‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 183 sur 273 · Limæa strigillata mut. subhelvetica nov. mut · texte numérisé non relu

Limæa strigillata mut. subhelvetica nov. mut

PL XX, fig. 37-38 (1).

1874. Limea strigilata Ben. Cat. Saucats, p. 70, n° 195 (non Broc.).

1894. Limea cf. strigilata Degr.-Touz. Et. prélim. coq. Orthez, p. 409.

d'est mince. Taille très petite; forme ovale, oblique, équivalve, inéquilatérale, côté antérieur plus long, presque rectiligne, côté postérieur court, oblique, bord palléal semicirculaire, faisant un angle arrondi avec le contour anal; bord cardinal rectiligne presque normal au plan de symétrie de la coquille; crochets médians, opposés, gonflés, recourbés; oreillettes petites, subégales. Surface externe renflée dans la

(1) Nous rétablissons l'orthographe strigillata, le texte italien n'admettant pas — à tort — le double / du mot latin. D’autre part, il existe déjà un Limæa lielvetica Oppel, du Jurassique; c'est ce qui nous oblige à employer ici le préfixe sub\ mais l'espèce d’Oppel aurait dù être dénommée helvetiensis.

région médiane, régulièrement déclive vers les bords, ornée de nombreuses côtes radiales arrondies, peu saillantes, à peu près aussi larges que leurs intervalles; sur les côtés latéraux les côtes deviennent plus serrées et plus fines, mais ne disparaissent pas complètement, au moins sur le côté antérieur; des stries d’accroissement fines et rapprochées passent sur les côtes et les intervalles, elles deviennent à peu près aussi fortes que les côtes sur les bords anal et buccal.

Area étroite et assez longue, en grande partie occupée par la fossette chondrophore qui est assez profonde, s’étend jusqu’au crochet et déborde légèrement, par son bord inférieur curviligne, le plateau cardinal dont les extrémités portent, sur la surface interne des oreillettes, quatre ou cinq petites denticulations en avant, sept ou huit décroissantes en arrière.

Impression musculaire superficielle, excentrée, arrondie, située très haut; impression palléale assez écartée du bord qui est crénelé à peu près sur toute son étendue, mais plus fortement dans la région médiane.

Dim. Diam. a.-.p. : 1,5 mill. ; diam. u.-p. : 7 mill.

R D — Nous ne pouvons confondre avec L. strigillata Br. cette espèce miocénique qui s’en écarte absolument par des critériums très nets, comparaison faite avec des spécimens du Pliocène de Biot (coll. Cossmann); sa forme est beaucoup plus étroite par suite du coude que fait le contour anal; ses costules sont plus saillantes, moins fortement crénelées par les accroissements; le contour des oreillettes est plus sinueux, les denticulations qu’elles portent sont plus nombreuses ; l'impression musculaire est moins excentrée.

Un examen, même superficiel, permet de séparer sans difficulté Limæa subhelvetica de Limatula subauriculata qui ont quelque ressemblance de taille, de galbe et d’ornementation, mais qui se différencient très nettement par leur charnière. Les espèces éocéniques qui ont été rapportées à Limæa : L. eocænica de Laub., L. tenuisculptata Cossrn., diffèrent de L. subhelvetica par leur fossette plus étroite, ne débordant pas le plateau cardinal sur le bord duquel les dents s'étalent par suite plus largement.

Loc. — Peyrère, valve gauche; Saucats (La Simë) (PL XX, fig. 37-38), coll. Paulin, coll. Degrange-Touzin, Bial-Neuville ; commune. Salies-de- Béarn, Ortliez (Le Paren), même coll., rare. Salles (Largileyre), coll. Bial-Neuville. — Helvétien.

SPONDYLIDÆ Gray, 1826.

Coquille inéquivalve; valve droite ou inférieure adhérente et plus grande que la gauche; pas de sinus pour le byssus; ligament élastique interne dans une fossette; charnière composée — sur chaque valve — de deux fortes dents, une île chaque côté du ligament; en outre, dents latérales sur la valve droite; impression palléale simple; un seul muscle adducteur des valves excentré du côté postérieur.

Séparée — à juste titre — des Pectinidæ, cette Famille est caractérisée par les puissantes dents de la charnière, qui s’emboîtent — de chaque côté du ligament — comme un engrenage si adhérent qu'il arrive fréquemment, malgré la fossilisation, qu'on trouve les sommets valvés, alors que le reste des valves ou de l’une des valves a totalement disparu. Ces dents sont d’origine relativement récente, car les Spondylidæ du Carboniférien ( Pachypteria de Ivoninck, 1885) et du Lias ( Terquemia Tate, 1867) sont dépourvus de dents, quoique tous leurs autres caractères les rapprochent de la même Famille. 11 y a cependant une espèce bathonienne, récemment décrite par l’un de nous, qui est un Spondylus à dents bien développées.

Les deux autres Genres Spondylus et Plicatula sont tous deux représentés dans les terrains tertiaires, et particulièrement, dans le Miocène.

SPONDYLUS (Rondelet, 1555) Linné, 1758.

Coquille subtrigone vers le crochet, subcirculaire sur le reste du contour, légèrement auriculée aux extrémités de la ligne cardinale, la saillie de l’oreillette postérieure un peu accentuée par une échancrure sinueuse. Valve droite plus profonde, ornée de lames foliacées par lesquelles elle adhère aux corps sous-jacents, munie d’une aréa supracard inale qui s’accroît avec l’allongement du crochet chez les vieux individus, celle aréa forme un triangle scalène dont la bissectrice est une rainure médiane et oblique, destinée à loger l’extrémité du ligament dont la base est interne entre les dents de la charnière. Valve gauche plus petite, peu convexe, généra-

le ment ornée de côtes rayonnantes et épineuses, parfois armée de dards très aigus.

Charnière épaisse : AI et PI de part et d’autre du ligament, AI plus épaisse que PI; AIII et P 1 1 1 forment de faibles saillies crénelées contre le bord cardinal, AIII presque horizontale, PI 1 1 presque verticale; AU et PII situées de part et d'autre de fossettes inégales qui encadrent le ligament, AU beaucoup plus épaisse que PII, toutes deux crénelées sur leur face externe, et contiguës, ont des fossettes très superficielles qui sont destinées à recevoir AIII et PI 1 1 .

Surface interne porcelanée, impression de l’adducteur arrondie, quoique tronquée à la partie supérieure, située très près de la ligne palléale, du côté postérieur; impression palléale festonnée, très écartée du bord crénelé, se prolongeant jusqu’à la saillie du plateau cardinal qui est rectiligne au-dessus de la cavité umbonale. (G. -T. : S. gæderopiis Lin. Viv.)

Certaines formes fossiles ont perdu leur charnière dans la fossilisation : on les a décrites comme Genres distincts ( Dianchora Sow., 1814, Podopsis Lamk.,1819, Pachytes Defr., 1824); ces dénominations sont complètement synonymes de Spondylus.

Les véritables Spondyles ont pullulé dans la Craie; mais une récente découverte a permis à l'un de nous de certifier l'existence de ce Genre dans les couches moyennes du système jurassique. On le trouve représenté à tous les étages des terrains tertiaires; mais la taille des espèces éocéniques est beaucoup moindre que celle des formes néogéniques qui sont parfois géantes.

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