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RAPPEL HISTORIQUE CONCERNANT LA FAUSSE ANGINE DE POITRINE

Divers auteurs attribuent à Rougnon, en 1768, la première description de l’angine de poitrine proprement dite, Mais dans sa fameuse lettre à Lorry « concernant les causes de la mort de M. Charles, ancien capitaine de cavalerie, arrivée à Besançon le 25 février 1780 », il s’agit d’un sujet qui souffrait depuis plusieurs années d’espèce de suffocation avec « une gêne singulière sur toute la partie antérieure de la poitrine en forme de plastron, qui lempêchait d’inspirer profondément » et qui mourut subitement. Mais la douleur n’est pas mentionnée dans ce tableau clinique, alors que la description initiale de Heberden, la même année, est encore d’actualité : syndrome douloureux thoracique, rétrosternal, avec sensation constrictive et angoissante, et irradiations multiples et variables.

Toutefois, il faut attendre 1846 pour que Lartigue, dans un mémoire sur l’angor pectoris, parle de « pseudo angine », qu'il croit être une névralgie du

pneumogastrique. Ce fut Huchard, dans son Traité

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Clinique des Maladies du Cœur et de l’Aorte, qui s’efforca le plus ardemment, en 1899, de distinguer la vraie angine de la fausse.

L’attitude des auteurs modernes est plutôt tendue vers un démembrement du syndrome « faux angor ».

Dans le Traité de Médecine de Gïilbert et Carnot, Vaquez, en 1921, ne décrit pas la « fausse angine », mais au chapitre Diagnostic, en parle pour en contester l’existence : « L’angine de poitrine névropathique dont il est si souvent question est une angine vraie » (p. 474)... Il dit ailleurs : « Comme disait. Po- tain, il n’y a pas de fausses. maladies, mais de faux. diagnostics. » (p. 464). |

Le Professeur Lian, dans le Traité de Pathologie. Médicale et de Thérapeutique appliquée (Sergent, Ribadeau-Dumas, Babonneix), écrit : « Il serait facile. de passer en revue tous les caractères distinctifs touchant les circonstances d’apparition des accès, le siège de la douleur, l’attitude du sujet, la durée des accès, etc., et de montrer qu'aucun de ces éléments ne permet de différencier à coup sûr l’angine de poitrine vraie (dont on meurt) des fausses angines (dont on. ne meurt pas) Aussi est-il devenu banal de citer des erreurs diagnostiques. de fausse angine,. avec excellent pronostic, démenti rapidement par la:mort. subite du malade. Dès lors, il n’y a pas lieu de conserver la conception classique qui ne repose pas sur des bases solides et qui risque de favoriser de regret tables erreurs cliniques. »

Plus récemment encore, le même auteur écrit (Re-

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vue Belge des Sciences Médicales, août-septembre 1935) : «: La distinetion entre. là. vraie et la fausse angine de poitrine, jadis défendue. par les classiques, doit être complètement abandonnée. »

Quant au Professeur Laubry, il est particulièrement intéressant. de suivre l’évolution. de son. opinion : Dans ses. Leçons: de Séméiologie Cardio-Vasculaire: (1924), il rejetait l’angine nerveuse ou fonctionnelle: d’origine purement réflexe. (p.100) et convenait qu'il existait des-cas-difficiles-à. discerner où. l’évolution n’a révélé que la longueur et la bénignité de l’affection, la marche capricieuse des crises, et souvent leur disparition définitive (p. 102). Il considérait qu’il s’agissait en ce cas de symptômes angineux, ordinairement peu graves, souvent passagers, alternant avec des manifestations vaso-constrictrices, dans d’autres territoires ou de réactions douloureuses de sujets émotifs dont le système sympathique ou vaso-moteur est d’une excitabilité anormale.

Dans la Presse Médicale du 17 décembre 1938, il écrivait : « Tantôt la cause est insignifiante au point qu’elle échappe aux investigations anatomiques et qu’on est en droit de prononcer le mot de « fausse angine », de parler d’angine nerveuse. C’est le groupe des angines nerveuses dont a parlé Lian et qu’il me reprochait de ne pas accepter avec assez de conviction. Au moment, en effet, où je le discutais, je soupconnais fort l’épine organique locale de donner le branle au syndrome. Je ne possédais pas alors les éléments précieux d’information que nous avons

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