‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 135 sur 273 · Meleaqrina phalænacea [Lamarckl · texte numérisé non relu

Meleaqrina phalænacea [Lamarckl

PI. XI, fig. 1-3.

1819. Avicula phalenacea Lk. An. sans vert., t. VI, p. 150.

Bast. Mém. env. Bord., p. 75.

Desh. Encycl. méth., t. II, p. 116.

Des Moul. Explic. Carte géol., 3, p. 120.

Grat. Cat. Gironde, p. 59.

Raulin. Mém. Aquit. {B. S. G. F., IX), p. 412

D'Orb. Prodr., t. III, 26 ét. , p. 127, n° 2397.

Mayer. Verz. mar. Moll., p. 89.

Hôrnes. Tert. Beck. Wien, t. II, p. 376, pl. LU,

fig. 4 (tantum).

Fisch. et Tourn. Inv. mont Léberon, p. 143.

Ben. Cat. Sancats, p. 68, no 189.

1898. Avicula

hirunclo (■

var. phalenacea) Sacco. I Moll. terz. Piem., p. xxviii, p. 23, pl. VI, fig. 9-13.

Test épais,

quoique

friable vers les bords. Taille grande,

'orme subquadrangulaire, oblique, ailée, inéquivalve — - la

/alve gauche étant un

peu plus bombée que la droile — très

inéquilatérale; côté antérieur très court, muni d’une oreillette en forme de triangle isocèle assez large, médiocrement allongé, à bord libre légèrement sinueux, creusé — à sa jonction avec le bord buccal — d’une entaille byssale un peu plus profonde sur la valve gauche que sur la droite; côté postérieur très long, élargi en une oreillette grande, mais peu détachée du reste de la coquille; bord buccal infléchi en dedans de la valve, pour

former l'orifice byssal, obliquement convexe au-dessus de cet orifice, et régulièrement raccordé avec le bord palléal en arc de cercle; bord anal presque rectiligne, creusé en haut d’un sinus large et habituellement très peu profond qui forme le bord libre de l’oreillette postérieure; bord cardinal rectiligne. Crochets petits, pointus, très peu saillants, situés au cinquième antérieur de la valve, séparés l’un de l’autre par une aréa large, très allongée, presque plane, dont les deux parties, forment — sur les valves réunies — un angle d’environ 80°; la surface de cette aréa est finement striée suivant sa longueur; elle présente sur son tiers médian une dépression ligamentaire peu profonde, de la même largeur que l’aréa et formant grossièrement un triangle scalène dont le sommet est immédiatement sous le crochet (ligament « alivinculaire » sec. Dali) . Surface externe obliquement bombée dans sa région médiane — davantage sur la valve gauche — subitement déprimée à sa jonction avec l’oreillette antérieure triangulaire et peu convexe, s’infléchissant plus largement et plus régulièrement, pour former l’oreillette postérieure; des stries d’accroissement ondulées et lamelleuses couvrent toute la surface, écartées sur la partie médiane, elles se rapprochent vers les bords et sont très serrées sur les oreillettes. La couche prismatique externe de la coquille, à peine épaisse de 1 millimètre, a le plus souvent disparu pendant la fossilisation, laissant à nu la couche lamelleuse nacrée qui forme la plus grande partie de la masse de la coquille, de sorte que, malgré l’épaisseur du test, sa fragilité est grande, et il est rare de trouver des exemplaires entiers. Deshayes (/. c.) dit avoir observé « des exemplaires ayant encore leur couleur d’un blanc roussâtre parsemée de taches nubéculeuses brun peu foncé ».

Charnière complètement édentée chez les exemplaires adultes; les exemplaires népioniques portent, à la valve droite, sur le rebord de l’aréa et au-dessous du crochet, deux petites saillies dentiformes, séparées par un faible intervalle où se loge une dent triangulaire plus forte de la sur valve gauche.

Impression musculaire très grande, presque circulaire, pro-

fonde, chagrinée dans sa moitié antérieure, et placée excentriquement, près du bord postérieur; impression pédieuse petite mais profonde, placée au fond de la cavité umbonale; impression palléale formée d’une série de ponctuations bien gravées, s’étendant de l’impression pédieuse à l’impression de l'adducteur des valves, en formant une ligne assez distante du bord qui est lisse.

Dim. Diana, a.-p. : 62 mill. ; diam. u.-v. : 65 mill.

R. D. — Lamarck — en décrivant brièvement, comme type de l'espèce, un spécimen népionique de 2 centimètres de diamètre — ajoutait que les grands fragments d 'Avicula que l’on trouve fréquemment aux environs de Bordeaux appartiennent à une espèce différente. Après examen de nombreux échantillons de dimensions variables, nous pensons, comme d’ailleurs Basterot et Desbayes, qu’ils ne peuvent être séparés les uns des autres. Nous ne pouvons, à l’exemple de M. Sacco, considérer A. phalænacea comme une variété d’A. hirundo (= A. tarentina) : la forme fossile nous a paru beaucoup moins variable que ne le dit notre savant confrère, et surtout beaucoup plus constante que l’espèce de la Méditerranée à laquelle il la rattache. Celle-ci est habituellement plus mince, toujours moins bombée, plus oblique; ses oreillettes, la postérieure surtout, sont plus longues, mieux détachées du reste de la coquille; jamais chez A. phalænacea l’oreillette postérieure n’affecte la forme de languette étroite, fréquente dans l’espèce vivante chez laquelle, de plus — l’oreillette antérieure étant aussi plus étroite à sa base — la fente byssale se trouve placée plus haut. L’empreinte musculaire est très différente : bilobée chez A. tarentina, elle est circulaire et beaucoup plus profondément gravée, en raison de la différence d’épaisseur du test, chez A. phalænacea. Enfin, les dents restent visibles à tout âge chez A. tarentina et disparaissent assez vite chez A. phalænacea, à cause du plus grand accroissement en largeur de l’aréa.

Par ce dernier caractère, la forme fossile se rattache plutôt à Meleagrina qu’à Avicula s. st., bien qu’elle soit un peu plus oblique que le type (M. margaritacea) et que ses oreillettes soient un peu plus saillantes.

A. dertocrassata Sacco (part. XXVIII, pl. VI, fig. 19), n’est pour nous qu'un spécimen gérontique d’A. phalænacea. Quant aux échantillons de l'Helvétien de Grund figurés par Hôrnes (vol. 2, pl. LII, fig. 1-3) sous le nom phalænacea et dont Mayer fit plus tard (1894 Journ. Conch., t. XLVII, p. 120) Meleagrina Studeri, ils sont plus grands que nos spécimens aquitaniens et burdigaliens, moins obliques, leurs oreillettes sont encore moins proéminentes. Nous avons sous les yeux d’énormes fragments de M. Stu-

deri, de l'Helvétien delà Touraine (col 1 . Peyrot), identiques aux figurations de Hôrnes, et aussi, des mêmes gisements, d’autres fragments plus petits, qu’il nous est impossible de séparer de A. phalænacca. Dans ces conditions, nous pensons que il/. Studeri représente un stade gérontique de A. phalænacea, ou tout au plus une race atteignant une taille plus grande parce qu’elle était plus avancée dans son évolution. A. Companyoi Font., du Pliocène de la vallée du Rhône, est plus petite que A. phalænacea, sa charnière est plus oblique, etc...

Enfin, nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) un assez bon échantillon du Burdigalien de Forno de Tijol (Portugal), qui est identique à ceux de Léognan.

Lioc. — Léognan (Coquillat), valve droite (PI. XII, fig. 1 et 3), coll. Benoist; Léognan, valve gauche (fig. 2), coll. Bial-Neuville ; Carrère, coll. Peyrot, spécimen valvé; fragments, toutes les coll. Mérignac (Pontic), Cestas, fragments. Dax (Maïnot), coll. Bial. — ISni*«li(jalieii.

Salles (Min Débat), fragment incertain, coll. de Sacy. — Itelvétieii.

Villandraut (Min de Fortis), commune mais toujours brisée. — Aquftanien.

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