Cardita elongata Bronn. PI. II, fig. 7-8 et
1831. Cardita elongata Bronn. Ital. Tert., p. 105.
1836. Cardita calyculata Phil.*Enum. Moll. Sic., I, p. 54 (ex parte foss.). 1860. — Beuss. Mar. Tert. Bôlimens, p. 46 (non Lin.).
1864. — Mayer. Tert. Azoren, p. 25.
1870. Cardita elongata Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 276, pl. XXXVI,
fig. 9.
1873. Cardita elongata Benoist. Cat. Saucats, p. 58. n° 150.
1882. Mytilicardia elongata Font. Moll. Plioc. Rhône, 11, p. 127, pl. VIII,
fig. 22-23.
1899. Cardita rufcscens, var. elongata Sacco. Loc. cit., XXVII, p. 6, pl. I,
fig. 10-14.
1907. .1/. calyculata var. oblonga Aimera. Plioc. Barcelona, p. 235. pl.
XII, fig 7.
1907. Cardita elongata Cerulli-Irelli. Fauna mal. Mar., 1, p. 132, pl. XII,
fig. 15-16.
1909. Cardita calyculata Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 284, pl,
XX, fig. 1-15 ( omnes ).
Test médiocrement épais. Taille parfois très grande; forme convexe, très allongée, très inéquilatérale; côté antérieur extrêmement court, le crochet étant presque à l’aplomb du contour buccal qui est brièvement arrondi; côté postérieur formant presque toute la longueur de la coquille, largement ovale, non tronqué sur le contour anal; bord palléal rectiligne ou un peu excavé; bord supéro-postérieur s’élevant beaucoup au-dessus du crochet. Lunule courte et bombée, limitée par une profonde rainure; corselet linéaire, atteignant la moitié de la longueur des valves; surface dorsale marquée d’une dépression peu profonde qui rayonne du crochet vers la sinuosité du contour palléal, tandis que la région postérieure est plutôt gibbeuse; région anale peu ou point déprimée; ornementation composée de douze à quinze côtes rayonnantes, assez écartées, surtout à l’arrière, à peine égales aux interstices qui les séparent et qui sont simplement striés par les accroissements; sur les côtes, au contraire, on aperçoit des aspérités squameuses assez serrées, plus écartées et plus saillantes sur les grosses côtes anales.
Charnière assez étroite, fortement arquée au-dessus de la cavité umbonale; 3„ perpendiculaire sous le crochet et presque confondue avec le bord; 3;, triédrique, se prolongeant en arrière par une large arête rectiligne; 2 formant une pyramide épaisse et assez haute, séparée — par une fossette scalène — de ii, qui s’allonge en droite ligne tout contre la nymphe; celle-ci est aplatie, presque aussi longue que le corselet dont
elle séparée par une line rainure; lamelles latérales peu distinctes même sur les valves du Pliocène. Impression du muscle antérieur profondément gravée, subcirculaire; impression du muscle postérieur cordiforme, presque deux fois plus grande que l’autre; impression palléale finement gravée, imparfaitement parallèle au bord palléal qui est lacinié par des crénelures très inégales, larges et profondes à l’arrière, plus serrées et plus superficielles en avant.
Dim. Diam. a.-p. 30; diam. u.-p. : 17 mill.
R.-D. — Il est incontestable que C. calyculata Lin. et C. elongata Broun, sont des coquilles très polymorphes, la première de la Méditerrannée, la seconde exclusivement à l’état fossile, dans la plupart des gisements miocéniques et pliocéniques où on fa citée, en la confondant fréquemment avec la première, précisément à cause de cette variabilité extérieure : la forme des valves et le nombre des côtes rayonnantes varient, en effet, dans de larges limites, dans les mêmes gisements, de sorte que si nous ne nous fondions que sur ces critériums, nous aurions certainement suivi l’exemple de MM. Dollfus et Dautzenberg qui — pour la Touraine — ont réuni leurs spécimens à l’espèce vivante, en distinguant simplement les grands échantillons sous le nom var. elongata.
Mais, si l’on prend la peine d'examiner les charnières des deux espèces, on s’aperçoit immédiatement qu’il n’est pas possible de les confondre ensemble : celle de C. calyculata est plus concentrée et plus incurvée; chez C. elongata au contraire, il, est toujours plus rectiligne et plus allongée, de même que 3/> sur l’autre valve; par suite, la fossette qui sépare il, de 2 est beaucoup moins large et plus longue que celle de C. calyculata. Il en résulte un aspect très différent qui frappe l’observateur dès le premier coup d’œil, et cette différence est absolument constante : on la constate tout d’abord sur les fig. 5, 6 et 13 de la pl. XX de la Conch. du Mioc. de la Loire, comme aussi sur la planche 38 des Mollusques du Roussillon (lig. 12-13); pas un de nos nombreux spécimens d’Asti, de Monte-Mario, de San Miniato, de Bollène.de Lapugy (coll. Cossmann) n’y fait exception ; c’est seulement dans quelques rares gisements du Pliocène (Biot, Bussana, coll. Cossmann), comme aussi dans ceux que M. Dollfus a signalés dans sa Monographie du Pliocène au Nord du Tage, qu'on commence à constater l’existence beaucoup plus tardive de C. calyculata , avec sa dent il, courte et incurvée.
D’aulre part, la taille de C. elongata est généralement bien plus grande que celle de C. calyculata dont les côtes sont plus anguleuses et tripartites sur la région médiane; mais ce dernier critérium n'est pas absolument
sûr, d'autant plus qu’il n'apparait que quand la surface externe est traichement conservée — ce qui est rare chez les fossiles.
En résumé, C. elongata a vécu du Miocène inférieur au Pliocène supérieur, sans qu'on puisse y distinguer de mutations utiles pour caractériser les niveaux stratigraphiques. et avec des variétés dont on trouvera l’énumération dans le Mémoire de MM. Dollfus et Dautzenberg; tandis que C. calyculata n'a apparu que dans le Pliocène et s’est prolongée jusqu’à l'époque actuelle.
Loc. — Saucats (le Pcloua), valve gauche (PI. II, fig. 7-8), col 1 . de Sacy; Giraudeau, coll. Benoist; Pont-Pourquey (Min de l’église), coll. Degrange-Touzin. Uax (Mandillot), même coll. — BuiMlitjalieii.
Mérignac, peu rare; valve droite (fig. 1.3-14), coll. Benoist; coll. Bial, Duvergier, Degrange-Touzin, Peyrot. Noës (le Peugue), Léognan (le Thil inf.), Bazas (Marivot), coll. de Sacy. St-Morillon, Balizac, St-Avit, Saucats (Lariey), Noaillan (la Saubotte), coll. Degrange-Touzin. — Aquitanien.
Orthez (le Paren), Salies-de-Béarn, Narrosse, Parleboscq (La Guirande), Sallespisse, Saubrigues, une valve gauche, coll. Dumas, coll. Degrange-
Touzin. — llelvétien et Tortouien.