Pecten ( Grandi pect 'en) latissimus jBrocchi
PL XII, fig. 23-24 ; et PL XV, fi g. 9.
1814. Ostrea latissima Broc. Conclu foss. sub., t. II, p. 581.
1819. Pecten laticostatus Lk. An. s. vert., t. VI, p. 179.
? 1838 . — Grat. C.at. Gir., p. 58.
1852. Pccten latissimus D'Orb. Prodr., t. III, p. 186, n° 403, 27e et.
1867. — Hôrn. Tert. Beck. Wien, p. 395, pl. LV1-LVII.
1897. Macrochlamys latissima Sacco I Moll. ter/,. Piem., p. 32, pl. IX,
6g. 5; pl. X, fig. 1-5.
Test épais. Taille des plus grandes; forme arrondie, inéquivalve, équilatérale, close. Valve droite un peu convexe, crochet recourbé, pointu, assez peu saillant; angle apical 115"; oreillettes subégales, longues, pas très hautes, l’antérieure légèrement sinueuse à son extrémité, avec une faible encoche byssale à sa hase, la postérieure orthogonalement tronquée. Valve gauche peu convexe, à crochet pointu, recourbé, mais peu proéminent; angle apical 115°; oreillettes subégales, à peu près orthogonalement tronquées et séparées du reste de la coquille par une forte rainure.
Surface externe ornée — dans la région médiane de la valve droite — d’environ six côtes plates, assez saillantes, à peu près égales à leurs intervalles, s’élargissant du crochet vers la périphérie, où elles atteignent 3 centimètres de largeur sur l’exemplaire que nous avons sous les yeux; les bords latéraux portent des costules obsolètes, on en voit aussi plus ou moins nettement sur les côtes primaires et leurs intervalles ainsi que sur les oreillettes; sur la valve gauche, les côtes sont plus saillantes, plus ou moins nodulcuses dans la région umbonale, les trois médianes sont plus fortes que les autres;
les oreillettes portent également de faibles costales radiales; des stries concentriques d’accroissement, très fines, serrées, couvrent les deux valves et les oreillettes; vers le bord palléal, elles deviennent plus fortes.
Bord cardinal de la valve droite presque rectiligne, replié sur le plateau cardinal, épaissi et strié transversalement sur les spécimens gérontiques; sous cet épaississement disparaissent la rainure ligamentaire et les lamelles cardinales supérieures; les autres lamelles cardinales intérieures, obsolètes, sont séparées par des dépressions assez profondes; fossette chondrophore très profonde, bordée par des arêtes saillantes et entamant par son extrémité l’épaississement du bord cardinal; lamelles auriculaires faillies, dentelon bien marqué. Bord cardinal de la valve gauche rectiligne; trois paires de lamelles cardinales bien visibles chez les jeunes spécimens, l’antérieure bordant la rainure ligamentaire, les deux autres courtes et très obliques, saillantes, séparées par de profondes dépressions; lamelles auriculaires obsolètes, chacune avec son dentelon terminal élevé.
Surface interne ornée de côtes peu nombreuses, plates, extrêmement larges, pincées à leur extrémité palléale, festonnant le bord chez les jeunes individus, tandis que l’adulte a le bord palléal à peu près dépourvu d’encoches.
Impression musculaire très grande, excentrique, plus rapprochée du hord anal et tangente intérieurement à l'impression palléale qui est très écartée du hord, et dont les contours latéraux sont plus ou moins déchiquetés.
Dim. Diam. a.-p. : 175 mill.; diam. u.-p. : 170 mill.
R. D. - On ne peut trouver de caractères différentiels de quelque importance entre les formes miocéniques et plioeéniques de P. latissimus : M. Sacco a fait remarquer que la dépression apicale de la valve gauche des variétés miocéniques des collines de Turin et de P. restitutensis n’existe pas dans celles du Miocène d'Autriche; nous ne l’avons pas constatée non plus sur nos spécimens de Salles, et d’autre part on la trouve chez des exemplaires du Pliocène. L’angle apical est plus ouvert, d'après M. Sacco, chez P. latissimus du Miocène italien, que chez les formes plioeéniques, c’est l’inverse pour P. restitutensis, du Miocène du Sud-Est de la France;
ce caractère est d'ailleurs variable; il en est de même de la taille, de l’existence de costules secondaires pins ou marquées. Enfin, chez une valve presque adulte de Salles (Min Débat), nous comptons exactement sept ou huit côtes primaires, et à l’intérieur, seize côtes pincées vers le bord; comme tous les autres caractères, y compris la dépression apicale et bordée de nodules sur les côtes, sont les mêmes que sur l'autre valve népionique, il est bien évident qu’il s'agit encore là de P. latissimus.
Nous ne voyons pas, dans ces conditions, la nécessité de créer des variétés, surtout en présence d'un si petit nombre de bons spécimens. La variété gibbosula Sacco ne nous paraît pas différer notablement du type; quant aux spécimens figurés sous le nom de variété præcedens, ils peuvent appartenir à des jeunes. P. restitutensis Font., de Saint-Restitut (Drôme), est toujours plus petit que P. latissimus, son contour est moins régulièrement circulaire, le côté antérieur étant sensiblement moins élargi que le postérieur; ses oreillettes sont plus développées proportionnellement; enfin les costules secondaires sont rares et obsolètes. MM. Dollfus et Dautzenberg ont fait connaître Clilamys Apollo du Miocène supérieur de l’Anjou. Ils le placent, à tort selon nous, dans le S. -G. Pallium à cause des dépressions comprises entre les lamelles cardinales, semblables à celles que nous avons signalées chez P. Tournali et P. latissimus, mais bien différentes morphologiquement et fonctionnellement de celles de P. plica génotype de Pallium. Ch. Apollo se distingue de P. latissimus par ses côtes principales plus effacées, par ses costules au contraire plus saillantes, par sa sculpture concentrique moins lamelleuse. Nous ne voyons pas trop ce que peut être P. laticostatus signalé à Saucats par Grateloup, aussi ne l'avons nous fait figurer dans la synonymie qu’avec un point de doute.
Loc. — Salles (sans indication de niveau), plésiotype (PI. XII, fig. 23- 24; et PI. XV, fig. 9), deux valves, la gauche népionique, coll. Benoist; Min Débat, une valve gauche à huit côtes primaires, coll. de Sacy. — Ilelvétien.
AMUSSIUM (Rumphius, 1711) v. Mühlfeldl 1811 ( emend .).
(= Pleuronectia Swains, 1810).
S. str. — Test mince. Forme arrondie, comprimée, bâillante, inéquivalve. Valves convexes : la droite un peu plus bombée que la gauche; oreillettes petites, subégales; fissure byssale petite ou absente, habituellement dépourvue de dentelures sur son bord inférieur. Surface externe habituellement lisse, polie, brillante, portant quelquefois des côtes radiales
obsolètes; stries concentriques d’accroissement excessivement fines. Plateau cardinal portant trois paires de lamelles cardinales plus faibles sur la valve gauche ; lamelles auriculaires bien développées. Empreintes musculaires semblables à celles de Pecten ; impression palléale peu écartée du bord. Surface interne renforcée par des liralions étroites, saillantes, pincées à leur extrémité vers le bord palléal et indépendantes de toute sculpture externe; bord des valves mince, non dentelé, les lirations s’arrêtant à quelque distance du contour. (G. -T. : Ostrea pleuronectes Linné, Viv.)
Groupe très distinct, déjà spécialisé à l’époque crétacique. Les espèces actuelles vivent à d’assez grandes profondeurs sur les fonds vaseux; elles n'ont pas de byssus, au moins à l’âge adulte et nagent avec facilité; les lirations internes ont pour but, en renforçant la coquille, de lui permettre de résister aux tractions énergiques de l'adducteur. Dans l’Aquitaine, Amussium ne se trouve, pauvrement représenté d'ailleurs, que dans les sédiments argileux de l'Ouest du Bassin.
Section Propeamussium de Gregorio, 1883. — Test mince. Taille assez grande; coquille arrondie, comprimée, subéqui valve, lisse ou ornée de lignes nombreuses et très fines, dépourvue de lirations internes; oreillettes petites, subégales, sans encoche byssale; lamelles cardinales et auriculaires obsolètes, bord des valves uni. (G. -T. : Pecten Ceciliæ de Greg. Mioc.)
M. Sacco place dans ce Groupe Amussium Dalli Smith, dont M. Verrill fait le type d'un Genre nouveau Paramussium; d'après la description de Verrill, A. Dalli a des lirations internes très développées, une sculpture différente sur les deux valves, il différerait assez de P. Ceciliæ pour ne pas lui être allié et serait mieux placé dans Variamussium. En tous cas, Propeamussium a été mal interprétée par Dali, Verrill, etc.
Section Parvamussium Sacco, 1897. — Test mince. Taille petite ; côtes internes peu nombreuses n’atteignant pas le bord ; lamelles cardinales et auriculaires obsolètes. (G. -T. : Pecten duodecimlamellatus Bronn, Miocène.)
Ce Groupe est déjà représenté dans le Crétacé; il se poursuit jusqu’à l’époque actuelle.
Section Variamussium Sacco, 1897 (= Propeamussium Verrill, Dali, non de Grog-. = ? Par amussium Yerrill, 1899). G. -T. : Amussium cancellatum Smith, Viv.
Ne diffère de la Section précédente que par l’ornementation qui est différente sur les deux valves, la droite portant des stries concentriques régulières, serrées, la gauche des stries radiales dont quelques unes plus élevées et régulièrement distribuées. Ce caractère est d'ailleurs assez fréquent chez les Pecten. Le G. Cyclopecten Verrill, 1899, est créé pour de petites coquilles semblables présentant une ornementation différente sur les deux valves, mais n'ayant pas de lirations internes. Toutes ces subdivisions pourraient être réunies à la suivante considérée dans un sens un peu large.
Section Pseudamussium (Klein, 1753), II. et A. Adams, 1858 entend. — Test mince. Taille moyenne ou petite; coquille close, équi valve, à peu près lisse ou ornée de stries ou de costales radiales obsolètes, l’ornementation est quelquefois différente sur les deux valves; auricules étroites, encoche byssale faible. Plateau cardinal portant une paire de petites lamelles cardinales bordant la rainure ligamentaire; pas de lirations internes, bord des valves mince, uni. (G. -T. : Pecten exoticns Lk. = P. pseudamussium Sow.).
Pseudamussium apparait dans le Lias d’après Sacco (P. liasinum Nyst) et se poursuit jusqu'à l’époque actuelle.
De ces quatre Sections, la troisième seule est représentée dans le Néogène de l’Aquitaine, outre Amussium s. str.