‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 158 sur 273 · Chlamys tauroperstriata Sacco · texte numérisé non relu

Chlamys tauroperstriata Sacco

PL XVI, fig. 30-31 et 33-34.

?1837. Pccten striatus Duj. Mém Tour., p. 270 (non Mull.).

1852. Pecten substriatus D'Orb. Prodr. pal. III, p. 128 (pars).

1867. — Hornes. Tert. Beck. Wien, p. 408, pl. LX1V,

fig. 2 a-c (pars) .

1874. — Ben. Cat. Saucats, p. 72, no 203.

1881. — Bardin. Cat. Maine-et-Loire, p. 35.

1894. Hinnitcs substriatus Degr.-Touz. Et. prél. coq. Orthez ( A.S.L B.),

t. XLVII, p. 410.

1897. Chlamys tauroperstriata Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXIV,

p. 10, pl. I, fig. 20-24.

Test assez épais. Taille moyenne; forme ovale-oblongue en hauteur, arrondie sur son contour palléal, atténuée au sommet, un peu oblique, presque équivalve, inéquilatérale, close, excepté sous l’encoche byssale. Valve droite fort peu bombée, à crochet plat, pointu, angle apical 80°; oreillette antérieure dilatée en aile, coupée presque orthogonalement, ou légèrement arrondie sur son bord libre, échancrée à sa base par une encoche byssale large et assez peu profonde, dont les accroissements laissent — le long de la jonction de l’oreillette et de la valve — une faible et large dépression triangulaire; sous l’encoche, le bord de la coquille porte cinq à six dents pectinidiales, bien acérées, quoique petites, régulièrement espacées, un peu obliques, qui se prolongent jusqu’au crochet le long du bord adhérent de l’oreillette; oreillette postérieure très étroite, assez obliquement tronquée. Valve gauche un peu plus bombée; oreillettes très inégales; la postérieure comme dans celle de la valve droite; l’antérieure grande, très haute, longue; son bord libre fait un angle île 80° avec le bord cardinal et il est dépourvu d’encoche byssale.

Surface externe ornée d’environ trente-cinq côtes primaires radiales, assez saillantes, conservant à très peu près la même largeur, du crochet au bord palléal; entre ces côtes primaires s’intercalent — à mesure que la coquille s’accroît — une ou

plusieurs costules secondaires semblables, mais souvent plus faibles, qui prennent naissance en des points plus ou moins éloignés du crochet; de fines stries concentriques, un peu écartées recoupent les côtes et forment des squamules très peu marquées; les intervalles des côtes sont finement guillochés; les oreillettes sont aussi ornées de costules, plus saillantes sur les antérieures.

Bord cardinal de la valve droite presque rectiligne, faiblement retroussé en dedans et grossièrement crénelé sur le bord; deux paires de fortes lamelles cardinales striées transversalement ainsi que leurs intervalles; la supérieure parallèle au bord cardinal et limitant la rainure ligamentaire; l’inférieure divergente et plus courte; bord cardinal de la valve gauche rectiligne; deux paires de lamelles cardinales striées transversalement ainsi (pie leurs intervalles, la supérieure bordant la rainure ligamentaire, l’inférieure obsolète; fossette chondrophore petite sur les deux valves, assez peu profonde.

Impression musculaire superficielle, grande, elliptique, s’étendant du milieu de la valve à l’impression palléale qui n’est pas très distante du bord. Surface interne luisante, ornée de costules, peu saillantes. Bord des valves finement dentelé.

Dm. Diam. a.-p. : 32 ni i 11 . ; diam . u.-p. : 40 mill.

R. D. — La correction P. substriatus D’Orb. s’applique strictement à l’espèce fossile du Crag (P. striatus Sow. non Müll.), qui d'après la plupart des auteurs n’est autre chose que V. multistriatus Poli; 1\ substriatus tombe donc en synonymie. D'autre part, l’espèce fossile de l’Aquitaine est bien différente de P. multistriatus-, nous avons pu la comparer avec de nombreux spécimens, les uns vivants de la Méditerrannée, les autres fossiles du Pliocène italien ou du Crag (coll. Peyrot), tous sont plus petits, ils ont un angle apical plus faible au sommet, puis plus ouvert au delà, parce que leurs arêtes sont courbes, tandis qu'elles sont rectilignes chez C. tauroperstriata ; la fossette chondrophore de ce dernier est plus étroite; les côtes de C. multistriata , moins nombreuses, sont garnies de squamules plus fortes; nous avons donc abandonné le nom P. substriatus sous lequel notre fossile est étiqueté dans toutes les collections locales, et nous avons adopté — après comparaison avec des exemplaires de l’Helvétien des collines de Turin (coll. Peyrot et Cossmann) — le nom Cld. tauro-

pcrstriata Sacco. C’est, à notre avis le nom que devront prendre les fossiles de la Touraine et du bassin de Vienne appelés jusqu’ici P. substriatus. Nous n'avons pu reprendre l’un des noms plus anciens donnés par Millet : P. bistriatus, préemployê par Defrance, P. costellinatus appliqué aux spécimens jeunes qui n’ont encore que des côtes primaires; P. alternatus désigne la forme adulte, mais la description de Millet, est très brève, non appuyée d’une figure, d'ailleurs le nom P. alternatus était préemployé pour une espèce dévonienne, de sorte que c'est bien tauroperstriata qu'il faut adopter pour la plupart des provenances du Miocène supérieur et du Miocène moyen.

Quant aux variétés simplicula, persimplicula, perelongata, rotundula, publiées par M. Sacco (loc. cit., fig. 25-30), nous avouons qu’il est bien difficile de les distinguer : ce ne sont vraisemblablement que des modifications individuelles d’ornementation qui ne caratérisent ni un gisement, ni surtout un niveau, car on les rencontre toutes avec la forme type dans l'Helvétien des Colli-Torinesi.

Enfin nous ne pouvons nous abstenir de signaler l’existence, dans l’Aquitanien, de valves d’une petite taille, que nous n’osons séparer du véritable tauroperstriata, quoiqu’elles aient moins de côtes avec des crénelures assez écartées; il est très probable que cette ornementation se modifie avec l'âge, puisque nous avons indiqué ci-dessus que les échantillons adultes n’ont toutes leurs côtes qu’à une certaine dis'ance du crochet. Comme ces valves aquitaniennes ont les mêmes oreillettes, le même angle apical, à arêtes rectilignes, les mêmes dents pectinidiales, les mêmes lamelles cardinales, nous renonçons à leur attribuer une dénomination distincte, et nous les considérons provisoirement comme de jeunes C. tauroperstriata, d’ailleurs une valve presque adulte, provenant de Bazas, nous confirme dans cette opinion.

Loc. — Saint-Médard-en-Jalle (La Fontaine), valve droite (FM. XVI, fig. 30-31), coll. Peyrot; Saucats (F'eloua), valve gauche (PI. XVI, fig. 33- 30, coll. Degrange-Touzin ; Pont-Pourquey, Cestas (pré Cazeaux), coll. de Sacy, etc. — ISiii'difjaSieii.

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