‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 184 sur 273 · Spondylus crassicosta Lamk · texte numérisé non relu

Spondylus crassicosta Lamk

mut. aquitanicus nov. mut. PI. XVII, fig. 21-26;

et PI. XVII 1, fig. 1-18-29.

Test très épais. Taille parfois très grande; forme convexe, ovale, peu oblique; valve inférieure prolongée en avant par un talon court*et recourbé au sommet opistbogyre; oreillettes presque égales. Ornementation composée — sur les deux valves — de côtes rayonnantes et très saillantes, entre les-

quelles il y a de fines costules granuleuses, celle .du milieu souvent plus proéminente et ornée d’aspérités plus grosses; il y a sept ou huit cotes- principales, inégalement écartées, de sorte que le nombre des costules intercalaires varie de six à quinze; les oreillettes de la valve supérieure ne portent que de fines costules faiblement épineuses, avec des accroissements linéaires très serrés. Aux abords du sommet, sur la valve inférieure, il existe des lamelles inéquidistantes et saillantes; la surface d’adhérence est très restreinte et située tout à fait en arrière sous le crochet; les lamelles disparaissent à 2 centimètres du crochet.

Fossette chondrophore large, piriforme, profonde; AI et PI épaisses et bilobées; A 1 1 1 et P 1 1 1 courtes, triédriques; AU formant une crête épaisse et presque horizontale, PII formant une grosse saillie inclinée à 45°. Impression musculaire arrondie, médiocrement excentrée; ligne palléale (ou plutôt zone assez large) écartée du bord qui est finement lacinié.

Dim. Hauteur : c32 mill.; largeur : 67 mill. ; épaisseur d’un spécimen valvé : 45 mill.

R. D. — Si l’on compare l’individu aquitanien — que nous venons de décrire — aux spécimens du Bassin de Vienne et de Castel’Arquato qui constituent le véritable S. crassicosta, on remarque que le nombre des côtes principales est toujours supérieur chez la mutation aquitanicus : il n’y en a guère plus de cinq sur la valve supérieure du Pliocène; mais on ne peut tirer de cette comparaison que des conclusions peu certaines, attendu que l’espèce est très variable et que c’est même une quesûon de taille qui peut influer sur l’effacement des côtes principales; or le spécimen de Villandraut est inférieur à ceux que nous venons de citer et dont l’un atteint 12 centimètres (coll. Cossmann). Mais il y a un autre critérium distinctif, tiré de l'ornementation des oreillettes qui sont plus grandes, multicostulées et munies de fortes aspérités sur les valves supérieures de Steinabrunn et de Castel’Arquato Encore laissons nous de côté pour le moment les différences de la charnière que nous n’avons pu étudier sur le spécimen décrit. M. Sacco a distingué plusieurs variétés (■ ornatulina , persquamosa, dertonensis, taurinensis) d’après l'ornementation; mais toutes sont paucicostulées et leurs oreillettes sont beaucoup plus fortement ornées que celles de notre mutation, de sorte que cette dernière ne peut certainement s'y rapporter. Quant à S. bifrons Munst., que

M. Sacco signale et figure comme existant dans la Ligurie, c’est une coquille à valve supérieure finement ornée et à valve inférieure régulièrement ornée d’épines distantes et couchées.

Loc. — Villandraut (Gamachot), spécimen bivalvé (PI. XVII, fig. 24- 26), coll. Degrange-Touzin ; valves séparées (P:. XVIII, fig. 1, 1819), coll. Bial-Neuville. — .Aquiïanien.

S23. Spondylus concentricus Broun.

PL XVIII, f§. 2-6 et 26.

1831. S. concentricus Bronn. I ta 1 . tert. Gebild.,p. 131.

1848. — Bronn. Index pal., p. 1188.

1871. — Mayer. Congéries Rhône, p. 11.

1880 S. ferreolensis Font. Plioc. vallée Rhône, p. 212, pl. XIV, fig. 3-7.

1898. S. concentricus Sacco, I Moll. terz. Piem., p. XXV, p. 6, pl. III,

fig. 4-8.

Test assez épais. Taille grande; forme ovale-oblique, atténuée et subtrigone vers le crochet, presque également convexe sur les deux valves; oreillettes peu saillantes, surtout l’antérieure, la postérieure mieux marquée par une sinuosité excavée du contour anal; toutes deux sont seulement plissées par les accroissements.

Valve inférieure un peu plus grande que l’autre, extérieurement munie de lamelles c'hamiformes et très serrées aux abords du crochet, plus écartées et plus foliacées au delà, mais ne persistant pas jusqu’au bord palléal; les intervalles ou les parties dénudées sont élégamment ornées de côtes rayonnantes, chargées d’épines courtes, de cinq en cinq; mais, vers les bords, elles s’égalisent à peu près toutes; surface d’adhérence latérale et peu développée, dégageant généralement les fines lamelles umbonales. Charnière peu élevée, à contour inférieur légèrement arqué au-dessus de la cavité umbonale : AI et PI presque aussi épaisses l’une que l’autre, AI II et P1II relativement assez saillantes et isocèles; fossette chondrophore large et profonde, prolongée par une rainure ligamentaire très fine sur toute la hauteur du talon triangu-

lai re et un peu incliné, qui porte en outre deux faibles sillons rayonnants de chaque côté de cette rainure.

Valve supérieure plus mince et plus fragile, ornée de costules rayonnantes, égales, finement granuleuses dans l’âge népionique, six ou sept côtes un peu plus saillantes et portant généralement des aspérités écartées. Charnière homologue : AU un peu plus longue mais aussi épaisse que PII; au-dessus, il existe un talon peu élevé et strié horizontalement, aussi large à la base que le bord cardinal; crochet peu saillant au sommet de ce talon qui porte aussi une fine rainure ligamentaire.

Surface interne blanche; impression de l’adducteur circulaire, non tout à fait contiguë à la ligne palléale qui est très écartée des bords et qui l’enveloppe; de fines crénelures laciniées correspondent aux côtes externes, sur la commissure des valves.

Dm. Longueur : G3 mill.; largeur : 55 mill.; épaisseur d’une valve isolée : 25 mill.

R. D. — Cette espèce se distingue aisément de ses congénères néogéniques par ses lamelles concentriques, plus ou moins persistantes sur la valve inférieure, mais invariablement serrées dans le voisinage du crochet; elle a d’ailleurs des dents moins inégales que S. gæcleropus et son impression musculaire est plus écartée de la ligne palléale. Il n’y a, d’autre part, aucune comparaison à établir avec S. crassicosta dont l'ornementation est radicalement différente sur les deux valves.

Certaines valves supérieures très bombées pourraient — au premier abord — se confondre avec celles de S. Gussoni Costa, tel que l’ont figuré Fontannes et M. Sacco; toutefois on reconnaît cette dernière espèce — qui ne paraît pas exister en Aquitaine — non seulement par son ornementation plus fine et treillissée, mais surtout — • ainsi que l a fait remarquer Fontannes — par ses oreillettes beaucoup plus étroites.

Quant à la dénomination de notre espèce, nous avons, à l’instar de M. Sacco, repris le nom concentrions, quoique Fontannes l’ait figurée pour la première fois sous le nom ferreolensis ; car la coquille était universellement connue sous le nom que lui a attribué Broun et qui stigmatise exactement l'aspect extérieur de la valve inférieure.

Loc. — Peyrère, abondante mais rarement intacte à l’état adulte (PI. XVIII, fig. 2-6 et 24), coll. de l’Ecole des Mines; Clermont, col 1 . Degrange-Touzin. Manciet, douteux, coll. Cossmann. — Ilclvéflien.

S24. Spondylus Deshayesi Michelotti.

PI. XVIII, fig. 20-22; et PI. XIX, %. 8.

1847. S. Deshayesi Midi. Desc. foss. mioc., p. 82.

1852. — D’Orb. Prod., t. III, p. 132, ét. 26, n» 2495.

1861. — Midi. Et. Mioc. inter., p. 79.

1874. S. crassicosta Ben. Cat. Saucats, p. 73, n° 207.

1898. S. næderopus, var. Deshauesi Sacco. I Moll. terz. Piem., p. XXV,

p. 4, pi. I, fig. 8-13.

Taille assez grande; forme assez large et arrondie, quoique un peu oblique; côté antérieur plus court; côté postérieur excavé vers le haut; oreillettes très inégales, l’antérieure plus longue et moins saillante que l’autre; toutes deux sont finement plissées et trei I lissées par trois ou quatre costules granuleuses.

Valve inférieure très profonde et épaisse, prolongée au sommet par un très long talon contourné, dont la surface triangulaire porte au milieu une fine rainure, et de part et d’autre, des stries rayonnantes et irrégulières; charnière : AI, PI presque égales, séparées par la fossette chondrophore qui est extrêmement profonde; AI 1 1 presque horizontale, P1II oblique et obsolète, toutes deux crénelées sur leur face contiguë aux fossettes; le contour inférieur du plateau cardinal est échancré de part et d’autre d’une saillie médiane. Ornementation finement lamelleuse près du sommet, puis elle se transforme en costules rayonnantes du côté antérieur, avec de fines aspérités, tandis que les lamelles persistent davantage du côté postérieur, très irrégulièrement d’ailleurs.

Valve supérieure médiocrement épaisse et aplatie, paraissant plus large que l’autre parce qu’elle n’a pas de talon et que l’aire ligamentaire se réduit à une étroite zone aussi longue que le bord cardinal. Charnière épaisse, à contour inférieur un peu arqué : AU forme une large crête aplatie sur sa face inférieure, PII se compose d’une dent un peu plus saillante, mais à base moins étendue. Ornementation

composée de six à huit côtes principales, peu proéminentes, armées d’écailles relevées; dans leurs intervalles, il y a environ huit costales finement granuleuses.

Surface interne jaunâtre au centre, blanchâtre sur les bords; impression de l’adducteur irrégulièrement ovale en hauteur, non contiguë à la ligne palléale qui l’encadre et qui est écartée de la commissure finement laciniée.

Dim. Hauteur avec le talon : 80 mil!.; largeur : G3 mill. ; épaisseur de la valve inférieure : 25 mill.

R. D. — Nous pensons que cette espèce n'est pas simplement une variété de S. gæderopus, comme M. Sacco l’a indiqué avec un point de doute : sa valve supérieure est plus plate et plus large, et surtout munie d’un talon moins élevé, presque linéaire en largeur; en outre l'impression de l'adducteur n’est pas tronquée comme chez l'espèce actuelle, elle est au contraire disposée en hauteur; enfin Ali est beaucoup plus aplatie et transversale, et AI, PI sont moins inégales.

Bien qu'il y ait des lamelles sur la valve inférieure, on ne peut confondre S. Deshayesi avec S. concentùcus, à cause de la forme aplatie et large de la valve supérieure et surtout à cause des différences très importantes que présente la charnière, ainsi (pie la disposition du talon sur la valve supérieure, et principalement à cause de l’allongement de l’oreillette antérieure. Il n'y a, d’autre part, aucune analogie d’ornementation avec S. crassicosta ni avec S. bifrons Munsler, que M. Sacco a signalé dans l’Aquitanien de la Ligurie. Cet auteur a désigné une variété tauroguttata de S. Deshayesi, que nous ne distinguons pas nettement du type.

Loc. — Saucats (Peloua), très abondant; plésiotypes, valve droite (PI. XVIII, fig. 22, et PI. XIX, fig. 8), coll. de Sacy: les deux valves (PI. XVIII, fig. 20-21), coll. Degrange-Touzin : Saint-Médard-en-Jalle (Caupian), Canéjan; Dax (Saint-Paul, Maïnot, Cabannes. Mandillot) ; Mérignac; Saint- Avit; toutes les collections. I.éognan (le Tliil). coll. de Sacy; Cestas, coll. Bial-Neuville ; Marlillac (Breyra), coll. Degrange- Touzin. — Aqiiitanien et ISurtliyalien.

PLICATf LA Lamarck, 1801.

Coquille irrégulière, inéquivalve, dépourvue d’oreillettes ; forme très variable chez la même espèce; valve inférieure ou droite, fixée par une surface d’adhérence dans le voisinage du crochet, quelquefois sur presque toute son étendue;

le sommet se prolonge par un talon plus ou moins développé; ligament interne, inséré dans une fossette médiane qui est elle-même encadrée par deux petites arêtes minces sur chaque va Ive: AI et PI saillantes, contiguës à ces arêtes, séparées respectivement — par de profondes fossettes — de AIII et PI11 qui sont très peu visibles, contre le bord dorsal, de part et d’autre du crochet; AU et PII épaisses, surtout AU, séparées du ligament par des fossettes profondes bordées par les arêtes minces qui limitent le chondrophore ; toutes ces dents sont crénelées et un peu divergentes, elles ne se rejoignent jamais à leur extrémité antérieure, comme le feraient de véritables dents cardinales.

Surface externe lisse, plissée ou costulée, avec des écailles ou des tubulures sur les côtes qui sont divergentes et souvent divariquées; l'ornementation des deux valves n’est pas toujours identique. Surface interne non nacrée, plus pâle que la surface externe; impression de l’unique adducteur ovale ou arrondie, située assez bas, plus ou moins excentrée; ligne palléale entière; commissure des valves laciniée par les côtes quand elles existent, les saillies d’une valve s’emboîtant dans les dénivellations de l’autre; entre la ligne palléale et le bord, il existe en outre généralement des crénelures. (G. -T. : Spo/idylus plicalus Lin. Viv.)

D’après les recherches de F. Bernard, la charnière ne comprend que des lamelles latérales, très rapprochées du centre, et non d,es dents cardinales; c’est donc la notation que nous avons adoptée.

Le G. Plicatula est très ancien; on en trouve déjà dans le Lias; on en a séparé un S. -G. Harpax Parkinson (1811), dont le génotype (P. Parkinsoni Bronn) diffère par les détails de la charnière. Le phylum de Plicatula s. str. se poursuit très régulièrement, à travers l’Eocène et l’Oligocène, jusque dans notre Miocène où il est représenté par trois espèces. On a, jusqu'à présent, surtout insisté sur les critériums différentiels tirés de la comparaison de la forme et de l'ornementation extérieure; or ce sont là des caractères très variables, souvent chez la même espèce, nous pensons au contraire qu’il faut surtout tenir compte des caractères internes qui sont absolument constants chez la même espèce, et principalement de l’étude de la valve inférieure dont le plateau cardinal occupe — selon les espèces — une position plus ou moins surélevée par rapport à la cavité

umbonale; la position et le contour de l’impression de l'adducteur constituent aussi un précieux critérium distinctif.

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