‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 193 sur 273 · Ostrea (< Ostreola ) sallomacensis nov. sp · texte numérisé non relu

Ostrea (< Ostreola ) sallomacensis nov. sp

Pl. XIX, fig. 9-14.

Test peu épais. Taille petite; forme courte et irrégulièrement arrondie, à crochets déviés du côté anal.

Valve inférieure gibbeuse, adhérente par une surface relativement restreinte dans le voisinage du crochet, et de préférence, du côté postérieur. Talon ligamentaire peu étendu, atteignant à peine le cinquième de la hauteur de la valve; fossette médiane assez large, encadrée de deux bourrelets peu saillants et beaucoup plus étroits. Surface dorsale ornée d’environ dix côtes rayonnantes, saillantes, inéquidistantes, plus

étroites que leurs interstices, relevées çà et là par des tubulures imbriquées, à l’intersection des arrêts de l’accroissement. Bords de la valve fortement laciniés par les côtes.

Valve supérieure plate, lamelleuse à l’extérieur, finement denticulée aux abords du crochet.

Impression du muscle adducteur ovale, située très haut à l’intérieur des valves.

Dim. Hauteur : 2i mill.; largeur : 18 mill.

R. D. — N ous avons hésité avant de séparer cette espèce d'O. Duvergieri, pensant d'abord qu’il s'agissait d’une race dégénérée, ou d’une mutation de petite taille, dans laquelle le talon ligamentaire n’atteint pas — à beaucoup près — la même hauteur que sur les valves de la forme ancestrale; mais en examinant la fossette ligamentaire, nous avons pu nous convaincre qu'elle diffère complètement, par sa largeur, de celle d’O. Duvergieri; l'ornementation est aussi un peu différente, les côtes sont plus nombreuses et plus tubulées que dans le jeune âge de la précédente espèce.

Dans ces conditions, tenant compte — d’autre part — de ce que cette coquille, loin de se rapprocher d'O. sacccllus , s’en écarte au contraire par le rapetissement du talon, nous avons conclu qu’il s’agissait là d’une forme divergente présentant tous les caractères d’une espèce bien distincte et méritant par suite de recevoir un nom nouveau.

Il semblerait donc qu’O. Duvergieri, le plus ancien représentant connu d 'Ostreola, a donné naissance à deux phylums : l’un, par l’intermédiaire d’O. saccellus et O. perrostrata, se relie à 0. cucullata; l’autre, par 0. sallomacensis et 0. undulatior, aboutit à 0. Forskali.

Loc. — Salles (Largileyre), types (PI. XIX, fig. 11-14), coll. Cossmann; coll Duvergier, Peyrot, etc.; Salles (le Minoy), coll. Cossmann. Sallespisse (fig. 9-10), coll. Cossmann. — IKelvéf îeia.

GRYPHÆA Larrik. , 1801.

Valves d’inégale longueur, la gauche fixée plus ou moins longtemps et souvent libre à l’état adulte, marquée à l’extérieur par des plis rayonnants et assez grossiers qui produisent des festons sur la commissure des valves; la valve supérieure plus plate possède aussi des plissements obsolètes et peu proéminents. Talon ligamentaire de la valve inférieure se développant avec l’âge, terminé en avant par un crochet incurvé

et peu dévié. Impression musculaire plus haute que large, médiocrement excentrée, située à peu près au milieu de la distance entre le bord inférieur de l’aire ligamentaire et le bord palléal. (G. -T. : G. angulata Lamk. Viv.)

« C’est par suite d’une interprétation erronée que le terme Gryphæà, primitivement appliqué à l’huître de Portugal » a été étendu aux fossiles jurassiques tels que Ostrea arcuata : l'origine de l’erreur provient de ce que G. angulata a le crochet incurvé dans le jeune âge, et la valve supérieure plate ; ce sont également les caractères du fossile liasique, mais ce dernier n’a pas de plis et ses deux valves sont lisses. Fischer a rectifié l’erreur en proposant le nom Liogryphæa pour l’espèce du Lias qui se poursuit jusque dans le Jurassique supérieur. M. H. Douvillé a repris cette dénomination, seulement il a rattaché Liogryphæa à Liostrea, c'est-à-dire au phylum d 'Ostreidæ lisses, ou plus exactement non plissées, et il a en outre insisté sur ce fait que Liogryphæa n’a presque plus de surface d’adhérence, la coquille ayant vécu en reposant simplement sur les fonds vaseux. Tel n’est pas le cas des véritables Grypliæa qui sont d’origine toute récente et qui n’ont été précédées, dans le Tertiaire, que par le Sous-Genre ciaprès.

Crassostrea Sacco, 1897. — « Coquille très épaisse, très allongée; valves non plissées extérieurement, seulement ornée de stries lamelleuses, qui sont légèrement crénelées par des radiations; région umbono-cardinale très allongée; aire ligamentaire fortement striée en travers; fossette ligamentaire très profonde sur la valve gauche, à laquelle correspond — sur la valve droite — une aire convexe ; impressions musculaires superficielles, » somi-luuaires, palmulées, transverses, la pointe orientée vers le haut et vers le bord des valves, très excentrées par conséquent et situées à peu près au milieu de la hauteur. (G. -T. : O. virginiana Gmelin, Viv.)

Ce qui caractérise Crassostrea, relativement à Gryphæa s. str , c’est moins la taille et l’épaisseur des valves, que la forme tout à fait différente de l’impression musculaire, comme on peut s'en rendre compte par la lecture comparative des diagnoses ci-dessus; et que l’emboitement des aires ligamentaires sur les deux valves, la saillie que forme celle de la valve supérieure est un caractère tout à fait exceptionnel chez les Ostreidæ. Ajoutons encore que l’ornementation persiste beaucoup moins que chez Gryphæa s. str. et qu’elle se rattache plus à Ostrea qu’à Alectryonia, tandis

que c’est le contraire chez Gryphæa qui a une sorte d’ornementation sur la valve supérieure. Enfin, sur les valves gérontiques et usées de Crassostrea, on ne distingue plus la pointe recourbée du crochet qui persiste encore chez l'adulte de Gryphæa angulata. Crassostrea s’écarte absolument d ’Ostreola — qui a aussi l’aire ligamentaire très développée — par la saillie que fait celle de la valve supérieure et par la position moins élevée de l’impression de l’adducteur. Ce Sous-Genre a pris une grande extension pendant toute la période néogénique.

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