‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 138 sur 273 · Perna burdigalensis nov. sp · texte numérisé non relu

Perna burdigalensis nov. sp

PI. XII, fig. 14-18; et PI. XX, fig. 20.

1825. Perna ephippium Rast., Mém. env. Bord., p. 74 (n. L.).

1836. Perna maxillata Des Moul. Expi. carte géol., III, p. 119 (non Lk.).

1838. — Grat. Cat. Gir., p. 59, no 618.

1873. Perna Sandbergeri Ben. Cat. Saucats, p. 68, n» 190 (non Desh.).

1909. — G. Dollf. Essai ét. Aquit., p. 46.

Taille moyenne on même petite. Forme très aplatie, mytiloïde, subquadrangulaire, allongée, très inéquilatérale; côté antérieur très court, s’arrondissant en forme d’oreillette chez les spécimens géron tiques; côté postérieur élargi en une oreillette mal limitée; bord antérieur échancré, aplati, réfléchi en dedans sur une étendue assez large, mais fort peu longue,

(1) D’après Herrmannsen (Ind. gen., II, p. 37) le type de Mélina (ab ostreis bene segregatum. genus /) est Ostrea ephippium L., s’il en est ainsi Mélina fait manifestement double emploi avec Anomia, et par conséquent, c’est une raison de plus pour laisser tomber dans l’oubli celte dénomination, au lieu de s’ingénier perpétuellement à troubler la nomenclature en ressuscitant des termes sans valeur; jamais les Congrès n’ont eu l’intention de recommander eelte incessante tracasserie, quand ils ont édicté les lois de priorité.

pour constituer l’échancrure byssale, peu arqué au-dessous de cetle échancrure; bord palléal faiblement arqué; bord anal convexe; bord cardinal rectiligne et presque orthogonal; crochet terminal, pointu, très peu gonflé; surface externe presque plane, très légèrement et obliquement déprimée dans la région cardinale, décortiquée sur tous nos spécimens, laissant ainsi à nu la partie nacrée et lamelleuse du test.

Charnière complètement édentée ; aréa cardinale assez large, pourvue d’un petit nombre (quatre à six) de fossettes ligamentaires, demi-cylindriques, perpendiculaires au bord cardinal, à peine plus larges que les interstices qui les séparent, et sillonnées parallèlement au bord cardinal.

Dim. Diam. a.-p. : 23 mill.; diam. u.-p. : 33 mill.

R. D. — Lamarck a réuni sous le nom. P. maxillata deux espèces fossiles différentes, l’une d'Amérique, l’autre d'Italie. MM. Dollfus et Cotter (Plioc. Tage, p 67) font remarquer que Lamarck indiquant comme référence une figuration de Knorr qui représente incontestablement le fossile d'Italie, c'est à celui-ci que doit rester le nom : maxillata. D'Orbigny a d’ailleurs, plus tard, appelé P. Conradi le fossile américain. Quant à P. Soldanii proposé par Desbayes pour l'espèce pliocénique d’Italie et adopté par Hürnes et par M. Sacco, il devient synonyme de P. maxillata. Ce point étant réglé, nous ne pouvons, à l’exemple de Des Moulins et de Grateloup, rapporter à P. maxillata l'espèce de l'Aquitaine. Bien que nous n'en possédions qu'un petit nombre de spécimens, tous en assez mauvais état de conservation, nous constatons qu'ils sont de taille et d’épaisseur beaucoup plus faibles que P. maxillata ; ils sont aussi beaucoup plus plats; leur échancrure byssale est plus courte, à proportion; leurs fossettes ligamentaires, moins nombreuses, sont à peine plus larges que les intervalles qui les séparent; ceux-ci sont saillants, tandis que, chez les exemplaires de P. maxillata d’Asti et de Stazzano (col I . Peyrot), les intervalles peu saillants et à surface légèrement concave, sont deux fois plus larges que les fossettes.

Nous pensons aussi que Benoist a eu tort d'assimiler notre forme de l'Aquitaine à P. Sandbergeri Desh. (—P maxillata Goldf. ( non Lk., Petref. Germ., p. 106, pl. 108, fig. 3), du Siampien du Bassin de Mayence. Ce dernier est bien plus grand que P. burdigalensis, son échancrure byssale est beaucoup plus longue, son bord cardinal est plus oblique. D’ailleurs, Benoist réunissait sous ce même vocable, aux formes de Bordeaux et de Mayence, celles de l'Helvétien de Grund et de la Suisse que Hürnes et

Mayer assimilent à P. Solclanii (= P. maxillala ), c’est-à-dire des formes appartenant à des niveaux et à des Bassins maritimes très différents.

P. Rollei Horn., de l’Aquitanien de Gaunderndorf et d’Eggenburg, diffère de P. burdigalensis par ses fossettes ligamentaires plus larges que les intervalles; P. radiata Hôrn., de Vôslau, en est aussi très différente par sa taille, par son ornementation extérieure, par la largeur de son aréa cardinale, etc.

Loc. — Mérignac (Baour) ; cotypes (PI. XII, fig. 14-16 ; et PL XX, fig. 20), coll. Benoist; coll. Degrange-Touzin ; Saint-Avit, même coll., un spécimen népionique (1). Lariey fide Benoist, Léognan (Le Th il), valve népionique (fig. 17-18), coll. Bial-Neuville ; coll. de Sacy. Très rare partout. —

Aquilaiiieii.

PRASINIDÆ Fischer, 1886.

(= Juliidæ Dali, 1898).

Coquille modioliforme, petite, équivalve, inéquilatérale; crochets prosogyres, hord cardinal portant une étroite fente byssale et une forte dépression en avant des crochets; ligament externe ou subinterne, dents formées par des expansions lamellaires du hord des valves, indiquant un état embryonnaire persistant à l’âge adulte. Une seule impression musculaire visible, la postérieure, subcentrale; bords lisses.

L’origine de cette Famille remonte à l’Eocène avec les Genres Anomalomya et Berthelinia.

M. Dali (Tert. Florida, p. 810) a substitué Juliidæ à Prasinidæ, à cause du remplacement de Prasina synonyme postérieur de Julia. Nous nous sommes déjà expliqués, à propos de Melinidæ, sur ces changements de noms de Familles que nous ne saurions admettre.

JULIA Gould, 1802.

(= Prasina Desh., 1863).

Coquille très petite, assez épaisse, oblongue ou cordiforme, équivalve, très inéquitatérale ; crochets prosogyres, saillants. Surface externe peu bombée, lisse; lunule très excavée. Char-

(1) Nous ferons figurer dans le Supplément un splendide spécimen, valvé, de celle localité, en le comparant à P. Rollei.

nière : AI forte, placée immédiatement sous le crochet, logée dans une fossette comprise entre AU, peu développée, et le crochet de la valve gauche; ligament externe, fossette chondrophore allongée contre le bord cardinal. Intérieur des valves brillant, mais non nacré; impression musculaire unique, subcentrale; bord lisse. (G. -T. : J. exquisita Gould t Viv.).

La diagnose de Prasina dans Fischer (Man. Conch., p. 949) est ainsi conçue : « lunule fortement excavée et produisant sur la valve droite une fossette dans laquelle est reçu un tubercule correspondant de la valve gauche »; cette définition est en contradiction avec la figuration de P. borbonica donnée dans le même ouvrage; la diagnose que nous donnons ci-dessus, d'après nos spécimens fossiles, s'accorde entièrement avec le dessin de Fischer. M. Dali a examiné des spécimens authentiques de J. exquisita Gould, il s’est assuré que cette coquille n’est pas nacrée et que ses bords sont dépourvus de créoelures, contrairement à ce qu’a écrit Fischer. Nous avons fait la même constatation sur les spécimens de la coll. de l’Ecole des Mines (,/. borbonica). Comme Julia ne diffère pas génériquement de Prasina, ce nom plus récent tombe en synonymie. La plus ancienne Julia citée est J. floridana Dali, de l’Aquitanien de la Floride; nous ne connaissons, dans le Néogène de l’Europe, que J. Lecointreæ de l'Helvétien de la Touraine, et les deux espèces nouvelles décrites ci-après.

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