‹ Conception actuelle des désinfections terminalesChapitre 7 sur 37 · A EE · texte numérisé non relu

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en a montré l'importance au point de vue épidémiologique. Tout le monde reconnaît aujourd’hui, le danger des viandes, laitages, crèmes qui, exposés à l'air dans certaines conditions de température et d’humidité, peuvent devenir de véritables bouillons de culture où pullulent des microbes extrêmement virulents (para B, bac. botilinus).

Peut-être à la rigueur pourrait-on comprendre également dans le milieu intermédiaire les porteurs sains de germes qui peuvent transporter des germes infectants à de très grandes distances et propager ainsi une épidémie.

19 L’émetteur.

Le rôle du malade dans la diffusion du contage était connu depuis l’époque la plus reculée; il est devenu un axiome en épidémiologie. Mais on croyait qu'il était seul à transmettre la maladie. Plus tard, on a montré le rôle du convalescent et récemment on a dû admettre l'existence de porteurs sains de germes. C’est sur cette notion nouvelle que nous insisterons particulièrement.

Nous ne rapporterons pas les nombreuses expériences et les travaux de laboratoire qui ont établi d'une manière indubitable l'existence des porteurs de germes en dehors du malade et leur rôle prépondérant dans la diffusion des maladies transmissibles. Cette notion fondamentale est actuellement reconnue de tous. On tend même actuellement à voir en eux les seuls responsables de la propagation des épidémies ;

Ego re

c’est sur cette base que reposent les mesures modernes de désinfection.

Le plus souvent, il s’agit de malades insuffisamment guéris qui ont repris leurs occupations. Mais souvent aussi, et c’est là que réside la grande difficulté prophylactique, il s'agit d'individus sains qui ont été contaminés mais dont l’organisme n'offre pas un terrain favorable à l’éclosion de la maladie. Ces sujets ont acquis l’immunité spécifique au contact du germe sans réaction morbide appréciable par le mécanisme de l’immunité spontanée occulte. Ils hébergeront les germes pendant un temps plus ou moins long et seront des semeurs de microbes dangereux.

De tels individus sont particulièrement redoutables parce que le plus souvent ignorés. Dans le cas de la diphtérie par exemple, ce n’est qu’à l’occasion de prélèvements multiples effectués lors d’une épidémie qu'on les découvre en nombre parfois très élevé. L’on conçoit ainsi la facilité avec laquelle une épidémie peut se propager. Pourtant, dans certains cas on est étonné du peu de cas de maladies déclarées malgré le

grand nombre de porteurs de germes.

C'est qu’il convient de distinguer :

1° d’une part les porteurs récents, individus infectés depuis peu ; 20 d’autre part les porteurs anciens.

Les premiers sont éminemment dangereux pour leur entourage car ils vont émettre des germes neufs, dont la virulence n’a pas eu le temps d’être atténuée.

Les seconds le sont beaucoup moins. En effet, il a été prouvé qu'au bout d’un certain temps, les germes même placés dans un milieu favorable voient leur virulence diminuer; il en est ainsi chez les porteurs de germes, À cela, s'ajoute le fait que l'organisme a fabriqué des immunisines qui ont déjà entamé la lutte contre le microbe. Sous cette double action, le germe ne tarde pas à perdre ses propriétés pathogènes. C'est ainsi, qu'un sujet peut avoir des bacilles de Lœæffler dans ses sécrétions nasales ou pharyngiennes sans être pour cela contagieux, fait confirmé par l’expérience des cultures qui ne poussent pas.

Rochaix (1) écrit: « Il ne suffit pas pour que l’épidémie éclate que les germes pathogènes soient présents dans la collectivité, il faut qu'ils soient doués de certaines propriétés pathogènes. La virulence est la plus essentielle de ces propriétés. Sa nature intime nous est inconnue, on peut dire seulement qu'elle traduit l'aptitude du germe à s'implanter et à pénétrer dans l'organisme atteint. Son rôle n'est pas niable: la virulence apparaît en eflet pour une espèce microbienne comme une propriété éminemment variable ».

Expérimentalement, il est possible par le procédé des repiquages en série de faire reprendre leur virulence à des germes qui l'avaient perdue.

Cette reprise de virulence se manifeste également, sous certaines influences mal connues, chez les porteurs anciens. C’est ce qui montre la nécessité de ne

laisser reprendre leurs occupations aux porteurs sains

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