‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 173 sur 273 · Hinnites crispus Michli · texte numérisé non relu

Hinnites crispus Michli

var. megalomorphus nov. var. PL XVIII, fig. 30.

R. D. — Nous séparons du type une très grande valve gauche qui en diffère par sa forme plus plate, ses contours plus arrondis, son ornementation dans laquelle les stries concentriques sont très peu marquées, les côtes radiales primaires larges, peu saillantes, avec -«- dans leurs intervalles — des costules secondaires plus étroites. Sous le rapport de l'ornementation elle se rapprocherait de II. Defrancei et surtout de R. Brussoni var. crassicostata Sacco (p. XXIV, pl. II, fig. 17), forme helvétienne dont l’écartent toutefois sa hauteur trois fois plus grande et le galbe de son contour.

Dim. Diam. a.-p. : 160 mill.; diam. u.-p. 150 mill.

Loc. — Salles (Cha“ Puységur), type (PI. XVIII, fig. 30), coll. Neuville. Salles (Minoy), coll. Degrange-Touzin, une valve plus petite et en médiocre

état. — Hel%étïen.

Fam. LIMIDÆ d’Orbigny, 1847.

(= Radulidæ II. et A. Adams, 1858).

Coquille équivalve, pectiniforme, auriculée, libre ou fixée par un byssus passant par une sinuosité antérieure de la

valve droite ou par un bâillement des deux valves; crochets plats, aigus, écartés, laissant voir une aréa triangulaire ; ligament alivinculaire ; résilium subinterne, logé dans une fossette triangulaire qui occupe le milieu de l’aréa ; charnière complètement dépourvue de dents ou présentant — de part et d'autre de la fossette — des crénelures parallèles, traces d’une disposition taxodonte à l’état népionique ; impression musculaire unique, excentrique; impression palléale simple.

Réunies d'abord aux Pectinidæ avec lesquels elles présentent de très grandes affinités, les Limidæ en ont été justement séparées, à cause de leur galbe et surtout de leur charnière plus simple. L’origine de cette Famille remonte au Paléozoïque (Carboniférien). On connait les remarquables habitudes de natation et de nidification de ces Mollusques. Indépendamment de quelques Genres mésozoïques tels que Plagiostoma Sow. et Ctenostreon Eichw., on s'accorde généralement à n'admettre chez les Limidæ tertiaires que les dçux Genres Lima et Limæa , le premier édenté, le second avec une charnière taxodonte : tous deux sont représentés en Aquitaine.

LIMA (Brug., 1792; Cuvier, 1798).

(= /{adula Rumpli., 1710; Klein, 1753 et A. Adams, 1858).

Coquille équivalve, inéquilatérale, spatuliforme, faiblement auriculée, bâillante; crochets petits, opposés, écartés; oreillettes inégales, l’antérieure plus petite; aréa triangulaire, munie d’une large fossette chondrophore centrale; charnière complètement édentée à l’âge adulte, mais munie de quelques crêtes obliques de part et d’autre de la fossette sur les individus népioniques; surface externe presque lisse ou costulée radialement. Impression musculaire bilobée, située assez ban t et postérieurement, le lobe inférieur langent à la ligne palléale qui est très écartée du bord.

Lima a été créée par Bruguière en 1792, dans les Planches de l'Encyclopédie méthodique, dont le texte explicatif interrompu avant l'article Lima n’a été repris et achevé qu’en 1830-1832 par Deshayes. Bruguière n’avait donné ni diagnose, ni génotype. Mais Cuvier (Tabl. élém., p 421) a décrit Lima et fixé le génotype en 1798. Quant à Radula, entièrement synonyme

de Lima, il n’a été authentique qu’après avoir été repris, clans le système binominal, par les frères Adains en 1858, il est donc postérieur à Lima. Quelques rares représentants du Genre ont été signalés dans les terrains paléozoïques; c’est au Crétacique qu’il atteint son développement maximum.

Sect. Lima s. str. — Test épais. Taille moyenne; forme oblique, ovale-oblongue , rétrécie vers le crochet, inéquilatérale, peu bombée, faiblement bâillante, côté antérieur infléchi pour former une lunule allongée. Surface externe ornée de côtes radiales fortes et squameuses, bord des valves dentelé. (G. -T. ; Ostrea lima Linné, Viv.)

Cette Section est tout spécialement caractérisée par son aplatissement lunulaire et sa forte sculpture; son byssus passe par une sinuosité du contour antérieur.

S.-G. Man tell um (Bolten, 1798) in Môrch, 1833. — Test plus mince, valves plus bombées, dépourvues de l’aplatissement lunulaire de Lima s. st.; oreillettes moins inégales; sculpture externe formée de côtes radiales peu saillantes, faiblement écailleuses, s’atténuant sur les côtés latéraux; aréa moins haute, plus large, plateau cardinal parfois détaché de la face interne de l'oreillette postérieure, par suite de l’existence d’une petite cavité qui s’enfonce sous le plateau cardinal. Bord des valves faiblement crénelé. Impression musculaire longue occupant le tiers de la cavité interne faiblement bilobée. (G. -T. : Ostrea hian.s Gmelin, Viv.)

Mantcllum se distingue surtout par son bâillement postérieur, par l’absence d’aplatissement lunulaire, par sa forme bombée et sa sculpture faible, par son impression peu bilobée et très étendue en hauteur, enfin par la petite excavation qui existe sur la face intérieure de l’oreillette postérieure de chaque valve.

Sect. Limatuki S. Wood, 1839. — Test mince. Taille petite; forme étroite, renflée, subéquilatérale, plus ou moins oblique, close. Sculpture formée de fines stries rayonnantes plus marquées sur le dos de la valve que sur les flancs. (G. -T. ; Pecten subauriculatm Mtg. Viv.)

Ce Groupe se relie étroitement à Mantellum par sa forme générale, par ses oreillettes subégales, par sa large fossette chondrophore ; il s’en distingue par sa petite taille et par son ornementation plus fine et plus régulière. Le génotype, L. Loscombi Sow., du S. -G. : Limatulella Sacco (1 Moll, ter/.. Piem., t. XXV, p. 16), ne nous paraît différer que par des caractères spécifiques, notamment par sa forme oblique, de L. subauriculata. Limatulella est donc pour nous synonyme de Limatula. Cette Section apparaît pendant l'Eocène.

S. -G. Ctenoides (Klein, 1753) in H. et A. Adams, 1858. — Taille assez grande; coquille presque équilatérale, bâillante, sculpture externe divariquée. Oreillettes petites, inégales, les antérieures fortement retroussées pour le passage du byssus; de part et d'autre de la fossette, sous le bord de l’aréa, il y a des dents qui engrènent avec des fossettes qui les logent sur la valve opposée. Impression musculaire tangente postérieurement à la ligne palléale, très inégalement bilobée, la partie supérieure très grande et arrondie, le lobe inférieur formé d’un second cercle beaucoup plus restreint; ligne palléale très écartée du bord. (G. -T. : Lima scabra Boni, Yiv.)

Malgré son aspect de Lima, ce Sous-Genre est caractérisé par sa charnière. Ctenoides apparaît dès l’Eocène, et se poursuit jusqu’à l’époque actuelle; ce Sous-Genre est représenté dans le Miocène du Sud-Ouest.

S. -G. Acesta H. et A. Adams, 1858. - — Taille souvent grande; forme ovale, allongée; oreillette antérieure très petite, oreillette postérieure élargie; surface externe lisse ou presque lisse; fossette chondrophore très oblique, (G. -T. : Lima excavata Fabr. Yiv.

Les caractères bien spéciaux de ce Groupe doivent en faire un Sous- Genre ou même peut-être un Genre distinct de Lima. Il apparaît dès l’époque Crétacique et se continue à travers tous les terrains jusqu’à l’époque actuelle, mais il n'est pas représenté en Aquitaine.

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