Cardita crassa Lamarck. PL II, fig. 5-G et
1819. Cardita crassa Lk. An. s. vert., VI, p 27.
1824. — Desh. Coq. foss. env Paris, pl. XXX, fig. 17-18.
1830. — Desh. Encyel. méth., II, p. 201.
1837. — Duj. Mém. Tour., p. 264.
1838. — Grat. Cat. Gironde, p. 61.
1844. — Pot. et Midi. Gai. Douai, p. 160, pl. LXI, 6g. 1.
1865. Cardita crassicosta Horn. Tert. Beck. Wien, II, p. 264, pl. XXXIV,
6g. 14-15, ( non Lk.).
1874. Cardita crassa Tourn. Paléont. Biarritz, p 8-
1886. — Dollf. Dautz. Et. prél. Tour., p. 6.
1897. Cardita crassicosta Degr.-Touz Et. prél. Orthez, p. 412 (non Lk.).
1897. — Raulin. Stat. Landes, p. 299 ( non Lk.).
1899. Cardita crassa Sacco. I Moll. terz. Piem. XXVII, p. 7, pl. I, 6g 21.
1909. — Dollf. Dautz. Conclu Mioc. Loire, p. 286, pl. XIII,
6g. 1-16 (pars).
Test très épais. Taille grande; forme trapézoïde, oblonguetransverse, très inéquilatérale; côté antérieur très court, un peu plus rétréci que le côté postérieur; bord palléal presque
droit, quoique un peu sinueux, excavé au milieu; bord buccal arrondi, régulièrement raccordé avec le bord palléal; bord anal obliquement tronqué; bord cardinal très faiblement arqué en arrière du crochet, qui est presque terminal, gonflé, prosogyre. Lunule très petite, enfoncée; surface externe irrégulièrement bombée, gibbeuse et subcarénée dans sa partie moyenne, brusquement déclive sur le côté anal, ornée d’environ quinze ou seize côtes rayonnantes, convexes, assez peu saillantes, contiguës, séparées par des sillons peu profonds; sur la partie postérieure de la région dorsale on remarque trois ou quatre côtes beaucoup plus grosses que les autres, dont la dernière limite la déclivité excavée de la région anale, où les trois dernières côtes sont plus étroites, plus droites, moins marquées; toutes sont couvertes de tubercules irréguliers, dont quelques-uns se relèvent en squames larges et peu élevées.
Plateau cardinal allongé et étroit : 3„ soudée au bord lunulaire; 3/,, forte, triédrique, retroussée, striée sur ses faces latérales dont l’externe, parallèle à la nymphe, en est séparée par un sillon assez profond; 2 séparée du bord lunulaire, inclinée; 4 étroite, allongée parallèlement à sa nymphe, on ne distingue pas île lamelles latérales sur les échantillons que nous avons sous les yeux.
Impressions musculaires inégales, grandes et profondes, surtout l’antérieure qui est arrondie, tandis que la postérieure est longue et palmulée; impression palléale écartée du bord qui est largement lacinié par ses crénelures dont la grosseur est en harmonie avec l’épaisseur des côtes.
Dim. Diam. a.-p. : 90 mill.; diam. u.-p. : 55 mill. (1).
R. D. — L aire de dispersion géographique de cette espèce est extrêmement grande ; on la trouve en effet dans le Burdigalien et surtout l'Helvétien de l'Europe, de l’Asie Mineure, de l’Afrique septentrionale; cela explique les nombreuses variétés signalées par les divers auteurs. On doit considérer comme type la forme de Touraine primitivement décrite par
(1) Dimensions mesurées sur une valve de la Touraine.
Lamarck. On la retrouve dans le Burdigalien de Dax, l'Helvétien des environs d’Orthez, etc.; on en a lu la description ci-dessus, mais elle est surtout caractérisée par sa grande taille, sa forme ovale-transverse, son bord dorsal presque parallèle au bord palléal, ses côtes ne portant que de rares squamules. Elle est figurée par MM. Dollfus et Dautzenberg (Conch. Mioc. Loire, pl. XIII, fig. 1 à 5, 15, 16). M. Sacco a choisi comme type de l’espèce une forme de Touraine qui ne correspond pas à ces caractères et qui pour nous représente la var. sororcula May. C. ci'assa a été souvent assimilée, notamment par Hœrnes, à C. crassicosta, espèce vivante de l'Océan Indien, dont elle diffère (comparaison faite avec nos spécimens, coll. Cossmann) par son test plus épais, par sa forme moins incurvée, par ses crochets situés moins en avant, par sa charnière plus forte, par ses côtes plus nombreuses beaucoup moins écartées du côté postérieur : chez l'espèce vivante, cinq côtes seulement occupent les deux tiers postérieur de toute la surface externe.
D'après la comparaison avec des spécimens pliocéniques d’Asti (coll. Cossmann), C. elongata Bronn, diffère de C. crassa par ses côtes moins nombreuses (douze seulement), séparées par des rainures plus larges, croissant plus régulièrement d’avant ei, arrière ; d’ailleurs, pour une même hauteur, les spécimens de l’espèce astienne ont généralement une longueur de 20 °/o plus grande; il y a enfin quelques petites différences dans l’inclinaison des dents de la charnière des deux espèces.
En définitive, l’espèce de Touraine a débuté bien auparavant dans l'Aquitaine.
Loc. — St-Paul de Dax (MiQ de Cabannes), valve gauche usée (Pl. II, fig. 5-6), coll. Degrange-Touzin ; Dax (Maïnot), valve droite (fig. 11-12), coll. Cossmann; très rare. Martillac (Breyra), coll. Degrange-Touzin. Léognan (le Thil inf.), coll. de Sacy. — Aquitanien supérieur et Burdigalien.
Sallespisse, Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin, rare. — Mel- Tctirn.