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MM. COSSMANN et PEYROT (T. II)
Cénacle : ASTARTACEA Dali, 1903.
Fam. CHASSA TE LL II) JE Gray, 1840.
(= Crassatellitidæ Dali, 1895).
Coquille épidermée, épaisse, subéquivalve, close, inéquilatérale, subtrigone ou arrondie, habituellement plus ou moins rostrée, crochets comprimés, saillants, prosogyres; lunule distincte, plateau cardinal large, ligament externe ou interne plus ou moins obsolète, résilium interne logé dans une large fossette; 3a plus ou moins obsolète, 1 saillante, formant avec 3/,, plus faible, un angle aigu; 2a plus forte et plus longue que 2?,, lamelles antérieures non constantes, lamelles postérieures bien développées; impressions des adducteurs profondes, ligne palléale entière, bord des valves crénelé ou non.
Les Crassatcllidæ ont été parfois rapprochées des Mactridæ à cause de leur large fossette ; il est à remarquer, en effet, que l’évolution de la charnière a été semblable dans ces deux Familles, leurs premières formes crétaciques ont un petit résilium placé prés du ligament marginal, ensuite le résilium s’accroît et s’immerge de plus en plus et l’on arrive aux formes typiques, à ligament obsolète et à résilium complètement enfoncé. Mais il y a là un simple phénomène de convergence, l'anatomie de l’animal rapproche les Crassatcllidæ des Carditidæ auprès desquelles on s’accorde à les placer aujourd’hui.
Exlr. Actes de la Soc. Linn. de Bord., 1912, tome LXVI, p. 121 ol s.
M. Dail — faisant, ainsi qu'on la verra ci-après, disparaître de la nomenclature le nom Crassatellci Lk. qu'il remplace par Crassatellites Krüger — s'est cru obligé, de changer aussi le nom de la Famille en celui de Crassatellitidæ . Alors même que l’on ferait passer Crassatella en synonymie, il n’y aurait pas, à notre avis, un motif suffisant pour changer le nom de la Famille, au mépris de toutes les lois de priorité.
Le seul Genre que nous ayons à cataloguer est le G. Crassatella et sa Section Crassinella. Les formes ancestrales du Crétacé supérieur n’ont pas été encore complètement élucidées, de sorte que nous n'avons pas les éléments nécessaires pour les différencier génériquement de Crassatella ( Remondia Gahh, Eriphyla Gabb, Scambula Conrad).
CB ASS A TE LL A Lk. 1801.
(— Crassatellites Kriiger, 1823; — Paphia pars Lk.
= Pachjthærus Conrad, sec. Dali).
Crassatella .v. str. — Coquille épaisse, trigone ou subquadrangulaire, carénée, inéquilatérale; ligament obsolète, résilium large, tous deux complètement internes; surface externe habituellement ornée de sillons ou de lamelles concentriques qui ne persistent souvent que dans le voisinage des crochets.
Charnière épaisse et large : 3„ plus ou moins obsolète, 1 forte, crénelée sur ses deux faces, 3& petite, en partie sondée à 1,
Fig. 1. — Crassatella plumbea Cliemn. Eoc.
divergeant ensuite, AI peu marquée au moins à l’état gérontique, bord postérieur de la valve droite taillé en biseau; 2a oblique, rapprochée du bord antérieur et crénelée sur sa face interne; 2/, perpendiculaire, pyramidale, crénelée aussi sur sa face interne; A II prolongeant le bord cardinal antérieur taillé en biseau, PII longue, écartée du crochet; cuilleron
grand et profond, bord des valves habituellement crénelé (1); fossette du résilium subrhomboïdale sous le crochet (G. -T. : C. plumbea Chenin. Eoc.).
Le G. Crassatella a été proposé, en 1799, par Lamarck dans le Prodrome, pour une coquille qui estime Mactra (M. cygnea Chemn.); mais en 1801, dans les An. s. vert., il a appliqué le nom Crassatella à C. plumbea et à d'autres espèces qui sont bien des Crassatella telles que nous les comprenons aujourd’hui. M. Dali pense que Lamarck n'avait pas le droit de reprendre un nom préemployé dans un autre sens, et en conséquence, il propose Crassatellites Krüger (1823) qui, d'après Bronn, a pour génotype C. sinuatus (= C. gibbosula Lk.) espèce qui ne diffère de C. plumbea que par des caractères spécifiques. Cette manière de procéder est en complet désaccord avec les principes que M. Dali lui-même a si souvent recommandés et mis en pratique, attendu que sur un complexe de formes qui comprenait, en 179ù, des Mactres et des Crassatelles, Lamarck avait évidemment le droit de choisir, en 1801, C. plumbea pour génotype de Crassatella.
Le G. Crassatella existait déjà dans le Montien (C. montensis, excelsa Cossm.) et il se poursuit dans tout l'Éocône où il est abondant; rare dans l'Oligocène, on le retrouve dans l’Aquitanien et jusque dans le Miocène moyen du S. -O. de la France, Ligurie, Etats-Unis, Australie (coll. Cossrnann) ; on n’en signalé pas dans le Pliocène, tandis que les formes actuelles sont confinées en Océanie et dans l'Atlantique équatorial.
Section Crassinella Guppy, 1881 (== Crassatina Weinkauff, 1881). — - Taille habituellement petite, forme aplatie, faiblement rostrée, subtriangulaire ou arrondie, crochets fort petits; plateau cardinal étroit, 1 saillante et oblique, non crénelée, 3a peu saillante dans le prolongement de A, 3/, obso-
lète, 2(, et 2p comme
dans Crassatella s. st.
mais non crénelées (G.-