Concerts d'Harcourt
Les aperçus analytiques, dont voici un premier essai, ne sont, dans ma pensée, que le guide Joanne ou Bœdecker des cinq premières symphonies de Beethoven. Je désire simplement diriger l'auditeur à travers le dédale des transformations de r «idée» unique, qui sert de base à chacune des parties de ces admirables chefs-d'œuvre.
Un travail d'analyse du genre de celui-ci n'a point encore été tenté, je crois. Aussi le vocabulaire manque-t-il. Celui qui va être employé est très barbare : je le reconnais et m'en excuse.
Ces aperçus ne sont d'ailleurs que l'ébauche d'une analyse complète en préparation.
Janvier 1898
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Allegro con brio, à trois temps, en mi b. L' a idée » est double :
Ail" con brio
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puis
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I. Le morceau débute par deux accords d'appel. Pourquoi deux et non pas un seul ? Simplement pour que le thème débute sur une mesure frappée, et non pas en levant.
Le thème exposé par le quatuor est la continuation naturelle de r « idée w.
Sa troisième mesure
joue un rôle très important dans tout le morceau.
Le thème, qui est de douze mesures, se recommence en se modifiant par imitations de sa troisième mesure, et s'arrête à la pédale de dominante. Aussitôt, mouvement contraire, syncopes, resserrement et enfin conduit en gammes «opposées» à sa reprise, cette fois dans le ff : dès la quatrième mesure, direction vers la dominante du ton de la dominante.
II. Episode en si h dont l'élément connu est le contresujet des basses, dérivé de la troisième mesure du thème.
Basses
tEEZ
(1) Il ne m'appartient pas de discuter ici le qualificatif d' «héroïque» qui désigne communément cette symphonie. Ce serait outrepasser le cadre de ces aperçus. Je me permets simplement de poser une question: L'épitliète d' «héroïque» peut-elle s'appliquer à une symphonie ? Pour ma part, je pense que non. Par contre, je m'explique très bien une symphonie a pastorale »; il est vrai qu'il ne s'agit plus alors d'art musical pur.
L'élément nouveau est un dessin qui anticipe sur le contresujet :
Haotb. .
p dolce
Cet élément nouveau devient sujet d'imitation mélodique, rythmique, et expressive, puis semble vouloir conclure brutalement, et au lieu de cela se continue immédiatement en p lié et expressif,
Tatt
ff P
qui se développe par diminiUion, puis par mouvement direct et contraire, enfin par variation et appui rythmique sur le deuxième temps.
^ons
Ce deuxième temps sert de point de départ a une formule de cadence, découlant de l'épisode par « remontée d
Tntti
et introduisant le second thème.
III. Le ton de si b étant déjà fortement établi, le second thème sera court.
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B*Moai "^ ^ "^ ♦