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PATHOGÉNIE DE L'ALLERGIE DU COLON

Si l’on admet généralement l’intervention de: Pallergie dans la cause des côlités, comme pour la définition du terme, il y a des interprétations différentes sur la manière dont la côlite se fornie.

Certains auteurs admettent qu'il s’agit d’un « urticaire interne ». Rowe croit à un œdème anñgioneuro-

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tique de la muqueuse tandis que Eyermann, d’après ses constatations radiologiques pense qu'il s’agit de spasmes. À l’appui de cette dernière opinion, Schorer rapporte l’observation d’un cas avec perception de la corde colique. On a même pu parler d’ « Asthme intestinal » en pensant aux sécrétions avec éosinophilie et cristaux de Charcot-Leyden.

Urbach avec Schorer est amené à croire que « l’action conjuguée de l’æœdème et du spasme est nécessaire pour produire ce type de douleurs avec cette réserve que l’œdème tissulaire peut être provoqué par .la pression exercée par le spasme ». Mogena met en cause une dystonie du pneumogastrique qui donnerait lieu aux phénomènes d’expulsion de mucus, à la diarrhée ou constipation et aux douleurs.

La principale qestion est de savoir comment s’établit l'allergie intestinale.

Les perturbations sont pour Chiray et Baumann, la « conséquence de troubles du métabolisme gastrointestinal et en particulier du déséquilibre de la digestion bactérienne intra-cœcale d’où dérivent la production de corps toxiques qui donnent naissance aussi bien à l’intoxication, qu’à des réactions du type anaphylactique suivant les dispositions du sujet, la valeur de ses moyens de défense, ses tares héréditaires, sa sensibilité constitutionnelle »,

Il y a souvent coexistence de purpura, d’urticaire avec congestion intestinale intense. La diarrhée profuse procédant par crises et les réactions vasculaires accompagnées d'infiltration œdémateuse de la mu-

DES IUUS

queuse peuvent être considérées comme des chocs de retour, facteurs eux-mêmes de côlite.

En somme, selôn l’opinion soutenue par Gutmann, l’allergie se manifesterait électivement sur un organe déjà malade et le plus souvent il aggraverait la côlite plutôt qu’il ne la créerait.

Toutefois, on peut considérer que cliniquement Patteinte du côlon serait silencieuse et ne se révèlerait que sous l'influence des chocs allergiques et l’on peut dire que l'allergie entre vraiment dans l’étiologie des côlites puisque c’est elle qui les déclancheraiïit.

Guy Laroche, Richet et St-Girons ont fait intervenir lachylie dans ie mécanisme de l'allergie alimentaire comme cause favorable. Ils s'appuient sur le passage rapide du chyme à l'intestin, chyme mal préparé par le manque d’'H CI dans l’estomac avec inhibition résultante de la sécrétion duodénale et pancréatique.

Sur seize cas observés avec intra-dermo positive aux aliments, il y avait achylie dans 30 % des cas.

Il y aurait donc dénaturation défectueuse des albumines animales ou végétales résultant d’une cuisson insuffisante ou d’une insuffisance de la digestion peptique. La pénétration dans l’organisme d’albumines étrangères insuffisamment disloquées par suite de l’inflammation, de l’érosion d’une muqueuse intestinale lésée peut être la cause du choc allergique qui retentit sur l’intestin et dont la répétition entraine la côlite.

En dehors des questions alimentaires, l'allergie se manifeste encore au cours des infections microbiennes ou parasitaires.

La participation de l’allergie bactérienne dans beau- .

coup de colopathies est indubitable, quelquefois comme facteur étiologique primaire, peut être le plus

souvent l’hypersensibilité aux bactéries intestinales .

se fait-elle sur un côlon déjà malade.

Rappelons simplement la fréquence des troubles digestifs au cours des maladies infectieuses, il y aurait là une sensibilisation de l'intestin produite par la lutte contre les maladies et qui n’est autre que l’entrée en jeu de l'allergie.

Les parasites jouent leur rôle par lirritation qu’ils causent eux-mêmes et par leurs toxines, les lésions qu’ils entraînent et qui permettent le passage des albumines étrangères facteurs de choc, et enfin par euxmêmes qui, au cours du passage dans le sang ou de leur désintégration forment à leur tour des allergènes.

De cet exposé, nous pouvons, croyons-nous, admettre que l'allergie se manifeste sur un côlon déjà malade et que c’est elle qui est cause de la crise côlitique dans la plupart des cas, l'infection microbienne ne jouant qu’un rôle de déclarchkement des phénomènes : c'est donc le facteur aHergique qu'il faudra combattre avant tout quand nous aurons pu en déceler l'intervention dans l’étiologie de l'affection.

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