz. Il en a autrement disposé et faict délivrer à sçavoir au capitaine Boniface (3) une partie pour faire porter au chasteau Barques. Autre partie faict porter au Vieil palais et à quelques autres particulliers du Havre ou d'ailleurs, tellement qu'il ne nous en reste que peu de petites et n'y a aucunes armes, ny munitions.
(i) Charles III de Bourbon, frère naturel de Henri IV, 24 mai iSgg.
(2) « On chassait le troupeau communal devant soi dans la cour « fortifiée ou le baile de la forteresse ». — Siméon Luce : Jeanne d'Arc, son lieu natal et ses premières années, Correspondant,
(3) Ozias, Alias Joseph de Boniface, baron du Bosc-le-Hard, sr d'Ectot-l'Auber, commandant du fort Sainte-Catherine, gouverneur du château d'Arqués.
Aussi nous avons vidé les comptes des receveurs Fillastre, Cavalier et Petit qui sont redevables de bonnes sommes en leurs comptes du domaine, mais lesd. Fillastre et Cavelier prétendent compenser ce qui leur est deu par Testât final de leurs comptes renduz en la chambre pour les autres natures de deniers.
Et pour le receveur Delahaye qui prétendoit luy estre due une grosse somme de deniers, par lexit de son dernier compte du domaine et dont nous luy en avons faict quelque paiement, suivant que nous en avons accordé avec luy à temps et par années. Ce néaulmoing il y a encore quelques difficultez qu'il sera bon de reigler avant luy faire aucun paiement, joinct qu'il a receu plusieurs parties à luy allouées en ses comptes et dont la ville seroit à restablir, soit par obmission ou autrement.
Nous avons esté en volonté de requérir à Sa Majesté le restablissement de Tancienne mairye, suivant que les autres principalles villes de la France en ont faict depuys leur destitution (i); mais les grandes affaires affluantes journellement nous en ont empeschez. Ce sera à la commodité de noz successeurs.
Aussi il y a une autre poursuite encommencée par noz devanciers pour obtenir franchise, exemption et descharge du droict de gabelle et autres droictz miz et à mectre sur la distribution du sel au grenier de Rouen pour la distribution annuelle et ordinaire à faire à messieurs les eschevins, anciens conseillers, pensionnaires, quarteniers, faisans les Vingt-Q.uatre du Conseil pour eulx et leurs veufves avec les quatre officiers de lad. ville, qui est de
(i) Tentative infructueuse, et ce ne fut que lorsque la Royauté n'eut plus à redouter l'indépendance de la mairie qu'elle la rétablit en faisant du maire un fonctionnaire soumis au pouvoir central représenté par l'Intendant et le Gouverneur.
chascan une myne de sel par an, subjectz d'en paierseullement le droict de marchand comme les officiers des courtz souveraines, officiers des monnoies, les compaignves de la cinquantaine et des harquebuziersqui en ont obtenu semblable privilège, n'estant lesd. officiers de ville moins favorables qui journellement travaillent au service de Sa Majesté, à la conservation de sa ville et de ses droictz levez en icelle (i).
A Poccasion des guerres et pour tant d'autres affaires à nous survenuz nous n'avons peu entendre à Pestablissement prétendu faire d'un coUeige pour l'instruction de la jeunesse aux bonnes lettres selon les lettres du Roy jà obtenues et le fondz commencé à lever sur la jurande des officiers, advocatz et procureurs des courtz souveraines^, que autres juges subalternes; cella se continuera, Dieu aidant, à la commodité de messieurs pour en rechercher la valeur dud. fondz qui doibt estre entre les mains de ceulx qui reçoivent leurs autres droictz sur lesd. jurandes.
Sera aussi notté que pour la remarque et recongnoissance des bons et fidelles services faictz au public par messieurs les eschevins et Vingt-Quatre du Conseil, y comprins les quarteniers et quatre officiers de la ville, il a esté trouvé bon par led. Conseil, que Ton feroit faire ung drap de corps '2) de velours viollet cramoisy, fort enrichi de fleurs de lys d'or, avec la croix de drap d'or et d'argent et les armaryes de la ville brodées et l'embrassement de satin viollet pour faire servir aux enterremens
(i) Sur l'impôt du sel en Normandie, notamment au xviii' siècle, consulter la notice publiée en 1886, dans le Précis des travaux de l'Académie de Rouen, par M. A. Bligny.
(2) L'usage de porter des draps en velours ou autre étoffe derrière le corps des défunts existe encore dans certaines parties, spécialement le midi, de la France.
et obsèques des dessus dicts sieurs, leurs femmes, vcufves, lorsqu'il plaira à Dieu les apeler de ce monde en la vie éternelle, ce que nous avons faict et accomply en sa perfection, et lequel drap de corps estans dedans ung coffret, fermant à clef, sera à la garde du concierge et la clef mise ès-mains du premier eschevyn pour par luv en disposer et le faire délivrer pour cest effect seulement; la despence duquel monte à 200 escus paiez du domaine.
Nous vous laissons aussi dans les greniers six ou sept vingtz muiz de blé avec quelques deniers sur le domaine es mains du receveur Fleury, outre plusieurs noz mandemens extraordinairement à luy addressez sur lesd. receveurs Fillastre, Gavelier, Petit et autres, sauf la question sur les aucunes compensations prétendues ainsi que de raison.
Voilla, messieurs, Testât des affaires de la ville que nous avons traictez durant nostre consulat ; le surplus se recongnoistra sur les comptes du receveur et par les registres du greffe.
Dont nous vous suplions, messieurs, vous en vouloir contenter et nous excuser si le tout ne s'est acomply selon vostre désir.
De quoy les dessus d. s'^ eschevyns ont esté remerciez par led. s"" procureur général au nom de toute la compaignye.
4 juillet 1602. — Du Jeudy quatriesme jour de juillet mil-six-cent-deux, en l'assemblée généralle de ceste ville et communaulté de Rouen, tenue en la forme accoustumée en la grand salle de Thostel commun de lad. ville par Nous, Jacques Gavelier, esc, conseiller du Roy, lieutenant général au bailliage dud. Rouen, pour procéder à la nomination et ellection de deux anciens conseillers,
quatre modernes et quatre quarteniers, ainsi qu'il est accoustunié faire de trois ans en trois ans le jour S' Martin d^esté.
Aprez que les quatre quarteniers de lad. ville ont référé avoir semondz en personne les trente notables bourgeois de chacun quartier et faict semondre les autres bourgeois d'icelluy par leurs ccnteniers et cinquanteniers, ausquelz ils avoient commandé eulx comparoir cejourd'huy, sept heures de matin précisément, aud. hostel commun, sur peine de Pamende, et que Jullian Vincent, sergent royal dudit hostel commun, eust aussi recordé avoir semondz messieurs les Vingt-Quatre du Conseil et que led. sf lieutenant général eust amplement remonstré les causes de lad. assemblée, monsieur Bigot, s^ Desteville, premier conseiller de lad. ville, tant pour luy que pour messieurs ses confrères, parlant à toute l'assistance suffisamment assemblée, a dict et pris congié comme il ensuyt :
Messieurs, il n^y a dispense de compter absolue es droictz canon et civil. Quiconque en Grœce la prétendoit reus erat alogii (i) ; Farchon d'Athènes rendoit raison le temps de son exercice coulé, Les Guenidicns se trouvèrent mal (2) d'en avoir excusé leurs soixante ammemones. Privât i ad censores acta referunto. Les nottes des réformateurs advertissans les successeurs des iniquitez et malversations des devanciers estoient disciplines ; en servirent les pugnitions faictes par Philippe d'un juge
(i) Suspect de déraison.
(2) N'est-ce pas à une conscquence de cette ne'gligence que fait allusion le passage du Songe de Poliphile, chap. 7 : « Geste figure » estoit tant excellentement exprimée que l'image de la déesse V^énus » jadis faicte par Priixitèles ne fut oncques si parfaictement taillée, » encores que pour l'acheter Nicomèdes, roy des Gnidiens, despendist » tous les biens de son peuple ? »
curieux peigner, peindre, perfumer sa barbe et cheveux (i), par Aurellian du beau danseur, Roger dictateur, par Cambises de Timpie et voleur Sisannes ; Quœ nocent docent ; Aliéna spectans , doctus evasi viala, disoit ung ancien. Sont remarquables les svndicatz des Vénitiens, Génevoyz, Florentins; les troys ou quatre promenades annuelles d'Aritpert, Uov des Lomgbards ; les tables des Hyparches de Syracuse et de Lacédémone ; celles des quœsteurs airaires (2) ; Tordonnance de SoUon examiner les vyes avant Tadeption et après l'expiration des charges ; de Philippe Le Bel et autres Roys de France les Mercuriales ; les affiches publiques d'Allexandre Sévère ; les ellections des Magistratz des Daces, de Thrapobome (3), Boétniens; Veteris comediœ licentia; la permission librement à Rome déférer ceulx qui avoient administré, comme LucuUus (4 accusa Servillius, Caton Galba, suscita Petilvius contre Scipion (5), favorisa les dénonciateurs, demanda la censure, persuada eslire le plus rigoureux, fut souvent appelle (6), prit pour auditeur
(i) Il le destitua, « disant que celui qui en ses cheveux es toit » faussaire, malaisément en bon afaire seroit loyal. » — Plutarque, Vie de Philippe.
(2) Voir l'article Œrarium de E. Guillaume au Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, par Daremberg et Saglio.
(3) Est-ce Taprobane, île placée par Pline, Hist. nat., liv. 6, 24, en face de l'Inde ? Le peuple y élit pour roi un vieillard, sans enfants, recommandable par sa douceur ; s'il a plus tard des enfants, il abdique.
(4) Lucullus, dont le père avait été condamné pour concussion sur la dénonciation de Servilius, accusa à son tour celui-ci qui fut absous. — Plutarque, Lucullus.
(5) Caton, nonagénaire, accusa Galba ; il avait auparavant poussé ^etilius à accuser Scipion. — Plutarque, Mcrcus Caton.
(6) Près de cinquante fois, prétend Plutarque; Pline dit au liv. 7,
de ses comptes Grache son ennemy ( 1 1 ; les censeurs, dictateurs, mesmes les empereurs une foys la sepmaine entroient au Sénat, représentoient les histoires, Rationarium imperii escript de la propre main d'Auguste ; les traictz d'Agesilaus qui mesuroit sa despence avec son revenu (2j, au vray en dressoit estatz sommaires et les communiquoit ; allant par pays logeoit dans les temples, vouUoit avoir Dieu et les hommes tesmoings de ses actions; Toffre du sénateur Druze pour Paugmentation de veues sur sa maison ; la responce d^Epiménide aux Rhodiens ; Tinstruction que donna Pline àTrajan; Basille, chef de Constantinoplè, à Léon; le pouvoir du disciple d'Apollonius sur Tite ; les serments respectifz que de moys en movs en Lacédémone prestoient les Roys et les Ephores; les députez d'Alexandrie qui en saison alloient en chariot par les rues de la Cité, blasmans ceulx qui avoient choppé en leurs functions, à ce que la honte eust davantage de force quelaloy; les discours de Péricles vestant sa robbe ; les réveilz des chambellans de Perse (3), Macédoine; les reiglemensd'Amasis (4) etd'Epaminonde; La scéance des délibérations que arresta Lycurgue entre
28, de son Hist. nat. qu'il eut quarante-quatre procès à soutenir, dans lesquels il fut toujours absous.
(i) Tiberius Gracchus. — Valere Maxime, liv. 3, chap. 7, 7.
(2) Plutarque même le taxe d'avarice. — Vie d'Agesilas et Vie d'Agis et Cléomhie.
(i) « L'un des gentilshommes de la Chambre avoir la charge de » se trouver tous les matins au réveil du Roy et luy dire : « Lève » toy, Sire, pour prouvoir aux affaires dont le grand Mesoromasdes » (car ainsi appelloyent-ils Dieu) veut que tu ayes le soin. » — Plutarque, Épitre d'Aniyot à Henri II.
(4) Amasis, roi d'Egypte, auquel à son lever un officier disait chaque jour : « Souviens-toi que tu es homme. »
deux rivières 'i), non où il y eust statues, tableaux, painctures, lambris, voultes ingénieusement ornées, somptueusement enrichis, ne cogitationes distraherentur ; l'anathomie seiche du corps d'homme mort que portoient le long de la salle de leurs festins les Eg\'ptiens et propos qui tenoient; Breviariiim gestorum présenté aux pompes funèbres de leurs souverains (2) ; l'éedict de Constance, père de Constantin, qui chassa les symulez chrétiens, asseuré que n'ayans esté fidelles à Dieu, ne le seroient à son service ; la lecture du registre lorsque Mardochée fut tant honoré (3), gratiffié ; la correction des gouverneurs de Corinthe au rapport de Chillon qui les avoit trouvés jouant aux dez ; les imprécations dirœ cladis et exitii que prononçoient à haulte voix les buccinateurs des Athéniens à Tentrée de leurs congrégations contre ceulx qui sinistrement conseilleroient le général relever du particulier; que Iphicrate in hostes militum agmen prodiicens se défia d'aucuns; près du conflict, résolu de les recongnoistre, clamare preconem jussit si qiiis aliquid domi reliquerit, revertatur et tandem bene instructus redeat, sépara du généreux le pusilanime. Alexandre le grand en ses entreprises croioit
(i) L'oracle de Delphes lui avait prescrit « Assembleras le peuple » selon les occurrences des temps, sur la place qui est entre le
» Pont et la rivière de Gnacion En ce temps là les assemblées
» du peuple se faisoyent entre deux rivières. » — Plutarque, Lycitrgue.
(2) « Q.uant à ce qui est des assemblées populaires pour juger les » rois après leur mort, dont parlent plusieurs auteurs grecs, c'est » un pur et simple roman. Le roi mort était aussi bien dieu que le » roi vivant. » — Fr. Lenormant, Manuel d'histoire ancienne de l'Orient.
(3) Esther, 6e chap.
estrc au théâtre de tout le monde et s'en vanctoit ; vitœ principis censura.
Les Lacédémoniens, avant qu'aller en guerre, sacrifioient aux muses espérées trompettes de leurs valleurs et proesses; surpris en lâchetés, négligences, infidélités, environnans certains autelz ès-lieux d'assemblées, chantoient en personnes leurs vitupères. Sy tost que Teleutia entendit les plainctes des ambassadeurs de Chio sur Pydarete son filz, d'ancre noire luy escript : ou fay mieulx, ou demeure là et ne pense te sauver en Sparte ( i ) ; Les chevalliers Romains, au retour des armées, amenoient leurs chevaulx en placé publicque, racontoient où, soubz quelz cappitaines et combien de temps ilz avoient milité ; Pompée le praticqua devant Gelme et Lentulus (21, Rutulius (3), Cicero (4;, Clodius, Livius Salinator (5), Camillus (6) comparurent au jour prefix de compter;
(i) Erasme, Apophtegmes, liv. 2.
(2) Pompée se pre'senta pour rendre compte de son consulat devant les censeurs Gallus et Lentulus. — Erasme, Apophtegmes.
(3) Poursuivi par les publicains de la province où il avait exercé la questure, Rutilius fut exilé par le tribunal des chevaliers, empressés de condamner un patricien. — Valère Maxime, liv. 6, chap. 4.
(4) Qui ne sait qu'après la conjuration de Catilina Cicéron, traduit devant Métellus et sommé par le tribun de prêter le serment de n'avoir violé aucune loi, jura qu'il avait sauvé la patrie et conservé l'empire à la république .•'
(5) Claudius Nero et Livius Salinator, censeurs en même temps, passaient la revue des chevaliers : à l'appel du nom de Salinator, son collègue fait saisir et vendre son cheval, Salinator ayant été condamné par le peuple ; lorsque son nom est appelé à son tour, il encourt le même traitement de la part de Salinator. Ils se réconcilièrent pour marcher ensemble contre Asdrubal, qui fut vaincu. — Val. Maxime, liv. 7, chap. 2, et liv. 2, chap. 9.
(6) Accusé par L. Apuleius, tribun du peuple, d'avoir d -tourné à son profit une partie du butin de Vcies, il fut envoyé en exil. — Val. Maxime, liv. 5, chap. 3.
Gclon Hamilco, défaici en bataille, prodiit in concionem, despouillé, dict aux assistans : Je suys nud, vous armés; si mes gestes sont intollérables, chastiez mov. Licurgue Torateur. proche de mourir, se fit porter in matroum (t) aut Biilleiiteriwn et eorwn qiiœ in Republica gessisset pœnas daret si qnid furet delictum, vertueusement réfuta les calomnies de Menesecgumes, appella en justice Diphilus déclaré infracteur de la loy et condempné à sa poursuilte ; son filz Abron fist descrire le menu de ses actions en une colonne carrée, et Texposa en veue ; Eugène quatriesme ordinairement s'enquéroit ce qu'en la ville on disoit de luy et de son pontificat, affin, s'il commectoit quelques faultes, de les corriger et prévenir reproches. Au contraire Boniface septiesme,. Innocent septiesme qui s'aida du ministère de son nepveu, traicta innumainement plusieurs, rejecta leurs justes requestes, bien que, privé, il en eust faict de pareilles à Urbain et Benoist, ses prédécesseurs, et obtenu. Du temps d'Honorius deuxiesme on avança la mort d'Arnulphe; Ptolémée fit empoisonner son précepteur. Achab, estroictement empoisonner le prophète Michol (2). Se fachoientd'eslrecontrollés en leurs deportemens, voire seullement advertis qui[ls] le seroient et conseillés dy penser : Silla baffoué se repentit d'avoir quitté la dictature (3), cancer mari relicto, a vuîpe arreptus ac devo-
(1) Matroum, temple de Cybèle, la mère des Dieux, était comme le Bulleuterium, le lieu où se réunissait le Sénat et en général tous autres corps. Le trait rappelé par l'échevin a été par lui copié mot à mot dans Plutarque. — Cœlius Rhodiginus, Lect. ant., liv. 9, chap. 7, et liv. 18, chap. 17; Pline, Hist. nat., liv. 16, 5o, 2.
(2) Rois, liv. I, chap. 22, vers. 26 et 27.
(3) L'histoire prétend le contraire et raconte qu'à un jeune homme qui le poursuivit d'injures jusqu'à sa maison, Sylla se contenta de répondre : « Voilà une insolence qui empêchera les futurs dictateurs
ratus. César, menacé de recherches, emporta la dition(i). Catilina ourdit conjurations, révoltes; Spendius, Matho (2) seditionem quant fœdus, bellum quam pacem preoptabant : la sèche noircit l'eaue, et piscatori illiidit. Anasthase, évesque d'Antioche, taxé quod sacrarii dilapidaret pecuniam, consuma, inquit, ne a communi pernicie Justino auferatur. Valere Romule à Antonin, dominateur, qui en sa maison l'interrogeoit de ses amples possessions, respondit en sornette : Cum in alienam domuni veneris et niutus et surdus esta, subtilement eschapa; Scipion déchira les livres de Lucius son frère (3), empescha raison estre rendue des deniers receuz; Périclès, à Pemploy des finances d'Athènes (4) qu'il avoit maniés,
» de faire comme moi. » — Duruy, Hist. des Romains, t. 2, p. 708.
(i) César répondit à Métellus qui voulait l'empêcher de prendre de l'argent dans le trésor public, contrairement aux lois : « que le » temps des armes et des loix estoient deulx et sy ce que il faut » d'aventure te desplaïst, oste toy d'icy pour ceste heure, car la » guerre ne comporte point telle licence de contredire ainsi franche- » ment; et puis, quand j'auray passé les mons, ou que nous aurons » faict appoinctement, alors il sera temps de réduire toutes choses » à leur but. » — Plutarque, Vie de César.
(2) Il s'agit de la révolte des mercenaires contre Carthage après la guerre punique, entretenue par l'énergie et la ruse du Campanien Spendius et de l'africain Matho, et que mentionne Cœlius Rhodoginus, Lect. antiq., liv. 2g, chap. 2. Un écrivain dont, même à propos d'histoire, il est difficile à Rouen de ne pas évoquer le souvenir, Gustave Flaubert, a paré cet épisode de l'éclat de son style, en le racontant avec une rare intelligence de l'antiquité dans son roman de Salammbô.
(i) Plutarque, Scipion l'Africain, et Val. Maxime, liv. 3, chap. 7.
(4) 11 s'agissait de 10 talents qu'il disait avoir employés à ce qu'il fallait, ad id quod opus ; ces fonds secrets étaient envoyés à Sparte pour acheter les personnages qui auraient pu déclarer la guerre avant le temps par lui choisi. Plutarque le constate en sa Vie dé
tira cette ligne raccourcie : ad id quud opus. La dissuasion d'Alcibiadc est notoire (i).
Vitia eruiint donec hotnines ; qui faict bonnes choses et de bonne sorte ne craint qu'elles soient congneues ; prétextes luy déplaisent; la meilleure conscience demeureroit à jamais par telles requestes suspecte.
Aussi, Messieurs, nous désirons à cette heure, suivant qu'il est accoustumé, compter avec vous parement et sans fardz, discourir ce que nous trouvasmes il y a troys ans, nostre gestion, et en quel poinct nous laissons les affaires.
Par les instructions des procureur, receveur, greffier et maistre des ouvrages de la Ville, et autres employez par messieurs noz prédécesseurs, que de ce qui en a esté rédigé par escript au jour de l'expiration de leur eschevynat, trouvasmes au Conseil d' Estât et privé du Roy la ville avoir procès contre Tiercelin, les Angloys, Crespin, Théritier par bénéfice d'inventaire de feu Alonce Le Seigneur, maître des ouvrages, damoiselle femme de Monsf Maillard en adjonction donnée aux s^^ ses frères La Bistrade et des Croisettes (2], grand omosnier et chappcl-
Périclès. Aristophane, dans les Nuées, fait l'allusion suivante à cette anecdote :