‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 111 sur 273 · LIVRAISON II ET SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

LIVRAISON II ET SUPPLÉMENT

Prix : 35 francs

BORDEAUX

IMPRIMERIE A. SAUGNAC & CIE

3, place d'aquitaine, 3

ANISOM YÂRIA

Sous celte ancienne dénomination on comprenait autrefois l’ensemble des Pélécypodes soit monomyaires, soit dimyaires, mais dont la seconde impression musculaire est presque atrophiée ou logée sous le crochet. Le test de ces bivalves esl généralement prismatique, nacré à l’intérieur ; la charnière est rudimentaire et le ligament interne, très développé, uni- ou multi-vinculaire.

Dans la nouvelle classification fondée sur les dents de la charnière, cet Ordre a été désigné sous le nom Dysodonta ; toutefois, dans ses récentes études sur ia classification phylétique des Pélécypodes, M. Henri Douvillé a adjoint les Arcacea aux Dysodontes, et il les a ainsi retranchés des Taxodontes où nous les avons fait figurer ci-dessus. En conséquence, on ne trouvera ci-après que les anciens Anisomvaires qu’il nous restait à passer en revue.

MYTILACEA Cu vier, 1817.

Coquille anisomyaire, ordinairement équivalve; crénelures cardinales non constantes ; ligament subinterne; byssus constant.

Elimination faite des Modiolopsidæ qui ne comprennent que des formes paléozoïques ( Modiolopsis Hall., Modiomorplia Hall.) ou secondaires (Myoconcha Sow.), et peut-être le Genre actuel Idas Jeffreys, il ne reste que les deux Fam.- Mytilidæ et Dreissensiidæ.

MWILIDÆ Fleming, 1828.

Coquille généralement équivalve, très inéquilatérale, parfois bâillante, dysodonte; ligament externe en principe, mais généralement masqué en grande partie par le bord dorsal; impression du muscle antérieur plus ou moins enfoncée dans la cavité umbonale; impression du muscle postérieur grande et allongée, circonscrite en arrière par la ligne palléale qui est toujours entière, quoique non parallèle au bord dont elle est plus écartée en arrière que sur le contour ventral; impression byssifère plus ou moins écartée du crochet; surface interne plus ou moins nacrée.

On ne peut guère diviser cette Famille en sous-Familles parce que la position du crochet est très variable selon les Genres, et que les autres caractères varient peu.

En dehors des G. Mytilus, Modiola, Lithodomus, Modiolaria, Arcoperna qu’on trouvera ci-après représentés dans notre région, nous mentionnerons : Mytiliconcha Conrad, 1862 (Tert.); Crenella Brown, 1827 (Eoc.-Viv.), avec les S. -G. Nuculocardia d’Orb., 1843 (N. divaricata d'Orb.) et Rhomboidella Monts. 1884 (Cr. rhombea Buk.); Hoschtetteria Vélain (1873) ; Dacrydium Torell, 1853; Modiolaria Gray, 1847 (= Gaimardia Gould, 1847); et Byssanodonta d’Orb. 1846.

MYTILUS (Rondelet, 1555) Linné, 1758.

Coquille équivalve, épidermée, cunéiforme, très inéquilatérale; extrémité antérieure aiguë, confondue avec le crochet terminal; extrémité postérieure arrondie; contour palléal rectiligne ou excavé; bord dorsal déclive, puis coudé en arrière et se raccordant avec le contour palléal par un arc elliptique. Charnière très petite, souvent munie de quelques dents obsolètes, non constantes; ligament externe près du crochet, puis s’enfonçant rapidement sous le rebord dorsal et formant une rainure plus ou moins longue, graduellement élargie, qui est bordée par une arête longue dans le prolongement de la nymphe initiale. Intérieur des valves parfois subnacré; impression de l’adducteur antérieur petite, creusée sous le bord cardinal; impression de l’adducteur postérieur grande et allongée en forme de massue, c’est-à-dire composée d’une digitation antérieure et parallèle au bord, terminée par un renflement arrondi qui est situé assez bas; impression palléale non éehancrée, formant une zone étroite, plus ou moins parallèle au contour postérieur, enveloppant l’adducteur, puis se rapprochant beaucoup du contour palléal.

S. stricto. — Surface lisse, simplement marquée par des accroissements irréguliers. (G. -T. ; M. edulis Lin. Viv.).

On a subdivisé ce Genre en un certain nombre de Sections d’après la forme et l'ornementation extérieure des valves; mais ces différences n'ont qu'un intérêt relatif et ne sont pas fondées sur des considérations phylé-

tiques, car on trouve dans le Jurassique des formes typiques et lisses ( M . sublævis Sow. Bath.), à côté de formes ornées (M. pectinatus Sow.) ou peu distinctes de Modiola (M. asper Sow.). Nous n'utiliserons donc ces Sections que pour apporter un ordre didactique dans l’exposé des espèces, sans y attacher une valeur ontogénique.

En ce qui concerne la charnière, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur a l’étude de Félix Bernard (B. S. G. F., 1er juin 1896), qui a fait ressortir que les dents cardinales se montrent à des stades très variables du développement de la coquille, qu’elles varient aussi en nombre (de 3 à 8), qu’elles sont courtes et restent confinées — quand elles persistent — contre le bord dorsal, sans atteindre le contour ventral du plateau cardinal.

Sect. Cliloromya Morch, 1853. — Forme étroite et allongée (G. -T. : M. elongatus Chemn. Yiv.).

Sect. Aulacomya Morch, 1853. — Surface ornée de côtes rayonnantes et divergentes, plus épaisses . sur la région anale que sur la région palléale et Imccale; plateau cardinal élevé, portant une dent épaisse et obsolète sur chaque valve, elles sont recouvertes par un épiderme qui leur donne l’aspect de l’aire ligamentaire des Ostreidæ, mais elles engrènent effectivement (constatation faite sur un spécimen valve du génotype : M. magellanicus Chemn. Viv.).

Sect. Ilormomya Morch, 1853. — Surface finement rayonnée, les rayons s’atténuant beaucoup sur la région buccale; crochets obtus, presque modiolifortnes; plateau cardinal très réduit, édenté; impression de l’adducteur antérieur un peu écartée de la cavité umbonale (G. -T. : M. exus tu s • Lin. Viv.).

Sect. Mytilaster Monts., 1884. — Surface crépue, avec de forts sillons d’accroissement; bord ventral sinueux; charnière dentée; bord ligamentaire denticulé (G. -T. : M. lineatus Gm. Viv.).

Sect. Arcomytilus Ag., 1840. — (G. -T. : M. pectinatus Sow. Jur.).

S. -G. : Pachymytilus Zittel, 1881. — Coquille grande, très épaisse, trigone, très inéqui latérale et gibbeuse; crochets terminaux, proéminents; côté antérieur concave, avec un large sillon décurrent et deux courts sillons plus faibles, rapprochés

du crochet; aire ligamentaire très large s’étendant jusqu’au coude arqué du contour postérieur; impression musculaire énorme (G. -T. ; M. pet asus d’Orb. Raur.).

S. -G. Stavelia Gray, 1858. — Coquille inéquivalve, tordue, à contour palléal, sinueux; épiderme épais, barbu, fibreux, sur toute la région mtirginale (G. -T. : M. tortus Dunker, Viv.).

A part les deux Sous-Genres qui ont des caractères bien définis, les Sections ci-dessus énumérées peuvent, en définitive, se réduire à deux groupes : formes lisses, Mytilus, s. stricto; formes ornées de sillons divergents, Aulacomya ; laissant de côté Arcomytilus dont on n'a pas publié les caractères internes. Ces deux groupes sont représentés dans le Miocène de l’Aquitaine, ils descendent des espèces éocéniques qui, ellesmêmes, se rattachent à leurs ancêtres des terrains secondaires.

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