‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 137 sur 273 · Heligmina Douvillei nov. sp · texte numérisé non relu

Heligmina Douvillei nov. sp

PL XVIII, fi J 25-26 ; et PI. XX, fig. 46-47.

Taille moyenne; forme ovale-arrondie, peu convexe. Valve inférieure à talon ligamentaire assez élevé, inéquilatérale ; côté antérieur échancré par une entaille profonde, contiguë au talon ligamentaire, et dont les bords sont plissés par les accroissements, à l’instar du talon. Surface externe marquée par des lamelles irrégulières d’accroissement, avec quelques gradins indiquant des arrêts plus prolongés. Valve supérieure plate, non échancrée. Fossette ligamentaire longue et étroite, encadrée de deux bourrelets arrondis qui ont à peu près la moitié de la largeur de la fossette. Surface interne non nacrée; impression musculaire petite, en forme de fiole, située très haut et tout près de l’échancrure; ligne palléale extrêmement rapprochée du bord des valves, simplement indiquée par une différence de teinte.

Dim. Diam. a.-p. : 15 rnill. ; diam. u.-p. : 25 mill.

R. D. — Cette espèce est plus haute et a le crochet plus allongé que le génotype de l’Eocène des environs de Paris ; elle ressemble complètement à une Ostrea, sauf son échancrure et son impression musculaire. Sa présence à Peyrère dénote les affinités de certaines couches de ce gisement avec le Tertiaire inférieur; car le G. Heligmina n’avait pas encore été signalé plus haut que l'Eocène. 11 est probable que le fossile ci-dessus décrit ne provient pas du même niveau que ceux qui ont de l’affinité avec la faune de Saubrigues ou tout au moins avec celle d’Orthez. Nous avons — à plusieurs reprises — signalé ce mélange de formes d’âge très diffé-

rent dans les environs de Peyrehorade : H. Douvillei ne peut que nous confirmer dans la même opinion (1).

Loc. — Peyrehorade (Peyrère), cotypes (PI. XVIII, fig. 25-26; et PL XX, fig. 46-47), coll. Degrange-Touzin. — ïflioeène?

PERNIDÆ Fischer 1886 emend. (. Perninæ ).

(= Melinidæ Dali, 1898.)

Coquille subquadrangulaire ou submytiliforme, inéquilatérale, largement aurieulée en arrière; fente byssale faible ou nulle; charnière munie quelquefois de dents plus ou moins obsolètes, mais plus souvent complètement édentée; aréa cardinale à peu près rectiligne, plus ou moins large; ligament multiple inséré dans une série de fossettes distinctes (ligament multivinculaire sec. Dali). Une seule impression musculaire chez l’adulte.

Cette Famille (S. -F. Perninæ Fischer) éminemment caractérisée par la disposition toute particulière du ligament, comprend surtout des Genres mésozoïques; des deux Genres tertiaires et actuels Crenatula et Perna, le dernier seul est représenté dans nos terrains du Sud-Ouest.

PERNA Brug., 1789. (Retzius, 1788.]

Coquille aplatie, subquadrangulaire, à peu près équivalve, très inéquilatérale, largement aurieulée en arrière, munie en avant d’une fente byssale; charnière complètement édentée, ligament multivinculaire logé dans une série de fossettes verticales, parallèles, allongées et rapprochées; intérieur nacré; impression musculaire de l’adducteur des valves subcentrale,

(l) Il existe autour de Peyrehorade des gisements appartenant à divers niveaux tertiaires depuis l'Eocène jusqu’au Miocène supérieur. Les fossiles provenant de cette région (coll. Paulin, etc.), ont élé récoltés, non in situ, mais à la surface du sol sur lequel on épandait autrefois les marnes. Cela explique les mélanges de faunes que nous avons signalés à diverses reprises. Les marnières ne sont plus exploitées maintenant; il serait difficile et très coûteux de faire des fouilles; les résultats ne correspondraient pas d’ailleurs aux dépenses, à cause de la grande difficulté de dégager les coquilles et même de les apercevoir dans la marne très compacte. Au temps de l’emploi des marnes comme amendements, elles se délitaient à la gelée, à la pluie et les fossiles élaient peu à peu dégagés.

en forme de croissant, impressions pédieuses au nombre de trois, la médiane plus grande, formant au-dessous de l’aréa une ligne obliquement dirigée vers l’arrière de la coquille; impression palléale constituée par une série de ponctuations, bord simple. (G. -T. : Ostrea perna Linn. Viv.).

On a souvent pensé que la stricte application de la loi de priorité aurait pour effet, ainsi d’ailleurs que l’a fait M. Dali, de restituer à ce Genre le nom Mélina Retzius, 1788. Or, non seulement Perna est d’ailleurs employé deux pages au-dessus, par Retzius lui-même, pour Mya perna, mais encore la première espèce de Mélina citée par Retzius est une Avicula (A. semiaurita L.) nous conservons donc Perna qui est consacré par plus d’un siècle d’usage (1). Dans tous les cas, même si l’on avait le tort d'adopter Mélina, il n'y aurait aucune raison de remplacer Pernidæ Fisch.,1886, par Melinidæ Dali, 1898, car c’est un principe faux de nomenclature que celui qui consiste à changer, au mépris des lois de priorité, le nom d'une Famille quand le principal Genre change de dénomination.

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