RÉCITATIF
Entendez-vous au loin l'archet delà folie? Venise dans ses murs voit la foule accourir; La raison elle-même en ce moment s'oublie, Le carnasal vient de s'ouvrir.
Air.
Voyez, que cette marche est belle ! C'est Cassandre donnant la main A la séduisante Isabelle, Qui gaîinent lorgnait Arlequin.
Puis vient Pierrot poursuivant Colombine \ » M'aiincraa-tu, beauté divine?
» Qui moi ? Pierrot , m Je t'aime trop !
Plus loin , le beau Léandre La guitlare a la main , Soupirant d'un air tondre Un amoureux refrain.
Mais taisez-vous, faites silence, Je vois venir un sig.ior charlatan ; Suivi parla foule, il 'avance, En vendant ses chansons et son orviétan. {Contrefaisant le charlatan.) Povera S ignora A des migraines j Povera Signora Gémit to ;t bas !.. ah !
Ah! ah! ah!
J'ai pour cela des recettes certaines, Je crois savoir ce qui cause vos peines ! Ah! ah! ah! ah! ah!
Voulez-vous Des bijoux , Un cachemire ?
Voulez-vous Des bijoux?
Ils sont à vous !
Ah! ah! ah! ah!
Mais je le vois , cela ne peut suffire , Et votre cœur tout bas encor soupire ! Ah! ah! ah ! ah !
Voulez-vous Un époux...
La Concert.
Je vous vois rire :
Voulez-vous Un époux, A vos genoux !
Ah ! ali ! ah ! ah !
Vite un mari pour guérir cette belle, C'est un mari que veut mademoiselle ; Ah ! ah .' ah ! ah / carline , se levant.
Brava... l'on ne peut mieux chanter.
ASTUCIO , le faisant rasseoir.
Tais-toi donc! {haut.) Songez donc, mabonne, Qu'on est au comité / (bas.) Zc crois, Dieu me pardonne, Qu'elle s'avise d'écouler .' adele , continuant l'air.
Voici venir sur leurs riches nacelles, Les gondoliers , qui rament en chantant; Ils ont à bord gentilles , pastourelles , Dont les cheveux flottent au gré du vent. Mais j'entends soudain Le gai tambourin ; Courez , courez vite , La danse vous invite.
Voyez dans leurs yeux Quel tendre délire ; Sur leurs fronts joyeux La gaîté respire !
Entendez-vous , quel tintamarre , La mandoline et la guitarre ; Du galoubet le son bruyant, Tous à la fois , ah ! c'est charmant. ASTUCIO, à la fin de l'air applaudissant légèrement. Brava! brava! les plus heureuses dispositions... ma, nons vous demandons la permission d'en délibérer et d'aller aux voix. (77 se lève et a l'air de parler bas à Carline.) ADELE , à part.
Ah mon Dieu! voilà qu'ils se consultent, que vont-ils décider!
ASTUCIO, bas à Carline quia l'air d'insister. Y pensez-vous ? Dio me pardonne , elle la recevrait !
ADÈLE, à part.
Je ne sais , mais ce monsieur surtout m'a si bien accueillie ciue j'ai bon espoir.
ASTUCIO , quittant Carline et s' approchant d'Adèle. Madamigelle , l'avis ounanime clou comité est que vi donnez les piu belles espérances et que vi ferez un zour un talent très distingué.
ADELE , à part avec joie.
Ah quel bonheur !
ASTUCIO
Ma, il faut que le temps et l'élude perfectionnent ces heureuses qualités; oui , mazère amie, nous avons besoin d'étudier beaucoup , beaucoup, et le comité pense que vi devez point songer à vous produire avant deux ou trois ans.
ADÈLE
Comment ! vous me refusez donc ?
ASTUCIO
Perle moment, et dans votre intérêt; ma, par la suite, nous verrons et vi trouverez touzours dans le comité le désir de vous êtes agréable et utile. Z'ai bien l'honneur de vous saluer. (A Carline, lui prenant la main.) Allons faire notre rapport. ( Ils sortent . )