‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 157 sur 273 · Amussium (Variavmssiwn) cf. felsineum Foresli · texte numérisé non relu

Amussium (Variavmssiwn) cf. felsineum Foresli

PI. XIII, fig. 3-7; et PI. XV, 24.

1895. Amussium felsineum For. Bracli. e Moll, plioc. Bologna, p. 269.

1897. Variamussium felsineum Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXIV,

p. 49, pl. XIV, fig. 7-22.

Test assez épais. Taille fort petite; forme arrondie, comprimée, équilatérale, équivalve; oreillettes petites, subégales sur les deux valves, pas d’encoche byssale. Surface externe présentant une fine ornementation, visible seulement à la

loupe, et différente sur les deux valves; elle est constituée, sur la valve droite, par des stries concentriques régulières, serrées, assez élevées, et sur la gauche, par des stries radiales également élevées, denses, dont quelques-unes plus saillantes régulièrement distribuées; sur la région umbonale de la valve gauche on voit quelquefois des stries concentriques, alors les stries radiales sont peu marquées sur cette partie de la coquille.

Bord cardinal à peu près rectiligne sur les deux valves, une seule paire, visible, de lamelles cardinales, parallèles au bord et minces; fossette chondropbore minuscule.

Impression musculaire assez marquée sur la valve droite, très voisine de l’oreillette; moins nette sur la valve gauche et plus éloignée de l’oreillette. Impression palléale rapprochée du bord qui est mince et translucide. Surface interne blancopaque renforcée par dix lirations étroites, très régulières, n’atteignant pas tout à fait le bord palléal, de couleur violetfoncé et se détachant ainsi très nettement sur le fond blanc du test.

Dim. Diamètres : G mill.

R. D. — Notre détermination est fondée sur la comparaison des ligures publiées par M. Sacoo avec nos échantillons; ils ressemblent plutôt aux spécimens du Plaisancien qu’à la variété virgulata du Tortonien, qui est caractérisée par ses costules intercalaires, en virgule, à l’intérieur des valves. Nous ne pensons donc pas qu’il y ait lieu, quant à présent, de séparer les provenances lielvétiennes du Béarn sous un nom de mutation distincte ; toutefois la comparaison des coquilles elles-mêmes pourrait peut-être modifier ultérieurement notre opinion.

La sculpture différente des deux valves et le nombre plus petit des côtes internes permettent de distinguer cette coquille de Parvamussium duodecimlamellatum avec lequel on serait tenté de la confondre au premier abord. Elle concorde entièrement avec les figurations de A. fehineum données par Sacco à laquelle nous la rapportons. A. fehineum est, d’après Sacco, fort voisine dbl. cancellatum (Sow.) qui vit actuellement dans l’Atlantique.

Loc. — Saint-Etienne-d'Orthe (PI. XIII, fig. 5-7; et PI. XV, fig. 24), coll. Degrange-Touzin ; commune. — IDclvétsrn.

CHLAMYS (Bolten, 1708) Herrmannsen, 1840.

(= Pecten, ex ma£. parle, 11. et A. Adams).

Forme en général ovale-oblongue; valves convexes, subégales; côtes radiales plus ou moins nombreuses, souvent squameuses; oreillettes inégales, surtout sur la valve droite dont l’oreillette antérieure, allongée, présente à sa base un sinus plus ou moins profond qui porte sur son bord intérieur une rangée de petites denticulations (filière, ctenodium, pectinidium, dents pectinid iales). Surface interne costulée, commissure des valves laciniée par les côtes.

I.e G. Clilamys comprend la plus grande partie des Pecten. sensu lato : il se distingue surtout des groupes précédents par la grandeur de son encoche hyssale, correspondant à l’existence, parfois temporaire, d’un byssus bien développé et garnie de dents pectinidiales qui n’existent pas chez Pecten. Nous avons déjà signalé les confusions qui se sont produites entre Pecten s. st. et Clilamys, et qui remontent à Schumacher; Herrmannsen est le premier, croyons-nous, qui ait légitimé le nom Clilamys, c’est donc la date 1846 qu'il faut adopter. Clilamys a été subdivisé en un grand nombre de Sous-Genres et de Sections dont nous citerons seulement celles qui nous intéressent.

Sensu stricto. — Test assez épais. Taille habituellement moyenne; forme ovale-oblongue en hauteur, peu oblique, inéquilatérale, close, excepté sous l’encoche hyssale. Valves légèrement bombées : la gauche un peu plus que la droite; crochet plat, pointu; oreillettes très inégales, surtout sur la valve droite chez laquelle l’oreillette antérieure, dilatée en aile, porte une forte encoche hyssale dont le bord inférieur est garni de dents pectinidiales; fasciole hyssale à la jonction de l’oreillette et de la valve. Surface externe ornée de costules radiales nombreuses, n’augmentant pas de largeur à mesure que la coquille grandit, mais entre lesquelles s’intercalent — au fur et à mesure de la croissance — des costules secondaires; des stries concentriques déterminent souvent des squames sur les côtes.

Bord cardinal replié sur la valve droite, et garni de créne-

lures produites par les accroissements. Plateau cardinal portant sur chaque valve, deux paires de lamelles cardinales striées en travers, l’antérieure très longue, limitant l’aire ligamentaire qui est striée en travers, l’inférieure divergente et très courte, voisine de la fossette chondrophore triangulaire, située sous le crochet. Impression musculaire grande, superficielle, excentrique, arrondie dans les deux valves, tangente au contour anal de l’impression palléale qui est écartée du hord finement festonné (la chambre palléale occupe les deux tiers de la hauteur des valves en général). Surface interne ornée de costules peu saillantes correspondant aux intervalles externes; hords très finement laeiniés. (G. -T. : Pecten islandicus Linné, Yiv.)

Chlamys s. str. remonte au Jurassique; il comporte d’assez nombreuses espèces actuelles, vivant à de faibles profondeurs.

Sect. Æquipecten Fischer, 1887 (= Chlamys Stoliczka, 1871; Douvillé, 1897; etc.). — Test assez mince. Taille habituellement moyenne; forme largement arrondie, inéquilatérale, close. Valves presque égales, dissymétriques, assez renflées; oreillettes subégales sur la valve gauche, inégales sur la valve droite dont l’antérieure a une profonde encoche byssale avec ou sans dents peclinidiales. Surface externe consistant en un nombre modéré de cotes primaires radiales s’élargissant un peu, mais n’augmentant pas beaucoup en nombre avec l’àge par l’intercalation de costules; des stries concentriques plus ou moins serrées et saillantes peuvent — en coupant les côtes — les rendre squameuses ou écailleuses. Plateau cardinal et impressions comme chez Chlamys, sauf l’existence supplémentaire de lamelles auriculaires terminées par des dentelures. Surface interne ornée de côtes assez larges, correspondant aux intervalles; hords des valves fortement laeiniés. (G. -T. : Pcclen opercularis Linné, Yiv.)

C’est exclusivement par son galbe et par son ornementation que 'Æquipecten diffère de Chlamys s. st.; en outre, il possède des lamelles auriculaires avec des dentelons, et l’impression musculaire est beaucoup plus

petite relativement à la grandeur de la chambre palléale. Pour ces motifs, la séparation d’une Section distincte nous parait amplement justifiée. Æquipecten existe dans le Crétacé; c’est le groupe le plus abondamment représenté dans les formations néritiques du Néogène.

S. -G. Manupecten Montrs. 1889 (= Felipes Carus, 1889). — Test peu épais. Taille moyenne; forme allongée en hauteur, arrondie à la base, rétrécie au sommet, inéquilatérale, subéquivalve. Valves modérément bombées; oreillettes hautes, courtes, très inégales, surtout sur la valve droite dont l’oreillette antérieure porte une encoche byssale large peu profonde et six dents pectinidiales assez longues. Surface externe ornée d’un pelit nombre de côtes bombées, s’élargissant à mesure qu’elles se rapprochent du bord palléal et subdivisées, ainsi que les intervalles, par un grand nombre de petites costules régulières. Bord cardinal fortement crénelé, surtout sur l’oreillette ; lamelles cardinales très obsolètes; pas de lamelles auriculaires, ni de dentelons. Impressions musculaires superficielles; chambre palléale occupant les trois quarts de la hauteur. Surface interne marquée de larges côtes plates, bord des valves largement et peu profondément festonné. (G. -T. : Ostrea pesfelis Linné, Viv.)

Manupecten est assez voisin de Péplum B. D. I). — qui n'est pas représenté dans nos terrains ; mais chez ce dernier les oreillettes sont beaucoup plus petites, l’encoche byssale est peu profonde; la valve gauche est presque plane; les côtes sont moins nombreuses, plus étroites Nous en faisons un Sous-Genre de Chlamijs au lieu d'une Section, à cause des différences que présente le plateau cardinal, outre l'ornementation qui est très différente et la chambre palléale qui est plus grande.

Sect. Flexopecten Sacco, 1897 (— Amoebea Fout, non Amoebæa Eliremb. 1830). — Test assez mince. Taille moyenne; forme arrondie, inéquivalve, équilatérale; valve droite convexe, à oreillettes inégales, l’antérieure portant à sa base une forte encoche byssale avec des dents pectinidiales; valve gauche moins convexe, à oreillettes presque égales. Surface externe différemment ornée sur les deux valves, la gauche portant des côtes d’inégale grosseur. Plateau cardinal muni

d’une seule paire de lamelles cardinales limitant la rainure ligamentaire; fossette chondrophore largement isocèle. Surface interne marquée de larges côtes plates. Bord des valves largement denté. (G. -T. : Pecten inæquicostalis Lamarck, Plioc.)

Flexopecten ne diffère de Manupecten que par sa forme arrondie et par l’inégalité de ses valves, par ses côtes plus nombreuses et moins larges, et surtout par la grande différence d’ornementation des deux valves. Ce dernier caractère le différencie d ' Æquipccten et c’est ce qui nous décide à en faire une sorte de Manupecten. Si on compare Manupecten à Péplum, on remarque que ce dernier s'en distingue par ses petites oreillettes et par sa valve gauche plane.

S. -G. Palliolum Montrs. 1884 ( an Camptonectes (Agassiz) Meek, 1864?). — Test mince. Taille fort petite; forme arrondie, très peu bombée, équilatérale, presque équivalve; oreillettes inégales, l'antérieure droite portant une encoche byssale munie de petite dents pectinidiales et une fasciole assez nette. Surface à peu près lisse ou montrant sous un fort grossissement une fine sculpture vermiculée nommée par les malacologistes américains « sculpture-Camptonectes ». Plateau cardinal sans lamelles cardinales, fossette chondrophore minuscule dépassant légèrement le bord cardinal. Impression musculaire à peu près invisible, surface intérieure lisse, bord uni. (G. -T. : Pecten lestæ Bivona, Viv,)

Ce petit groupe pourrait, d’après M. Verrill, être réuni à Camptonectes, établi pour des fossiles jurassiques et crétaciques, qui ne serait qu’une Section de Pseuclamussium d'après M. Dali. Palliolum apparaît dans l’Oligocène, d’après M. Sacco.

S. -G. Antipecten Cossm., 1912 (= Flexopecten ex parte). — Test assez épais. Taille grande; forme orbiculaire-transverse, inéquivalve, presque symétrique. Valve droite à peu près plate ou à peine convexe, très fortement et très longuement auriculée; oreillette antérieure subquadrangulaire, profondément entaillée par l’encoche byssale dont les accroissements laissent comme trace une large fasciole; oreillette

postérieure presque aussi développée, mais plus large et également entaillée par une échancrure sinueuse sur la partie inférieure de son contour; crochet obtus, angle apical 90° au début, mais les arêtes séparant les oreillettes de la surface dorsale sont un peu incurvées. Valve droite convexe, à oreillettes presque égales, grandes, un peu sinueuses.

Surface externe ornée de cotes assez larges, arrondies, divisées par des costules rayonnantes, et croisées par des lamelles d’accroissement qui y forment des squamules peu saillantes; les intervalles plus ou moins larges sont également décussés et plus finement rayonnés; sur la valve gauche, les côtes sont plus inégales et plus inéquidistantes que sur la valve gauche.

Bord cardinal non rectiligne, les deux oreillettes faisant un angle de 170° environ; il est replié à l’intérieur et crénelé; une seule paire de lamelles cardinales longues, limitant l’aire ligamentaire qui est finement striée en travers; lamelles auriculaires terminées par de forts dentelons, cinq ou six dents pectinidiales aiguës; fossette chondrophore assez large, relativement peu profonde.

Impression musculaire occupant près de la moitié de la surface de la chambre palléale qui est transverse, ne s’étendant que jusqu’aux trois cinquièmes de la hauteur, à partir du crochet. Surface interne largement costulée par les intervalles des côtes externes; bords festonnés. (G. -T. : Ch/. Sacyi nov. sp. Mioc.)

Nous croyons nécessaire de séparer ce Sous-Genre dont la dénomination a été choisie pour bien désigner qu’à l’opposé des Pecten, c’est ici la valve gauche qui est convexe et la valve droite qui est plane; dans le S. -G. Péplum, c'est exactement le contraire, de même que chez Flexopecten', en outre, Antipecten est remarquable par la dimension de ses oreillettes, ainsi que par la petitesse relative de sa chambre palléale. Enfin, les côtes sont inégales, surtout sur la valve gauche, et plus nombreuses que chez Flexopecten qui devra être restreint aux formes voisines de Chl. /lexuosa, tandis que Clil. inæquicostalis Lamk., à tort classé par M. Sacco dans la Section Flexopecten, doit, à notre avis, se rapporter plutôt au S. -G. Antipecten.

Page 1