Congeria subimbricata nov. sp
PI. XIII, fig. 14-17; et PI. XVI, fig. 37-38.
Taille petite; forme mytiloïde, convexe, peu incurvée, inéquilatérale; côté antérieur rectiligne, sauf vers le crochet où il est légèrement excavé; côté postérieur médiocrement dilaté, anguleux et coudé vers le milieu de la •hauteur; bord palléal arrondi dans le prolongement du contour anal, mais faisant un angle avec le contour buccal; crochets petits, pointus, un peu inclinés en avant. Surface dorsale partagée par un angle décurrent qui s’atténue vers le bord; région buccale aplatie, presque à pic sur le plan de commissure des valves; le reste est uniformément bombé, non déprimé en arrière; l'ornementation consiste en lignes d’accroissement régulières et imbriquées, ou même sublamelleuses vers les bords.
Septum court, évidé sur sa surface et arqué sur son contour inférieur, rainure ligamentaire large et profonde, égale aux trois septièmes de la longueur, bordée par une nymphe saillante et tranchante qui se prolonge jusqu’au crochet presque sans s’atténuer; apophyse très petite et enfoncée, s’allongeant un peu en dehors de la cavité umbonale recouverte par le septum. Impression de l’adducteur postérieur en forme de 6; impression palléale transversale et rectiligne, puis suivant parallèlement — à peu de distance — le contour buccal.
Dim. Longueur : 8,5 mill.; largeur : 4,5 mill.
R. D. — Voici encore une mutation qui ne peut se confondre ni avec C. sub-Basteroti, ni avec C. alta, ni surtout avec C. Basteroti : elle n'est pas incurvée comme la première, ni étroite comme la seconde, et elle se dis-
tingue de la troisième par son apophyse plus saillante et par sa rainure ligamentaire plus longue. D’autre part, c’est la seule espèce dont la surface dorsale présente des accroissements régulièrement espacés; il est vrai que l’usure a pu les faire disparaître chez d'autres mutations, de sorte que nous ne faisons état de ce critérium qu’à titre tout à fait accessoire.
Nous croyons devoir en distinguer une autre valve, malheureusement incomplète, d’une taille deux fois nlus grande, provenant de l’Helvétien supérieur de Salles (Largileyre) ; cette valve — qu’on pourra dénommer sallornacensis si l’on en recueille des spécimens mieux caractérisés — a le septum plus élevé et plus triangulaire que C. subimbricata ; son ornementation dorsale est plus finement imbriquée, et l'apophyse fait une saillie plus forte mais moins longue. La carène dorsale ne permet pas de la rapporter à C. alta , et elle n’est pas incurvée comme C. sub-Basteroti.
Loc. — Saubrigues, cotypes (PI. XIII, fig. 14-17), coll. Degrange-Touzin. — Tortoiiieii.
Salles (Largileyre), an var. sallornacensis ? (PL XVI, fig. 37-38), coll. Degrange-Touzin. — llelvétien.
Cénacle : AVICULACEA Menke, 1830.
Coquille généralement inéquivalve, souvent ailée; valve droite ordinairement plus aplatie que la gauche, munie d’un sinus antérieur ou d’une échancrure pour le passage du hyssus ; ligament simple ou « multivinculaire », et dans ce dernier cas, attaché dans des fossettes alignées et distinctes; charnière comportant — mais d’une manière non constante — des dents cardinales plus ou moins persistantes, ou des lamelles latérales très allongées; impressions palléale simple; impression pédieuse sous le crochet, avec quelquefois une impression musculaire antérieure; impression de l’adducteur postérieur des valves subcentrale et plus ou moins distincte.
Cette diagnose correspond à celle que Fischer a donnée pour la Famille Aviculidæ que nous transformons en Cénacle, tandis que les huit Sous- Familles dont il composait ses Aviculidæ méritent d’être érigées en Familles distinctes ; Aviculidæ, Vulsellidæ, Pernidæ, Aucellidæ, Monotiidæ, Pterineidæ, Ambonychiidæ, Pinnidæ. Nous n’avons trouvé, en Aquitaine, que la première, la troisième et la huitième, mais nous en ajoutons une neuvième : Prasiniidæ. Ce Cénacle est l’un des plus anciens que l’on con-
naisse parmi les Pélécypodes ; il comprend un grand nombre de formes exclusivement paléozoïques, plus ou moins clairement définies, d’autres confinées dans les terrains secondaires, et quatre Familles seulement sont encore représentées dans les mers actuelles.
AV1CUL1DÆ Swainson, 1840.
(= Pteriidæ Dali, 1898. )
Coquille monomyaire; oreillettes bien marquées; échancrure du byssus visible; ligament simple, inséré dans une fossette oblique, creusée sur une aréa plus ou moins étroite qui s’étend d’un bout à l’autre du bord cardinal.
La division de cette Famille en Genres doit être fondée sur la présence ou l’absence de lamelles ou de dents à la charnière, ainsi que sur la disposition des oreillettes; par conséquent, nous y admettons les Genres : Avicula (= Pteria ), Meleagrina , Oxytoma, Cassianella, Pseudomonotis, Malleus, et probablement aussi une série de formes paléozoïques dont les caractères internes sont imparfaitement connus. Le second seul de ces Genres existe dans le Néogène du Sud-Ouest.
PTERIA Scopoli, 1777.
(= Avicula Brug., 1792, ex Klein, 1753.)
Coquille nacrée à l'intérieur, épidermée à l’extérieur, inéquilatérale, ailée, à contours obliquement ovales et plus ou moins sinueux, branchés sur un bord cardinal rectiligne; valve gauche un peu moins convexe que la valve droite; échancrure byssale sous l’oreillette antérieure; oreillette postérieure souvent digitée; charnière comportant une ou deux petites dents cardinales à tout âge, et une lamelle PII très allongée sous le bord cardinal; crochets peu saillants, obliquement prosogyres; fossette ligamentaire triangulaire, scalène, .à sommet situé sous le crochet; impression de l’adducteur des valves subcentrale (G. -T. : Mytilus hirundo Linné, Viv.).
C’est avec raison que M. Dali a substitué Pteria à Avicula, puisque la dénomination employée par Klein n'a, en réalité, été légitimée que par Bruguière, postérieurement à la création de Scopoli. Il est évidemment regrettable d'abandonner un terme aussi universellement connu que Avicula ; mais, dès l’instant qu’on rejette les noms de Bolten et de Humphrey il n’y a pas de motif pour reprendre ceux de Klein, à moins qu’un nouveau Congrès en décide ainsi.
Nous ne sommes pas bien certains qu'il n’y ait aucun Pteria s. str. dans le Bordelais, attendu que les jeunes individus qu’on y recueille ont des dents cardinales, sans lamelle latérale il est vrai, et que leur état de conservation empêche d'affirmer que l’oreillette postérieure ne soit pas réellement digitée et échancrée; cependant il parait très probable que ce sont plutôt des Meleagrina.
Sect. Electroma Stoliczka, 1871. — Forme oblique; oreille lie postérieure très courte, non séparée par un sinus du reste de la coquille (G. -T. : A. smaragdina Ileeve, Viv.).
Même observation que ci-dessus, poui ce qui concerne l’attribution des spécimens népioniques du Sud-Ouest de la France.
MELEAGRINA Lamk., 1812.
(= Marmritifera Humphrey, 1797.)
Forme subrhomboïdale, moins oblique que celle de Pteria ; valves presque égales, assez épaisses; oreillette postérieure courte, à peine indiquée par une faible excavation du contour anal; échancrure du byssus marquée, sur la valve droite, par un repli lamelleux de la surface externe; dents cardinales obsolètes chez les adultes, mais parfois visibles chez les jeunes, pas de lamelle latérale; aréa ligamentaire très large, de même que la fossette; impression de l’adducteur excentrée, allongée en forme de croissant; impression palléale très écartée du bord, formée d’une série de cicatrices qui forment en avant une S renversée, avant d’aboutir à l’impression du muscle (G. -T. : Mytilus margaritifer Linn. Viv.).
C’est à tort que M. Dali a ressuscité Margaritifera, nom adjectif employé par Humphrey dans un catalogue qui n’a aucune valeur systématique.
La comparaison seule des diagnoses permet aisément de distinguer Meleagrina de Pteria, même chez les individus népioniques qui ont parfois des dents cardinales, jamais de lamelle latérale; nous insistons surtout sur les critériums tirés de la comparaison des impressions internes dont la différence est caractéristique..
Nous n'avons trouvé que des Meleagrina dans le Miocène de l’Aquitaine, tandis que, dans l’Eocène, on trouve aussi des Pteria : il y a là une lacune que nous signalons à l'attention des chercheurs, et qui sera ultérieurement comblée, car les deux phylums ont évidemment dû coexister parallèlement à tous les niveaux du Système tertiaire.