‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 112 sur 273 · Mytilus aquitanicus, Mayer · texte numérisé non relu

Mytilus aquitanicus, Mayer

PL XI, fig. 13-14 et 19-20.

1825. Mytilus antiquorum Bast. Mém. env. Bord., p. 78 ( non Sow.).

1841. — Grat. Catal. Syst., p. 699.

1857. — Desm. Explic. carte géolog., t. III, p. 82.

1858. Mytilus aquitanicus Mayer. Journ. Conch., t. VII, p. 188.

1874. — Benoist. Catal. Saucats, p. 67, n° 187.

1898. — Sacco. I Moll . ter/ . Piem. , p. 35, pl . X, fig. 35.

1907. — G. Dollfus. Et. crit. coq. Bord. ( A.'S.L.B

t. LXII), p. 23, pl. V.

1909. — G. Dollfus. Essai ét. Aquit., p. 46.

Test épais. Taille très grande; forme allongée, arquée, médiocrement dilatée, très convexe, inéquilatérale; côté antérieur excavé (1), côté postérieur ovale; extrémité palléale, demi-circulaire; crochets aigus, antérieurs et terminaux. Surface dorsale hombée, non carénée, mais divisée en deux régions par une croupe arrondie; aire buccale excavée, presque à 90° avec le plan de commissure des valves; la région anale est faiblement déprimée; l’ensemble est orné de plis d’accroissement plus ou moins réguliers, décussés — quand la surface

(1) La plupart des diagnoses indiquent à tort le côté excavé comme postérieur; il suffit de se reporter au ligament pour rectifier cette erreur.

est fraîche — par de lins rayons, rarement visibles sur les gros spécimens. Plateau cardinal assez élevé, comportant deux longues dents peu saillantes et obliques; rainure ligamentaire profonde, se poursuivant de la pointe du crochet jusqu’à la moitié environ du contour postérieur; elle est séparée de l’intérieur des valves par une nymphe ou arête triangulaire dont la face interne est perforée de ponctuations irrégulières. Couche interne du test nacrée; impression de l’adducteur postérieur arrondie, située à l’autre extrémité de la valve; impression byssifère petite, oblongne, vis-à-vis ! extrémité de la nymphe; impression palléale bien marquée, non parallèle au bord lisse, se raccordant par un crochet rentrant avec celle du muscle postérieur.

Dim. Longueur : 15 cent.; largeur : 7 cent.; épaisseur d’une valve : 32 mill.

R. D. — Cette espèce — non figurée par Mayer- — a été séparée avec raison de M. antiquorum Sow., mutation pliocénique du génotype M. edulis L., et elle a été circonscrite avec beaucoup de soin par M. G. Dollfus qui la croit différente de M. Miclielini Math., de l’Aquitanien de Carry (Bouches-du-Rhône); en effet, cette dernière est plus élargie et moins convexe, autant qu’on peut en juger par la figure publiée dans l’étude de M. Gourret.

M. Rissoi Mayer, de l'Helvétien du Piémont, est une coquille encore plus élargie et moins gibbeuse ; tandis que M. scaplioides Broun, de l'Astien, est au contraire plus étroit et plus incurvé que M. aquitanicus.

A l’instar de M. Dollfus, nous ne pensons pas que la coquille de la vallée du Rhône — que Fonlannes a désigné sous le nom aquitanicus — appartienne à la même espèce; d’après un fragment assez médiocre de Saint- Ariès(coll. Cossmann), il semble que la gibbosité dorsale est plus anguleuse, et en outre, la région anale montre un sillon marginal qui ne parait pas être une monstruosité sénile et dont M. scaplioides ne porte pas trace : il est donc probable que ce fossile de Vaucluse est une espèce intermédiaire entre celui de l’Aquitanien et celui de l'Astien ; dans ce cas, ce serait à lui qu’il conviendrait d’appliquer la dénomination arcuatus M. deSerres. que M. Dollfus propose de laisser tomber en désuétude parce qu’elle a été appliqué à tort à un spécimen du Bordelais, dans la collection Deshayes de l’Ecole des Mines; en effet, il est bien évident que M. de Serres avait en vue la forme de la vallée du Rhône et non celle de l’Aquitaine.

En ce qui concerne M. Haidingeri Hœrnes, de l’Helvétien de Guntersdorf,

dans le Bassin de Vienne, nous partageons également l’opinion de M. Dollfus qui le considère comme une espèce distincte, non seulement parce que — comme l'observe notre confrère — sa surface dorsale porte des festons caractéristiques (non visibles sur les fragments que nous possédons de cette localité, coll Cossmann), mais surtout parce que sa forme est bien plus étroite en avant, plus incurvée au milieu, moins arrondie sur le bord palléal, et parce qu'en outre, la charnière est plus puissante, à trois dents, le sillon ligamentaire est plus large et se prolonge moins en arrière, si toutefois la figure est bien exacte.

Du côté ancestral, on ne peut comparer M. aquitanicus qu’à M. acutangulus Desb., du Bartonien des environs de Paris; mais ce dernier s’élargit davantage et plus rapidement en arrière du crochet, tandis qu'il se creuse plus sur le contour anal, de sorte que le plateau semble plus étroit; d’autre part, on n’a jamais signalé — sur la surface de la coquille bartonnienne — les stries rayonnantes qui caractérisent M. aquitanicus.

En résumé, le phylum se poursuit assez régulièrement de M. acutangulus à M. scaphoules, par M. aquitanicus. M. Haidingeri , M. arcuatus, les mutations spéciales à chaque niveau étant bien différenciées. Nous n'avons pas cru devoir séparer les spécimens du Burdigalien de Pont-Pourquey, qui ne difièrent de la forme typique que par leur galbe moins bombé, tous les autres caractères étant identiques. Mais il est probable que ceux de l’Helvétien appartiennent à une mutation distincte, que l'on ne pourra définir qu’avec des échantillons plus complets

Loc. — Saucats (Lariey); plésiotypes (PI. XI, fig. 13-14), coll. Bial- Neuville; commune, mais presque toujours à l’état de fragments. Saint- Avit, dans le même état. Lucbardez, coll. Degrange-Touzin. Pessac (Lorient), coll. de Sacy. Mérignac (Baour), coll. Peyrot, coll. Duvergier. — Afjuitaiaicii.

Saucats (Pont-Pourquey), coll. Bial-Neuville, coll. Degrange-Touzin. Léognan (Coquillat), coll. Bial-Neuville; Cestas, même coll. — Uiii1-

digalien.

Salles (Moulin Débat), une valve détériorée et incomplète, plus anguleuse que les précédentes, à séparer ultérieurement (PI. XI, fig. 19-20), coll. Bial-Neuville. — Ilelvétien.

Page 1