‹ Conception actuelle des désinfections terminalesChapitre 15 sur 37 · Journal de Médecine de Lyon, 5 décembre · texte numérisé non relu

Journal de Médecine de Lyon, 5 décembre

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enquêtes, s’efforcer de retrouver tout cas même léger, qui aurait pu exister dans l’entourage. Cette tâche est rendue très difficile et quelquefois impossible par le caractère polymorphe de la scarlatine. Les innombrables cas frustes doivent donc être recherchés avec le plus grand soin et c’est souvent le souvenir d’une légère angine d’un familier qui permettra d'établir la filiation des cas ; une otite suppurée moyenne doit également en dehors des épidémies de grippe, attirer l'attention de l’hygiéniste qui la suspectera à priori de

n'être qu’une séquelle de scarlatine méconnue.

Les ennemis naturels des microbes

Donc contrairement à ce que l’on croyait généralement vers 1902, lors de la promulgation de la loi sur la désinfection, les microbes ne persistent pas indéfiniment dans le milieu extérieur. Bien que, sur certains germes et en ‘particulier, les virus filtrants, des précisions nous manquent, on peut dire que leur vie en dehors de l’organisme est courte, très courte même parfois ; leur virulence est vraisemblablement encore plus courte, car il est logique de penser que la virulence s’atténue progressivement avant la mort du germe. Ceci a d’ailleurs été démontré pour certains bacilles, notamment le bacille de Lœæffler qui a pu être inoculé sans résultat bien que prélevé sur une culture positive. Naturellement, il reste toujours entendu qu'il n’est question ici que des germes pathogènes sous leur forme végétative, toutes les formes sporulées, étant on le sait, particulièrement résistantes.

Quels sont donc les agents naturels capables de rendre les microbes inoffensifs ? Considérons les deux modes de présentation sous lesquels se trouvent les germes pathogènes :

— dans l’air : germes à l’état de diffusion ;

— sur un support : germes en masse.

Rose

1° Dans l'air.

Le Professeur Trillat a fait de nombreuses recherches sur la question des « aérosols microbiens » . Sous ce nom, il désigne les particules microbiennes dispersées dans l'air, comme par exemple, celles qui existent dans la chambre d’un malade.

Après leurs propriétés physiques, il a étudié leurs propriétés biologiques et c’est ainsi qu'il écrit :

«De nombreuses expériences comparatives ont été faites sur l’air sec et l’air humide additionné ou non de substances gazeuses alimentaires (air respiré, produits gazeux extraits de bouillon de culture ensemencés par des germes de décomposition organique,etc...);

Dans l’air sec on ne trouve plus de germes après quelques minutes ; l'air humide, au contraire, augmenle la durée de conservation des microbes et facilite leur transport. Mais les meilleurs résultats sont incomparablement fournis par l’air humide renfermant des gaz aliments. Dans de telles conditions, on assiste à une véritable multiplication de germes. Ce quiest une notion nouvelle importante (x) ».

M. Trillat reconnait donc deux conditions à la vitalité des microbes-dans l'air :

une nécessaire : l'humidité de l’atmosphère,

une facultative et complémentaire : la présence de

gaz aliments, valable seulement pour l'air humide.

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