SCÈNE VI
Les Précédens, ADELE , tenant à fa main plusieurs papiers de musique en rouleau et noués par un ruban.
{Adèle s'avance timidement et leur fait deux prof ondes révérences, ils se lèvent à la seconde et la lui rendent f ils se rasseyent.) ASTUCIO.
Approchez , approchez , madamigelle , et rassurez-
vous... le comité, il est peu nombreux auzourd'hui... ainsi tout se passera en famille, et comme chez nous.
ADÈLE
Combien je vous remercie de votre bonté, car je vous avoue que je suis toute tremblante.
ASTUCIO
Et percbe dunque vi avez peur ze vi le demande... remettez-vous, ma zè-re ; nous ne voulons point que l'émotion puisse nuire à vos moyens , le comité il est trop juste pour cela. Vous êtes Italienne?
ADÈLE , hésitant.
Mais... faut-il dire la vérité ?
ASTUCIO
Sans doute... et touzpurs.
ADÈLE
Je me présente comme cantatrice italienne, mais je suis française.
ASTUCio, secouant la tête.
Ab ! diavolo ! c'est fâcheux pour vous , mais enfin c'est pas sa faute , cette pauvre petite. Votre nom.
ADÈLE
J'ai pris celui de la signora Zerlina.
ASTUCIO
Zerlina... c'est très bien...
A'rèrjE.
Quand vous voudrez, monsieur, je suis à vos ordres. Voici plusieurs morceaux. {Elle lui donne sa musique. ) ASTUCïO , la prenant C'est bien! ma, pour que nous puissions mieux zuger de votre beau talent que tout le monde il dit enchanteur, il faut prendre un air qui réunisse plusieurs genres.
ADÈLE
Celui-ci, monsieur, c'est un air vénitien, une description du carnaval...
ASTUCio , posant les papiers sur la table.
C'est bien, vous pouvez commencer, nous sommes là pour vous applaudir.
ADÈLE